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Fin de mandat difficile pour George W. Bush
La presse suisse et internationale pas tendre avec George W. Bush [Keystone]
Tandis que la presse française prédit une fin de mandat difficile pour
George W. Bush, les journaux britanniques estiment que la victoire
démocrate lors des élections traduit un rejet du président américain et
de la guerre en Irak.
La presse française dans son ensemble prédit
jeudi une fin de mandat difficile pour le président américain George W.
Bush qui va devoir composer avec un Congrès devenu majoritairement
démocrate après les élections parlemantaires de mardi.
"Canard boîteux"
Sous le titre "Tête-à-queue en Irak", le
Figaro (droite) qualifie le président Bush de "canard boiteux". "Il a
épuisé tout son capital politique et ses options ne sont pas
nombreuses. Le moment est idéal, si l'on ose dire, pour modifier
radicalement son approche. Il lui reste à sauver ce qui peut être sauvé
de son vaste plan de démocratisation du Moyen-Orient et dont le procès
de Saddam Hussein est peut-être le seul résultat concret", écrit le
quotidien.
Et le Figaro d'affirmer: George W. Bush "n'a au fond
qu'un seul choix réaliste. Il doit profiter de sa défaite politique
pour travailler avec les démocrates au retrait des troupes américaines".
"Bush,
victime de guerre", titre à la Une Libération (gauche) pour qui
"Rumsfeld, qui plus que tout autre a pensé et mené la guerre en Irak, a
payé de son poste l'impasse où cette guerre a placé les Etats-Unis".
"Ce
sera la tâche du successeur de Rumsfeld de trouver une manière de faire
que ce retrait (d'Irak), désormais inévitable, ne débouche pas sur un
désastre supplémentaire pour les populations irakiennes... et, surtout,
sur une cruelle humiliation de son pays", estime-t-il. Pour Libération,
"la descente aux enfers de Bush en est à son début".
Unilatéralisme dénoncé
La Croix (catholique) affirme que "l'échec
du gouvernement Bush est criant". "Il est sain que cette prétention à
diriger unilatéralement le monde se trouve invitée à plus de modestie",
écrit-il.
"Le non du peuple américain", titre L'Humanité
(communiste) qui souligne que "les électeurs n'ont pas été dupes" du
président Bush. "Cette défaite est donc bien sa défaite: le stigmate du
fiasco de l'invasion de l'Irak - et de ses conséquences - marque son
front au fer rouge", estime le journal.
Sous le titre "Bush, la
grande désillusion", le quotidien économique Les Echos estime que "la
fin de mandat de George W. Bush s'annonce laborieuse". "Nul ne peut
s'en réjouir. Sans tomber dans l'excès des Cassandre qui prédisent la
paralysie totale de la première puissance de la planète, la marge de
manoeuvre du président lui sera comptée. Alors que les défis
économiques, commerciaux, stratégiques du proche avenir sont
multiples", avertit-il.
Rejet de la guerre en Irak
La "raclée" reçue par les républicains lors
des élections de mi-mandat symbolise le rejet de George W. Bush et de
son bilan en Irak, de son style d'exercice du pouvoir et
particulièrement de sa gestion des questions internationales, estiment
quant à eux les quotidiens britanniques.
La "Une" du quotidien
de centre-gauche The Independent, opposé à l'invasion américaine de
l'Irak en 2003, reflète la position de la plupart des journaux : "C'est
la faute à la guerre, imbécile" ("It's the war, stupid"), reprenant la
formule de campagne des démocrates de 1992 sur l'économie.
"Une
denrée précieuse et perdue depuis trop longtemps dans la politique
américaine est réapparue... Elle s'appelle la réalité", commente ainsi
un journaliste du quotidien.
Sur un ton plus jubilatoire, le
tabloïd anti-guerre Daily Mirror titre en première page : "Amérique,
zéro : les Etats-Unis se réveillent enfin et bottent les fesses de
l'imbécile de Bush".
Incompétence
"Un très bon jour pour la démocratie
américaine", estime de son côté le Financial Times, au ton
inhabituellement optimiste, dans le titre de son éditorial. "Les
Américains ont enfin commencé à réclamer des comptes au pouvoir
républicain et à l'administration de George W. Bush pour leur
incompétence, leur mépris de la loi et pour la manière dont ils ont
traîné le nom des Etats-Unis dans la poussière et cafouillé en Irak",
écrit le journal.
"Sous la direction de M. Bush et de ses
alliés, l'Amérique en est venue à être considérée dans la plupart des
pays du monde comme une menace plus grande que l'Iran théocratique",
ajoute-t-il. Mais, selon le FT, "ces élections devraient apporter la
preuve que cette perception est erronée, et que les équilibres et les
garanties apportés par le système américain fonctionnent encore".
"Merci l'Amérique"
Le Guardian remercie, pour sa part, les
électeurs américains et leur exprime sa "profonde gratitude" pour avoir
enclenché le processus vers "des Etats-Unis différents et meilleurs".
"Merci l'Amérique", insiste-t-il dans son éditorial.
Pour le
Daily Mail (centre-droit), le "séisme" ayant secoué la politique
américaine risque d'avoir des conséquences pour le Premier ministre
britannique Tony Blair, qui a évité de justesse la semaine dernière une
nouvelle enquête sur le conflit irakien au Parlement.
Le
Telegraph et le Times (conservateurs) étaient plus mesurés dans leurs
analyses bien qu'ils soient d'accord sur le fait que le départ du
secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld était "en souffrance depuis
longtemps mais toutefois bienvenu".
agences/kot
archives
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Bush, artisan de sa propre défaite
"Canard boiteux", "président zombie", George W. Bush est vu par
les éditorialistes de la presse suisse comme l'artisan de sa propre
défaite. La victoire des démocrates ne devrait pas bouleverser la
donne, ni en Irak ni à Washington.
Pour Le Temps, la déconfiture du président et de son parti
"annonce la fin de la courte période durant laquelle les Etats-Unis ont
cru être la seule superpuissance et se sont comportés comme telle".
L'administration américaine "a hâté le baisser de rideau par un usage
inconsidéré de la force", ajoute l'éditorialiste.
"La déroute du camp républicain a détruit l'édifice idéologique
mis en place par les président et ses séides depuis le 11 septembre
2001", estiment Express et l'Impartial. Même un des principaux piliers
du néoconservatisme américain, les évangéliques, "sont toujours plus
nombreux à juger que la politique étrangère de George W. Bush accroît
les risques d'attaques terroristes".
Si ces deux journaux lui prédisent une fin de règne pénible,
d'autres, comme 24 Heures et la Liberté, estiment que le président a
encore des cartes dans son jeu. En particulier une capacité au
compromis, qu'il a démontrée comme gouverneur du Texas, écrit le Bund.
Et les démocrates sont maintenant mis sous pression par l'énorme
attente des électeurs, souligne l'Aargauer Zeitung.
"Rien ne sera sans doute complètement bouleversé d'ici la fin du
mandat de George W. Bush, ni en Irak ni à Washington", considère 24
Heures, à l'instar de la Tribune de Genève.
Concernant l'Irak, les démocrates "n'ont pas vraiment de solution
de rechange", soulignent Le Quotidien jurassien et la Berner Zeitung.
Et ils risquent "de passer pour les responsables de l'échec américain
en se fourvoyant sur ce dossier", compromettant leurs chances pour
l'élection présidentielle de 2008.


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