ISLAMABAD, 16 nov 2006 (AFP) - Pakistan: appel d'islamistes à manifester contre la loi sur les femmes
Des
fondamentalistes islamistes du Pakistan ont appelé jeudi à manifester
après que le Parlement eut assoupli la veille la législation islamique
sur le viol et l'adultère, une refonte défendue par le président Pervez
Musharraf.
"Nous allons manifester dans tout le
pays contre la loi et contre la politique du dictateur militaire", a
déclaré Liaquat Baloch, l'un des dirigeants de l'alliance Muttahida
Majlis-e-Amal (MMA), principale force d'opposition islamiste au
Parlement.
La chambre basse du Parlement
pakistanais a adopté mercredi la Loi de protection des femmes,
présentée par le gouvernement du président Musharraf, et qui marque un
adoucissement des lois Hudood adoptées en 1979 dans le cadre de
l'islamisation du pays entreprise par le général Zia-ul Haq.
Aux
termes de cette nouvelle loi, les femmes n'auront plus l'obligation de
trouver quatre témoins - hommes et "bons musulmans" - pour prouver un
viol.
De même, l'adultère ne sera plus puni par la mort par lapidation mais par cinq ans d'emprisonnement au maximum et une amende.
Le conseil suprême de l'alliance MMA devait décider jeudi d'une éventuelle démission en bloc du Parlement.
Le conseil doit aussi appeler formellement à des manifestations après la prière du vendredi.
Des
parlementaires fondamentalistes avaient boycotté le vote après avoir
averti que le Pakistan aller se transformer en une "société de
libération sexuelle".
"Les femmes ne seront plus
victimes puisque la disposition relative au viol et à l'adultère est
inscrite maintenant au code pénal (laïque) du Pakistan" et non plus
dans les lois Hudood, a dit le président Musharraf à la télévision
mercredi.
En mettant en oeuvre en 2002 sa politique
de "modération éclairée", le président Musharraf - allié des Etats-Unis
dans la lutte antiterroriste - s'était engagé à étudier une révision
des lois Hudood, vilipendées par les associations de défense des droits
de l'Homme.
"Cette loi a été téléguidée par les
Etats-Unis et mise en oeuvre par son représentant au Pakistan, le
général (président) Musharraf", a accusé M. Baloch.
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