Question arménienne: l'armée turque suspend ses relations avec la France
ANKARA - L'armée turque a suspendu ses relations militaires
avec la France en riposte à une proposition de loi française réprimant
la négation du caractère génocidaire des massacres d'Arméniens de
1915-1917, a affirmé jeudi soir le chef de l'armée de terre turque.
Aucune
visite de haut niveau n'a lieu entre les deux pays pour cette raison, a
précisé le général Ilker Basbug, cité par l'agence de presse Anatolie,
qui répondait aux questions de journalistes lors d'une réception à
Ankara pour la célébration des 23 ans de la République turque
autoproclamée de Chypre Nord.
Le général n'a pas indiqué si cette
"suspension" impliquait la mise à l'écart des entreprises françaises
lors des appels d'offre militaires.
La Turquie avait prévenu que
les relations bilatérales pourraient gravement souffrir en cas
d'adoption définitive de la proposition de loi, votée en octobre par
l'Assemblée mais qui doit encore être votée par le Sénat puis passer en
deuxième lecture devant l'Assemblée avant d'entrer en application.
Aucune
mesure de rétorsion directe n'a cependant été adoptée et les appels au
boycott des produits français lancés par des organisations de
consommateurs ont rapidement disparu de l'ordre du jour en Turquie.
Le
texte français prévoit jusqu'à un an de prison et 45.000 euros d'amende
pour les personnes niant que les massacres d'Arméniens survenus sous
l'empire ottoman constituent un génocide.
Les massacres et
déportations d'Arméniens entre 1915 et 1917 dans l'Empire ottoman ont
fait plus de 1,5 millions de morts selon les Arméniens, 250.000 à
500.000 selon la Turquie, qui récuse la notion de génocide reconnue
notamment par la France, le Canada et le Parlement européen.
(©AFP / 16 novembre 2006 01h31)