
'enquête
concernant les six personnes arrêtées aux Pays-Bas les 6 et 7 novembre
progresse et permet à la justice d'affirmer que les suspects sont liés
à un réseau de combattants du djihad en Irak. Vendredi 10 novembre, le
parquet a réclamé leur maintien en détention pour au moins 14 jours
supplémentaires.
Cinq hommes et une
femme sont sous les verrous. Si le chef présumé, un Turc, est âgé de 36
ans, les autres suspects, étrangers ou Néerlandais d'origine
maghrébine, sont très jeunes : de 17 à 20 ans. Des textes appelant à la
guerre sainte, du matériel informatique et des téléphones auraient été
saisis à Amsterdam et à La Haye.
L'enquête néerlandaise a démarré
en 2005 après l'arrestation, en Azerbaïdjan, de trois militants
islamistes radicaux de La Haye. Les trois hommes, qui ne sont pas
impliqués dans les derniers événements, auraient indiqué qu'ils étaient
en contact avec "Ibrahim le Turc". Ce dernier avait déjà été
appréhendé en 2003 et soupçonné d'être un recruteur. Il avait, à
l'époque, été rapidement libéré avec 9 autres personnes, faute de
preuves.
La législation néerlandaise a, depuis, été renforcée et
des dispositions prévoient de lourdes peines pour ceux qui tentent de
convaincre des jeunes de rejoindre le djihad. Les arrestations de la
semaine dernière se sont déroulées alors que s'achevait, dans un
tribunal ultra-protégé d'Amsterdam, le procès à charge de Samir Azzouz
et de ses complices présumés. Ce jeune Néerlandais d'origine marocaine
a, lui, tenté de rejoindre la Tchétchénie après 2001. Il était, par
ailleurs, un proche de Mohammed Bouyeri, l'assassin du cinéaste Theo
Van Gogh. Cette fois, Samir Azzouz se voyait reprocher la préparation,
avec trois complices, d'une série d'attentats contre des personnalités
politiques et le bâtiment de l'AIVD, les services de renseignements
néerlandais. Le tribunal d'Amsterdam rendra son verdict le 1er décembre.
Au
carrefour de ces différents dossiers, on retrouve une mosquée
fondamentaliste de La Haye, Al-Sunna. Après une longue période
d'indifférence, la justice et le Parlement néerlandais s'intéressent à
ce lieu, dirigé par l'imam Cheikh Fawaz Jneid. Les députés ont voté, le
31 octobre, un texte appelant à des mesures contre ce prêcheur.