3 – A new life

 

Auteur : EnfantTV

E-mail : chelseajoyce@wanadoo.fr

Genre : Familial, romance

Résumé: Et tout continue…

Note de l'auteur : Les personnages et les lieux sortent tout droit de mon imagination. Ne pas publier sans mon accord.

Co-scénaristes : Adela et Thera 

 

 

Lendemain matin

Chambre d’Annabeth

 

Elle n’avait pas très bien dormi, ni beaucoup d’ailleurs. Trop de choses s’étaient passées cette dernière semaine et surtout la veille. Elle savait très bien que cela allait se terminer de cette manière. Elle se connaissait et elle savait que si on lui donnait l’occasion de réfléchir à ce qu’il s’était passé, ses peurs reprendraient le dessus.

 

C’est ce qui était arrivé. Pourtant on a souvent dit que la nuit porte conseil. Pas pour elle en tout cas. Elle en était arrivée à la conclusion que cela allait beaucoup trop vite : l’appartement, son boulot, Jack… Il fallait qu’elle ralentisse. Elle avait peur de ne pas pouvoir gérer.

 

Elle arrivait tout juste à avoir confiance en elle pour le boulot alors s’engager dans une relation amoureuse maintenant, elle ne pouvait pas encore. Surtout une relation avec Jack. Elle ne voulait pas s’engager avec lui et gâcher ce qu’il y avait entre eux. Mais n’était-ce pas ce qu’elle était entrain de faire en revenant en arrière ? Elle n’arrivait plus à savoir ce qu’elle voulait tellement elle y avait réfléchit et tourné la chose dans tout les sens.

 

Elle ferma les yeux. Elle s’énervait. Ce côté « prise de tête » en elle l’énervait. Pour une fois, elle aimerait prendre les choses simplement. Elle attrapa sa veste et sortit de sa chambre.

 

Elle se retrouva dans le salon et posa sa veste près de son sac. Elle alla en cuisine prendre son petit déjeuner. Elle n’avait pas très faim ce matin. Elle ouvrit le réfrigérateur et prit le jus d’orange. Elle s’en servit un verre et le rangea.

 

Elle s’installa au bar. Erin était toujours dans sa chambre. Elle l’avait entendu se lever et venir déjeuner pendant qu’elle était sous la douche. Elles avaient réussit à trouver une solution. Annabeth prenait en premier la salle de bain vu qu’elle ne déjeunait pas trop le matin ce qui permettait à Erin de déjeuner tranquillement. Ensuite, elles échangeaient.

 

Mémo vint poser sa tête sur les genoux de sa maîtresse. Elle lui caressa doucement la tête.

 

Annabeth : Bonjour, mon chien. Ca va ?

 

Le chien se contenta de lever les yeux vers elle avec ce regard qu’elle adorait. Elle entendit la porte d’Erin s’ouvrir et leva les yeux. Elle vit Erin se diriger vers elle.

 

Annabeth : Coucou… Bien dormie ?

Erin : Coucou… oui et toi ?

Annabeth : Pas vraiment tu me connais ?!

Erin : Ne me dit pas que tu as encore une idée pour …

Annabeth : Non… C’est juste que j’ai fait trop de trucs ces dernières semaines et que ça me travaille.

Erin : Je vois.

Annabeth : Quand tu étais sous la douche, Mary a appelé pour nous dire qu’elle voudrait profiter de la voiture, donc on passe la chercher.

Erin : Ok…

Annabeth : Prête ?

Erin : Oui et toi ?

 

Annabeth finit son verre de jus d’orange et le posa dans l’évier. Elle alla prendre sa veste et son sac.

 

Annabeth : C’est partit !

 

Les deux jeunes femmes quittèrent l’appartement et Erin verrouilla derrière elles.

 

 

Maison des James

 

Annabeth appréhendait un peu de se retrouver face à Jack. Mais elle n’allait pas pouvoir l’éviter. Ils habitaient à peine à 100 mètres l’un de l’autre. Et c’était le frère de sa meilleure amie.

 

Elles frappèrent à la porte de la cuisine et entrèrent. Catherine et Mary s’y trouvaient déjà.

 

Annabeth et Erin : Bonjour !

Catherine : Salut !

Mary : C’est moi, ou j’ai de nouveau entendu frapper.

 

Annabeth et Erin baissèrent légèrement les yeux et sourirent. Mary n’arrêtait pas d leur répéter qu’elles étaient comme chez elles, et qu’il fallait qu’elles arrêtent de frapper à la porte. Sara descendit les escaliers.

 

Sara : Je suis prête, juste le temps de finir mon sac ! Rhaaaa j’ai oublié un truc !  Je reviens !

 

Elle remonta en courant les escaliers et croisa Jack qui descendait. Lorsque Annabeth le vit, elle baissa les yeux et osa à peine le regarder. Elle n’avait aucune idée de ce qu’elle était censée faire.

 

Jack les avait rejoins dans la cuisine. Il portait un costume bleu foncé avec une chemise blanche toute simple…mais Annabeth ne put s’empêcher de lever les yeux vers lui.

 

Jack : Bonjour !

 

Il alla embrasser sa mère. Celle-ci était prête, sa veste sur les épaule et son sac posé devant elle sur la table.

 

Jack : Où est-ce que tu vas comme ça ?

Mary : J’ai encore 1 ou 2 petites choses à déposer au piano bar et j’ai demandé à Annabeth de m’y déposer.

 

Jack regarda les filles puis regarda de nouveau sa mère.

 

Jack : Déposer ? Tu ne voudrais pas, par le plus grand des hasards, nettoyer ?

 

Jack regarda sa mère avec insistance. Il la connaissait par cœur.

 

Mary : Qu’est-ce que cela peut te faire ?!

Annabeth : Mary, vous n’avez pas à faire ça. Je m’en occuperais ce soir…

 

Mary se tourna avec un regard plein de sous entendus.

 

Mary : Bien sur. Après ta journée de travail ! Hors de question. Moi je n’ai rien à faire, autant que je me rende utile !

Catherine : Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre !

Annabeth : Si le directeur apprend ça…

Mary : Il n’en saura rien ! Il nous a laissé les clés pour que Jack et Joe puissent récupérer la sono aujourd’hui !

Annabeth : vous voulez que je lui mente ?

Mary : Non, pas lui mentir, simplement ne rien lui dire.

 

Annabeth sourit. C’était bien la première fois que Mary lui demandait ce genre de chose.

 

Jack : Ca ne sert à rien de discuter avec elle. C’est une vraie tête de mule !

Mary : Et fière de l’être !

 

Jack s’approcha d’Annabeth. Elle était paralysée et ne sut pas vraiment quoi faire.

 

Jack : Maintenant, tu sais de qui on tient !

 

Il posa une de ses mains sur la hanche d’Annabeth, se pencha légèrement vers elle et l’embrassa. Elle fut quelque peu surprise… Il y avait plusieurs sentiments qui se mélangeaient en elle à cet instant. La peur… ça, elle n’arrivait pas à s’en détacher… de la joie… elle était heureuse qu’il soit venu vers elle… elle était rassurée sur l’attitude de Jack par rapport à ce qu’il s’était passé hier.

 

Mais la réaction des autres lui faisait un peu peur. Lorsqu’il se détacha, il planta son regard dans le sien et lui sourit. Puis il alla au frigo se servir un verre de jus d’orange. Annabeth regarda rapidement les personnes présentes dans la pièce.

 

Erin affichait un sourire plus que ravi. Mary lui sourit et retourna à sa tâche et Catherine but une gorgée de son café puis lui sourit. Aucune d’elles ne semblaient choquées par ce qu’il venait de se passer. Comme si cela était tout à fait normal et naturel.

 

Jack se tourna vers sa sœur et sa mère.

 

Jack : Tu profites de la voiture Catherine ?

 

Catherine se tourna vers son frère. Elle posa sa tasse sur la table.

 

Catherine : Bien sur ! Et puis on pourra commencer à voir certains points pour…

 

Jack leva la main pour faire signe à Catherine de s’arrêter. Elle ne changerait donc jamais. Il lui sourit.

 

Jack : Pas avant le premier café du matin au bureau !

 

Jack bu une gorgée de son verre de jus d’orange puis vint s’asseoir près de sa sœur. Elle en profita pour lui donner un claque sur le bras. Sara redescendit à cet instant. Elle ralentit le rythme en voyant la tête d’Erin. Elle affichait un sourire plus que satisfait.

 

Sara : Pourquoi est-ce que j’ai la sensation d’avoir manquer quelque chose ?!

 

Tout le monde la regarda.

 

Mary : Allez la troupe ! On y va sinon vous allez être tous en retard.

 

Sara rangea ce qu’elle avait oublié dans son sac. Catherine se leva et attrapa son sac. Elle avait peut-être mis un temps fou à choisir sa tenue mais elle était contente d’elle. Elle avait de la classe sans en avoir trop et elle se sentait bien dans cette tenue.

 

Jack prit la tasse de Catherine et son verre et alla les déposer dans l’évier avant d’aller prendre sa veste qu’il avait déposée sur la rambarde de l’escalier. Mary commença à prendre ses affaires grand nettoyage. Jack s’approcha d’elle et l’aida ainsi qu’Erin et Annabeth.

 

Ils sortirent de la maison et se dirigèrent vers les voitures. Annabeth avait avancé la sienne jusqu’à la maison des James. Elle ouvrit le coffre et ils chargèrent la voiture. Catherine fit signe aux filles et à sa mère et alla s’installer dans la voiture de Jack.

 

Sara allait monter dans la voiture d’Annabeth quand Erin la retint par le bras et lui fit un signe de tête pour qu’elle regarde son amie. Jack se dirigea vers Annabeth.

 

Jack : Des projets pour ce soir ?

Annabeth : Non je ne crois pas.

 

Il lui sourit.

 

Jack : Parfait ! Alors je t’emmène.

 

Annabeth parut surprise.

 

Annabeth : Et pour aller où ?

Jack : Ca, c’est une surprise ! 

 

Il lui sourit avec un regard malin et se pencha à nouveau vers elle. Il déposa un rapide baiser sur ses lèvres. Puis il la regarda de nouveau.

 

Jack : A ce soir !

Annabeth : A ce soir !

 

Jack s’éloigna et monta en voiture. Sara n’en revenait pas. Pour un peu sa mâchoire se serait décrochée à l’image des personnages dans Tex Avery.Ca s’était enfin fait. Jack et Annabeth ensemble et elle n’était pas au courant ?!! Quand ? Comment ? Elle était bien décidée à le savoir, elle allait mener son enquête. Annabeth allait subir un interrogatoire en règle. Celle-ci se retourna pour monter en voiture. Elle vit Sara la fixer.

 

Sara : Va falloir qu’on ait une petite discussion ma grande !

 

Tout le monde monta en voiture. Annabeth ne put s’empêcher de regarder Sara amusée par son air faussement en colère. Elle savait bien que Sara était contente pour elle, pour eux ; mais elle craignait que de devoir subir une petite vengeance pour ne pas l’avoir prévenue immédiatement de la situation.

 

 

Voiture Annabeth

 

Les filles avaient déposé Mary au piano bar. Annabeth s’en voulait un peu de laisser Mary faire ça toute seule, mais Sara lui avait dit qu’elle n’allait pas pouvoir la faire changer d’avis. Et qu’une fois qu’Erin et elle auraient fini ce qu’elles avaient à faire, elles iraient l’aider.

 

Sara fixait Annabeth qui conduisait. Elle était heureuse pour son frère et elle. Annabeth sentait le regard de Sara et quelques fois, celui d’Erin. Elle se tourna alors vers Sara qui se trouvait à la place passagère.

 

Annabeth : C’est tout récent !

Sara : J’espère bien ! Sinon tu vas m’entendre !

 

Annabeth sourit. Elle regarda dans le rétroviseur pour voir la réaction d’Erin. Elle avait toujours le même sourire. Elle lui rendit son sourire et reporta son attention sur la route.

 

Sara : Alors ?

Annabeth : Alors quoi ?

Sara : Ne joue pas à ça avec moi, Anna ! Fais comme si tu ne voyais pas de quoi je voulais parler !

 

Annabeth hésita un instant. Que devait-elle dire ? Il n’y avait pas grand-chose à dire. Ils s’étaient embrassés… 3 fois, elle devait l’admettre, mais rien n’avait été décidé. Ca y est. Cette petite voix en elle réapparaissait et elle n’avait aucune envie d’y faire attention.

 

Annabeth : Il n’y a rien d’officiel… enfin je crois.

Sara : Rien d’officiel ? Tu plaisantes !

Erin : Vous étiez trop mignons tout les deux ce matin.

Sara : Et dire que j’ai loupé ça ! Ma journée est fichue !

 

Erin ne put s’empêcher de sourire et de repenser à ce moment. Elle avait été surprise mais agréablement surprise.

 

Sara : Qu’est-ce qui te gêne ?

 

Sans vraiment s’en rendre compte Annabeth avait poussé un soupir, ses amies la connaissaient si bien.

 

Annabeth : Rien.

 

Elle sentit les regards insistant de ses amies sur elle.

 

Annabeth : Ca me fait juste bizarre…On n’a rien vraiment décidé.

Sara : Qu’est-ce que tu voudrais que Jack fasse ? Une annonce ?! Quoi que ça aurait pu être son style…

Annabeth : Non…Mais juste en parler.

Erin : Vous n’en avez pas parlé ?

Annabeth : Non.

Sara : Ils étaient bien trop occupés à autre chose !

Annabeth : Hey !!!

Sara : Non sérieusement… tu sais, mon frère n’a jamais été très doué pour parler de ce qu’il ressent. Il est beaucoup plus démonstratif.

 

Annabeth fixait toujours la route.

 

Annabeth : Ouais mais avec moi ce n’est pas une bonne idée. J’ai tendance à me prendre la tête quand rien n’est dit et imaginer tout et n’importe quoi !

Erin : Tu as essayé de lui en parler ?

Annabeth : Bah disons qu’entre hier soir et ce matin, je n’ai pas eu vraiment le temps !

Sara : Je savais qu’il y avait quelque chose qui se tramait hier. Trop bien !

 

Sara était toute excitée à cette idée. Annabeth la regarda. Elle connaissait assez Sara pour voir qu’à sa tête, elle faisait déjà des plans sur la comète. Mais pour elle, c’était ce qui pouvait arriver de mieux à son frère et à sa meilleure amie. Elle affichait un sourire idiot aux lèvres tellement elle était contente.

 

 Annabeth garda la voiture sur le bas côté pour faire descendre les filles.

 

Annabeth : Voilà.

 

Elle se tourna vers ses passagères.  Sara et Erin regardèrent en souriant Annabeth.

 

Annabeth : Arrêtez de me regarder comme ça, vous allez commencer à me faire peur !

Sara : Halalaaaa trop bien !!!

 

Annabeth sourit. Elle n’imaginait pas que cela produirait cet effet sur son amie.

 

Annabeth : Si vous continuez, je vais être en retard au boulot.

Erin : Je suppose que je ne t’attends pas pour manger ce soir ?!

Annabeth : Dehors !!

 

Les filles éclatèrent de rire et sortirent de la voiture. Annabeth se douta qu’une fois partie la discussion concernant elle et Jack irait bon train entre les deux jeunes filles. Elle ne put réprimer un sourire, elle n’aurait pas fini de se faire charrier. Finalement cet échange avec les filles l’avait détendu, cela « dédramatisait » la situation qui lui faisait inévitablement peur.

 

Voiture Jack

 

Catherine regardait le paysage défiler. C’était son premier vrai jour de travail et elle appréhendait un peu. Allait-elle être à la hauteur ? Jack et David Stevens lui faisaient confiance. Jack…elle craignait tellement de le décevoir, sa confiance était ce qu’elle avait de plus précieux. Elle ne voulait pour rien ne la perdre.

 

Jack se tourna vers sa passagère. Il pouvait très bien deviner à quoi elle pensait à cet instant. Il connaissait très bien sa sœur. Elle s’était toujours fixée des objectifs et des niveaux à atteindre, et elle faisait tout pour y arriver. Comme si sa vie en dépendait… que si tout en dépendait en fait. Comme si c’était sa survie, il lui fallait sans cesse prouver à elle-même et aux autres qu’elle en était capable, qu’elle irait au bout de ses projets.

 

Il fallait qu’elle apprenne à se décontracter un peu et à prendre un peu la vie avec plus de simplicité. Mais elle ne se permettait pas le droit à l’erreur. Il fallait que tout soit parfait. Il s’imaginait très bien ce que ce premier jour représentait pour elle.

 

Il reporta son attention sur la route.

 

Jack : Tu sais que je peux t’entendre penser d’ici !

 

Catherine se tourna vers lui en se demandant de quoi il voulait parler.

 

Jack : Tu peux me dire pourquoi tu te prends déjà la tête. On n’est même pas encore arrivé au bureau ?!

Catherine : Je ne me prends pas la tête, j’étais simplement entrain de réfléchir.

 

Jack la regarda. Mais bien sûr…

 

Jack : Pour toi, cela veut dire la même chose ! Arrête un peu !

 

Catherine détourna les yeux et reporta son attention sur la route.

 

Jack : Le plan que nous avons fait est très bien et les idées que tu as eues sont géniales !

Catherine : Ca je n’en serais pas aussi sûre à ta place !

Jack : Parce que tu crois que je t’aurais laissé faire n’importe quoi ! Merci pour la confiance !

 

Jack la regarda de nouveau.

 

Jack : Et puis même si nos idées ne sont pas si géniales, on en trouvera d’autres ! C’est ça notre job ! Trouver des idées !

 

Il avait sûrement raison. Mais elle ne pouvait pas s’en empêcher. Elle devait être à la hauteur pour ne pas perdre son travail. C’était sa chance et elle ne devait pas la laisser passer.

 

Jack : Et puis tu oublies qui on est !

 

Catherine le regarda. Il lui sourit, fier de lui. Catherine ne pu s’empêcher de lui sourire. Elle se demandait d’où Jack tirait cette force et cette confiance en lui. Il avait toujours été comme ça. Même étant gosse. Elle l’admirait beaucoup pour cela, Jack s’était une force tranquille et rassurante. Elle savait qu’elle pouvait toujours compter sur lui, qu’il serait là quoi qu’il se passe. Mais aujourd’hui c’était à elle de faire ses preuves, et elle perdait peu à peu toute assurance en elle.

 

Catherine : Tu oublies que je suis à l’essai !

Jack : Non je ne l’oublie pas… j’ai simplement confiance en toi… contrairement à toi apparemment !

 

La circulation avait ralenti. Jack freina quelque peu. Catherine regarda devant elle.

 

Jack : Qu’est-ce qu’il faut que je te dise pour que tu comprennes que tu fais de l’excellent boulot ?!

 

Catherine resta un moment silencieuse. Elle ne savait pas quoi répondre.

 

Jack : Je crois que ça aura beaucoup plus d’impact si cela vient de David !

 

Elle le regarda. Peut-être. Mais elle avait du mal à se l’imaginer.

 

Catherine : Jack, ça fait des années que je n’ai pas travailler dans la pub…

Jack : Ah non, tu évites ce genre de discours avec moi ! Surtout après la séance de travail que nous avons eu hier !

 

Jack arrêté la voiture au feu rouge et se tourna vers sa sœur.

 

Jack : Si tu n’as pas confiance en toi, tu as au moins confiance en moi ?

 

Catherine le fixa et vit qu’il attendait une réponse. Comment pouvait-il seulement en douter ?

 

Catherine : Oui !!

Jack : Et bien, moi j’ai confiance en toi et c’est pour ça que je t’ai recommandé !

 

Le feu passa au vert. Jack avança.

 

Jack : Et crois-moi, si cela n’avait pas été le cas, sœur ou pas, je ne t’aurais jamais recommandé.

 

Catherine le regarda puis détourna le regard. Ce que venait de lui dire Jack l’avait touché. Son petit frère avait toujours été là quand elle n’allait pas bien. Il avait toujours été très fort avec elle. Et le plus important pour elle il avait foi en elle.

 

 

Dans la matinée

Faculté de Bloomsburg

 

Ce n’était que le début août, mais la fac restait ouverte, en tout cas certaines parties des bâtiments, c'est-à-dire notamment, les deux différents accueils pour les inscriptions et réinscriptions en retard, pour des papiers et autres.

 

Erin et Sara entrèrent dans le bâtiment qui se trouvait tout de suite à leur gauche à l’entrée, c'est-à-dire le coin « Lettres » de la fac comme ils disaient. En effet, à leur droite c’était surtout les bâtiments pour ceux qui choisissaient la filière « Droit ».

 

Lorsqu’elles s’enfoncèrent un peu plus dans le bâtiment, la chaleur se fit de plus en plus insupportable. A peine entrée, on avait qu’une envie c’est d’en ressortir. Mais elles continuèrent leur chemin, passant devant l’accueil, où la queue d’attente était beaucoup plus réduite que lorsque Erin était venue la première fois.

 

Elles firent encore quelques mètres, et se placèrent devant un grand panneau accroché au mur où il y avait plein d’annonces diverses pour travailler et quelques-unes pour louer des appartements en collocation.

 

Erin : J’aime bien quand les gens superposent leurs annonces les unes sur les autres !

Sara : Et oui c’est là loi du dernier qui passe !

Erin : Tu recherches quelque chose de précis toi ?

Sara : Non.

 

Elles balayèrent le tableau des yeux, sans bouger !

 

En effet les filles cherchaient du travail activement depuis quelques jours maintenant, mais sans résultat. Pour Sara, c’était quelque chose qu’elle faisait chaque été, travailler, pour notamment payer ses études, les livres, et quelques soirées.  Le premier été où elle avait dû travailler, Sara n’y était pas allé la fleur au fusil, elle rechignait de devoir travailler. Et puis finalement après cette première expérience, elle ne se plaignait plus autant de travailler l’été. Et puis travailler lui donnait une petite liberté financière, pour elle qui n’aimait guère être dépendante de ses parents. Cela lui donnait également l’opportunité de côtoyer des personnes diverses. Mais même si elle était parvenue à la conclusion qu’il n’y avait pas de sot métier, cet été serait l’été du changement.

 

Pour Erin, c’était différent. Elle n’avait travaillé qu’un mois, un été, dans sa vie, ses parents payant les études et tout le reste ! Ce devait être pareil, en tout cas en partie, pour les parents de Sara, mais eux avaient eut 5 enfants et non 2. Là Erin savait qu’elle devait arrêter de laisser ses parents tout payer à sa place. Elle devait au moins payer sa part de loyer seule, ainsi que tout ce qu’il faut pour la vie quotidienne. En ce qui concerne ses études elle savait qu’elle n’aurait sûrement pas assez pour le moment.

 

Erin : Tu ne peux pas te faire embaucher là où tu travaillais les années précédentes ?

Sara : Si mais je ne veux plus travailler dans cette distribution de livres. La plupart du temps, il y a une mauvaise ambiance, et même si il y a des gens que j’apprécie, chaque année c’est pareil, j’ai qu’une envie, c’est arrêter ce boulot ! Et cette année, je vais me tenir à ma décision !

 

Sara sourit à Erin pour lui montrer qu’elle était bien décidée.

 

Erin : Ok, alors espérons que nous trouverons quelques choses dans tout ce fouillis.

 

Elles lisaient attentivement les annonces, soulevant de temps en temps des papiers pour voir celles qu’il y avait en dessous. Il y avait des annonces pour du bénévolat pour accompagner des enfants en sortis, pour aider des personnes handicapés. Erin trouva quelques annonces intéressantes, mais il fallait des études spécifiques qu’elle n’avait pas ou alors uniquement des CDI à temps complets, ce que bien sur elle ne pouvait réaliser avec la fac.

 

Cependant une seule annonce retint l’attention des deux jeunes filles : de l’aide scolaire à partir de 16h tous les jours, pour les collégiens à partir d’octobre, et c’était rémunéré.

 

Sara : Il y a un numéro de téléphone, j’appelle.

Erin : Ok. Croisons les doigts.

 

Erin était impatiente de savoir. Ca serait tellement bien.

 

Sara : Oui bonjour je me nomme Sara James et j’appelle pour l’annonce pour l’aide scolaire.

Homme téléphone : Bonjour mademoiselle. Je suis désolé mais il n’y a plus de place disponible. Nous avons notre équipe au complet depuis deux jours.

 

C’était bien leur chance ! Sara aurait du s’en douter.

 

Sara : Oui je vois.

Homme téléphone : Par contre je peux vous inscrire en tant que remplaçante, au cas où nous en aurions besoin ?

 

Erin, qui était collée à Sara pour écouter, lui fit tout de suite un « Oui » de la tête. Sara indiqua tout ce que l’homme lui demanda comme renseignements, puis passa son portable à Erin qui fit de même. Elle raccrocha.

 

Erin : Bon on n’a pas trouvé ce qu’on cherchait mais c’est un début.

Sara : Oui et puis les remplacements, c’est fréquent dans ce genre de travail, on a bien fait de s’inscrire !

 

Erin lui sourit, et elles repartirent vers la sortie, espérant qu’il fasse moins chaud dehors. Oui c’était un début !

 

Elles étaient quand même soulagées, même si leurs recherches n’avaient pas été aussi fructueuses qu’elles l’auraient espéré, elles étaient déjà rassurées d’avoir entrepris des démarches.

 

 

Ecole Artistique

 

Annabeth finissait de taper le mail à envoyer à tous les professeurs mais elle n’arrivait pas à faire deux phrases, à la suite, correctes. Elle n’arrêtait pas de repenser à ce qui s’était passé la veille, et le peu de sommeil qu’elle avait n’arrangeait rien.

 

Pourquoi fallait-elle qu’elle soit aussi compliquée ? Elle avait peur de ce qui allait se passer maintenant. Parce que, encore une fois, elle se retrouvait face à l’inconnu et là, elle était seule. Il n’y avait ni Erin, ni Sara pour l’aider. Il fallait qu’elle prenne elle-même sa décision.

 

N’était-ce pas ce qu’elle voulait ? Prendre en main sa vie. Mais pourquoi tout arrivait d’un seul coup et pourquoi tout cela lui semblait si difficile. De toute manière, elle n’avait jamais rien fait comme tout le monde.

 

Elle adorait Jack mais cette nouvelle relation lui faisait peur. Elle ne savait pas quoi faire, quoi dire, quoi penser face à tout cela. Et pour le moment, la seule solution qui lui semblait bonne pour elle, était de prendre un peu de recul. De dire à Jack que tout s’était passé trop vite.

 

Elle tapa plus fermement sur le clavier tellement ses pensées pouvaient l’agacer. Le directeur entra dans son bureau sans qu’elle ne le remarque. Il voulait qu’elle lui envoie un fax mais voyant l’état d’Annabeth, il s’aventura doucement.

 

Loan : Annabeth ?!

 

Elle se retourna vers lui. Elle n’avait pas le même regard que ces derniers jours. Il avait la sensation que quelque chose la préoccupait. Mais cela ne le regardait pas.

 

Annabeth : Oui ?

Loan : J’aurai besoin que vous me faxiez ce document en mairie.

 

Il lui tendit le document qu’elle prit. Elle attrapa un post-it.

 

Annabeth : Est-ce qu’il y a un numéro direct ?

Loan : Oui le 555-789-36, à l’attention de Mr Louery.

 

Annabeth nota les informations. Loan ne pouvait s’empêcher de la fixer et de voir son air quelque peu absent. Elle qui d’habitude était si enthousiaste.

 

Annabeth : Je m’en occupe dès que j’ai terminé le mail aux professeurs.

Loan : Parfait. Merci.

 

Il allait retourner dans son bureau mais il se ravisa. Elle avait peut-être des problèmes et il pourrait peut-être l’aider. Elle avait quitté sa famille et sa région pour venir s’installer ici. Ce n’était pas facile et elle le regrettait peut-être maintenant.

 

Il se tourna vers elle. Elle leva les yeux pour savoir ce qu’il désirait d’autre.

 

Loan : Annabeth… Est-ce que tout va bien ?

 

Elle fut surprise par sa question. Elle n’était pas vraiment discrète et elle ne savait pas quoi lui répondre. Elle n’allait tout de même pas lui parler de ses histoires de cœur. C’était son patron.

 

Elle lui sourit pour le rassurer.

 

Annabeth : Oui… juste un peu fatiguée mais ça va !

Loan : Vous auriez pu prendre votre matinée, surtout après la soirée d’hier…

Annabeth : Merci mais il fallait absolument que je termine une ou deux petites choses ce matin.

Loan : Très bien alors demain matin, vous restez chez vous !

 

Annabeth sourit. Il était attentionné et très observateur. Elle n’était pas contre, une petite matinée de repos.

 

Annabeth : D’accord !

 

Il lui sourit. Il savait qu’elle ne lui avait rien dit et c’était normal. Cela ne le regardait pas. Mais il aurait aimé pouvoir l’aider.

 

Loan : Si vous avez besoin de quoi que ce soit, vous n’hésitez pas à me demander ?!

Annabeth : Merci.

 

Il la regarda une dernière fois avant de retourner dans son bureau. Cela le peinait de la voir dans cet état mais il savait qu’Annabeth était quelqu’un de fort et qu’elle allait reprendre le dessus.

 

Il s’assit à son bureau. Il n’avait jamais été si attentif à un de ses employés mais avec Annabeth il avait la sensation que c’était différent. Elle était si fraîche et si joyeuse. Cela lui faisait bizarre de la voir comme ça. Il l’appréciait et … elle était un peu la fille qu’il n’a jamais eue.

 

Et voilà que sa crise lui reprenait. Il fallait qu’il arrête. Aujourd’hui était une nouvelle vie et il accomplissait enfin ses rêves.

 

Annabeth s’était remis devant son écran mais était resté de longues minutes, le regard dans le vide, à repenser à ce qu’il venait de se passer. Elle avait été très touché par l’aide que lui proposait le directeur. Mais là, il ne pouvait rien faire. C’était à elle de prendre une décision. Cela n’allait pas être simple.

 

 

Début d’après-midi

Faculté de Bloomsburg

 

Cela faisait plus d’une heure et demi qu’elle attendait dans ce bureau qu’on daigne enfin la recevoir. Elle n’avait pas que ça à faire. Elle se leva une nouvelle fois et alla à l’accueil.

 

Charlie défroissa légèrement sa longue tunique pour qu’elle retombe correctement sur son jean. Celle-ci était dans les tons prune et le jean faisait ressortir la couleur. Les chaussures ouvertes qu’elle portait, étaient assortit à la tunique et lui faisaient des pieds magnifiques.  Elle rajusta son sac sur son épaule et se colla au comptoir pour attirer l’attention de la secrétaire.

 

Charlie : Excusez-moi !

 

La femme leva à peine les yeux vers elle ce qui agaça encore plus Charlie. Elle n’avait jamais été réputée pour sa patience. Elle frappa sur le comptoir plusieurs fois.

 

Charlie : HELLO !!!

 

La femme la regarda.

 

Charlie : Cela fait exactement (regardant sa montre) 1h43 minutes que j’attends d’être reçue et je crois que jusqu’à présent, j’ai été très patiente… mais là ma patience a des limites.

Femme : La doyenne n’a pas encore terminée sa réunion…

Charlie : Très bien, alors est-ce que je peux reprendre un autre rendez-vous ?!

 

La femme prit lentement son agenda et tourna les pages.

 

Femme : J’ai de la place le 16 septembre !

Charlie : Vous plaisantez ??!! Les inscriptions sont jusqu’au 5 septembre !!

Femme : Je n’ai pas de place avant !

 

Charlie n’en croyait pas ses oreilles. Ils allaient la rendre dingue. Pourquoi avait-elle décidé de reprendre ses études ? Ce n’était peut-être pas une si bonne idée après tout. Non, il fallait qu’elle se calme et qu’elle garde en tête ses objectifs.

 

Elle inspira un grand coup. La femme avait toujours son air aussi neutre que possible.

 

Charlie : Très bien, je vais attendre !

 

Elle retourna s’asseoir à sa place et feuilleta un magazine qu’elle venait de relire 2 fois déjà. Il fallait qu’elle se calme.

 

A ce moment, un homme d’une quarantaine d’année arriva  et s’avança jusqu’au comptoir. Il était de taille moyenne, plutôt bien bâtit et Charlie ne put s’empêcher de s’attarder sur son fessier. Elle avait bien le droit de se rincer un peu l’œil après cette attente.

 

Homme : Bonjour Lin ! Est-ce que Mme Haydn est là s’il vous plaît ?

Femme : Je vais voir si elle peut vous recevoir.

 

La femme prit son téléphone. Charlie n’arrivait pas à y croire. Cela faisait presque 2 heures qu’elle était là à attendre et ce monsieur arrivait et allait lui passer devant. Hors de question. Elle se leva et s’approcha.

 

La secrétaire raccrocha et se tourna vers le professeur.

 

Femme : Mme Haydn vous attend…

Charlie : Attendez une petite minute !!

 

En entendant sa voix, l’homme se retourna. En plus d’avoir de très jolies fesses, il avait des yeux bleus à tomber. Il fallait qu’elle se concentre. Elle n’avait pas toute la journée.

 

Charlie : Excusez-moi, mais cela va faire 2 heures que j’attends que cette dame veuille bien me recevoir et vous, vous arrivez comme ça… et vous pensez pouvoir passer devant moi !

 

L’homme semblait amusé. Pourtant il n’y avait rien de drôle. Elle détestait la manière dont il la regardait. Elle se sentait mal à l’aise. Elle avait l’impression de se retrouver étudiante… ce qu’elle allait être mais… non, elle était adulte !

 

Homme : Désolé jeune fille mais c’est très important !

 

Jeune fille ?? Mais pour qui il se prenait celui-là !!!

 

Charlie : Plus important que mon rendez-vous ? Et qu’est-ce qui vous fait croire cela ?!

Homme : Je suis professeur dans cette université !

Charlie : Félicitation ! Vous auriez même pu être le Président, je m’en contre fou !...

 

Elle se tourna vers la secrétaire.

 

Charlie : Vous allez reprendre votre téléphone et dire à cette chère Mme Haydn que son rendez-vous de 14h30 est là !

Femme : Mais…

Charlie : Non non, plus d’excuses cette fois-ci, sinon je ne réponds plus de rien ! Je crois que vous avez déjà assez abusé de ma patience aujourd’hui.

Homme : Vous me semblez bien énervée ?

 

Charlie se tourna vers lui.

 

Charlie : Enervée n’est pas vraiment le mot le plus approprié… mais restez là à attendre des heures et ensuite nous en reparlerons.

Homme : Est-ce que c’est l’idée de reprendre les cours qui vous met dans cet état là ?

 

Ce type commençait à l’agacer sérieusement. Elle se rapprocha de lui en le fixant. Il ne bougea pas et soutint son regard.

 

Charlie : Vous voulez savoir ce qui me met dans cet état là ? Ce sont des gens comme elle et vous, qui vous permettez de faire attendre les gens pendant des heures et de passer devant eux parce que Monsieur est un professeur !

 

L’homme continuait de la fixer et il avait toujours ce léger sourire et cela agaçait au plus haut point.

 

Charlie : Je peux savoir ce qui vous fait sourire de cette manière ?

Homme : Vous savez que vous êtes encore plus séduisante lorsque vous êtes en colère.

 

Alors là, c’était le summum ! Mais il avait dit cela avec un tel regard que Charlie en fut déstabilisée et elle se retrouva muette devant lui. Elle détestait ce type.  

 

A ce moment, la doyenne Mme Haydn sortit de son bureau.

 

Haydn : Mlle JAMES ?

 

Charlie se tourna vers elle.

 

Haydn : Désolée de vous avoir fait attendre si longtemps mais la rentrée s’annonce plus compliquée que je ne le pensais. Si vous voulez bien m’accordez quelques minutes supplémentaires, je dois régler un problème avec Monsieur GRANT…

 

Le professeur se tourna vers la doyenne.

 

Grant : Je peux attendre ! Je crois que cette jeune femme a assez attendu pour aujourd’hui.

 

Charlie le regarda. Pour qui se prenait-il ? Elle savait très bien se débrouiller toute seule. Elle n’avait pas besoin de lui. Ils se regardèrent et Charlie lui fit une légère grimace.

 

Haydn : Très bien ! Mlle JAMES !

 

Elle lui fit signe en direction de son bureau. Charlie regarda une dernière fois le professeur qui n’avait toujours pas quitté ce petit sourire, puis alla rejoindre la doyenne. Elles entrèrent dans le bureau. La porte se referma.

 

Il ne put s’empêcher de sourire de plus belle. Cette femme avait un sacré tempérament. Il avait la sensation que cette année n’allait pas être triste surtout s’il l’avait dans un de ses cours. Il espérait la revoir.

 

 

Bureau de Mme HAYDN

 

Charlie n’aimait pas se retrouver dans ce genre de bureau. Durant ces années de lycée, elle s’était souvent retrouvée dans le bureau du principal. Elle avait la fâcheuse tendance à se faire remarquer.

 

Elle détestait encore plus les longs silences qui s’installaient de cette manière. La doyenne était entrain d’étudier son dossier. Charlie était assise sur sa chaise et ne savait pas trop quelle attitude adoptée.

 

La doyenne Haydn leva les yeux vers elle. Elle posa ses mains sur son bureau et les croisa.

 

Haydn : Vous avez plutôt un bon dossier… mais les nombreux avertissements conduites le ternissent un peu.

Charlie : J’ai toujours aimé me détacher du lot… et je l’avoue, pas de la meilleure façon, j’en conviens.

Haydn : Vous avez fait une demande pour reprendre vos études. Pourquoi ?

 

Elle baissa un instant les yeux sur le dossier puis regarda de nouveau Charlie.

 

Haydn : Si je m’en réfère à votre dossier, on ne peut pas dire que vous aimiez vraiment les études. Pourtant vous avez eu de très bons résultats.

Charlie : Disons qu’à l’époque, j’avais d’autres priorités !

Haydn : Et aujourd’hui ?

Charlie : Je dirais qu’elles ont évolués… j’ai évolué. Je me suis rendue compte de pas mal de chose et que même si j’ai du talent…j’ai besoin d’autre chose. J’ai envie d’aller un peu plus loin… et je pense que reprendre mes études est le bon moyen pour parfaire mes connaissances.

Haydn : Vous avez une idée de ce que vous voulez faire ?

Charlie : J’aimerai faire Lettres… et prendre option histoire de l’art ! Cela peut toujours être utile pour être styliste.

Haydn : Vous savez que reprendre vos études va être un réel engagement et que vous allez devoir aller jusqu’où bout.

 

Charlie sourit. Elle le savait. Elle avait étudié la chose dans tout les sens avant de prendre sa décision. Elle était bien décidée à le faire. Elle savait que cela allait lui faire du bien et que cela ne pourrait lui être que bénéfique.

 

Charlie : Si vous voulez savoir si j’ai bien réfléchi avant de prendre ma décision et bien oui. Je sais tout le travail et la motivation qu’il va falloir… et je vous assure qu’il n’y a pas plus motivée que moi. J’ai fait une erreur, il y a plusieurs années… j’essais de rattraper un peu les choses.

 

Haydn la regarda. Elle avait l’air d’être sincère. Et puis elle avait l’air beaucoup plus motivée que certains jeunes sortant tout droit du lycée. Elle s’était déjà trompée une fois, elle n’allait pas refaire la même erreur.

 

Haydn : j’espère que vous ne me ferez pas regretter mon choix.

 

Charlie la regarda.

 

Charlie : Est-ce que cela veut dire que vous acceptez mon inscription ?

Haydn : Est-ce que j’aurais des raisons de la refuser ?

Charlie : Non, non !

 

Charlie avait envie de crier tellement elle était heureuse.

 

Charlie : Vous n’allez pas le regretter. Merci !

Haydn : Je l’espère bien !

 

La doyenne remplie une partie du dossier puis le tendit à Charlie.

 

Haydn : Voilà, je vois que vous avez ramené les papiers nécessaires, donc il ne vous reste plus qu’à aller payer à l’accueil « Lettres ». Vous voyez où c’est ?

Charlie : Oui je vois.

 

Toutes deux se levèrent et se serrèrent la main. Charlie avait un grand sourire.

 

Haydn : Hé bien je vous souhaite bonne chance pour cette année !

Charlie : Merci.

 

Elle sortie du bureau de la doyenne, heureuse, ayant presque oublié ses heures d’attentes et sa mauvaise rencontre qui suivit !

 

En sortant, elle regarda la secrétaire et lui fit un immense sourire. Elle remarqua que le professeur, quand à lui, n’était plus là. Elle s’étonna à le regretter. Elle aurait aimé ne pas lui laisser le dernier mot.

 

Elle se dirigea vers l’accueil, et fut surprise de voir qu’il n’y avait pas de fil d’attente. Elle devait sûrement tomber au bon moment ! Lorsque Charlie arriva, une femme derrière son bureau leva les yeux vers elle, quittant ainsi son dossier dans lequel elle était plongée.

 

Femme de l’accueil : Bonjour, que puis-je pour vous ?

Charlie : On m’a dit de m’adresser à vous pour que mon inscription soit réellement prise en compte.

 

Charlie lui tendit son dossier.

 

Charlie : Si je ne me trompe pas, je dois vous donner un chèque d’acompte ?!

 

La femme se leva et vint prendre le dossier de Charlie.

 

Femme : Exact…Très bien, attendez quelques minutes s’il vous plait.

 

La jeune femme retourna à son bureau et tapota sur son ordinateur pendant 5 minutes, rentrant sûrement les données qu’il y avait dans le dossier. Puis elle se dirigea enfin vers Charlie qui attendait debout près comptoir.

 

Femme : Pour vous ce sera 356 dollars.

 

Charlie ouvrit son chéquier, et le rempli. Elle le déchira du chéquier et le tendit à la femme face à elle. Ca y est elle l’avait fait, elle était a la fac, elle n’en revenait pas. Elle était contente d’elle, et sa lui faisait du bien.

 

Femme : Je vous remercie. Vous devriez recevoir par courrier d’ici deux semaines votre carte étudiante.

Charlie : C’est tout ?

Femme : Oui.

Charlie. Ok. Merci. Au revoir.

Femme : Au revoir !

 

 

Bloomsburg

 

C’était la fin d’après midi, et il commençait enfin à faire bon dehors. Elle marchait lentement sur le trottoir et regardait a droite et a gauche. Elle allait bien trouver un jour ! Elle leva les yeux vers le panneau indiquant le nom de la rue et là, enfin elle vit le nom de la rue « Hawkins Street ».

 

Elle regarda de nouveau son papier, plié en 4, qu’elle tenait dans sa main droite. Elle fronça les sourcils et vit « Hawkins Street » juste à coté de la rue « Southampton Street », celle qu’elle cherchait. Elle marcha donc encore 5 minutes, et se trouva enfin devant l’agence d’intérim. Elle rangea le bout de papier dans son sac, et sortie une pochette en plastique avant de rentrer. Elle espérait n’avoir oublié aucuns papiers.

 

Elle fit un rapide tour des bureaux. Il y avait 3 bureaux en tout, tous pris pour le moment et il y avait aussi deux autres personnes assises, en attente. Elle s’assit à coté de l’une d’elles.

 

Quelques minutes après, lorsqu’elle vit l’homme à coté d’elle se lever, elle sut que la prochaine serait elle, ce qui se fit très rapidement.

 

Femme : Bonjour.

Erin : Bonjour, je viens pour déposer mon CV.

 

La femme, âgée d’une cinquantaine d’année les cheveux courts et bouclés, avait un regard sévère, et n’avait pas l’air sympathique. Mais Erin essaya de ne pas juger sur les premières apparences, et lui tendit son CV et sa lettre de motivation. Mais la personne face à elle semblait assez froide.

 

Femme : Très bien. Vous allez me remplir tous ces papiers. Avez-vous 4 photos d’identités ?

Erin : Oui tenez.

 

Erin la regarda quelques instants, étonnée par son manque de diplomatie et se mis à remplir les feuilles. 

 

Elle prit le stylo et se pencha sur les feuilles que lui avait remises la femme. Il y en avait une banale où il fallait remplir : Nom, Prénom, Adresse, … . Mais la 2ème feuille était destinée pour connaître ses acquis, les branches de métiers qu’elle pourrait faire, ses disponibilités, ses atouts, … . Il lui fallut 15 minutes pour tout bien remplir, car elle voulait prendre son temps et ne pas faire d’erreurs. Il lui fallait absolument un travail pour payer son loyer, ça ne pouvait pas durer comme ça !

 

Quant elle eut relu une dernière fois, elle donna les papiers à la femme, qui ne fut pas plus sympathique qu’au départ, pas même un sourire. Cela ne facilitait pas les choses pour Erin qui se sentait de plus mal à l’aise.

 

Femme : Très bien… c’est bon. On vous appelle lorsqu’on on a quelque chose qui correspond a votre profil.

Erin se leva : Très bien merci. Au revoir.

 

Erin partie d’un pas pressé. Elle ne savait pas si ça allait changer quelque chose de s’être inscrite dans une agence d’intérim avec le peu d’expérience qu’elle avait, mais il fallait tenter le coup.

 

 

Soirée

Cour des James

 

La soirée avait été magnifique et Jack avait été parfait. Il avait eu des gestes tendres à son égard qui l’avait surprise et fait frissonner quelques fois. Elle n’était pas habituée à ce genre d’attention.

 

Ils avaient dînés dans un petit restaurant, très agréable. Ils avaient beaucoup discuté. Et même si cela faisait des années qu’elle connaissait Jack, elle avait la sensation de le découvrir.

 

Annabeth n’avait pu s’empêcher de penser qu’elle devait lui dire et pendant tout le repas, elle avait essayé de trouver les mots et le bon moment pour le faire… mais elle n’avait pas pu.

 

Elle n’était pas à l’aise dans cette relation. Pas à cause de Jack, au contraire. Il faisait tout parfaitement bien. Mais à cause d’elle. Parce que pendant toute la soirée, elle n’avait pas su comment agir. Ses relations avec les hommes n’avaient pas été nombreuses et jamais aussi « sérieuse ».

 

Elle avait la sensation d’être devenue une « femme » maintenant. Alors que durant toutes ses années, elle avait été encore une jeune fille qui flirtait. Aujourd’hui avec Jack, elle se sentait différente et c’était ça qui lui faisait aussi très peur.

 

Et ces peurs ne la quittaient pas. Elle n’arrivait pas à les comprendre, ni à se comprendre elle-même.

 

Ils étaient sur le chemin du retour, dans la voiture de Jack. Ils étaient silencieux tous les deux. Jack se concentrait sur la route et Annabeth fixait le paysage. Pourquoi n’arrivait-elle pas à arrêter de penser de temps en temps. Elle imaginait tous les prétextes et solutions imaginables pour éviter la scène qui allait se passer en arrivant.

 

Elle y avait pensé cette nuit, toute la journée et toute la soirée. Elle avait l’impression de se répéter et de tourner en rond, sans trouver la bonne solution.

 

Jack gara la voiture devant le garage. Il coupa le contact et jeta un coup d’œil vers Annabeth. Celle-ci détachait sa ceinture de sécurité et s’apprêtait à sortir. Il fit de même et la suivit à l’extérieur.

 

Annabeth se plaça devant les escaliers, prête à monter mais elle savait qu’elle allait devoir lui dire au revoir. Elle se tourna vers lui. Il s’avança doucement vers elle, pour se retrouver tout proche d’elle.

 

Elle baissa les yeux puis les leva de nouveau vers lui. Il lui sourit.

 

Jack : J’ai passé une très agréable soirée… même si le serveur se souviendra de nous !

 

Elle ne put s’empêcher de sourire. Le pauvre serveur. Elle avait renverser son verre avant même que le dîner ne commence et il avait dû changer toute la table. Elle le regarda. Elle se détestait… Jack était quelqu’un de génial, elle se sentait bien avec lui. Il la rendait spéciale… alors qu’est-ce qui pouvait clocher chez elle ?

 

Jack lui prit les mains et se rapprocha d’avantage. Elle leva de nouveau les yeux vers lui. Il avait un regard qui savait la captiver.

 

Jack : La soirée est passée beaucoup trop vite !

Annabeth : Je crois que le serveur ne doit pas être du même avis que toi !

 

Jack lui sourit. Ils se regardèrent un long moment. Jack lâcha ses mains, posa une main sur ses hanches et l’autre sur la joue de la jeune femme et déposa un baiser sur ses lèvres. Annabeth ne bougea pas. Comme à chaque fois, il arrivait à l’envoûter. Elle répondit à son baiser et durant un instant elle oublia le reste. Elle fit glisser ses mains sur la nuque de Jack et celui-ci resserra son étreinte.

 

Leur baiser fut plus long que celui de la veille. Jack caressa doucement le dos de la jeune femme. Ce geste ramena Annabeth à la réalité. Elle s’écarta lentement de lui. Elle avait ce nœud dans l’estomac qui était revenu ainsi que ses peurs.

 

Jack la regarda étonné par sa réaction. Elle leva les yeux vers lui. Un regard qui semblait s’excuser.

 

Annabeth : Je crois que… les choses ont été un peu trop vite. Je veux dire notre relation….

 

Jack la regarda plus intensément.

 

Jack : Un peu trop vite ? 4 ans, tu trouves ça trop rapide ?!

 

Elle ne savait absolument comment lui expliquer ce qu’elle ressentait à cet instant. Et comment le pourrait-elle vu qu’elle ne le comprenait pas elle-même. Elle avait juste peur.

 

Annabeth : Je… je ne suis pas encore prête… pour m’engager dans une relation…

 

Le regard de Jack changea et elle vit qu’elle venait de lui faire mal. Ses yeux se remplirent tout doucement de larmes.

 

Jack : Ok. Je vois.

Annabeth : J’aurais dû t’en parler avant… avant tout ça.

 

Ils se regardèrent. Le regard de Jack avait changé. Il semblait indifférent.

 

Jack : Je comprends.

Annabeth : Tu es sûr ?

 

Il la fixa. Comment voulait-elle qu’il réagisse ? Il avait l’impression que c’était un mauvais rêve et qu’il allait se réveiller.

 

Jack : Non… mais, moi aussi je vais avoir besoin de temps pour comprendre. Mais je respecterais ton choix.

 

Elle venait de le blesser et c’était la dernière chose qu’elle souhaitait.

 

Annabeth : Je suis désolée.

 

Il la regarda. Son regard avait de nouveau changé.

 

Jack : Tu n’as pas à l’être. Tu as été honnête. Il va juste falloir que j’apprenne à vivre avec ça !

Annabeth : Je ne dis pas que tout est fini….

Jack : Alors qu’est-ce que tu dis Annabeth ?!

 

Annabeth regarda Jack. Elle ne savait pas vraiment où elle allait. Et c’était pour ça qu’elle voulait prendre son temps avec Jack. Elle ne voulait pas le laisser dans l’expectative, elle voulait simplement savoir où tout cela la mènerait pour ne pas risquer de tout perdre.

 

Annabeth : J’ai des sentiments pour toi…mais j’ai besoin de temps pour faire le point dans ma vie. Il s’est passé énormément de choses ces derniers temps. J’ai besoin que ça soit simple pour une fois…

Jack : Je suis désolé de te compliquer les choses !

Annabeth : Non, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. Tu ne me compliques rien Jack… C’est moi. C’est de moi dont vient le problème.

 

Elle baissa les yeux pour reprendre un peu de contenance. Elle releva les yeux même si elle savait que les larmes ne tarderaient pas à sortir.

 

Annabeth : Je tiens à toi Jack… et je ne veux pas te perdre.

 

Ils se regardèrent un long moment. Personne ne savait à cet instant où ils allaient et ce qui allaient se passer ensuite. Jack baissa les yeux un instant puis planta à nouveau son regard dans celui d’Annabeth.

 

Jack : Prends le temps qu’il faudra.

 

Il la regarda une dernière fois avant de se retourner et de s’en aller. Annabeth le regarda s’éloigner. Les larmes coulaient sur ses joues. Que venait-elle de faire ? Pourquoi avait-il fallut qu’elle écoute à nouveau ses peurs ?

 

Elle était partagée entre la tristesse et la colère. Elle avait blessé Jack, elle se savait, et cela lui coûtait énormément. Elle avait peur d’avoir gâché ce sentiment si précieux à ses yeux.

Et puis elle ressentait une colère en elle, contre elle. En venant ici, elle s’était promise un nouveau départ. Elle s’était jurée de ne plus laisser ses peurs la dominer comme son éducation pas toujours facile l’y avait contrainte. Elle avait découvert une certaine sécurité au sein de cette nouvelle famille qui l’avait accueilli elle et Erin. Elle aurait du se libérer de ses craintes, mais elle se rendit compte avec amertume ce soir là que ses peurs l’avaient à nouveau contrôlé.

 

 

Maison des James

 

Il rentra sans faire de bruit. Tout le monde devait dormir. Mais il fut surpris de voir de la lumière dans la cuisine. Il s’y rendit et vit Catherine assise à la table avec une tasse de thé à la main. Lorsqu’elle l’entendit elle leva les yeux vers lui.

 

Elle remarqua tout de suite que quelque chose n’allait pas. Elle connaissait son frère par cœur et il avait ce regard triste. Elle se demandait ce qui avait bien pu se passer avec Annabeth ce soir pour que son frère soit dans cet état là.

 

Jack lança ses clés sur la table et s’assit près de Catherine. Il n’arriverait pas à dormir après ce qui venait de se passer. Il venait de repasser dans sa tête ses derniers jours et ses dernières semaines, et il n’arrivait pas à voir ce qu’il avait fait pour qu’Annabeth prenne de la distance.

 

Un silence s’était installé. Non, il n’arrivait pas à comprendre ce qu’il avait fait de mal. Mais comme il l’avait dit à Annabeth, il respecterait son choix. Mais cela lui faisait mal. Mal de savoir qu’il ne pourrait pas être avec elle. Cela faisait déjà un certain temps qu’il s’était rendu compte qu’il avait besoin d’elle dans sa vie…. Et qu’il appréciait chaque moment passé avec elle. Et puis certes il était jeune, mais il avait passé l’âge des histoires sans réel lendemain. Il voulait une relation concrète, sérieuse. Et il avait l’intime conviction que cette relation, ce possible, il voulait le bâtir avec Annabeth et personne d’autre. Ce sentiment l’avait quelque peu effrayé quand il était parvenu à cette constatation, car il avait pris conscience que c’était la première fois qu’il éprouvait une telle émotion pour une femme. Mais aujourd’hui il avait une foi sans équivoque en ce sentiment.

 

Il laissa sa tête tombée en arrière et passa ses mains sur son visage. Catherine le regarda. Il semblait pas mal retourné. Est-ce qu’il s’était disputé avec Annabeth ? Elle appréciait beaucoup Annabeth mais elle avait toujours trouvé que c’était un peu risqué. Et puis elle craignait que si cette relation entre Jack et Annabeth ne fonctionne pas, inévitablement le trio Annabeth-Jack-Sara en pâtisse. Mais elle avait vu son frère avec l’amie de sa sœur, et elle s’était rendue à l’évidence, il y avait réellement quelque chose de fort entre eux, bien au-delà du flirt ou de l’attirance.

 

Catherine : Un thé ?

 

Jack redressa la tête et regarda sa sœur. Il lui sourit légèrement. Ils avaient toujours été très proches tout les deux. Il n’aurait pas vraiment expliqué pourquoi mais depuis qu’il était tout jeune, il avait toujours voulu protéger Catherine. Peut-être parce qu’il lisait de la tristesse dans son regard.

 

Jack : Non merci.

 

Elle le fixa.

 

Catherine : Et ta soirée ?

 

Il la regarda. Que pouvait-il dire ? Il avait adoré la soirée… mais pas la manière dont elle s’était terminée. Il se sentait mal. Il n’avait jamais été ainsi. Comme si Annabeth avait gardé avec elle la vie qu’il avait en lui.

 

Catherine remarqua son silence ce qui était inhabituel chez Jack.

 

Catherine : Ca s’est mal passé ?
Jack : Non, c’était génial. On a passé une très bonne soirée.

Catherine : Mais…

Jack : Mais elle ne s’est pas fini comme je l’espérais.

 

Catherine le fixa. Elle attendait la suite. Jack avait toujours eu du mal à se confier. Il avait toujours voulu jouer les hommes forts mais elle avait toujours su le faire se livrer un peu.

 

Jack : Ca vient à peine de commencer que c’est déjà fini.

 

Que voulait-il dire par là ? Jack fixait un point sur la table. Il marqua un temps de pause. Il n’arrivait pas à comprendre.

 

Jack : Elle a rompu.

 

Catherine n’en crut pas ses oreilles.

 

Catherine : Quoi ??

Jack : Elle a dit que ça allait trop vite et que pour l’instant elle n’était pas prête.

 

Jack n’avait pas levé les yeux. Il ne voulait pas que Catherine arrive à lire en lui comme elle le faisait si souvent. Catherine ressemblait énormément à sa mère pour cela. Mais cette fois-ci, elle ne pourrait pas l’aider.

 

Il se leva et se dirigea vers l’escalier. Catherine regarda son frère s’éloigner et monter les marches. Il était beaucoup plus amoureux qu’elle ne le pensait. Cela lui faisait de la peine pour son frère. Même si ce n’était pas intentionnel, Annabeth venait de le blesser, mais elle connaissait assez Annabeth pour savoir que cela ne devait pas être facile pour elle aussi.

 

Elle savait qu’Annabeth avait tendance à compliquer les choses mais elle avait pensé que Jack arrangerait cela. Elle devrait peut-être aller en parler avec l’intéressée ? Non. Cela ne regardait que son frère et Annabeth. Elle devait se contenter d’être là lorsqu’ils en auraient besoin. Mais c’était très difficile.

 

 

Chambre de Jack

 

Il referma la porte de sa chambre. Il enleva sa veste et la jeta sur une chaise. Il n’alluma pas et s’approcha de sa fenêtre. Les volets n’étaient pas fermés et la lune éclairait quelque peu la pièce. Il fixa au loin.

 

Jamais il n’avait ressentit cela. Il avait mal… mal et peur. Peur de la perdre. Il n’avait jamais été attaché à ce point à une femme avant elle. Il avait déjà eu des aventures mais jamais rien de véritablement sérieux. Mais avec Annabeth s’était différent. Cela s’était fait tout naturellement, sans qu’il ne s’y attende.

 

Il avait su qu’il était tombé amoureux lorsque Sara était rentrée dans sa chambre en criant et sautant partout et en lui annonçant qu’Annabeth venait habiter dans la région. Ou tout du moins c’est qu’il avait réussit à comprendre entre tous ses cris. Il avait été heureux... et il n’aurait pas su expliquer comment.

 

Avant cette nouvelle, Jack se surprenait à attendre la prochaine visite de l’amie de sa sœur. Et chaque fois, ils passaient de plus en plus de temps ensemble… mais en gardant toujours une excuse : Sara à la fac, Sara rendez-vous boulot, donc Jack proposait de tenir compagnie à Annabeth.

 

Ils avaient beaucoup discutés et Jack aimait parler avec elle. Elle était quelqu’un de simple avec qui on se sentait bien. Il avait été touché par son histoire. Et même si il adorait la taquiner, cela était plus devenu un jeu amoureux que de réelles taquineries.

 

Il avait trouvé un équilibre depuis qu’il connaissait Annabeth et surtout depuis qu’elle était venue s’installer ici. Elle l’avait encouragé à persévérer dans sa recherche de boulot en lui disant qu’il était bon et qu’il ne devait pas se décourager. Et puis, elle lui avait fait son petit discours sur « avoir confiance en la vie », croire en ses rêves… et là, il l’avait fixé et il avait su à quel point il tenait à elle et quelle place elle avait prise.

 

Non. Il ne voulait pas la perdre et il n’allait pas abandonner aussi facilement. Elle voulait du temps ? Alors il allait lui en laisser mais il allait lui montrer ses sentiments et à quel point elle était importante pour lui.

 

De toute façon, il venait d’apprendre à ses dépends que c’est le cœur qui dicte la marche à suivre. Et même s’il avait voulu rayer Annabeth de sa vie, il ne pouvait pas, c’était contre sa volonté…son cœur s’y refusait.

 

 

Lendemain matin,
En Ville

 

Sara et Erin avaient rejoint Charlie en ville pour aller boire un verre. Elles s’étaient installées sur la terrasse d’un café. Erin avait pris un diabolo citron, Sara une Desparado  et Charlie, une bière.

 

Sara : Elle était partie avant que tu te lèves ? Et tu t’es levée à quelle heure ?

Erin : 7h45 !

Sara : Elle est bien matinale ?

 

Charlie bu une gorgée de sa bière et la posa sur la table.

 

Charlie : Elle n’est peut-être pas rentrée ?

 

Elle souriait aux deux jeunes filles en face d’elle.

 

Même si Sara aurait été très heureuse pour son amie et son frère, ce n’était pas du tout du style d’Annabeth. Son imagination débordante allait la faire paniquer d’avantage. Avaient-ils eu leur première dispute ? Jack aurait-il eu une attitude déplacée ? Les possibilités n’en finissaient pas de fuser dans l’esprit de Sara.

 

Elle ne savait pas pourquoi ou encore comment mais Sara était persuadée qu’il s’était passé quelque chose d’assez grave pour qu’Annabeth ait cette attitude. Elle regarda Erin et celle-ci semblait penser la même chose qu’elle. Et puis il y avait quelque chose qui gênait Erin. Annabeth n’avait laissé qu’un mot sur la table ce qui était très bizarre. Il est vrai qu’hier, elle n’avait pas semblé dans son assiette mais Erin avait mis ça sur le compte de la fatigue. La journée précédente avait été très chargée pour elle.

 

Mais elle était tout de même bizarre. Autrement que d’habitude. Mais elle savait qu’avec Annabeth, lorsqu’elle aurait envie d’en parler, elle le ferait. Enfin, elle espérait.

 

Erin : Je ne pense pas sinon j’aurais entendu Mémo pleurer.

 

Sara se tourna vers sa sœur tout en pensant encore à Annabeth.

 

Sara : Et toi, ton rendez-vous à la fac hier ?

Charlie : Ne m’en parlez pas ! J’ai attendu plus d’une heure et demie que Madame Haydn me reçoive ! 5 minutes de plus et je crois que je m’en prenais à sa secrétaire ! Et ce prof qui a cru qu’il avait tous les droits !

Sara : Quel prof ?

Charlie : Un certain Mr Grant, il me semble, si je me souviens bien !

 

Sara n’y croyait pas. Sur tous les profs qui se trouvaient à la fac, il fallait qu’elle tombe sur lui. Son professeur d’Histoire. Elle osa à peine poser la question.

 

Sara : Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

Charlie : Et bien je lui ai dis ce que je pensais…

 

Sara ferma les yeux en grimaçant. Connaissant Charlie, cela n’a pas du être un échange amical. Pourvu qu’il ne sache pas son nom.

 

Inconsciemment Sara avait serré les dents, elle n’allait pas apprécier ce qui allait suivre, elle le sentait. Elle se résonna intérieurement, elle n’avait aucune envie de débattre avec Charlie sur son impulsivité, elle savait que cela annonçait un conflit. Et elle se refusa de se donner en spectacle devant Erin.

 

Charlie : Monsieur pensait que parce qu’il était prof cela allait changer quelque chose ! Mais pour qui il se prend !

Sara : Tu t’es déjà fait remarquer ?!

Charlie : Excuse-moi mais ce n’est pas de ma faute !

 

Une moto arriva et se gara non loin de la terrasse où les filles se trouvaient. Elles ne purent s’empêcher  de l’observer. La moto était magnifique. Cela semblait être une Harley Davidson, un ancien modèle, tout à fait en bon état.

 

Sara : Moi, je veux la même moto !

Charlie : Moi, je me contenterai de celui qui se trouve dessus !

 

Les filles la regardèrent.

 

Charlie : Quoi ? Ne me dites pas que vous n’avez pas remarqué à quel point il était bien foutu !

 

Elles regardèrent de nouveau l’homme en question. C’est vrai qu’il était plutôt pas mal. Il portait un jean noir qui lui allait parfaitement bien, un sweat bleu marine avec une veste en cuir noire. Il portait un casque mais si son visage était comme le reste, Charlie était preneuse.

 

L’homme coupa le contact. Charlie ne l’avait pas quitté des yeux. Sara et Erin ne savaient plus vraiment où se mettre mais avec Charlie il fallait s’en douter. L’homme enleva son casque.

 

Charlie : Non mais je n’y crois pas !

 

Erin et Sara la regardèrent en se demandant ce qui pouvait bien se passer. Charlie se renfonça sur sa chaise. Les filles regardèrent l’homme en moto et d’un seul coup, Sara fit la même chose que sa sœur.

 

Erin : Quoi ??

 

Erin regarda tour à tour, Sara et Charlie… puis l’homme à la moto. Elle n’avait pas tout bien suivit ou quoi ?! L’homme descendit de sa moto. Alors qu’il s’en allait, il tourna les yeux vers elles et un sourire apparut sur son visage. Il changea de chemin et vint vers elles.

 

Homme : Mesdemoiselles… Bonjour !

 

Charlie s’était redressée et prête à l’affronter. Quand à Sara, elle essayait toujours, tant bien que mal d’éviter son regard. Erin essayait toujours de comprendre mais elle commençait à avoir une petite idée.

 

Homme : Je savais que le nom de James me disait quelque chose !

 

Il regarda Sara. Celle-ci leva les yeux et lui sourit timidement. Si elle avait pu elle aurait creuser un trou et s’y serait enterrée illico. Elle ne savait définitivement plus où se mettre. Charlie allait l’entendre. L’année n’était même pas encore commencée qu’elle était grillée.

 

Sara : Bonjour Monsieur Grant !

 

Il regarda Charlie et celle-ci soutint son regard.

 

Grant : Je tenais à m’excuser pour hier ! Vous aviez tout à fait raison de vous mettre en colère…

 

Elle n’arrivait pas à y croire. Il lui faisait des excuses.

 

Charlie : Il vous a fallu autant de temps pour vous en rendre compte ?!

 

Sara se tourna vers sa sœur les yeux tout ronds. Elle allait la tuer, elle allait la tuer. Vite une arme ! Erin assistait à la scène, tout en jetant des regards à Sara qui bouillonnait littéralement de l’intérieur. Elle devait dire que Charlie l’étonnait beaucoup. Elle n’avait pas la langue dans sa poche mais là…

 

L’homme en face d’elle sourit. Il n’avait jamais encore rencontré quelqu’un comme Charlie et il devait avouer qu’il était assez curieux et assez impressionné par son caractère.

 

Grant : J’ai toujours beaucoup de mal quand je suis en face d’une belle femme.

 

C’était la totale. Voilà que son prof draguait sa sœur et en plus de ça, en sa présence. Non finalement, elle n’allait pas tuer Charlie, elle voulait mourir ! Elle rêvait ça devait être ça ! La situation devenait réellement loufoque.

 

Charlie : Si vous pensez que me complimentez, me fera vous pardonnez, vous vous trompez ! Et vous devez avoir l’habitude que toutes vos étudiantes vous tombent dans les bras, béates d’admiration.

 

C’était définitif. C’était fini pour elle la fac. Sara ne savait vraiment plus où se mettre. Elle ferma les yeux quelques secondes, les rouvrit mais non elle était bien en train d’assister à la scène la plus humiliante de son existence. Il ne manquait plus que Charlie porte le coup fatal en disant que sa petite sœur était peut-être l’une de ces étudiantes entichées de son prof.

 

Erin, quand à elle, assistait avec un léger sourire à la scène. Elle, dès qu’il y avait du « ship », elle était présente et elle ne voulait rien rater de cet échange. Par contre, elle pouvait très bien imaginer la gêne de son amie.

 

Charlie : Et bien sachez que je ne suis pas comme toutes vos étudiantes !

Grant : Je l’espère bien !

 

Il lui lança un regard qui la laissa sans voix. A cet instant Erin et Sara sentirent qu’elles n’étaient pas à leur place, et elles n’eurent qu’une envie, c’est de partir et les laisser tout les deux. Mais le professeur les devança.

 

Grant : Bonne journée mesdemoiselles !

 

Il les salua d’un signe de tête et s’en alla. Ce typa l’agaçait au plus haut point. Pour qui se prenait-il ? Il avait une audace ! Sara fixa sa sœur d’un regard qui voulait tout dire. Ses pulsions meurtrières réapparurent instantanément.

 

Charlie : Quoi ???

Sara : Tu me demandes qu’est-ce qu’il se passe ? Il était venu te faire des excuses et toi, tu l’as envoyé promener !!!

Charlie : Il a crut que cela être aussi facile !

Sara : Ca l’était ! Charlie… c’est mon prof d’Histoire à la fac, tu aurais pu faire un effort ! Qu’est-ce que tu crois qu’il va penser maintenant ?!

Charlie : Que dans notre famille, on ne se laisse pas marcher sur les pieds !

Sara : Tu n’es pas possible Charlie ! Sérieux, il a été adorable, il est venu te faire ses excuses ! Qu’est-ce qui ne te plaît pas chez lui ?

Charlie : Il m’énerve ! Il a cette assurance, cette manière d’être fier de lui… et cette manie de toujours avoir le dernier mot !

Sara : Oui et bien ça me rappelle une certaine personne !

 

Erin sourit à la remarque de son amie tout en reposant son verre.

 

Charlie : Et puis ce sourire et ce regard qu’il a…

 

Charlie fit une légère grimace. Sara la regarda un long moment. Ca y est ! Elle venait de comprendre. C’était tout à fait dans le style de Charlie de réagir de cette manière… mais c’est vrai que c’était la première fois qu’elle voyait sa sœur dans cet état là.

 

Voyant que Sara la fixait et ne disait rien, Charlie la regarda à son tour.

 

Charlie : Quoi ??

 

Sara lui sourit avec un air malicieux.

 

Sara : Tu as flashé sur lui !!

Charlie : N’importe quoi !

 

Charlie reporta son attention sur son verre.

 

Sara : Si, si ! Tu es tombée amoureuse !

 

Erin tendit un peu plus l’oreille à la conversation.

 

Sara : Tombée amoureuse de mon prof, j’en conviens… mais tu es amoureuse !

Charlie : Arrête de raconter n’importe quoi ! J’ai ce type en horreur !

 

Sara la fixa.

 

Sara : Mouais !

 

Charlie la regarda. Non, elle n’était pas amoureuse de ce type loin de là. Elle se leva et prit ses affaires.

 

Charlie : Je ne suis plus une gamine qui tombe amoureuse de son prof Sara !

 

Elle s’en alla, laissant les filles seules à la terrasse. Erin n’osa pas parler, ne sachant pas trop quoi dire. Sara elle encaissait lentement. Elle était à peut près sûre que la dernière remarque de sa sœur lui était destinée. Non qu’elle soit tombée amoureuse d’un de ses profs, mais Charlie avait habillement remis Sara à sa place en lui rappelant son statut de « gamine » de la famille. Ca n’avait rien de bien méchant, mais c’était la façon de Charlie de se défendre du fait que Sara avait percé sa faiblesse…à savoir qu’elle en pinçait pour son prof.

 

Qu’est-ce que Charlie pouvait l’agacer par moment…

 

Sara : Tu peux me dire pourquoi j’ai une famille aussi compliquée ?!

 

Erin regarda son amie.

 

Sara : Entre mon frère et Anna qui mettent 4 ans et Charlie… qui flashe sur mon prof d’Histoire, je crois que je suis gâtée !

Erin : C’est vrai que ce n’est pas simple !

 

Sara regarda Erin.

 

Sara : Tu n’as rien à me dire ? Je ne sais pas peut-être que tu aurais des vus toi aussi ! Au point où j’en suis !

 

Erin sourit.

 

Erin : Non et puis toute ta famille est prise !

 

Sara la regarda étonnée par sa réponse.

 

Erin : Je plaisantais !!

Sara : Tu sais que c’est la première fois que je vois Charlie dans cet état ! J’ai peur rien qu’à l’idée qu’elle se retrouve dans les même cours que moi et avec Mr Grant !

Erin : Ca pourrait être drôle !

Sara : Tout dépend pour qui !

Erin : En tout cas, je crois que ce Mr Grant est tombé lui aussi sous le charme de Charlie !

Sara : Ce n’est pas censé me rassurer ça ! Connaissant Charlie, cela ne va pas être simple et cela ne va pas nous simplifier la vie !

 

 

Ecole Artistique

 

Il était 17h30, Annabeth allait bientôt finir le travail aujourd’hui. Elle toqua à la porte de celle-ci.

 

Annabeth : Entrez !

Erin : Coucou c’est moi.

Annabeth : Merci de le préciser, j’aurai pu me le demander encore longtemps !

Erin : Très drôle.

 

Annabeth lui fit un léger sourire et reporta son attention sur ce qu’elle était entrain de faire. Erin fronça les sourcils, car Annabeth avait dit cela sans trop de conviction, comme si sa n’allait pas.

 

Erin : Ca va ?

 

Annabeth leva les yeux vers son amie. Elle n’avait pas envie de lui cacher mais là, tout était beaucoup trop mélangé et compliqué dans sa tête pour lui expliquer ce qui se passait.

 

Annabeth : Oui.

Erin : Ok.

 

Elle n’insista pas, ce n’était pas la peine. Elle préféra lui laisser le temps. Après tout Annabeth savait que si elle avait besoin de conseils, de réconfort ou d’une oreille attentive, elle pouvait compter sur Erin.

 

Erin : Je passais à coté alors je me suis dit qu’on pourrait rentrer ensemble.

Annabeth : C’est une bonne idée.

 

Erin était debout face à Annabeth et tenait son sac à la main. Annabeth regarda son amie un instant et la fixa.

 

Annabeth : Tu sais que tu ne paieras pas plus cher si tu t’assois !

Erin (surprise) : Ah oui bien sûr !

 

La tension dans le bureau n’était pas très bonne. C’était peut être elle qui se faisait des idées, Anna allait peut-être bien, et c’est seulement parce qu’elle été concentrée dans son travail.

 

Pour détendre l’atmosphère, Erin décida de lui raconter les aventures de Charlie et de ce qui s’était passé en ville.

 

Erin : Tu ne devineras jamais ce que Charlie a fait ?

 

Annabeth leva les yeux.

 

Annabeth : Je crains le pire !

Erin : Elle est partie s’inscrire hier, à la fac… et elle a croisé le prof d’Histoire de Sara.

 

Annabeth attendait la suite. Connaissant Charlie, elle savait que cela allait être beaucoup plus compliqué que cela. Et elle présentait que ce qui c’était passé n’avait pas plût à Sara.

 

Erin : Bah disons que cela faisait plus d’une heure qu’elle attendait que la doyenne la reçoive… alors quand le prof a essayé de passer devant elle… Tu imagines qu’elle a été sa réaction !

Annabeth : J’imagine très bien !

Erin : Et attends ! Ce n’est pas le pire ! … Avec Sara, on a rejoint Charlie en ville pour boire un verre. Et qui on a croisé là-bas ?

Annabeth : Le prof ?!

Erin : Gagné !

 

Annabeth sourit et Erin en fut content.

 

Erin : Et tu aurais vu comment elle l’a rembarré ! Mais je dois dire qu’il ne s’est pas laisser faire… d’ailleurs la tension entre eux est devenue très gênante à un moment. Et je ne te raconte pas Sara. Elle ne savait plus où se mettre.

Annabeth : J’imagine ! Je sens que Charlie nous réserve encore des surprises pour plus tard.

Erin : Oui on ne va pas s’ennuyer.

Annabeth : Attend… le prof d’Histoire… c’est bien Mr Grant ?

Erin : Oui.

Annabeth : Ok donc je vois très bien dans quel état pouvait être Sara. Mr Grant !!

 

A ce moment là, Loan entra dans le bureau, il allait donner un dossier à Annabeth quand il vit que celle-ci avait une invitée. Il se tourna vers elle et lui sourit comme il avait la manière.

 

Loan : Bonjour Erin !

Erin : Bonjour !

Loan : Comment allez-vous ?

Erin : Bien merci.

 

Il s’approcha d’Annabeth et lui donna le dossier.

 

Loan : Je vous rends le dossier avec les listes des élèves. Parce que si je le garde sur mon bureau, on risque de ne plus le retrouver avec tout ce qui s’y trouve !

 

Annabeth le prit et le mit au fond à droite de son bureau avec les papiers importants. Mr Davis repartit dans son bureau laissant la porte ouverte, car il allait bientôt être l’heure.

 

Annabeth rangea les dernières petites choses qui traînaient sur son bureau et commença à éteindre son ordinateur puis elle se souvint qu’il n’avait qu’une imprimante pour le moment et que si elle éteignait son ordinateur, le directeur ne pourrait plus imprimer.

 

Annabeth : Est-ce que j’éteins mon ordinateur ??

 

Le directeur lui répondit sans se déplacer.

 

Loan : Oui, je ne vais pas tarder non plus !

 

Elle éteignit son écran et alla chercher sa veste mais avec le temps qu’il faisait, elle n’en aurait pas besoin. Mais les matins étaient toujours un peu frais par ici.

 

Annabeth : Au fait, tu as reçu des nouvelles de l’agence d’intérim ?

Erin souffla : Non, mais tu sais depuis hier, ça na pas dû beaucoup avancer. Je savais que j’aurais beaucoup de mal à trouver quelque chose. Je commence à avoir peur d’avoir fait une bêtise en venant ici.

 

Annabeth vit qu’Erin était en plein moment de doutes, et qu’elle avait envie de tout lâcher. Elle s’arrêta dans son mouvement et la regarda.

 

Annabeth : On va dire que je n’ai rien entendu. Et puis tu as le temps…

Erin : Le loyer ne va pas se payer tout seul !

Annabeth : Non, mais je suis là et pour le moment ça va !

Erin : Oui mais tu ne vas pas tout payer tout seule, indéfiniment…

Annabeth : Il ne faut pas baisser les bras, et continuer a cherché a coté de l’agence d’intérim…. Mais ne te prends pas la tête… tout va bien !

Erin : Ouais.

 

Loan entendit sans le vouloir toute la conversion et réfléchi un instant. Son bar allait bientôt ouvrir, et il aimerait des employés de confiance, qu’il connaisse si possible ! Et là il y avait une occasion à ne pas rater. Il savait qu’Erin était une personne motivée, et qu’elle travaillerait dur ! Il avait vu de quoi elle était capable lors des travaux et de la soirée d’ouverture. Il avait besoin de serveuses alors pourquoi pas Erin, et même Sara ?! Il entendit les filles s’approcher de son bureau.

 

Annabeth : Je vous abandonne pour ce soir ! Bonne soirée.

Loan : Attendez ! Erin ?

 

Erin se retourna surprise ! Il se leva et vint à leur rencontre. Elle s’approcha de lui. Allait–il lui demander de ne plus venir chercher Annabeth avant l’heure ! Elle était nerveuse …

 

Loan : J’ai entendu votre conversation sans le vouloir et je me demandais si vous seriez intéressée par un job de serveuse d au piano bar ? J’aurais grand besoin d’une personne comme  vous !

 

Annabeth sourit. Ca ne l’étonnait pas de lui ! Mais son choix était censé, a part qu’Erin n’avait jamais était serveuse ! Mais c’est comme tout, ça s’apprend !

 

Erin : Vous êtes sérieux ?!

Loan : Oui

 

Un immense sourire apparut sur le visage d’Erin.

 

Erin : Alors oui, j’en serais vraiment ravie. Ca serait super de travailler dans un tel endroit.

 

Elle répondit sans vraiment trop réfléchir. C’était une occasion à ne pas rater. Non seulement elle connaissait le patron, mais surtout elle avait confiance en lui. De plus le bar était magnifique, et sachant ce que Mr Davis voulait en faire, elle savait que ce serait super ! Et enfin, c’est le genre d’endroit où on rencontre plein de gens. Elle avait déjà hâte de commencer à travailler !

 

Loan : Je suis ravi que vous acceptiez.

Erin : Merci.

Loan : De rien ! Et vous pourriez aussi en parler avec Sara au cas où cela l’intéresserait aussi ?!

Erin : Oui, d’accord !

Loan : Je prépare tout ça… mais quand seriez-vous disponible pour commencer ?

Erin : Dès demain, si cela vous arrange !

Loan : Disons mercredi ! Passer demain matin à l’Ecole et on verra cela ensemble. Bonne soirée.

Erin : Au revoir.

Annabeth : A demain !

 

Dans les escaliers qui menaient à la sortie, Erin souffla légèrement un « J’y crois pas » pour elle-même. Annabeth sourit, pensant que son patron était un homme vraiment généreux et génial. Il venait en quelques minutes faire reprendre confiance à Erin !

 

 

Appartement des filles

 

Annabeth sortit de la salle de bain les cheveux enroulés dans une serviette. Erin venait de reposer le combiné. Elle se tourna vers la nouvelle venue.

 

Erin : C’était Mary. Ils nous invitent pour le dîner. J’ai dis que nous arrivions dans 15 minutes, le temps que tu finisses de te préparer.

 

Annabeth regarda Erin. Elle n’avait aucune envie de se retrouver avec toute la famille et surtout face à Jack. Pas après ce qu’elle lui avait fait. Une peur panique s’empara d’elle.

 

Annabeth : Je n’ai pas trop envie de voir du monde ce soir. J’ai eu une journée plutôt difficile…Je pense que je vais grignoter un peu et récupérer le sommeil qu’il me manque sinon je ne vais pas tenir la semaine.

Erin : Ca va ?

 

Erin voyait bien que quelque chose n’allait pas. Depuis qu’elle était rentrée, Annabeth n’avait pas dit un mot ce qui n’était pas normal chez elle. Elle avait filé directement à la douche.

 

Annabeth : Oui, je suis fatiguée et j’ai mal à la tête !

 

Il y avait quelque chose, elle en était sûre !

 

Erin : Une colère qui n’est pas sortie ??

 

Erin regarda malicieusement son amie. C’est ce qu’elle n’arrêtait pas de lui répéter à chaque fois qu’elle avait mal à la tête. C’était plutôt rare qu’Annabeth est mal à la tête. C’était plutôt Erin la spécialiste.

 

Annabeth regarda son amie et lui sourit légèrement. C’est vrai qu’elle avait un peu les traits tirés et elle était un peu pâle. Erin espérait qu’elle ne couvrait rien de grave.

 

Annabeth : Ca doit être ça ! … Mais vas-y toi ! Ca te fera du bien… et puis moi je vais dormir donc rien de très passionnant !

Erin : Non je vais rester…

Annabeth : Hey !!! Je suis une grande fille. Je peux rester toute seule ! Et puis tu ne seras pas loin… si j’ai besoin, je sais où appeler !

Erin : Tu es sûre ?

Annabeth : Certaine !! Vas-y… tu m’excuseras auprès de Sara et Mary.

Erin : D’accord !

 

Erin prit sa veste et se tourna de nouveau vers son amie.

 

Erin : Et si tu as besoin de quoi que ce soit…

Annabeth : Je te sonne ! Promis !

 

Annabeth lui sourit pour essayer de la rassurer mais Erin n’aimait pas la voir comme ça. C’était tellement rare chez Annabeth que cela faisait même peur.

 

Annabeth : File !!!

 

Erin la regarda une dernière fois avant de sortir. Annabeth regarda la porte se refermer. Elle ferma les yeux. Oui elle avait mal à la tête et oui une colère n’était pas sortit. Elle était en colère contre elle. Sur ce qu’elle avait fait à Jack. Elle avait tout gâché. Elle en arrivait à l’éviter de peur d’affronter son regard.

 

Elle sentit les larmes monter. Elle se dirigea vers la cuisine et regarda si Erin était bien arrivée chez les James. Elle la vit entrer par la porte de la cuisine. Annabeth s’adossa à l’évier et laissa sortir ses larmes. Cela faisait trop longtemps qu’elle s’en empêchait.

 

Mémo s’approcha doucement d’elle et la regarda. Elle s’accroupit et caressa son chien. Celui-ci vint se coller à elle pour lui faire un câlin. Annabeth le serra contre elle et se laissa aller. C’était plus fort qu’elle. Les larmes n’arrêtaient pas de couler.

 

Elle s’écarta et regarda son chien qui venait de lever la tête vers elle. Il s’avança et lui lécha le visage. Cela pouvait sembler idiot mais l’attitude de son chien la touchait au plus haut point. Elle lui fit un bisou et se leva pour se rendre dans sa chambre.

 

Elle enleva la serviette qui se trouvait sur sa tête. Elle remit ses cheveux quelque peu en position et s’assit sur son lit. Pourquoi avait-elle fallu qu’elle ait peur et qu’elle gâche tout. Elle se laissa tomber en arrière et mit sa tête dans ses coussins pour continuer à pleurer.

 

Elle avait fait mal à Jack, à elle et elle savait que toute la famille James allait lui en vouloir. Ils étaient peut-être très gentils mais ce qu’elle avait fait n’était pas correct. Elle se détestait pour ça.

 

Elle adorait Jack et être avec lui alors qu’est-ce qui clochait chez elle ?

 

Mémo avait suivit sa maîtresse dans sa chambre et s’était couché au pied du lit.

 

 

20 minutes plus tard

Appartement des filles

 

Sara entra comme à son habitude sans frapper.

 

Sara : Annabeth ?!!!

 

Annabeth se pencha vers la porte d’entrée pour que Sara puisse la voir. Elle se trouvait dans la cuisine.

 

Sara : Qu’est-ce qui se passe ?

 

Annabeth arrêta ce qu’elle était entrain de faire et regarda son amie. Elle essaya tant bien que mal de feindre de quoi il en retournait.

 

Sara : Ne fais pas semblant de ne pas savoir de quoi je parle ! Ca commence à devenir une habitude chez toi !

 

Annabeth la fixait toujours.

 

Sara : Qu’est-ce qu’il y a ?

Annabeth : Rien !

Sara : Tu es sûre ? D’habitude, tu es la première à venir à la maison pour nous demander du sucre ou du sel… et là, tu refuses une invitation à manger. Et puis depuis hier, tu es bizarre. Tu as l’air songeuse et pensive… et beaucoup moins bavarde, ce qui ne te ressemble pas. Et avec Jack…

 

Sara comprit tout de suite lorsqu’elle vit son amie baissée les yeux à la prononciation de son prénom.

 

Sara : Il s’est passé quelque chose. C’est Jack…

Annabeth : Non !

 

Jack n’y était pour rien. C’est elle qui n’allait pas bien. C’est chez elle que tout était détraqué. Combien de fois avait-elle répété qu’elle aurait aimé trouver son homme idéal ? Et aujourd’hui qu’elle l’avait trouvé, elle se prenait la tête pour un rien. Non, elle ne se prenait pas la tête. Elle avait peur.

 

Sara : Non parce que si c’est Jack…

 

Sara s’arrêta dans au milieu de sa phrase et planta son regard dans son amie.

 

Sara : T’sais quoi Je vais aller lui parler, visiblement tu as pleuré et il n’a aucun droit de te faire pleurer…je vais le voir !

 

Elle se dirigea prestement vers la porte quand Annabeth la retint.

 

Annabeth : Non Sara…ça va je t’assure…et puis au risque de te vexer…tu…ce n’est pas ton histoire ok…je sais que tu veux bien faire mais…

Sara : Bien sûr que ce n’est pas mes affaires…seulement mon frère fait la gueule, ma meilleure amie a pleuré et visiblement ne veut pas de mon aide alors….dis moi Anna…dis moi ce que je suis censée faire ????

 

Annabeth fixa son amie encore trop surprise de la tournure qu’avait prise la conversation. Sara s’était réellement emportée et elle comprenait peu à peu pourquoi son silence et l’attitude de son frère avaient engendré une telle réaction. Elle continua de détailler son amie qui la fixait elle aussi incrédule. Elle attendait une réaction. Anna comprit enfin, sous les faux airs de petite dure qu’elle se donnait volontiers, Sara était extrêmement sensible. Et cette situation et surtout le silence de son amie la paniquaient, elle ne désirait qu’une chose, c’était que ses proches aillent bien. Elle n’avait guère l’habitude de se faire repousser par ses proches quand elle tentait de venir en aide.

 

Annabeth se dit qu’elle lui devait une explication. Après tout, c’était Sara ! Elles s’étaient toujours tout racontés…mais là il s’agissait quand même du frère de Sara. Elle devait quand même se confier, elle en avait besoin.

 

Annabeth : Ce n’est pas lui. C’est moi !

 

Sara regarda son amie. Elle se radoucit peu à peu, elle ne l’avait jamais vraiment encore vu comme ça. Elle n’arrivait pas à décrire ce qu’elle lisait sur son visage. De la peur, de la gêne ?

 

Annabeth : J’ai pris un peu de recul face à notre « relation ».

 

La réaction de Sara ne se fit pas attendre.

 

Sara : Pourquoi ?

 

Annabeth resta silencieuse mais ne put pas soutenir le regard de son amie. Elle baissa les yeux.

 

Sara : Désolée, ça ne me regarde pas.

 

Elle regardait toujours son amie. Anna lui avait dit que ce n’était pas son histoire, elle n’avait pas tord, mais en même temps…Non. Elle ne pouvait pas la laisser dans cet état. C’était son rôle d’amie de savoir ce qu’il se passait et d’essayer de l’aider.

 

Elle s’approcha de son amie et lui prit la main pour qu’elle lève les yeux vers elle. Ce qu’elle fit.

 

Sara : Hey…c’est moi…ta folle de copine…

 

Elle réussit à arracher un sourire des lèvres de son amie. Elle reprit une mine plus sérieuse.

 

Sara : Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

Annabeth : Rien… enfin… la soirée avec Jack a été merveilleuse. J’ai passé une excellente soirée… Mais…

 

Annabeth baissa à nouveau les yeux.

 

Sara : Mais quoi ?

 

Annabeth releva les yeux. Elle les avait légèrement humides.

 

Annabeth : Ca va trop vite je crois…

Sara : Trop vite ?? Ca fait 4 ans Anna !

Annabeth : Oui mais ça ne fait que 3 semaines que je suis arrivée…

Sara : Anna, tu sais très bien qu’avec Jack ça n’a pas commencé il y a 3 semaines !

Annabeth : Oui mais… si je suis venue ici… c’est pour faire ma vie, me retrouver et écouter enfin la petite fille en moi… J’ai peur d’oublier pourquoi je suis venue ici. Peur d’oublier à nouveau cette petite fille en moi.

Sara : Etre avec Jack ne signifie pas ne plus être toi, ni de plus faire attention à cette petite fille. Je pensais que tu connaissais assez mon frère pour le savoir. Et puis s’engager dans une relation ne signifie pas pour autant que tu vas nier qui tu es…au contraire tu vas pouvoir t’épanouir encore plus.

 

Silence. Annabeth baissa les yeux. Elle s’en voulait. Elle avait fait souffrir Jack et maintenant elle décevait Sara. Pourquoi ses peurs prenaient-elles toujours le dessus ?

 

Sara : Tu veux mon avis ?

 

Annabeth la regarda et lui fit un signe positif de la tête.

 

Sara : Tu sais déjà qui tu es. Tu l’as déjà trouvé…. C’est celle que tu es, dans ton nouveau travail comme dans ta nouvelle vie… et c’est cette personne là que tout le monde apprécie et aime. Alors fais-toi confiance et arrête de te prendre la tête.

 

Annabeth ne put s’empêcher de sourire à la remarque de son amie entre deux larmes. Elle ? Ne plus se prendre la tête ?

 

Annabeth : C’est plus facile à dire qu’à faire !

Sara : Je ne te le fais pas dire ! Mais tu n’as pas besoin de temps mais juste d’un peu plus de confiance en toi. Moi j’ai confiance en toi et je sais que tu peux très bien arriver à gérer cette nouvelle vie qui s’offre à toi.

 

Elle avait raison. C’était une nouvelle vie.

 

Annabeth : Il n’y a pas que ça.

 

Elle baissa de nouveau les yeux puis les releva car elle savait que Sara en attendait plus. Mais comment lui dire ? Elle n’avait jamais eu de relation sérieuse juste de petites amourettes de collégiennes ou de lycéennes mais jamais plus. Et elle savait qu’avec Jack cela allait être différent.

 

Annabeth : Je n’ai jamais eu de relation vraiment durable et sérieuse avec un homme et je…

 

Un immense sourire apparut sur le visage de Sara.

 

Annabeth : Quoi ?

Sara : Tu te rends compte que tu vois ta relation avec Jack comme durable et sérieuse ?!

 

Annabeth lui sourit légèrement. C’est vrai qu’elle n’avait jamais envisagé leur relation autrement et c’est pour ça que cela lui faisait si peur.

 

Sara : Je ne dis pas ça parce que c’est mon frère mais Jack est quelqu’un de bien.

Annabeth : Je sais… c’est juste que j’ai peur de ne pas être à la hauteur.

 

Sara regarda Annabeth.

 

Sara : Est-ce que tu aimes Jack ?

 

Annabeth fut surprise par la question de Sara. Elle ne la connaissait pas aussi directe. Cette question, elle se l’était posé une centaine de fois et surtout ces derniers jours et la même réponse revenait à chaque fois.

 

Annabeth : Oui.

 

Sara sourit. Elle était heureuse pour son amie et son frère.

 

Sara : Et bien tant que tu n’oublieras pas ça, tout ira bien.

 

Annabeth n’était pas très convaincue.

 

Sara : Je n’ai jamais vu mon frère aussi heureux que depuis ces dernières semaines. Vous êtes tellement bien ensemble… Alors arrête de te prendre la tête comme ça. Fais confiance à Jack et toi.

 

Elles se fixèrent.

 

Sara : Une amie à moi, dont je ne citerais pas le nom, dit toujours qu’il faut toujours avoir confiance en la vie.

 

Annabeth sourit. Parler avec Sara lui avait fait du bien.

 

Sara : Si je peux te donner un conseil, parles-en avec lui.

Annabeth : Je ne pense pas qu’il ait envie de me parler !

Sara : Je vais faire comme si je n’avais rien entendu… et tu vas venir avec moi !

 

Elle attrapa la main de son amie et la tira vers la sortie. Annabeth eu juste le temps d’attraper ses clés. Avant de rentrer dans la maison des James, Annabeth retint Sara.

 

Annabeth : Merci !

Sara : Y’a pas de quoi…je ne demande pas grand-chose…juste l’exclusivité sur tout ce qui concerne votre relation !

 

Annabeth leva les yeux au ciel, son amie était impossible.

 

Sara : Bah quoi ? Tout le monde l’a su avant moi l’autre jour…

 

 

Quelques minutes plus tard.

Chambre de Jack.

 

Elle frappa enfin à la porte. Cela faisait au moins 5 bonnes minutes qu’elle se trouvait à hésiter devant.

 

Voix : Entrez !

 

Elle sursauta légèrement en entendant sa voix puis elle posa la main sur la poignée, respira un grand coup et entra. Elle passa tout d’abord la tête. Elle vit Jack se tourner vers elle.

 

Annabeth : Je ne te dérange pas ?

Jack : Non, entre !

 

Elle entra et referma la porte derrière elle. Elle regarda autour d’elle. C’était bien une chambre de garçon. La pièce était assez spacieuse et les murs était assez sombre et étaient presque tous recouvert de poster de joueurs de hockeys mais aussi de joueurs de base-ball. Sur une étagère était posé un gant, une batte de base-ball ainsi qu’une balle. En dessous était entreposée une collection assez impressionnante de DVD. La plupart des films d’actions.

 

Elle se tourna vers Jack. Celui-ci s’était assis face à elle, sur son bureau. Elle se tenait, debout face à lui en essayant de faire quelque chose de ses mains. Il fallait qu’elle se lance. Elle était venue jusqu’ici, il fallait qu’elle aille jusqu’au bout.

 

Annabeth : Tu sais que c’est la première fois que je rentre dans ta chambre ?!

 

Jack sourit. Elle lui sourit à son tour et baissa un petit peu les yeux.

 

Annabeth : Il faut que je me concentre sur ce que j’étais venue te dire. Et tu me connais, j’ai tendance à mélanger un peu les sujets de conversation.

 

Jack ne dit rien et se contenta de sourire à nouveau. Il ne lui facilitait pas les choses. Il la regardait toujours.

 

Annabeth : J’étais venue te voir pour m’excuser… J’ai été stupide et… je suis quelqu’un qui complique énormément les choses alors qu’elles peuvent être très simples.

 

Silence. Il la fixait toujours.

 

Annabeth : Je continue ?!

 

Il lui sourit pour répondre à sa question. Annabeth sourit. C’était tout fait lui.

 

Annabeth : J’ai cru que tout allait trop vite et qu’en ralentissant, j’allais aller mieux. Et bien j’ai eu tord car je suis encore plus terrifiée à l’idée d’avoir tout gâché.

 

Il ne la quittait pas des yeux. Elle avait peur de son silence. Elle n’avait aucune idée de comment lui dire. Elle hésita sur les mots. Elle baissa les yeux puis les releva doucement comme une petite fille hésitante.

 

Annabeth : Je me suis laissé guider par mes peurs et… j’ai été stupide !

 

Silence.

 

Annabeth : J’ai besoin de toi….

 

Elle baissa à nouveau les yeux puis le regarda à nouveau. Elle n’arrivait pas à déchiffrer son regard. Tant pis, il fallait qu’elle se lance.

 

Annabeth : Alors… si tu n’as pas peur d’être avec quelqu’un comme moi…

 

Jack sourit, se redressa et s’approcha doucement d’elle. Elle ne savait pas quoi faire. Elle se contenta donc de rester sur place.

 

Jack : Oui ?

Annabeth : Tout les deux, on pourrait… ?

 

Jack sourit de plus belle et Annabeth senti son estomac faire ce qu’il faisait à chaque fois qu’il s’approchait d’elle.

 

Jack : Quoi ?

 

Il se rapprochait de plus en plus. Il ne se trouvait plus qu’à quelques centimètres d’elle.

 

Annabeth : Et bien…

 

Il s’arrêta et planta son regard dans le sien.

 

Annabeth : … reprendre là où on s’est arrêté… enfin, où j’ai arrêté.

 

Jack lui sourit, leva sa main et la posa sur sa joue. Elle adorait lorsqu’il avait ce geste envers elle. Il se pencha vers elle et déposa un léger baiser sur ses lèvres. Un baiser auquel répondit tout de suite Annabeth, trop heureuse que rien n’est changé. Ils se détachèrent doucement. Leurs regards s’accrochèrent à nouveau.

 

Annabeth : Est-ce que je dois prendre ça pour un oui ?

 

Jack fit disparaître les derniers centimètres qui les séparaient et l’embrassa de nouveau. Là, elle avait de nouveau envie de pleurer et de crier mais de joie cette fois-ci. Jack était vraiment quelqu’un de formidable et il devait réellement tenir à elle pour lui pardonner.

 

Ils se détachèrent délicatement et reprirent doucement leur souffle, front contre front. Annabeth laissa ses mains glisser sur le torse de Jack et s’écarta légèrement pour rencontrer son regard.

 

Annabeth : Tu es trop gentil avec moi !

Jack : Non…

 

Il baissa un peu la tête pour planter son regard dans celui d’Annabeth qui fuyait quelque peu.

 

Jack : Je suis juste amoureux.

 

Elle frissonna en entendant ces mots et avec quelle intensité dans le regard Jack les avait prononcés. Et dire qu’elle avait faillit passer à côté de ça. Elle déposa un léger baiser sur ses lèvres avant de le regarder de nouveau.

 

Annabeth : Je te préviens, je suis quelqu’un de très compliqué et cela ne va pas être simple…

Jack : Qui a dit que cela devait être facile ?!

Annabeth : Je ne suis pas douée pour exprimer ce que je ressens et pourtant ça a tellement d’importance et tu es si…

 

Elle s’arrêta en plein milieu de sa phrase. Jack se demandait ce qu’il lui arrivait cette fois-ci.

 

Annabeth : Ca me rappelle vaguement quelque chose ! J’ai déjà du voir ça à la télé !

 

Jack sourit de plus belle. Elle le regarda. Il était trop gentil avec elle.

 

Annabeth : Je suis désolée !

Jack : De quoi ?

Annabeth : De t’avoir fait ça…

 

Jack la regarda.

 

Jack : Je ne te mentirais pas à te disant que cela ne m’a pas fait mal… mais je suis bien trop attaché à toi pour t’en vouloir… et puis tu as été honnête avec moi, et ça je veux que ça continue.

 

Elle le fixait. Ce n’était pas possible. Jack n’était pas réel. C’était trop beau pour être vrai.

 

Jack : Il ne faut pas que l’on hésite à en parler ensemble… notre relation s’en portera mieux.

 

Elle fit un signe positif de la tête pour lui montrer son accord.

 

Annabeth : Alors je commence… je ne suis pas une spécialiste des relations de couple et… les non dits me font réfléchir plus qu’autre chose… alors est-ce que nous deux…enfin notre relation… est officielle ?

Jack : Bien sûr ! Et si tu veux que je passe une annonce dans le journal et que je le crie…

 

Annabeth sourit.

 

Annabeth : Non, c’est bon !  Ca ira !

 

Jack la fixa ce qui la gêna un peu mais elle était heureuse. Elle lui sourit de nouveau… ou plutôt son sourire ne s’était pas décroché de son visage.

 

Annabeth : Tu sais que si je ne suis pas de retour dans 5 minutes, tu risques de voir débarquer Sara et Erin dans ta chambre ?!

Jack : On a qu’à s’enfermer !

 

Annabeth sourit. Elle savait qu’il en était tout à fait capable. Elle avait fait un grand pas en venant jusqu’ici et inutile de redonner de la contenance à ses peurs. Et se retrouver plus que seule avec Jack faisait partie de ses peurs. Inutile d’y penser.

 

Annabeth : Toute la famille nous attend pour manger… et je te signale que Chris est déjà là.

 

Jack resserra son étreinte. Mais Annabeth savait comment le faire descendre.

 

Annabeth : Sara se charge de l’accueillir !

 

Jack s’écarta quelque peu.

 

Jack : Quoi ??

 

Elle sourit. Elle avait réussit. Jack comprit ce qu’elle essayait de faire. Il la regarda.

 

Jack : Je sais ce que tu essais de faire !

 

Il resserra son étreinte à nouveau. Pour une fois, elle se sentait bien et ses peurs étaient loin derrière elle. Elle était dans une situation connue… taquiner Jack.

 

Jack : Mais tu n’y arriveras pas !

 

Il avait un sourire fier de lui.

 

Annabeth : Tu en es sûr ?

 

Ils se fixèrent un long moment. Ils se connaissaient très bien. Jack savait qu’Annabeth n’abandonnerait pas aussi facilement.

 

Annabeth : Tu sais que Thomas et Léa sont entrain de jouer à Twister et que, Chris et Sara sont de la partie !

 

Jack s’écarta d’un coup mais en gardant la main d’Annabeth dans la sienne. Il ouvrit sa porte et ils sortirent.

 

 

Salle à manger

 

Jack et Annabeth arrivèrent main dans la main. Erin et Sara furent soulagées. Enfin Sara essayait tant bien que mal de laisser poser sa main sur le cercle rouge. Thomas était en dessous d’elle et Chris ne se tenait pas loin d’elle non plus, elle pouvait sentir son souffle sur ses cheveux.

 

Jack : Je meurs de faim !!! Si on passait à table !!

 

Jack se dirigea vers la table. Les autres étaient installés soit sur le canapé soit en cuisine à s’activer pour le dîner.

 

Charlie : Hey !! Je te signale qu’on attendait plus que toi pour commencer !

 

Les enfants, Chris et Sara avaient arrêtés de jouer et avaient rejoint la table. Les personnes présentes commençaient à s’asseoir. Mary et Matt s’installèrent l’un en face de l’autre en bout de table. Carolyn et Joe mirent les enfants entre eux pour pouvoir s’en occuper. Erin s’installa près de Matt et à côté de Catherine. Charlie s’installa près de sa mère, Jack se glissa près de Catherine en emmenant Annabeth avec lui. Il ne restait plus que 2 places côte à côté pour Chris et Sara. Jack voulut échanger au dernier moment mais Annabeth l’en empêcha.

 

Chacun commença à se servir des crudités et des entrées. Mary resta un moment à regarder la petite famille. Elle était heureuse que Chris soit de retour. Il faisait partie de la famille. Depuis qu’il était en âge de marcher, il avait passé énormément de temps chez eux. Jack, Sara et lui étaient presque inséparables étant enfants.

 

Sa fille, Sara, en était aussi très heureuse et Mary sourit à cette idée. Elle avait toujours pensé que ces deux là finiraient par être ensemble puis Chris était partit faire ses études en ville et elle avait abandonné cette idée. Mais maintenant qu’il était de retour et qu’elle les voyait de nouveau ensemble, ses vieilles croyances reprirent le dessus.

 

Elle s’attarda un moment sur Catherine. Depuis qu’elle avait trouvé ce travail dans l’agence de Jack, elle était beaucoup plus souriante et beaucoup plus… lumineuse. Mary ne remercierait jamais assez ce Monsieur Stevens. Elle aimerait pouvoir le rencontrer car Jack et Catherine lui en avaient énormément parlés et cela avait l’air de quelqu’un de très bien. Note à elle-même : penser à l’inviter à dîner.

 

Elle était heureuse de voir qu’Annabeth avait changé d’avis et s’était joins à eux. Lorsque Sara avait su qu’Annabeth préférait rester seule, elle avait foncé droit à l’appartement et apparemment la discussion qu’elles avaient eue, avait porté ses fruits. Elle imaginait que le problème de l’amie de sa fille avait avoir avec Jack. Mais cela semblait s’être arrangé. Elle les avait trouvés très touchant lorsqu’elle les avait vu descendre mains dans la main. Et puis elle avait ressenti une certaine fierté. Jack c’était son garçon, et certes il avait grandi, mais cela restait son unique fils. Et le voir aussi épanoui avec une jeune femme qu’elle appréciait énormément, la rendait heureuse.

 

Les petits, Thomas et Léa grandissaient très vite. Elle avait l’impression que cela était hier qu’elle tenait ces petits bouts de choux dans ses bras. Ils avaient déjà 5 ans. Carolyn avait été géniale même si les débuts avaient été durs. Mais avec des jumeaux ce n’est jamais vraiment simple. Elle avait heureuse d’avoir pu être là pour cette petite famille.

 

Joe : Oh ! J’ai une nouvelle qui devrait vous intéresser ?

 

Ils regardèrent tous Joe, qui était toujours entrain de se servir.

 

Joe : J’ai trouvé enfin un assistant pour la clinique !

Sara : Génial !!

Mary : Quand ça ?

Joe : Il y a deux jours

Matt : Tu as vérifié ses qualifications ?

Joe : Oui… et je crois que j’ai trouvé la perle rare !

Jack : Toutes mes félicitations ! Cela va vous changer la vie à la maison… un emploi du temps allégé… le rêve !

 

Joe et Carolyn se regardèrent. Oui, c’était le rêve. Ils allaient enfin pouvoir se retrouver et passer du temps tous les 4. Joe sourit tendrement à Carolyn, il lui devait bien ça, elle faisait tellement pour eux 3. Et puis il avait envie de profiter un maximum de sa famille.

 

Charlie : Puisque c’est le quart d’heure des bonnes nouvelles… j’en ai une moi aussi ! Enfin tout dépend de quel point de vue, on se place.

 

Tout le monde attendait avec impatience ce que Charlie avait à leur dire. Ils étaient prêts à tout entendre avec elle.

 

Charlie : Ca y est ! C’est officiel ! Je suis inscrite à la fac et je commence les cours en octobre.

 

Catherine, Matt, Jack fut quelque peu surpris. Quand à Sara, Erin, Annabeth, Mary et les autres, ils s’y attendaient un peu.

 

Joe : Félicitation ! Alors nous allons avoir 3 étudiantes à la maison !

 

Jack se tourna vers Sara et Erin.

 

Jack : Je compatie les filles !

 

Erin ne pu s’empêcher de rigoler et Sara aussi. Erin et Sara auraient besoin de courage…elles n’étaient pas au bout de leur peine avec Charlie !

 

Charlie : Tu as de la chance qu’Annabeth soit entre nous !

 

D’un seul coup Annabeth poussa sa chaise pour permettre à Charlie de faire ce qu’elle avait à faire. Jack la regarda.

 

Jack : Merci pour le soutient !

 

Elle se contenta de lui sourire. Charlie regarda Jack puis Annabeth.

 

Charlie : Merci Annabeth mais la vengeance est un plat qui se mange froid !

 

Annabeth sourit à la remarque de Charlie puis revint près de la table.

 

Chris : Je vois qu’il y a des choses qui ne changent pas !

Joe : Et encore, là, ils sont plutôt calme !

 

Annabeth adorait cette famille. Elle s’y sentait bien. Elle se tourna vers Erin.

 

Annabeth : Tu leur dit ou je le fais à ta place ?!

 

Tout le monde regarda Erin.

 

Sara : Quoi ?

Erin : Euh… j’ai trouvé un travail. Mr Davis m’a proposé d’être serveuse au piano bar.

Charlie : Génial !!!

 

Erin regarda Sara.

 

Erin : D’ailleurs, il m’a dit que si cela t’intéressait aussi, il était preneur !

Sara : Bien sûr que ça m’intéresse ! Et on commencerait quand ?

Erin : J’ai dit demain ?!

Sara : Parfait ! Autant nous mettre dans le bain tout de suite !  Trooop bien on va travailler ensemble !

Erin : Ca promet….

Annabeth : Donc demain matin, on embarque toutes les trois directions l’Ecole. Je pense qu’une fois là-bas, il vous donnera vos contrats et ensuite il viendra avec vous, vous expliquer pour le piano bar.

Sara : On commence à bien connaître maintenant !

Carolyn : C’est sympa à Mr Davis de vous embaucher.

Matt : C’est un homme intelligent ! Erin et Sara sont des filles sérieuses et qui font du très bon boulot ! Mais j’espère qu’il sait à quoi il s’attend avec vous !

Annabeth : Il en a déjà un aperçu avec moi !

 

Tout le monde sourit à la remarque d’Annabeth.  On entendait très peu Chris. Mary le regarda.

 

Mary : Chris, je suppose que tes parents sont heureux de te revoir à la maison ?!

Chris : Oh oui !! Vous connaissez ma mère… si elle pouvait me garder près d’elle à jamais, elle le ferait !

Jack : Oh que c’est mignon. Le fiston à sa maman !!

Chris : Jack… rappelle moi où tu vis en ce moment ??

Sara : Bien envoyé !

 

L’assemblée rigola à la remarque de Chris, tandis que Jack lança un regard faussement noir à sa sœur.

 

Jack : Plus pour très longtemps, je compte me prendre un appartement…

Sara : Mais dis donc, ce soir, c’est la soirée des bonnes nouvelles !

Chris : Oui moi aussi, il faudrait que je m’y mette mais bon, je n’ai pas trop le temps en ce moment… et puis je vis les ¾ du temps, presque à la caserne.

Annabeth : Ton chef a l’air plutôt sympa et très pro. Les conseils qu’il nous a donnés pour l’école étaient impressionnants.

Chris : Oui. Il a du métier derrière lui.

Matt : Oui je me souviens de lui lors de ses débuts. Ce petit jeunot qui avait pour ambition de diriger la caserne ! C’est chose faite aujourd’hui.

Carolyn : Je le croise quelque fois, le vendredi soir, à la sortie de l’école. Il vient chercher sa fille. Elle est dans la même classe que Léa.

Léa : Qui ça ?

 

Carolyn regarda sa fille. Celle-ci essayait d’attraper un bout de tomate avec sa fourchette.

 

Carolyn : La petite Emmy !

Léa : Oui je la connais !

 

Joe aida sa fille à piquer la tomate.

 

Erin : Ca ne doit pas être facile de gérer sa famille et sa carrière… surtout avec de telles responsabilités ?!

Carolyn : Et bien en fait, si j’ai bien tout compris, il serait divorcé et sa femme a la garde de sa fille.

 

Cette annonce jeta un léger froid.

 

Mary : J’ai déjà aperçu sa femme une ou deux fois, et à mon avis sa carrière n’est pas si à blâmer que ça !

Matt : Enfin, tout cela ne regarde qu’eux !

 

Tout le monde avait compris que cela ne les regardait pas. Chacun continua à manger et le reste du repas se fit dans la joie et la bonne humeur.

 

 

Maison des James

 

La soirée avait été très réussit. Ils avaient parlé de tout et n’importe quoi et ils avaient bien rigolé aussi. 

 

Jack avait réussit à mettre Annabeth à l’aise pour sa première soirée officielle en famille. Et celle-ci était heureux de voir ce couple, si bien assortit, enfin ensemble. Ils avaient eu le droit à de petites plaisanteries durant la soirée mais rien de plus.

 

Chris et Jack avaient échangés de vieux souvenirs et raconter leurs folles aventures étant enfants. On peut dire qu’ils avaient fait les 400 coups. Jack était heureux que son ami soit de retour. Ils avaient toujours gardé le contact mais il était heureux de le revoir et savoir qu’il allait travailler en ville. Elle avait besoin de gars comme lui.

 

Charlie n’était pas resté très longtemps après le dîner. Elle avait une soirée avec des amies en ville. Mais tout le monde savait que c’était dur pour Matt et elle de passer toute une soirée ensemble, et que Charlie avait dis cela pour y échapper.

 

Léa et Thomas avaient joué un temps avec Mémo puis s’était assoupis sur les couvertures posées au sol. Mémo les avait rejoints quelque temps après. Les discussions des humains ne l’intéressant que très peu.

 

Chris se leva du canapé.

 

Chris : Et bien, je vais vous abandonnez car demain je me lève tôt pour notre entraînement du matin !

 

Mary se leva comme toute bonne hôtesse.

 

Mary : Tu es sûr que tu ne veux pas un dernier morceau de tarte avant de partir ?!

Chris : Ne jouez pas avec mes sentiments Mary !

Jack : Tes sentiments ??!! Je dirais plutôt ton estomac !!!

 

Chris sourit à la remarque de son ami. C’était devenu un jeu entre eux.

 

Mary : Un petit bout ?!

Chris : Non, désolé, il faut vraiment que j’y aille.

Mary : D’accord… alors laisse-moi t’en donner une part à emporter !

Chris : Avec plaisir !

 

Ils se dirigèrent vers la cuisine.

 

Sara : Quelle heure est-il ?

Catherine : 23h18 !

Sara : Déjà ! Ca passe trop vite !

Annabeth : Oui…  je ne vais pas tarder non plus… je suis HS !

Erin : Il n’est pas si tard que ça ?!

Jack : Paroles d’une étudiante en vacances !

 

Erin et les autres sourirent à la remarque. Chris et Mary revinrent dans le salon.

 

Chris : Bonne fin de soirée !

Joe : Salut !

Catherine : Bonsoir !

 

Tout le monde salua Chris.

 

Matt : Tu te souviens que la porte t’est grande ouverte et que tu reviens quand tu veux !

 

Chris sourit. Ils étaient tellement tous accueillant.

 

Chris : Merci.

 

Sara se leva à son tour.

 

Sara : Je te raccompagne !

 

Ils avancèrent tout les deux vers la porte.

 

Jack : Il connaît le chemin… vu le nombre de fois qu’il est venu à la maison !

 

Tout le monde le regarda mais Chris et Sara l’ignorèrent et sortirent. Sans que personne ne puisse faire quoi que ce soit, Jack se leva et alla à la fenêtre donnant sur la cour.

 

Mary : Jack laisse les tranquille !

 

Jack ne répondit pas à sa mère. Celle-ci sourit et commença à débarrasser. Catherine et Carolyn l’aidèrent.

 

Jack : Ils n’ont pas besoin d’autant de temps pour se dire au revoir !

Joe : Ca dépend quel genre d’au revoir ! 

 

Jack se tourna vers lui et lui envoya un regard assassin. Il reporta son attention à l’extérieur.

 

Annabeth : Jack arrête de les surveiller comme ça ! C’est ridicule !

Jack : Je m’en fou !

 

Annabeth regarda Joe.

 

Annabeth : Il a toujours été comme ça ?

Joe : Toujours avec Sara. C’est son côté mâle protecteur qui ressort !

 

Erin et Annabeth éclatèrent de rire.

 

Jack : Vous pouvez vous moquer… hey… mais il n’avait pas dit qu’il se levait tôt demain matin. Pourquoi il met autant de temps à partir ?!

 

Annabeth se leva et s’approcha de Jack. Elle se pencha pour voir et vit Sara et Chris entrain de discuter.

 

Annabeth : Ils ont sûrement des choses à se dire !

Jack : Ah oui et quoi ?

Annabeth : Ca ne te regarde pas !

 

Elle l’attrapa par la ceinture et le tira vers le canapé.

 

Annabeth : Tu viens avec moi… on va sortir Mémo… et hors de question d’aller les déranger.

 

Jack fit volte face et lui prit la main par laquelle elle tenait sa ceinture. Mémo en entendant son nom s’était relevé et avait rejoint sa maîtresse. Elle avait dit le mot magique « sortir ». Jack se rapprocha et enlaça Annabeth. Celle-ci attrapa la laisse de Mémo et elle  se tourna vers Erin.

 

Annabeth : On se rejoint à l’appartement ?

Erin : Oui. Je vais aider à finir de débarrasser et je te rejoins.

Annabeth : Ok.

 

Annabeth et Jack sortirent avec Mémo par la porte de la cuisine.

 

 

Cour devant l’appartement

 

Annabeth détacha Mémo et le laissa gambader. Elle se tourna vers Jack qui se tenait près d’elle.

 

Annabeth : Dis-moi ! Pourquoi tu fais ça avec Sara et Chris ?

Jack : Pourquoi je fais quoi ?

 

Annabeth se contenta simplement de le regarder.

 

Jack : Je ne fais rien de mal !

 

Il lui fit son petit air de petit garçon qui n’a rien à se reprocher. Elle ne put s’empêcher de sourire.

 

Jack : Bon, d’accord, j’en fais peut-être un petit peu trop !

Annabeth : Un petit peu ?!

Jack : Mais c’est mon rôle de grand frère de protéger Sara…

Annabeth : La protéger de quoi ? Je te signale que c’est Chris, ton meilleur ami. Vous avez grandi ensemble !

Jack : Et bah justement !

 

Ils continuèrent d’avancer. Mémo faisait ce qu’il avait à faire, tout en jetant un coup d’œil vers eux pour voir s’ils suivaient toujours.

 

Annabeth n’arrivait pas très bien à comprendre l’attitude de Jack. Au début, elle pensait qu’il le faisait exprès pour taquiner Sara… et ça devait être sûrement le cas, mais de temps en temps, elle remarquait qu’il semblait réellement inquiet.

 

Annabeth : Je ne le connais pas encore très bien… mais Chris a l’air de quelqu’un de très sympa.

Jack : Il l’est !

Annabeth : Alors où est le problème ?

 

Il s’arrêta de marcher et la regarda. Elle s’arrêta à son tour et se tourna vers lui. Jamais il ne s’était posé réellement la question, peut-être de peur de connaître trop bien la réponse.

 

Annabeth le fixa. Elle savait qu’il y avait quelque chose de beaucoup plus profond. Il avait toujours tendance à utiliser la dérision et l’humour pour ne pas qu’on devine son malaise ou sa gêne. Pour une fois, c’est elle qui allait pouvoir être là pour lui.

 

Jack : Je n’ai pas envie qu’elle souffre… j’ai envie de la protéger de tout cela !

 

Annabeth s’approcha de lui et lui prit la main. Elle planta son regard dans le sien.

 

Annabeth : Même avec toute la plus grande volonté du monde, tu ne pourrais rien empêcher, s’il doit se passer quelque chose entre eux et malheureusement ça se passait mal…ça arrivera, tu n’y peux rien.

 

Il baissa un instant les yeux. Il savait qu’elle avait raison mais il ne pouvait pas s’empêcher de le vouloir. Il ne voulait pas revivre ça et voir de nouveau une de ses sœurs malheureuse. Il leva de nouveau les yeux vers Annabeth.

 

Jack : Je n’avais que 8 ans quand je me suis promis que plus jamais une de mes sœurs ne pleurait de cette manière.

 

Annabeth vit de la colère et de la tristesse dans son regard et elle avait l’impression de voir un regard d’enfant. Elle serra sa main et la caressa de son pouce pour l’insister à se confier.

 

Jack : Etant gosse, j’avais tendance à me lever la nuit pour aller boire et ce soir là, c’est ce qu’il s’est passé. Je n’arrivais pas à dormir alors je me suis levé.

 

Il s’arrêta un instant. C’était la première fois qu’elle le voyait dans cet état là et la première fois qu’il se confiait autant à elle.

 

Jack : Ma mère et Carolyn étaient entrain de réconforter Catherine. Je ne l’avais jamais vu dans cet état là. Elle n’arrêtait pas de pleurer…

 

Il faisait quelque pause dans son récit et parfois, elle pouvait voir ses mâchoires se contracter.

 

Jack : Elle semblait si triste… si désemparée… Je ne me suis pas fais remarquer et j’ai attendu sur les escaliers. Je n’avais pas compris à l’époque ce qu’il s’était réellement passé. Tout ce dont j’avais retenu, c’était que c’était à cause de ce garçon qu’elle fréquentait.

 

Silence. Annabeth se doutait de quoi Jack était entrain de lui parler et ce dont avait vécu Catherine à cette époque. Elle comprenait un peu mieux la réaction de Jack.

 

Jack : Plus jamais, je ne veux revoir ce désespoir et cette détresse dans les yeux d’une de mes sœurs…. Et même si c’est mon meilleur ami.

 

Pour une fois, sans qu’elle n’y fasse vraiment attention, elle eut envie de la prendre dans ses bras et le réconforter. Ce qu’elle fit. Elle le serra contre elle et il répondit à son étreinte. Il la serra fort contre lui à son tour et nicha son visage à la naissance de son cou.  Annabeth s’était légèrement hissée sur la pointe des pieds pour être plus proche de lui.

 

Ils restèrent un long moment dans cette position. En parler avec Annabeth lui avait fait du bien. Elle savait l’écouter et quoi qu’elle puisse dire ou faire, il la garderait près de lui. Il avait besoin d’elle. Elle était une des seules avec qui il se sentait bien et à qui il avait la sensation qu’il pouvait se confier.

 

Ils se détachèrent et leurs regards s’accrochèrent.

 

Annabeth : Jack… Tu ne pourras rien empêcher… tu ne pourras pas empêcher Sara de tomber amoureuse… tu ne pourras pas l’empêcher d’être déçue… blessée… l’empêcher de souffrir... Tout ce que tu peux faire, c’est d’être là pour la soutenir dans les moments difficiles et lui montrer à quel point tu l’aimes. Crois-moi, dans la vie, c’est une des choses les plus importantes.

Jack : Je ne peux pas…

Annabeth : La vie n’a rien de simple… et ces choses là sont compliquées… et je crois que nous sommes en première loge pour nous en rendre compte. Mais on a besoin de ça pour avancer dans la vie. Sara doit vivre ses propres expériences.

Jack : Je ne sais pas si je vais réussir…

Annabeth : C’est pour cela que je suis là !

 

Elle se rapprocha de lui et lui sourit.

 

Annabeth : Je suis ton garde fou !

 

Jack savait qu’elle avait raison et il était heureux qu’elle soit là. Et il savait que cela allait être difficile de ne pas se faire du souci pour ses sœurs. Il se rapprocha à son tour et posa son front contre le sien.

 

Jack : Je suis entre de bonnes mains alors !

 

Elle lui sourit et ils échangèrent un léger baiser. Remplit de douceur. Après ce qu’il venait de lui dire, elle n’avait qu’une envie, être tendre et douce avec lui.

 

 

Appartement des filles

 

Annabeth entra et déposa la laisse de Mémo sur la table de l’entrée. La lumière était allumée donc Erin devait être rentré avant elle. Il faut dire qu’elle avait un peu traîné avec Jack. Elle se sourit à elle-même. Elle adorait être amoureuse même si elle avait eu des débuts difficiles.

 

Erin sortit de la salle de bain. Elle s’était changé et avait enfilé son pyjama et s’était démaquillée. Annabeth se laissa tomber sur le canapé. Erin vint la rejoindre. Elle était heureuse de voir que son amie allait mieux. Elle avait eu peur en début de soirée lorsque Annabeth n’avait pas vouloir l’accompagner chez les James. Elle ne savait pas ce que lui avait dit Sara ni pourquoi Annabeth était dans cet état, mais cela avait fonctionné.

 

Annabeth : Je crois que j’ai trop mangé !

Erin : Comme à chaque fois qu’on mange chez Sara !

 

Annabeth enleva ses chaussures et se laissa glisser dans le canapé et posa ses pieds sur la table basse. Erin la regarda. Elle avait quand même meilleure mine que tout à l’heure. Elle se demandait ce qui avait pu la mettre dans un état pareil. Annabeth remarqua le silence de son amie et se doutait qu’elle se posait des questions. Et elle lui devait une explication. Elle avait eu une attitude plutôt bizarre.

 

Erin : Et ton mal de tête, ça va mieux ?

Annabeth : Oui… ma colère est sortie.

 

Erin fixa son amie et resta silencieuse. Elle espérait qu’Annabeth allait plus se confier.

 

Annabeth : J’étais en colère contre moi et mes stupides prises de tête !

 

Elle regarda son amie.

 

Annabeth : J’ai failli tout gâcher avec Jack…

Erin: Merci mon Dieu, elle a utilisé le mot « failli » ! (sourire) Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Qu’est-ce que tu as fait ?

Annabeth : Je sens que tu ne veux pas savoir ?!

Erin: Je n’aime pas quand tu fais ça ! Tu sais que quand je le veux, je peux utiliser la force pour obtenir des aveux ! Surtout quand ça concerne Jack et toi !

Annabeth : Ok... ne me frappe pas promis ?! Mais tu me connais... Et tu connais mes prises de tête.

Erin: Oui et … j’imagine très bien… On a toutes les deux les mêmes tendances à se laisser déborder par nos peurs.

 

Ca pour s’être laissée déborder, elle s’était laissée déborder. Mais elle savait qu’Erin était pareille qu’elle. Elles avaient tendances à se compliquer les choses pour rien ou à stresser pour un rien.

 

Annabeth : Tu ne crois pas si bien dire !

Erin: N'empêche que je veux savoir ce qui s'est passé exactement !!!!!!!

 

Erin fixait son amie. Elle n’irait pas se coucher tant qu’elle ne lui aurait pas dit ce qu’il s’était passé. Elle avait bien vu que quelque chose n’allait pas depuis ce matin.

 

Annabeth : En fait, mes peurs ont pris beaucoup plus d'ampleur lorsqu'avec Jack cela a été un peu plus sérieux. Je me suis laissé guider par elles.

 

Annabeth baissa les yeux puis regarda son amie. Elle la regardait toujours et attendait la suite.

 

Annabeth : Tout m'arrivait en même temps et j'ai eu peur de ne pas savoir gérer... de ne pas être à la hauteur... Et pour moi, ma relation avec Jack, c'était la totale inconnue

Erin : D'accord, je vois ce que tu veux dire. Mais je constate aussi que tu parles de ça au passé et ça c'est bon signe non ?!

Annabeth : Oui disons que j'ai eu le droit un serment de la part de Sara qui m'a fait réfléchir... et je crois que je n'avais pas trop le choix....

 

Annabeth fit une légère grimace pour faire comprendre à Erin que Sara ne lui aurait pas laissé le choix. Mais elle savait que c’était pour son bien.

 

Annabeth : Et, j'ai tellement eu peur de tout gâcher... j'ai tellement eu peur de le perdre que cette peur a surpassé toutes les autres et qu'elle m'a poussé à aller lui parler.

Erin : Vous en avez parlez tout les deux ?

Annabeth : Oui. Jack a été génial... après ce que je lui avais dit je pensais qu'il ne voudrait plus jamais me voir....Et pourtant il m'a écouté très attentivement et... on a fini par se réconcilier.

Erin : YES !!!!

 

Annabeth regarda son amie étonnée et sourit. Erin se mordit légèrement la lèvre inférieure puis leva les yeux vers son amie.

 

Erin : Désolée !  Ca c'est bien ! Vous en avez parlé… Ca va vous permettre d'avancer. Ce soir, après un début difficile, vous avez réussit à trouver un équilibre... et à ce que j'ai pu voir... tu étais enfin à l'aise et ça faisait plaisir à voir.

Annabeth : Oui, disons que j’ai pris beaucoup sur moi… mais c’est vrai que je me sens mieux. Je nous fais plus confiance. Je ME fais plus confiance !

Erin : Crois-moi... Jack est génial ! Tu n'as pas à avoir peur... et puis, c'est TON Jack.

Annabeth : Oui, je m’en suis rendue compte… crois-moi !

 

Lorsqu’elle avait cru lui avoir fait mal et l’avoir perdu, elle avait compris à quel point il était important pour elle et à quel point elle tenait à lui. Bien plus qu’elle ne l’aurait imaginé jusqu’à présent.

 

Erin : C’est bien ! Et bien sur ses bonnes paroles, je crois qu’il est temps pour nous d’aller nous coucher. Car demain, boulot… et pour toutes deux cette fois-ci !

 

Les deux jeunes femmes se levèrent et se dirigèrent vers leurs chambres.

 

Erin : Je n’arrive toujours pas à croire que le directeur m’ait proposé un travail.

Annabeth : C’est génial ! En plus, au piano bar ça va être sympa !

Erin : Oui et puis il m’a dit qu’on pourrait s’arranger pour les horaires… je ferais sûrement les soirées, ce qui va me permettre de suivre mes cours en même temps.

Annabeth : Trop bien !

 

Arrivées devant la salle de bain, les filles se regardèrent.

 

Annabeth : T’y va au j’y vais ?

Erin : Vas-y… Je vais en profiter pour régler mon réveil pour demain et remplir ma bouteille d’eau.

 

Elles se séparèrent.

 

Annabeth alla chercher son pyjama et se rendit dans la salle de bain. Elle savait qu’elle avait énormément de chance d’avoir Sara et Erin. Cela lui avait fait énormément de bien de parler avec elle deux. Cela l’avait rassuré et conforter dans ses choix.

 

 

Lendemain

Ecole Artistique

 

Il avait retrouvé la Annabeth qu’il connaissait. Celle-ci venait d’entrer dans son bureau, un grand sourire aux lèvres et en lui tendant un dossier.

 

Annabeth : Je viens de terminer tous les plannings. J’ai eu quelques petites soucis avec certains mais j’ai réussi à en venir à bout. J’ai eu surtout du mal avec les temps de cours de Formation Musicale selon les niveaux. Mais tout rentre maintenant !

 

Loan prit le dossier et l’étudia. Cela lui semblait parfait.

 

Loan : Vous êtes formidable !

 

Annabeth lui sourit. Loan Davis était un patron comme il y en avait peu. Il n’hésitait jamais à la féliciter lorsqu’elle le méritait et en fait depuis qu’il avait commencé à travailler ensemble, elle n’arrivait pas à trouver un moment où le directeur lui ait fait une remarque désobligeante. Peut-être parce qu’elle aimait travailler dans cette école et avec lui et que grâce à cela, elle faisait du bon travail.

 

Annabeth : C’est Mr Pruli qui va être content que son emploi du temps soit prêt et j’ai réussi à le faire coordonner avec ses demandes.

Loan : Vous êtes trop gentille Annabeth. Si c’était qui m’étais occupé de ces plannings, croyez-moi que je n’aurai pas été si concilient.

 

Il jeta à nouveau un coup d’œil sur le planning.

 

Loan : Et au niveau des salles ?

Annabeth : Tout est comme on l’avait prévu ! Je n’ai fait que quelques petits changements, c’est tout !

Loan : Parfait.

 

Il ferma le dossier et le posa sur son bureau.

 

Loan : Merci Annabeth.

 

Elle ne savait jamais quoi répondre lorsqu’il la remerciait. Cela lui faisait bizarre qu’il la remercie pour un travail qu’elle était censée faire. Alors elle se contenta de lui sourire comme à son habitude et se dirigea vers son bureau.

 

Elle s’arrêta en chemin. Elle devait lui demander. Elle ne savait pas trop si cela se faisait mais elle avait envie qu’il soit là. Elle se retourna et le regarda. Il leva les yeux vers elle.

 

Annabeth : Avec Erin, ce soir, on organise une petite soirée avec quelques amis pour célébrer notre arrivée dans la région et notre nouvel appartement… une sorte de pendaison de crémaillère… Et je voulais vous inviter ?!

 

Loan la regarda un moment. Elle se demandait si elle avait bien fait. Cela ne se faisait peut-être pas d’inviter son patron à une fête.

 

Il était très touché par son invitation. Elle avait fait énormément pour lui. Il ne pouvait pas lui refuser ça.

 

Loan : Je me joindrais à vous avec plaisir.

 

Elle lui sourit.

 

Annabeth : On commencera vers 19h.

Loan : J’y serais.

Annabeth : Merci.

Loan : Merci à vous pour l’invitation.

 

Le téléphone d’Annabeth sonna à cet instant. Elle retourna rapidement dans son bureau. Elle décrocha.

 

Annabeth : Ecole Artistique Davis, bonjour !

 

 

Parking de l’Ecole Artistique

 

Elle allait monter en voiture quand son téléphone portable sonna. Elle l’attrapa dans son sac et regarda le numéro. « Papa » était affiché. Cela faisait plus d’une semaine qu’elle ne l’avait pas eu au téléphone. La dernière fois, c’était pour lui dire que tout se passait bien mais elle avait entendu sa mère, derrière, qui disait à son père de raccrocher et pestiférée contre elle et le fait qu’elle soit partie.

 

Elle n’avait pas voulu en entendre plus. Même si elle voulait avoir des nouvelles de son père et de sa sœur, elle ne supportait pas l’attitude de sa mère. Elle n’avait pas besoin de ça pour le moment. Et pourtant, cela ne l’empêcha pas de se gâcher la journée en repensant à ce que sa mère avait dit.

 

« Elle n’avait qu’à pas partir ! » Elle n’avait toujours pas compris. Elle était loin et pourtant elle arrivait encore à la faire culpabiliser. C’était le point fort de sa mère. Jouer les victimes et faire d’elle la méchante. Celle qui faisait tout mal.

 

Son portable continuait de sonner. Il était 12h04. Il devait être à son travail. Elle décrocha.

 

Annabeth : Allô ?!

Papa : Allô, Annabeth ? C’est papa !

Annabeth : Bonjour !

Papa : Bonjour ma grande. Comment ça va ?

Annabeth : Ca va !

 

Cela lui faisait du bien de l’entendre. Même si elle était heureuse ici, son père lui manquait énormément. Elle aurait aimé qu’il vienne et qu’il voit toute sa vie. Elle était sûre qu’il aurait été fier d’elle.

 

Il lui avait déjà dit. Il leur avait dit, à sa sœur et à elle, que sa plus belle réussite, c’était elles. Lorsqu’elle leur avait annoncé à sa mère et lui qu’elle partait, elle avait vu sur le visage de son père qu’il était heureux pour elle. Il l’avait encouragé. Ce qui avait déclenché une dispute avec sa mère. Elle lui avait reproché d’être toujours d’accord avec sa fille.

 

Toujours la même rengaine. Annabeth s’était souvent demandé si sa mère n’était pas jalouse d’elle et de la relation qu’elle avait avec son père. Elle avait toujours été particulière et il y avait de quoi. A la naissance de sa sœur et lorsqu’ils avaient appris qu’elle était grièvement malade, sa mère s’était concentrée sur Emma et Annabeth avait dû se débrouiller… et son père avait été là. Il avait prit le relais.

 

Papa : Tout se passe bien ?

Annabeth : Oui au boulot, on avance doucement. Le directeur et moi finissons les derniers détails avant l’ouverture en septembre.

Papa : Et ça se passe bien avec lui ?

Annabeth : Oui. Il est génial. J’adore travailler avec lui.

Papa : C’est bien ! Et ton appartement ?

Annabeth : On a enfin fini de tout ranger. Enfin Erin a tout fini car avec le boulot, j’ai eu trop le temps.

Papa : Et elle, ça va ?

Annabeth : Oh bah oui ! Elle est en vacances !

 

Ils essayaient tout les deux d’éviter le sujet mais Annabeth ne pouvait pas rester là sans demander. Il fallait qu’elle sache à quoi s’attendre.

 

Annabeth : Et maman ? Toujours pareil ?!

Papa : Oui. Je ne comprends pas pourquoi elle est entêtée comme ça…

Annabeth : Ouais… elle est comme ça, on ne la changera pas ! Et puis je suis sûr qu’Oncle Pete n’arrange pas les choses, comme à son habitude.

Papa : Oui. Il dit que ce que tu as fait, ça ne se fait pas. Que tu n’aurais pas du partir et laisser tes parents…

Annabeth : Qu’est-ce que je suis contente d’être partie, sérieux !

Papa : Ne les écoute pas ! Tu es bien où tu es ! Tu as eu raison ! Profites-en !

Annabeth : J’en ai bien l’intention !

 

Son père lui manquait. Sa mère devait toujours tout gâcher.

 

Annabeth : Et toi comment ça va ? Pas trop dur avec maman ?

Papa : Non, on n’en parle pas. Et puis quand je suis au boulot, au moins je suis tranquille.

Annabeth : Il ne fait pas trop chaud ?

Papa : Si mais bon, j’ai l’habitude tu sais ! Et toi ? Il fait beau ?

Annabeth : Oui. Super beau ! C’est agréable !

Papa : Et bah, c’est bien.

Annabeth : J’ai eu un mail D’Emma hier. Ca à l’air d’aller elle.

Papa : Oui, elle est contente avec ses cours.

Annabeth : C’est bien. Et elle bosse ?

Papa : Je ne sais pas. Faudra que tu lui demande.

Annabeth : J’aimerai bien qu’elle puisse venir ici.

Papa : Oui, ça lui ferait du bien.

 

Annabeth voulait lui dire qu’elle aimerait qu’il vienne aussi mais elle savait très bien que sa mère ne le laisserait pas faire.

 

Papa : Bon et bien il va falloir que je te laisse. J’arrive à la cantine pour manger.

Annabeth : Oui moi aussi, il faut que j’aille manger.

 

Silence.

 

Annabeth : Ca m’a fait plaisir de t’avoir.

Papa : Moi aussi. Je suis désolé de ne pas avoir appelé avant mais tu connais ta mère…

Annabeth : Oui malheureusement !

Papa : Bon aller, n’y pense plus ! Tu passeras le bonjour à Erin, Sara et sa famille pour moi.

Annabeth : D’accord.

Papa : Bonne journée. Je t’embrasse… à bientôt.

Annabeth : Moi aussi. Au revoir.

 

Elle raccrocha. Elle était heureuse d’avoir eu son père au téléphone même si cela avait été trop court et même si elle aurait préféré le voir.

 

 

Agence de pub

 

Ils avaient passés la matinée à essayer de trouver une idée originale pour cette campagne de pub mais pour l’instant ne leur convenait ou plutôt rien ne faisait l’unanimité chez Catherine.

 

Jack : Je vais commencer par regretter de t’avoir pris dans l’équipe !

 

Catherine le fusilla du regard. Elle savait qu’il plaisantait mais elle n’en avait aucune envie.

 

Jack : Je plaisantais, ne me tue pas tout de suite. Tu vas avoir besoin de moi !

 

Catherine reporta son attention sur les esquisses. Il fallait qu’elle se concentre.

 

Jack : Je peux savoir ce qui ne te plaît pas dans notre dernière idée ?

Catherine : Je ne sais pas…. Il y a un truc qui me gêne ! C’est trop pub !

 

Jack la regarda en souriant.

 

Jack : C’est un peu le but ?!

Catherine : Non mais je voudrais quelque chose de plus proche des gens, qui les touchent !

Jack : Tu sais qu’il y a des milliers de personnes qui vont voir cette pub et tous très différents.

Catherine : Oui mais je suis sûre qu’on peut trouver le lien !

Jack : Et bah écoute moi, je ne pourrais trouver le ventre vide. Il est 12h30 passé et je meurs de faim…

Catherine : Tu oublier ton estomac 5 minutes !

Jack : Tu plaisantes ?!

 

Catherine le regarda. Elle semblait tout à fait sérieuse.

 

Jack : Ok !!!

 

Jack s’adossa contre le dossier de sa chaise. Catherine était concentrée sur les esquisses.

 

Pendant ce temps, Carolyn et les enfants arrivèrent à l’accueil de l’agence. Thomas et Léa donnaient la main à leur mère. Ils s’approchèrent de l’hôtesse.

 

Carolyn : Bonjour !

 

La jeune femme leva les yeux vers elle.

 

Thomas & Léa : Bonjour !!

 

Elle regarda les deux enfants et sourit.

 

Hôtesse : Bonjour ! Que puis-je faire pour vous ?

Carolyn : Nous sommes venus voir Jack et Catherine James. Je suis leur sœur.

Hôtesse : Je vais vous demander de patienter. Je vais voir s’ils sont disponibles.

 

Carolyn acquiesça de la tête. L’hôtesse prit le combiné et appela. Carolyn et les enfants s’éloignèrent quelque peu. Ils se rendirent près des fauteuils de la salle d’attente. Les enfants sautèrent sur l’un d’eux et s’assirent.

 

Carolyn regarda autour d’elle. L’agence était très agréable et semblait presque neuve. Elle ne devait pas être très vieille. Elle regarda les différentes affiches des publicités déjà faite, accrochées au mur. Elle en connaissait plusieurs.

 

Les enfants n’arrivaient pas à tenir en place, ce qui était normal à leur âge et surtout dans cet endroit. Et puis ils commençaient à avoir faim. Elle retourna près de l’hôtesse en gardant un œil sur eux. L’hôtesse raccrocha.

 

Hôtesse : Votre frère a dit qu’ils arrivaient !

Carolyn : Merci !

 

Lorsqu’elle se retourna, elle ne put rien faire avant que Thomas ne percute un homme traversant le hall. Elle se dirigea vers lui pour s’excuser. Thomas leva les yeux vers l’homme,ayant peur de se faire gronder. Mais celui-ci lui fit un magnifique sourire.

 

David n’avait pas l’habitude de voir des enfants parcourir ses couloirs. C’était agréable d’entendre des rires d’enfants. Lorsqu’il vit la mère arriver près de lui, il la regarda.

 

Carolyn : Je suis désolée !

 

Elle regarda son fils qui était venu se réfugier derrière elle.

 

Carolyn : Thomas, demande pardon au Monsieur !

David : Ce n’est pas grave, je vous assure !

 

Carolyn regarda son petit garçon. Celui-ci savait très bien que sa mère ne céderait pas.  Il leva timidement les yeux vers l’homme.

 

Thomas : Pardon.

 

David était sous le charme. Il s’accroupit pour être à la hauteur du petit garçon.

 

David : Excuses acceptées jeune homme !

 

Thomas sourit lorsqu’il le surnomma de cette manière. Puis David se redressa et regarda Carolyn.

 

David : Est-ce que je peux vous aider ? On s’occupe de vous ?

Carolyn : Oui, merci.

David : Très bien.

 

Il regarda une nouvelle fois les enfants.

 

David : J’ai été ravi de faire votre connaissance.

 

Il regarda de nouveau Carolyn et la salua de la tête avant de s’éloigner. Carolyn regarda ses enfants.

 

Carolyn : Combien de fois vous ai-je dis de rester tranquille ?!

 

Les enfants baissèrent les yeux, sachant très bien qu’ils n’avaient pas bien agit. Jack arriva à ce moment là.

 

Jack : Hey !!!

 

Les enfants et Carolyn se tournèrent vers lui. Thomas et Léa se jetèrent sur lui. Des fois, Carolyn se demandait si Jack n’était pas resté enfant.

 

Jack : Qu’est-ce que vous faites ici ?

Carolyn : On était en ville pour acheter des chaussures à Thomas et on s’est dit qu’on allait passer déjeuner avec vous.

 

Jack se redressa et sourit à sa sœur.

 

Jack : Vous avez eu une excellente idée ! Je meurs de faim !!

 

Jack attrapa Thomas et le souleva d’un seul bras et fit semblant de lui manger une cuisse. L’enfant éclata de rire. Jack le reposa en voyant la tête de Carolyn.

 

Carolyn : Et Catherine ??

Jack : Toujours entrain de travailler ! Tu la connais !!

 

Jack baissa les yeux vers Thomas et Léa et sourit. Il s’accroupit.

 

Jack : Et si vous alliez chercher tante Catherine ?!

 

Les enfants acquiescèrent de la tête. Jack se tourna vers le couloir et leur montra du doigt.

 

Jack : Vous allez tout droit et c’est tout au fond !

 

Les deux enfants n’attendirent pas leur suite et y allèrent. Jack se releva.

 

Carolyn : Jack…

Jack : Ne t’inquiète pas. Il n’y a personne au bureau !

Carolyn : Ils se sont déjà fait remarquer en bousculant un homme tout à l’heure, je ne voudrais pas…

 

Jack se tourna vers elle.

 

Carolyn : Un homme assez grand, plutôt élégant.

Jack : Je crois qu’il y a de grandes chances que vous ayez fait la connaissance de David Stevens.

 

Carolyn le regarda étonnée. Elle ne l’imaginait pas du tout comme cela.

 

Carolyn : En tout cas, il a été très gentil avec les enfants.

Jack : Je vous ai dit que ce type est génial !

 

Jack lui sourit. Cela ne l’étonnait pas du tout venant de David. Il avait une sensibilité qui se dégageait de lui à certains moments et il aurait aimé le voir avec Thomas et Léa.

 

Léa et Thomas revinrent avec Catherine. Jack regarda tout le monde puis frappa dans ses mains.

 

Jack : Et bien, puisque tout le monde est là, on va pouvoir y aller !