Jason Leopold, 5 août 2005
Traduit par Pétrus Lombard et révisé par Fausto Giudice
En outre, tout au long de 2004 et de 2005, Halliburton a étroitement
travaillé avec Cyrus Nasseri, vice-président du conseil
d'administration de l'Oriental Oil Kish basée en Iran, pour y
développer des projets pétroliers. Nasseri est aussi l'un des
principaux membres de l'équipe iranienne de développement nucléaire.
Nasseri a été interrogé par les autorités iraniennes fin juillet 2005
pour avoir soi-disant fourni à Halliburton des secrets nucléaires
iraniens. Les fonctionnaires du gouvernement iranien ont accusé Nasseri
d'avoir accepté pas moins d'un millions de dollars en dessous de table
de Halliburton pour ces informations.
Les rapports d'affaires entre Oriental
Oil Kish et Halliburton sont parvenus la première fois à la
connaissance du public en janvier 2005, quand la compagnie a annoncé
qu'elle avait sous-traité des parties du projet de forage gazier de
Pars Sud à Halliburton Products & Services, une filiale de
Halliburton basée à Dallas et enregistrée aux Iles Cayman. Suite à
l'annonce, Halliburton a déclaré que le projet de gisement gazier de
South Pars à Téhéran serait son dernier projet en Iran. Selon un
rapport de la BBC, Halliburton, qui a gagné trente à quarante millions
de dollars dans ses opérations iraniennes en 2003, « réduisait
progressivement son travail à cause d'un climat d' affaires pauvre. »
Cependant, Halliburton a une longue
histoire d'affaires en Iran, commencée dès 1995, alors que le
vice-président Cheney était PDG de la compagnie. Leopold cite un
rapport de février 2001 publié par le Wall Street Journal, «
Halliburton Products et Service Ltd, travaillent derrière une porte
anonyme au neuvième étage d'un nouveau bloc de tours au nord de
Téhéran. Une brochure déclare que la compagnie a été enregistrée en
1975 aux Iles Cayman, est basée dans l'Émirat de Dubaï dans le Golfe
Persique, et est « non-Américaine. » Mais comme le panneau au-dessus de
la tête du réceptionniste, la brochure porte le nom de la compagnie sur
fond rouge et offre les services des unités de Halliburton autour du
monde. » D'ailleurs le courrier envoyé aux bureaux de la compagnie de
Téhéran et aux Iles Cayman est expédié directement à ses sièges sociaux
de Dallas.
Afin d'essayer d'entraver les
tentatives de Halliburton et d'autres sociétés US de s'engager dans des
rapport d'affaires avec des pays voyous [1] tels que la Libye [2],
l'Iran et la Syrie, un amendement a été approuvé par le Sénat le 26
juillet 2005. L'amendement, parrainé par la Sénatrice Susan Collins,
Républicaine du Maine, pénalisera les compagnies, qui continuent à
contourner la loi US en établissant des filiales offshore de manière à
adopter une conduite légale et à éviter les sanctions US, sous
l'International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) [3].
Une lettre rédigée par des dirigeants
d'entreprises, a objecté avec véhémence à l'amendement, disant qu'il
mènerait à davantage de haine, inciterait peut-être des attaques
terroristes contre les USA, et « tendrait considérablement les
relations avec les principaux partenaires commerciaux des USA. » La
lettre avertissait que « les efforts US sur les gouvernements étrangers
voient les efforts US pour leur dicter leur politique étrangère et
commerciale comme des violations de souveraineté, ce qui les amène
souvent à adopter des mesures de rétorsion encore plus divergentes des
objectifs US. »
Collins soutient la loi adoptée,
déclarant : « Elle interdit aux entreprises US de créer une
société-écran quelque part ailleurs afin de commercer avec les pays
voyous, sponsorisant le terrorisme, tels que la Syrie et l'Iran. Le
contrecoup est que si une compagnie US se soustrait aux sanctions pour
faire des transactions avec l'un de ces pays, elle apporte son soutien
aux pays qui soutiennent le terrorisme - lequel vise le plus souvent
les USA. »
Mise à jour par Leopold Jason
Lors d'un voyage au Moyen-Orient en mars 1996, le vice-président Dick
Cheney a dit, à un groupe [composé] surtout d'hommes d'affaires US, que
le Congrès devrait adoucir les sanctions contre l'Iran et la Libye afin
d'encourager de meilleures relations, une déclaration qui apparaît
rétrospectivement d'une hypocrisie totale, vu la politique étrangère de
l'administration Bush.
« Laissez-moi faire une déclaration
généralisée au sujet d'une tendance que je vois au Congrès US et que je
trouve dérangeante, qui s'applique non seulement à l'égard de la
situation iranienne, mais aussi bien à un certain nombre d'autres, » a
dit Cheney. « Je pense que nous aux USA faisons parfois des erreurs….
Il semble admis que d'une façon ou d'une autre nous savons ce qui est
le mieux pour tous les autres et que nous allons utiliser notre poids
économique pour obliger tous les autres à vivre de la manière que nous
trouvons la meilleure. »
Cheney était le PDG de Halliburton
Corporation quand il a prononcé ces paroles. C'est Cheney qui a conduit
Halliburton vers des transactions d'affaires agressives avec Iran -- en
violation des lois US -- dans le milieu des années 90, continuant tout
au long de 2005, et c'est la raison pour laquelle l'Iran a des
possibilités d'enrichissement d'uranium à usage militaire.
C'est la vente secrète de centrifugeuses par Halliburton à
l'Iran qui a permis au programme d'enrichissement d'uranium de prendre
forme, selon une enquête de trois ans qui inclut des interviews menées
avec plus d'une douzaine d'employés actuels et anciens de Halliburton.
Si les USA finissaient par s'engager
dans une guerre avec l'Iran à l'avenir, Cheney et Halliburton porteront
le poids des responsabilités.
Mais cela ne devrait pas choquer quiconque a suivi les
activités économiques de Halliburton durant la décennie écoulée. La
compagnie a une longue histoire documentée de violations des sanctions
US et d'affaires avec de soi-disant pays voyous.
Non, ce qui dérange au sujet de ces
faits est pourquoi ils ont reçu si peu d'attention des médias
dominants. Mais le dossier public parle de lui-même, car fait de
milliers de pages de documents, obtenues par les diverses agences
fédérales, qui montrent comment les rapport d'affaires de Halliburton
en Iran ont aidé au financement des activités terroristes (sic) - y
compris le programme d'enrichissement nucléaire du pays.
Il y a quelques années, quand j'ai
demandé à Wendy Hall, l'une de ses porte-parole, si Halliburton
cesserait de réaliser des affaires avec l'Iran par crainte que la
compagnie aide au financement du terrorisme, elle a dit « non. » « Nous
croyons que les décisions sur la nature de tels gouvernements et de
leurs actions sont mieux prises par les autorités gouvernementales et
les entités internationales, comme les Nations Unies, par opposition
aux individus ou aux entreprises », a dit Hall. « Mettant la politique
de côté, nous et nos filiales opérons dans les pays dans la mesure où
c'est légalement acceptable, où nos clients sont entreprenants car ils
s'attendent à ce que nous fournissions le soutien logistique pour les
gisements pétroliers à leurs opérations internationales. Nous ne sommes
pas toujours d'accord avec les politiques ou les actions des
gouvernements de chaque endroit où nous réalisons des affaires et nous
n'excusons pas leurs comportements. En raison du caractère de longue
durée de nos affaires et du caractère inévitable des changements
politiques et sociaux, il n'est ni prudent ni approprié que notre
compagnie établisse sa propre politique étrangère pays par pays. »
Halliburton a commencé à réaliser des
affaires en Iran dès 1995, alors que vice-président Cheney était PDG de
la compagnie et éventuellement en violation des sanctions US.
Un ordre exécutif, signé en mars 1995
par l'ancien président Bill Clinton, interdit aux individus US de «
nouveaux investissements (en Iran), incluant l'engagement de fonds ou
autres actifs. » Il interdit aussi aux sociétés US d'exécuter des
services « bénéficiant à l'industrie pétrolière iranienne » et
fournissant à l'Iran les moyens financiers pour s'engager dans
l'activité terroriste.
Quand Bush et Cheney sont arrivés au pouvoir en 2001, leur
administration a décidé de ne pas punir les compagnies pétrolières et
gazières étrangères qui investissent dans ces pays. Les sanctions,
imposées aux pays comme l'Iran et la Libye avant que Bush ne devienne
président, ont été descendues en flammes par Cheney, qui a fait de
fréquents discours sur la nécessité pour les entreprises US d'entrer en
concurrence avec leurs rivales étrangères, en dépit des affirmations
selon lesquelles ces pays peuvent avoir des liens avec le terrorisme.
« Je pense en fait que ça serait mieux
pour nous si nous levions ces sanctions (contre l'Iran), si nous ne
tentions pas d'imposer des boycotts indirects aux entreprises(…), en
essayant de réaliser des affaires là-bas(…) et au lieu de cela en
commençant à reconstruire ces relations, » a dit Cheney en 1998 lors
d'un voyage d'affaires à Sydney en Australie, selon le journal
australien Illawarra Mercury.
Notes du traducteur
1 - Qualification officielles, dans le contexte de la guerre contre le
terrorisme, des pays non alignés, c'est-à-dire des pays dont la
conversion à l'ultra-libéralisme nécessite l'usage force.
2- La Libye a été réhabilitée depuis la rédaction de cet article :
http://www.monde-diplomatique.fr/2006/07/DE_GUERLACHE/13603
3- Dans le Code US, l'IEEPA est le Titre 50, sections 1701 à 1707.
Cette loi fédérale US permet aux présidents d'identifier toute menace
extraordinaire provenant de l'extérieur du pays, et de confisquer des
propriétés, des avoirs bancaires et d'interdire les transactions de
l'organisation ou du pays désigné comme ennemi. Voir
http://en.wikipedia.org/wiki/International_Emergency_Economic_Powers_Act
GlobalResearch
Traduit par Pétrus Lombard, membre associé, et révisé par Fausto
Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité
linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage
non-commercial : elle est libre d'être reproduite, à condition d'en
respecter l'intégrité et d'en mentionner sources et auteurs.
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