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Fin de mandat difficile pour George W. Bush

La presse suisse et internationale pas tendre avec George W. Bush [Keystone]
09.11.2006 07:34
Tandis que la presse française prédit une fin de mandat difficile pour George W. Bush, les journaux britanniques estiment que la victoire démocrate lors des élections traduit un rejet du président américain et de la guerre en Irak.
La presse française dans son ensemble prédit jeudi une fin de mandat difficile pour le président américain George W. Bush qui va devoir composer avec un Congrès devenu majoritairement démocrate après les élections parlemantaires de mardi.
"Canard boîteux"
Sous le titre "Tête-à-queue en Irak", le Figaro (droite) qualifie le président Bush de "canard boiteux". "Il a épuisé tout son capital politique et ses options ne sont pas nombreuses. Le moment est idéal, si l'on ose dire, pour modifier radicalement son approche. Il lui reste à sauver ce qui peut être sauvé de son vaste plan de démocratisation du Moyen-Orient et dont le procès de Saddam Hussein est peut-être le seul résultat concret", écrit le quotidien.

Et le Figaro d'affirmer: George W. Bush "n'a au fond qu'un seul choix réaliste. Il doit profiter de sa défaite politique pour travailler avec les démocrates au retrait des troupes américaines".

"Bush, victime de guerre", titre à la Une Libération (gauche) pour qui "Rumsfeld, qui plus que tout autre a pensé et mené la guerre en Irak, a payé de son poste l'impasse où cette guerre a placé les Etats-Unis".

"Ce sera la tâche du successeur de Rumsfeld de trouver une manière de faire que ce retrait (d'Irak), désormais inévitable, ne débouche pas sur un désastre supplémentaire pour les populations irakiennes... et, surtout, sur une cruelle humiliation de son pays", estime-t-il. Pour Libération, "la descente aux enfers de Bush en est à son début".
Unilatéralisme dénoncé
La Croix (catholique) affirme que "l'échec du gouvernement Bush est criant". "Il est sain que cette prétention à diriger unilatéralement le monde se trouve invitée à plus de modestie", écrit-il.

"Le non du peuple américain", titre L'Humanité (communiste) qui souligne que "les électeurs n'ont pas été dupes" du président Bush. "Cette défaite est donc bien sa défaite: le stigmate du fiasco de l'invasion de l'Irak - et de ses conséquences - marque son front au fer rouge", estime le journal.

Sous le titre "Bush, la grande désillusion", le quotidien économique Les Echos estime que "la fin de mandat de George W. Bush s'annonce laborieuse". "Nul ne peut s'en réjouir. Sans tomber dans l'excès des Cassandre qui prédisent la paralysie totale de la première puissance de la planète, la marge de manoeuvre du président lui sera comptée. Alors que les défis économiques, commerciaux, stratégiques du proche avenir sont multiples", avertit-il.
Rejet de la guerre en Irak
La "raclée" reçue par les républicains lors des élections de mi-mandat symbolise le rejet de George W. Bush et de son bilan en Irak, de son style d'exercice du pouvoir et particulièrement de sa gestion des questions internationales, estiment quant à eux les quotidiens britanniques.

La "Une" du quotidien de centre-gauche The Independent, opposé à l'invasion américaine de l'Irak en 2003, reflète la position de la plupart des journaux : "C'est la faute à la guerre, imbécile" ("It's the war, stupid"), reprenant la formule de campagne des démocrates de 1992 sur l'économie.

"Une denrée précieuse et perdue depuis trop longtemps dans la politique américaine est réapparue... Elle s'appelle la réalité", commente ainsi un journaliste du quotidien.

Sur un ton plus jubilatoire, le tabloïd anti-guerre Daily Mirror titre en première page : "Amérique, zéro : les Etats-Unis se réveillent enfin et bottent les fesses de l'imbécile de Bush".
Incompétence
"Un très bon jour pour la démocratie américaine", estime de son côté le Financial Times, au ton inhabituellement optimiste, dans le titre de son éditorial. "Les Américains ont enfin commencé à réclamer des comptes au pouvoir républicain et à l'administration de George W. Bush pour leur incompétence, leur mépris de la loi et pour la manière dont ils ont traîné le nom des Etats-Unis dans la poussière et cafouillé en Irak", écrit le journal.

"Sous la direction de M. Bush et de ses alliés, l'Amérique en est venue à être considérée dans la plupart des pays du monde comme une menace plus grande que l'Iran théocratique", ajoute-t-il. Mais, selon le FT, "ces élections devraient apporter la preuve que cette perception est erronée, et que les équilibres et les garanties apportés par le système américain fonctionnent encore".
"Merci l'Amérique"
Le Guardian remercie, pour sa part, les électeurs américains et leur exprime sa "profonde gratitude" pour avoir enclenché le processus vers "des Etats-Unis différents et meilleurs". "Merci l'Amérique", insiste-t-il dans son éditorial.

Pour le Daily Mail (centre-droit), le "séisme" ayant secoué la politique américaine risque d'avoir des conséquences pour le Premier ministre britannique Tony Blair, qui a évité de justesse la semaine dernière une nouvelle enquête sur le conflit irakien au Parlement.

Le Telegraph et le Times (conservateurs) étaient plus mesurés dans leurs analyses bien qu'ils soient d'accord sur le fait que le départ du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld était "en souffrance depuis longtemps mais toutefois bienvenu".

agences/kot
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Bush, artisan de sa propre défaite
"Canard boiteux", "président zombie", George W. Bush est vu par les éditorialistes de la presse suisse comme l'artisan de sa propre défaite. La victoire des démocrates ne devrait pas bouleverser la donne, ni en Irak ni à Washington.
Pour Le Temps, la déconfiture du président et de son parti "annonce la fin de la courte période durant laquelle les Etats-Unis ont cru être la seule superpuissance et se sont comportés comme telle". L'administration américaine "a hâté le baisser de rideau par un usage inconsidéré de la force", ajoute l'éditorialiste.
"La déroute du camp républicain a détruit l'édifice idéologique mis en place par les président et ses séides depuis le 11 septembre 2001", estiment Express et l'Impartial. Même un des principaux piliers du néoconservatisme américain, les évangéliques, "sont toujours plus nombreux à juger que la politique étrangère de George W. Bush accroît les risques d'attaques terroristes".
Si ces deux journaux lui prédisent une fin de règne pénible, d'autres, comme 24 Heures et la Liberté, estiment que le président a encore des cartes dans son jeu. En particulier une capacité au compromis, qu'il a démontrée comme gouverneur du Texas, écrit le Bund. Et les démocrates sont maintenant mis sous pression par l'énorme attente des électeurs, souligne l'Aargauer Zeitung.
"Rien ne sera sans doute complètement bouleversé d'ici la fin du mandat de George W. Bush, ni en Irak ni à Washington", considère 24 Heures, à l'instar de la Tribune de Genève.
Concernant l'Irak, les démocrates "n'ont pas vraiment de solution de rechange", soulignent Le Quotidien jurassien et la Berner Zeitung. Et ils risquent "de passer pour les responsables de l'échec américain en se fourvoyant sur ce dossier", compromettant leurs chances pour l'élection présidentielle de 2008.
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