
Multiculturalisme
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Le multiculturalisme canadien et son impact sur l'intégration des musulmans font l'objet d'un colloque organisé par la Fondation Trudeau, à Vancouver.
Face à une recrudescence des tensions au sujet des populations musulmanes et de l'immigration dans certains pays d'Europe, la conférence intitulée « Les musulmans dans les sociétés occidentales » réunit des experts de plusieurs pays afin de susciter une discussion sur ce sujet au Canada.
C'est la question du multiculturalisme canadien qui est au centre de la deuxième journée du colloque. Le Canada fait figure de cas unique parmi les sociétés occidentales avec sa politique du multiculturalisme. Et pour la Fondation Trudeau, il est temps de se pencher sur la question au sein de la société canadienne.
« On se demande maintenant si ça peut continuer parce que, surtout en Europe occidentale, il y a certaines tensions qu'on n'a pas ici, jusqu'à ce moment », affirme le président de la Fondation, Frederick Lowy.
Les limites du multiculturalisme canadien
Will Kymlicka, professeur à l'Université Queen, fait partie du panel qui réfléchit sur le thème des défis du multiculturalisme. Il fait un rappel historique en précisant que le multiculturalisme canadien est né d'une entente après les pressions exercées par la communauté ukrainienne sur le gouvernement fédéral.
À l'époque, soutenus par les communautés juives, italienne et polonaise, les Canadiens d'origine ukrainienne s'opposaient au projet de dualité linguistique anglais-français qui pouvait les exclure. Pierre Elliott Trudeau avait donc, en plus du bilinguisme, mis en place la politique du multiculturalisme en 1971.
Mais un nouvel élément, celui de la religion, surgit aujourd'hui, alors qu'il n'est pas inclus dans la politique canadienne sur le multiculturalisme. « Y a-t-il une base pour revendiquer des droits au nom de l'appartenance religieuse? » s'interroge Will Kymlicka.
C'est à cette question et à bien d'autres que tentent de répondre les experts lors de ce colloque. Après les récentes revendications d'organismes communautaires en Ontario pour l'introduction de la charia (loi islamique) dans l'arbitrage de certains conflits, la Fondation Trudeau a jugé utile d'offrir un espace de réflexion.