Nouvelles violences entre communautés dans l'extrême est du Tchad
N'DJAMENA - De nouvelles violences entre communautés arabes et
non arabes du Tchad ont fait ces derniers jours de "nombreuses
victimes" dans l'extrême Est du pays, dans le département de Sila, a
annoncé mardi le ministre tchadien de la Communication.
"Des
affrontements intercommunautaires ont eu lieu depuis le 4 novembre dans
le canton de Mouro, département de Sila, plus particulièrement dans les
villages de Bandicaw et Dadia", a déclaré Hourmadji Moussa Doumgor dans
un communiqué. "Ces affrontements ont fait de nombreuses victimes de
part et d'autre", a-t-il ajouté sans fournir de précision sur leur
nombre.
"Ces violences ont fait des victimes mais il est pour
l'heure impossible d'en déterminer le nombre avec précision", a précisé
à l'AFP une source proche du gouverneur de la région du Ouaddaï.
"Manifestement,
il y a eu des affrontements intercommunautaires très violents ces
derniers jours, dans une zone au sud de Goz Beïda", a pour sa part
déclaré à l'AFP sous couvert de l'anonymat un responsable humanitaire.
"Cinq ou six villages auraient été touchés (...) Il y a certainement eu
des morts, mais il est impossible d'avancer un bilan pour l'instant",
a-t-il ajouté.
Dans la matinée, le ministre tchadien de
l'Administration territoriale Ahmat Mahamat Bachir avait indiqué à
l'AFP que d'autres violences entre communautés arabes et non arabes
avaient fait plus d'une centaine de morts la semaine dernière dans la
région du Salamat, au sud-ouest de Goz Beïda.
Ces affrontements
ont opposé, pour une raison non précisée, des Arabes et des Kibets
(tribus non arabes), a ajouté M. Bachir, précisant que la situation
était "redevenue calme" depuis samedi.
Interrogé par l'AFP, un
défenseur local des droits de l'Homme a fait état d'un bilan d'au moins
140 morts, 30 blessés et près de 400 cases brûlées.
Ces deux
vagues de violences intercommunautaires sont intervenues dans des
régions frontalières du Soudan et de la Centrafrique où des combats ont
opposé fin octobre l'armée gouvernementale aux rebelles tchadiens de
l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD).
N'Djamena
a accusé le Soudan voisin de soutenir cette rébellion hostile au régime
du président Idriss Deby Itno, ce que Khartoum a démenti.
"Le
gouvernement a attiré l'attention de la communauté internationale sur
l'exportation par le régime soudanais de sa crise du Darfour au Tchad.
C'est ce qui est en train de se faire avec les affrontements meurtriers
qui ont eu lieu dans le Salamat et le Sila", a déploré le porte-parole
du gouvernement.
"La communauté internationale doit réagir en
déployant une force de paix onusienne avant qu'il ne soit trop tard",
a-t-il plaidé.
(©AFP / 07 novembre 2006 19h59)