MONTREAL, 8 nov 2006 (AFP) - Cachez ces sportives que je ne saurais voir
La
décision d'un club sportif de Montréal d'assombrir ses vitres à la
demande d'une communauté juive hassidique choquée par la vue de femmes
en tenue de sport, a provoqué un début de polémique sur les
accommodements avec des groupes religieux.
La
direction du club sportif, appartenant à la chaîne du YMCA, avait rendu
opaques, il y a quelques mois, les fenêtres d'une de ses salles de
sport donnant sur la rue, à la demande d'une congrégation hassidique
jugeant inconvenante pour leurs enfants se rendant à la synagogue ou
dans leur école voisines la vue de femmes faisant du sport ou de
l'aérobic en tenues relativement légères.
La communauté hassidique avait payé les frais de la transformation.
Mais
des clients du club, n'ayant appris que récemment la vraie raison de
cette modification qui les prive de la lumière du jour, font maintenant
circuler une pétition réclamant le retour à la situation antérieure.
"Je suis scandalisée et révoltée", a déclaré l'instigatrice de la
pétition, Renée Levaillant, citée mercredi par la presse locale.
Le directeur du club a engagé des consultations et envisage de changer à nouveau ses vitres.
"Le
Québec a beau être une société de tolérance et d'intégration, il ne
peut pour autant rétrograder si même modifier son environnement au gré
du bon vouloir de tous et de chacun", écrivait le Journal de Montréal
dans un éditorial mercredi.
Des controverses ont
déjà eu lieu au Québec sur les exigences de groupes religieux,
notamment sur la demande d'étudiants musulmans de disposer de lieux de
prière dans des universités ou sur le port dans les écoles du kirpan,
un petit poignard ayant valeur de symbole dans la communauté sikh.
Montréal compte une importante communauté orthodoxe juive hassidique, notamment dans le quartier d'Outremont.
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