4 - A promising start
Auteur : EnfantTV
E-mail : chelseajoyce@wanadoo.fr
Genre : ?
Résumé : Une soirée qui se prépare à l’avance…
Note de l'auteur : Les personnages et les lieux sortent tout droit de mon imagination. Ne pas publier sans mon accord.
Coscénaristes : Thera et Adela
Lundi soir
Cour de la maison des James
Son coude dessinait un parfait angle droit, dans sa paume reposait le ballon de basket. Son autre main soutenait légèrement la balle sur le côté gauche. Les jambes quelque peu écartées, elle était là immobile à fixer le panier de basket. Elle prit une grande inspiration, puis elle shoota.
Son geste était précis et harmonieux à la fois. Son bras droit s’était déplié de façon sûre et son poignet était venu fouetter le ballon de façon à lui donner l’impulsion nécessaire pour l’emmener au panier.
N’importe qui aurait pu juger de la justesse de son shoot. Il était certain que Sara avait la technique, ses coachs lui avaient souvent fait remarquer qu’elle avait un très bon shoot tant dans l’esthétique que dans la technique.
Elle resta quelques instants les bras en l’air encore en position de shoot, on lui avait si souvent appris à finir son geste, ne pas se précipiter, c’est ainsi que c’est machinalement qu’elle attendait de voir le ballon rentrer dans le panier. Et pourtant, le ballon heurta le cercle. Son shoot était visiblement trop court, et elle n’y avait pas mis la force nécessaire. Elle n’avait pas su doser. Son visage se raidit, elle serra les dents de rage.
La technique elle ne l’avait guère perdue, la confiance si.
Trop découragée elle baissa les bras et n’eut même pas le réflexe de rattraper le ballon qui lui passait devant. Elle l’entendit rebondir derrière elle.
Annabeth arriva à cet instant, elle attrapa le ballon qui se dirigeait tout droit vers elle. Elle vit son amie se retourner vers elle.
Annabeth : Tu sais que c’est la première fois que je te vois jouer au basket !
Elle lui renvoya la balle en la faisant rebondir à terre. Sara l’attrapa et fit quelques dribbles.
Sara : Oui, c’est vrai !
Sara semblait détachée, comme si elle n’avait pas réellement pris conscience que son amie était là. Elle continua à dribbler, passant la balle de la main gauche à la main droite, la faisant rebondir entre ses jambes. Toujours le visage dur, elle semblait concentrée, si bien qu’Annabeth décida de continuer.
Annabeth : Si je me souviens bien, tu as du arrêter quelques mois avant que l’on se rencontre… et pourtant c’est dommage, j’aurais fait une très bonne pom pom girl. J’avais la tenue et tous les accessoires !
Annabeth et Sara sourirent. Sara imaginait très bien Annabeth dans cet accoutrement, et tel qu’elle connaissait son amie elle savait qu’elle aurait été capable de se pointer à un match habillée en pom-pom girl.
Sara arrêta le ballon dans ses mains, se positionna, fixa quelques secondes le panier puis shoota. Le ballon s’éleva, sa trajectoire était parfaite si bien qu’il entra directement dans le panier sans toucher le cercle. Sara ne put s’empêcher de sourire brièvement, elle savourait le léger frottement du ballon contre le filet. Elle adorait ce bruit.
Annabeth : Alors les voilà ces mains en or !!!
Sara parut un peu mécontente d’elle et ignora presque la remarque de son amie. Ce panier là elle l’avait marqué mais combien en avait-elle raté avant d’en réussir un ? Un panier qui n’avait guère de mérite, elle n’était qu’à 2 mètres environ du panneau de basket. Des « mains en or » avait dit son amie…depuis combien de temps n’avait-elle pas entendu cette expression ? Elle ne se souvenait même pas avoir confié à Annabeth que dans son ancienne équipe on lui répétait sans cesse qu’elle avait des mains en or, en référence au fait qu’elle était la meilleure marqueuse.
Elle soupira et alla chercher son ballon. Annabeth remarqua le malaise de son amie… Elle savait que ce sujet était un point assez difficile à aborder avec Sara. Même si elles en avaient souvent parlé, elle avait la sensation qu’il y avait encore autre chose derrière tout cela. Mais avec Sara, par moment, c’était difficile à savoir.
Elle observa Sara revenir en dribblant vers elle. Depuis toujours elle avait su lire en Sara, elle savait immédiatement quand quelque chose n’allait pas, et bien souvent avant même que son amie se confie, elle savait de quoi il était question. Mais là, elle ne comprenait guère, Sara venait de marquer un panier quasi parfait et elle ne semblait pas contente d’elle.
Il était vrai que Sara était bien souvent insatisfaite d’elle-même dans pas mal de domaines, mais là Annabeth se sentait impuissante devant le soudain malaise. Un sentiment d’incompréhension l’habitait. Ce qui se passait lui était étranger. Elle ne savait comment agir, si elle devait pousser Sara à se confier ou au contraire lui laisser le temps. Elle décida de ne rien forcer… comme d’habitude. Laisser son amie trouver le moment pour parler.
Il y a quelques années, quand Sara avait précipitamment arrêté le basket, sa passion depuis qu’elle avait 6 ans, Annabeth n’avait pas tout compris. Elle avait cherché à savoir pourquoi son amie plaquait tout, en vain. Sara était restée très vague. Annabeth avait simplement compris que Sara était restée sur un échec, un échec qui l’avait empêché de retoucher un ballon depuis. Elles n’en avaient jamais rediscuté.
Annabeth prit la décision qui lui semblait la plus appropriée pour le moment et décida de changer de sujet.
Annabeth : Est-ce que tu as vu ton frère ?
Sara s’arrêta et un immense sourire apparut sur son visage. Elle venait de réussir à leur redonner le sourire. Annabeth ne put s’empêcher de rire en voyant son amie. Elle savait qu’elle était heureuse pour eux mais là, elle abusait un peu. Elle la soupçonna même de le faire exprès rien que pour l’embêter. Et puis, d’une certaine manière, elle réussissait encore à la mettre mal à l’aise face à sa relation avec Jack. Comme si c’était une ado prise sur le fait.
Annabeth : Quoi ???
Sara souriait toujours, et secoua la tête d’un air faussement désespérée.
Annabeth : Arrête !!!
Annabeth se dirigea vers l’escalier qui menait à son appartement tout en sachant que Sara n’avait pas quitté son sourire. Elle se retourna après la cinquième marche. Sara ne changera jamais, elle le savait, elle allait devoir faire avec.
Annabeth : Je vais prendre une douche… Tu fais quoi ce soir ?
Sara : Je pense que je vais continuer à faire quelques paniers puis je ferais comme toi. J’irais prendre une douche....
A cet instant, le téléphone portable d’Annabeth sonna. Elle le chercha dans son sac et décrocha.
Annabeth : Allô !
Sara fixa son amie. Elle la vit s’étonner de ce coup de fil. Elle se demandait qui pouvait bien appeler son amie. Surtout qu’en voyant le visage de son amie, elle vit que cela devait être sérieux.
Annabeth : Trouvé… ??
Ce n’était pas dans son habitude d’écouter les conversations téléphoniques mais là, elle était en première loge et elle ne pouvait pas faire comme si elle n’entendait rien. Mais elle vit son amie arborer un immense sourire… tout en attendant une réponse.
Un silence s’installa et Annabeth cru que son portable avait coupé. Elle regarda l’écran du téléphone. Non elle était toujours en ligne. Elle colla à nouveau le téléphone contre son oreille. Elle sourit.
Annabeth : D’accord…
Annabeth sembla réfléchir un long moment. S’il l’appelait pour lui annoncer, c’est qu’il voulait avoir son avis. Elle ne voulait pas le décevoir. Surtout qu’elle savait que tout cela lui tenait à cœur.
Sara continuait de regarder son amie. Elle était toujours très expressive lorsqu’elle était au téléphone. Et même lorsqu’on était à l’autre bout du fil, on pouvait facilement imaginer Annabeth.
Annabeth : Si ! Si ! C’est génial… et… ça lui va bien.
Voilà. Elle n’aurait pas du écouter. Maintenant elle se demandait de quoi voulait bien parler Annabeth. Et avec qui surtout ?! Qu’elle curieuse elle était.
Annabeth : Certaine ! Ca a mis plus de temps que prévu… mais c’est parfait !
Annabeth sourit à nouveau. Elle le connaissait à peine mais elle pouvait dire qu’elle commençait à bien le connaître. D’une certaine manière, ils étaient pareils. Toujours à vouloir tout faire correctement, dans les règles de l’art. Et cela tombait bien car c’était une qualité qu’elle recherchait chez les gens, surtout chez ceux avec qui elle était amenée à travailler.
Annabeth : Non au contraire. Il ne faut pas que ce soit compliqué.
Elle descendit les quelques marches qu’elle venait de monter pour se rapprocher de Sara. Elle regarda son amie et lui sourit. Sara lui rendit son sourire, et son ballon sous le bras elle attendait impatiemment qu’Anna raccroche. Sa curiosité était piquée au vif !
Annabeth : Comme vous voulez… mais je trouve ça très bien.
Annabeth sourit à nouveau. Elle avait l’impression que quoi qu’elle dise, il fallait encore qu’il y réfléchisse.
Annabeth : Non, vous ne m’avez pas dérangé…Bonsoir ! A demain.
Ils raccrochèrent. Annabeth mis son téléphone dans sa poche. Sara la fixa. Elle voulait en savoir plus même si elle savait que cela ne la regardait pas.
Annabeth : Je ne sais pas vraiment si j’ai réussit à le convaincre !
Sara attendait la suite. Elle la regarda et lui fit comprendre qu’elle voulait la suite.
Annabeth : C’était le directeur… il voulait avoir mon avis pour une décision qu’il doit prendre… et… j’aurai bien voulu le rassurer…
Sara : Bah je ne le connais pas encore très bien mais à ce que j’ai pu voir et ce que tu as pu me raconter, vous êtes doués tous les deux pour vous prendre la tête quand ce n’est pas nécessaire. Et crois-moi, tu auras beau tout essayer, cela ne servira à rien !
Annabeth : Est-ce que tu es entrain de dire que je suis une fille compliquée ?
Sara : Ose prétendre le contraire !
Annabeth prit son air de petite fille pris en faute.
Annabeth : Oui mais j’y travaille !
Sara : Oui, je sais et ça c’est bien ma p’tite Anna !!
Sara avait dit ça sur un ton comme si elle parlait à une petite fille de 6 ans. Elle savait très bien qu’elle pouvait taquiner Annabeth de cette manière. Elle savait qu’elle le prendrait bien.
Un pick-up entra dans la cour et au premier abord, les filles se demandèrent qui pouvaient leur rendre visite. Puis elles se rendirent compte que Jack était au volant. Il gara la voiture près de la maison. Sara et Annabeth allèrent à sa rencontre.
Jack descendit tout sourire de la voiture.
Sara : Où est-ce que tu as été voler ça ?!
Jack : Je n’ai rien volé du tout ! C’est mon cadeau d’anniversaire !
Sara : Ton anniversaire est en janvier… et je te rappelle qu’on est en août !
Jack : Et bien c’est un cadeau en retard ou en avance, comme tu préfères !
Annabeth n’avait rien dit et regardait la voiture. Pleins de choses lui passaient par la tête. Elle était heureuse pour lui. Elle savait qu’il en rêvait depuis un certain temps déjà, mais elle avait peur aussi. Ce genre de voiture n’était pas donné et elle savait que Jack ne roulait pas vraiment sur l’or même si il ne manquait de rien.
Jack arriva près d’Annabeth et passa son bras autour de sa taille en la regardant.
Jack : Alors qu’est-ce que tu en penses ?
Sara : J’adore ! Il est superbe !
Jack fusilla sa sœur du regard, pendant qu’Annabeth se retenait de rire. Ces deux là étaient intenables ! Il fallait toujours qu’il y en ait un pour provoquer l’autre.
Jack : Je ne m’adressais pas à toi…je disais donc Anna qu’est-ce que tu en penses ?
Annabeth regarda Jack puis le pick-up.
Annabeth : Il est magnifique !
Sara s’approcha de la place « conducteur ».
Sara : Magnifique ??! Il est fantastique ouais !!!!
Elle regarda à travers la vitre pour voir à l’intérieur puis elle se tourna vers Jack et Annabeth.
Sara : Je peux ?!
Elle fit signe à son frère pour lui demander si elle pouvait monter.
Jack : Je t’en prie !
Sara ouvrit la portière avant même que Jack ne lui donne sa réponse et s’engouffra dans la voiture. Jack regarda Annabeth. Il commençait à la connaître parfaitement et lorsqu’elle avait cette tête, il savait que quelque chose n’allait pas. Il passa légèrement la main dans le dos de la jeune femme comme pour l’encourager à se livrer.
Jack : La couleur ne te plaît pas ??
C’était sa manière à lui de lui demander ce qui la tracassait. Annabeth le regarda en souriant. La couleur… noire… était parfaite. Non le pick-up était génial !
Annabeth : C’est parfait !
Jack : Mais ?
Annabeth le regarda et hésita un instant avant de lui en parler. Ils avaient décidé d’être franc l’un envers l’autre et de se dire lorsque quelque chose n’allait pas. Elle savait que l’honnêteté était la base de toute relation, et plus particulièrement dans une relation de couple. Et même si ce qu’elle allait dire pouvait pour une raison ou une autre déplaire à Jack, elle se devait néanmoins de lui dire.
Annabeth : Le prix ne doit pas être mal non plus !
Il aurait pu parier qu’elle se faisait du souci pour cela. Il réprima un sourire. Ce côté qu’elle-même nommait « prise de tête », ce côté qui lui faisait se poser des questions sur tout et pour tout lui plaisait énormément. D’autres auraient pu trouver ça agaçant, lui appréciait beaucoup. Qu’elle se fasse du souci montrait bien qu’elle était responsable et qu’elle n’était pas insouciante au point de tout faire sans se poser de question.
Jack : C’est vrai qu’il était assez intéressant !
Annabeth lui envoya un regard qui voulait tout dire.
Jack : J’ai réussit à avoir un prêt assez intéressant… et puis j’avais envie de me faire ce petit plaisir.
Annabeth : Jack, tu viens tout juste de retrouver du boulot…
Jack : Un boulot que je compte bien garder… et crois moi je vais tout faire pour !
Jack avait planté son regard dans celui-ci d’Annabeth tout en baissant légèrement la tête. Annabeth savait que Jack était un bosseur, mais la société était tellement incertaine que la vie pouvait faire peur. Elle baissa les yeux puis regarda à nouveau le pick-up et Sara qui s’activait dedans.
Jack : Et puis tu sais revenir vivre chez Papa, Maman, ça a des avantages ! J’ai mis quelques sous de côté au cas où… alors tu n’as pas de souci à te faire pour moi.
Elle le regarda.
Annabeth : Je sais ! Il faut juste que j’arrive à perdre cette vieille habitude !
Jack resserra son étreinte autour d’Annabeth qui posa ses mains sur le torse du jeune homme.
Jack : Ah non, il ne faut pas perdre ton habitude. J’aime bien quand tu te fais du souci pour moi en fait !
Elle lui sourit. Elle lut dans ce regard que Jack savait de quoi elle voulait parler et qu’il était là pour l’aider. Et elle devait avouer qu’elle aussi était heureuse de se faire du souci pour lui. Elle se sentait réellement faisant partie de cette relation et de sa vie.
Elle approcha doucement son visage du sien et Jack, comprenant ses intentions, fit le reste du chemin. Ils échangèrent un baiser très simple et doux.
Sara : Il est génial !!!!
Sara avait sortit son buste à l’extérieur.
Sara : Je l’adore ! Est-ce que je pourrais te l’emprunter ?
Jack et Annabeth s’étaient légèrement détachés et tournés vers Sara. Jack la fixa avant de répondre très sérieusement.
Jack : Tu rêves !
Sara : Mais quoi ?! J’y ferais attention, tu me connais !
Jack : Non !
Sara : Tu n’es pas sympa ! Je suis sûre qu’y a qu’Annabeth qui va pouvoir le conduire !
Annabeth regarda Sara puis le pick-up. Conduire un monstre pareil, même si Jack le lui permettait, elle ne le ferait pas.
Annabeth : Je préfère rester dans ma petite voiture française !
Jack : (regardant sa sœur) Et puis j’ai peur que tu n’atteignes pas les pédales !
Sara lui lança un regard noir. C’était un coup bas ! Elle descendit de voiture et se rapprocha de son frère les mains sur les hanches.
Sara : Dis-moi Jack ! Cette grosse voiture, ça ne serait pas pour combattre un autre sentiment d’infériorité ?!
Jack la regarda avec un regard meurtrier.
Jack : Tu le vois le pick-up… et bien regarde le bien parce que tu ne risque pas de le revoir d’aussi près de sitôt.
Sara lui tira la langue de façon très puérile. Jack ne put s’empêcher d’éclater de rire. C’est à ce moment là qu’il s’aperçut du ballon de basket qui jonchait le sol.
Jack : Hey tu t’es remise au basket toi ? Il va neiger c’est certain !
Le ton de sa voix se voulait moqueur mais son intention n’était en aucun cas de blesser sa sœur. Malheureusement légèrement susceptible sur ce sujet là, le visage de Sara se décomposa, elle ramassa son ballon et commença à se diriger vers la maison.
Sara : Si on te demande tu diras que tu ne sais pas !
Sara partie dans la maison. Jack se tourna vers Annabeth, il était visiblement surpris et cherchait une explication dans les yeux d’Annabeth.
Annabeth : Ne me regardes pas comme ça je n’en sais rien ! Tu sais très bien que lorsqu’il s’agit de basket, ça devient flou avec ta sœur !
Jack : Tu crois que je devrais aller lui parler.
Annabeth : Non laisse-la, elle viendra nous trouver quand elle sera prête !
Jack soupira et regarda en direction de la maison perplexe, Annabeth fit de même. Jack était inquiet pour sa sœur et elle l’était aussi pour son amie, mais elle savait qu’il fallait laisser du temps à Sara pour parler de se qui la tracassait. Il n’empêchait qu’elle était surprise du changement brusque d’attitude de Sara.
Jack décida de ne pas s’arrêter la dessus, il ferma la portière « conducteur » et se tourna vers Annabeth qui lui souriait tendrement. Il s’approcha d’elle doucement.
Jack : Est-ce que cela te dit de venir faire un tour avec moi, près du lac ce soir ?
Elle sourit. Elle savait qu’il était fier de son achat et qu’il voulait partager cela avec elle. Ha les hommes et leur voiture ! Toute une histoire ! Leur fierté personnelle ! Mais elle devait avouer qu’elle adorait le choix de Jack. Son pick-up était vraiment magnifique.
Annabeth : Ca aurait été avec plaisir mais ce soir avec Erin, on se fait une soirée Internet. Je dois voir Emma et ma prof de danse sur msn.
Jack : Emma est rentrée ?
Annabeth : Oui… mais elle repart le 3 si je ne me trompe pas, pour une autre colo.
Jack : Elle n’était pas en cours ?
Annabeth : Si…mais juste cette semaine… maintenant elle est en vacances donc elle en profite pour travailler un peu !
Jack : Elle ne va pas être trop crevée ?
Annabeth : Un peu mais tu sais avec ma mère, elle est un peu obligé.
Jack vit Annabeth baisser les yeux et le ton de sa voix changer. C’était toujours la même chose lorsqu’ils évoquaient sa mère. C’était presque devenu un sujet tabou mais il savait que lorsqu’elle aurait besoin d’en parler avec lui, elle le ferait.
Elle ne voulait pas l’ennuyer avec tout ça. C’était déjà assez compliqué et embêtant pour que cela vienne empiéter sur leur relation. Et pourtant, elle savait qu’il allait bien falloir en parler plus en détails avec lui. Mais parfois elle craignait qu’il ne parvienne pas à comprendre son ressenti pour sa mère. Lui qui avait été surprotégé par sa mère, qui avait une relation si aimante avec elle. Elle n’avait pas peur d’être jugé, pas par Jack, mais elle imaginait que Jack puisse avoir du mal à admettre qu’une mère et sa fille puissent avoir autant de différends.
Elle n’avait pas eu la même enfance que Jack. Il avait de la chance d’avoir une telle famille, mais elle savait qu’il en était conscient. Et aujourd’hui, elle faisait partie de cette famille.
Annabeth : Désolée pour ce soir.
Elle fit son regard de petite fille désolée. Elle usa de ce regard car elle savait qu’elle le faisait craquer quand elle le regardait comme ça. Il savait la faire craquer mais elle aussi avait ses petites astuces.
Jack : Ce n’est pas grave ! Je suis sûr que Chris appréciera la balade !
Annabeth : J’en suis certaine aussi ! Ce sera très romantique !
Jack : Très drôle !
Ils sourirent amusés. Ils se taquinaient souvent et ils aimaient ça. Cela faisait partie de leur relation.
Annabeth : Tu ne m’en veux pas trop ?
Jack : T’en vouloir ?! Si bien sûr… de toute manière je passe toujours en deuxième ! Heureusement que Chris est là !
Jack avait dit cela sur le ton de la plaisanterie.
Jack : Non ! Pas du tout ! Je sais à quel point Internet peut être important pour toi. Ca te permet de garder un lien avec ta famille et tes amis. Pourquoi je t’en voudrais ?
Annabeth lui sourit.
Annabeth : Si tu trouves que je ne passe pas assez de temps avec toi…
Jack : Je te le ferais savoir ! … D’ailleurs en parlant de ça, je réserve ta soirée de vendredi.
Annabeth : D’accord… et pourquoi spécialement ce soir là ?
Jack : Parce que cette date là, ça sera la soirée de présentation de notre campagne de pub et je souhaiterais que tu m’y accompagnes.
Il lui sourit. Elle était surprise et pourtant sa demande était tout à fait naturelle. Il fallait juste qu’elle s’habitue à cette vie de couple.
Annabeth :
Ok… je vais
noter ça pour ne pas oublier.
Jack : Génial !
Jack se pencha vers elle et déposa un rapide baiser sur ses lèvres. Puis il s’écarta et se dirigea vers la maison de ses parents.
Jack : Passe le bonjour à Emma !
Il se tourna vers elle en s’arrêtant.
Jack : Profitez-en bien !
Annabeth lui sourit. Elle aimait la manière qu’il avait de lui laisser de l’indépendance tout en faisant attention à elle et en s’intéressant à ce qu’elle faisait.
Annabeth : Tu nous connais !
Jack : Je vous fais confiance !
Ils se fixèrent un long moment. Aucun d’eux n’avaient envie de quitter l’autre mais ils avaient chacun de leur côté des choses à faire et elles n’allaient pas se faire toutes seules.
Annabeth : Bon et bien bonne soirée !
Jack : Merci. Toi aussi.
Ils se regardèrent une dernière fois avant de se séparer à regret.
Annabeth aimait cette relation. C’était si simple, si naturel. Aucun des deux ne se prenait la tête. Ils vivaient les événements comme ils venaient. Ils étaient tous les deux indépendants, et avaient su garder cela même dans leur relation. Ensemble ils ne formaient plus qu’un, mais aucune des deux personnalités ne prenaient le dessus. Chacun pouvait s’épanouir dans cette relation. Ils étaient restés les mêmes, aucun n’avait demandé à l’autre de changer. Et pour ça elle remerciait Jack.
Ils s’étaient trouvés, et à présent un « nous » se bâtissait peu à peu.
A aucun moment Annabeth ne s’était remise en question concernant sa relation avec Jack. Elle savait qu’elle avait pris la bonne décision. Jack lui prouvait chaque jour et elle le lui rendait bien.
Elle se sentait bien, tellement à l’aise. Elle était libre, libre de ses sentiments, libre de les exprimer, libre de les vivre. Elle aimait. C’était la plus belle chose qu’elle vivait. Elle ne se souvenait pas avoir ressentie autant de sérénité que depuis qu’elle habitait ici.
Appartement des filles
Annabeth entra dans l’appartement. Mémo était toujours le premier à venir la saluer, à peine la porte ouverte. Elle caressa son chien.
Annabeth : Bonjour, mon chien ! Comment ça va ?
Le chien trottina sur place en bougeant la queue. Elle retira sa veste, l’accrocha au porte manteau et posa son sac.
Annabeth : Y a quelqu’un ?
Elle n’eut pas de réponse. Mais en écoutant plus attentivement, elle entendit s’activer dans la salle de bain. Erin devait sûrement de prendre une douche. Elle alla jusqu’à la porte et frappa quelques petits coups.
Annabeth : Erin !! Je suis rentrée.
Erin : Okkkk !!
Annabeth alla dans la cuisine boire quelque chose. Mémo la suivit. Elle attrapa un verre et alla dans le frigo prendre la bouteille de thé glacé. Elle se servit et posa la bouteille sur l’îlot. Elle prit son verre et alla s’installer sur le canapé.
Elle ne pouvait s’empêcher de repenser à l’achat que venait de faire Jack. Elle espérait vraiment que sa situation le lui permettait. Elle savait qu’il était quelqu’un de très raisonnable mais elle ne pouvait s’empêcher de penser au pire. Son éducation l’avait rendue comme cela et c’était très difficile de s’en défaire.
Et puis de fil en aiguille, elle commença à penser à la soirée à laquelle Jack venait de l’inviter. Qu’allait-elle bien pouvoir mettre ? Il fallait qu’elle soit à la hauteur. Ce n’était pas une petite soirée entre amis mais une soirée qui aurait de l’impact pour la carrière de Jack et elle ne voulait rien gâcher.
La porte de la salle de bain s’ouvrit et Erin en sortit avec une serviette nouée sur la tête et une tenue jogging.
Erin : Coucou !
Annabeth : Coucou… Alors ta journée ?
Erin : Ca c’est bien passé ! Mr Davis nous a dit ce qu’il voulait qu’on fasse cette semaine. On ira donc tous les jours quelques heures au piano bar pour préparer vendredi soir !
C’est vrai. Loan avait rejoint les filles au piano bar pour leur montrer le fonctionnement ainsi que le planning de la semaine. Il leur avait donné une liste à faire pour la semaine, puis ils avaient regardé les points en détails ensembles puis Sara et Erin avaient commencé leur travail !
Annabeth : Et aujourd’hui vous avez fait quoi ?
Erin : Ce matin Sara et moi, nous avons déjà bougé les tables, puis cet après midi l’équipe de la mairie est venue installer l’estrade.
Annabeth : Déjà. Et ça c’est bien passé ?
Erin : Oui impec !
C’était des hommes de la Mairie de la Bloomsburg qui étaient venus vers 15h de l’après midi. Ils avaient mis pas mal de temps à rentrer toute l’estrade. Cela avait pris beaucoup moins de temps de la monter dans le piano bar.
Erin : On a fini par le ménage !
Annabeth : Pas trop dur ?
Annabeth savait qu’Erin n’aimait pas trop faire le ménage, et elle avait dit cela en souriant ! Erin la fusilla du regard.
Erin : La musique nous a motivées, et puis c’est une grande surface !
Annabeth : Oui c’est plus facile.
Erin : On peut dire ça ! D’ailleurs, rien à voir, je n’ai pas encore eut le temps de sortir Mémo.
Annabeth : Ok, pas de souci.
Annabeth fit signe à son chien de la suivre et se dirigea vers l’endroit où elle rangeait la laisse de Mémo.
Erin alla s’installer dans le canapé, se détendit, et regarda le téléfilm qu’elle avait enregistré !
Quelques minutes plus tard
Extérieur
Jardin des James
Elle détacha Mémo pour qu’il puisse être libre de ses mouvements. Et comme à son habitude, il se dirigea vers la maison d’a côté. Elle n’arrivait pas à comprendre ce qui pouvait bien l’attirer. Peut-être les chevaux. Il voulait jouer avec tout le monde. Mais là, des chevaux… il voyait un peu les choses en grand.
Elle suivit son chien qui se rendait dans la propriété voisine. Heureusement que Jane était compréhensive et aimait bien Mémo. Elle allait peut-être la voir. Depuis la pendaison de crémaillère, elle n’avait pas eu l’occasion de la revoir. Et puis elle avait toujours leur passoire.
Mémo était partit vers les chevaux. Elle avait raison. Il les regardait avec attention en restant à distance comme si il savait ce qu’il risquait. Les chevaux regardaient cette boule de poils sans bouger. Annabeth s’arrêta et observa la scène. Même si Mémo était un peu fou, elle savait qu’il était assez prudent quand même.
Il resta plusieurs minutes à observer les chevaux puis de temps en temps il s’approchait un peu plus. C’était ces petits moments là qu’elle adorait. Se retrouver presque en pleine nature, avec son chien et des chevaux à quelques mètres d’elle. Ce n’est pas en ville qu’elle aurait eu le droit à ce genre d’instant.
Une voiture se gara dans l’allée. Annabeth se tourna et vit Jane sortir du véhicule et se diriger vers elle en souriant. Il fallu 2 secondes à Mémo pour arriver en courant sur Jane. Lorsqu’il s’agissait de caresses, ce n’était jamais le dernier.
Annabeth : Mémo !!!
Le chien fit des allers retours entre elle et Jane.
Annabeth : Bonsoir !
Jane : Bonsoir !
Elle se baissa et caressa la tête du chien.
Jane : Je vois que Mémo est encore venu rendre visite à Memory et Moebius.
Elle regarda en direction de la jument baie et de l’étalon noir puis regarda de nouveau Annabeth.
Annabeth : Ils sont magnifiques ! Ca fait longtemps que tu les as ?
Jane : Quelques mois ! Dès que j’ai pu, je me suis offert ce petit plaisir ! C’est une chose que j’ai toujours voulu avoir et faire. Partir en ballade quand bon me semblerait.
Annabeth : Ca doit être génial !
Mémo laissa les deux personnes discuter et alla faire ses affaires.
Jane : Tu montes à cheval ?
Annabeth : Oui. Enfin, ça fait une éternité que je ne suis pas montée. Mais quand j’étais petite, je partais toujours en camps de vacances où il y avait équitation. J’adore ça.
Jane : On pourrait se faire une balade un de ses jours !
Annabeth sourit. Elle devait l’avouer. Depuis que Jane avait emménagé ici, elle n’attendait que cela.
Annabeth : C’est vrai ?!
Jane : Oui. C’est plus sympa que toute seule !
Annabeth : Ca sera avec plaisir !
Jane : Et puis je compte agrandir la famille !
Jane s’approcha de l’enclos et Annabeth la suivit. Jane sembla pensive durant un instant et Annabeth respecta ce moment de silence. Jane fixait les chevaux.
Jane : C’est un rêve que j’ai depuis que je suis gosse !
Annabeth sourit. Elle adorait les chevaux et adorait monter à cheval et l’idée d’avoir des chevaux lui avait déjà traversé l’esprit… mais cela n’avait pas autant d’importance qu’aux yeux de Jane.
Jane : Et maintenant que je peux le réaliser. Je ne vais pas me gêner !
Annabeth sourit. C’était bien la première fois qu’elle entendait une « adulte » parler de cette manière. Ah non, il y avait aussi Loan Davis. Elle sourit de plus belle. Ils avaient des points communs ces deux là.
Jane se tourna vers Annabeth.
Jane : Tu dois me prendre pour une folle ?
Annabeth : Pas du tout ! Au contraire, ça fait du bien t’entendre quelqu’un parler comme ça. Je commençais à croire que cela n’existait plus.
Jane : Ne laisse personne te dire ce en quoi tu dois croire ou rêver !
Annabeth remarqua le regard de Jane. Il avait changé. Lui qui d’habitude était si pétillant, il venait de se voiler d’une légère tristesse et inquiétude. C’était assez déstabilisant venant de Jane. La façon dont Jane avait prononcé cette phrase était équivoque, Annabeth n’aurait su si elle s’adressait à Jane elle-même ou à elle.
Annabeth ne put s’empêcher de penser que tout le monde avait une histoire qui devait faire assez mal, derrière soi et qu’elle n’était sûrement pas la seule. Cette pensée la rassura, elle n’était pas seule à avoir une histoire difficile, chacun avait ses blessures.
Mémo vint les interrompre, en venant de nouveau demander de caresses. Annabeth avait la sensation qu’il ne fallait pas en dire plus, que cela touchait bien trop Jane.
Elle regarda son chien.
Annabeth : Bon si on rentrait nous !
Le chien la regarda et commença à s’éloigner vers l’appartement. Annabeth regarda Jane qui lui sourit.
Annabeth : Ta proposition de balade à cheval n’est pas tombée dans l’oreille d’une sourde.
Jane : Je l’espère bien !
Elle sourit.
Annabeth : Bonne soirée.
Jane : Merci. Toi aussi.
Annabeth lui sourit une dernière fois avant de suivre son chien.
Au même moment
Maison des Matthews
Elle devait lui demander aujourd’hui. Maintenant qu’elle avait expliqué son idée à son patron, elle ne pouvait plus revenir en arrière. Même si elle avait confiance en son idée, elle savait que convaincre sa sœur n’allait pas être de tout repos.
Carolyn n’était pas du genre à aimer se mettre en avant. Au contraire, elle avait toujours aimé agir dans l’ombre tout en sachant faire apprécier ses qualités et son travail. Et Catherine l’avait toujours enviée pour cela. Convaincre Carolyn n’était pas une mince affaire car elle savait se montrer très têtue.
Elle s’arrêta devant la porte de la maison et frappa 2 coups. Elle glissa les mains dans les poches de son jean et regarda un instant à terre avant de lever les yeux car la porte s’ouvrait.
Elle vit Léa, debout devant elle.
Catherine : Bonjour mademoiselle !
Léa : Bonjour !
Catherine se pencha et déposa un baiser sur la tête de l’enfant.
Catherine : Est-ce que je peux entrer ?
La petite fille fit un signe positif de la tête tandis qu’elle était rejoint par sa mère. Carolyn s’arrêta près de sa fille en posant une main sur son épaule. Lorsqu’elle vit sa sœur sur le pas de la porte, elle lui sourit.
Carolyn : Salut ! Entre !
Catherine entra dans la maison et Léa courut rejoindre son frère qui se trouvait dans le salon, à terre, entrain de dessiner. Les deux sœurs se rendirent elles aussi dans le salon.
Carolyn : Tu veux boire quelque chose ? J’allais me préparer un thé ?
Catherine : Alors allons y pour un thé !
Carolyn se dirigea vers la cuisine pour préparer le thé. Catherine en profita pour faire un tour dans le salon, cela faisait un certain temps qu’elle n’était pas venue rendre à sa sœur une petite visite. Ces temps-ci elle n’avait guère le temps, elle courait toujours à droite à gauche.
Le regard de Catherine s’arrêta sur un magnifique bouquet de roses rouges dans un vase posé sur la table du salon. Elle ne put réprimer un sourire.
Catherine : Un admirateur secret ?
Dans la cuisine, Carolyn ne comprit pas pourquoi sa sœur lui posa cette question. Elle en sortit deux mugs à la main, elle les posa sur la table du salon. Elle vit que Catherine faisait référence au bouquet.
Catherine : Ton admirateur ne serait pas grand, brun plutôt séduisant et un regard à en faire pâlir n’importe quelle femme ?
Carolyn lui décrocha un grand sourire de fierté.
Carolyn : Est-ce que c’est de mon mari dont tu es en train de parler ?
Catherine : Je crois bien oui ! Il avait quelque chose à se faire pardonner non ?
Carolyn : Tu sais que dans les couples le bouquet de fleur n’est pas toujours synonyme de pardon !
Catherine : Non malheureusement je ne sais pas !
Carolyn : Cath…
Catherine : Hey c’est pas grave…en tout cas roses rouge c’est l’amour passion !
Carolyn se contenta d’un sourire rêveur en regardant le bouquet.
Catherine : Vous êtes vraiment trop mignons vous deux !
Carolyn se contenta de lui sourire timidement. Elle savait qu’elle était enviée du bonheur qu’elle partageait avec Joe, et parfois quand ses sœurs n’avaient pas trouvé ce même bonheur elle s’en sentait gênée. Car si attentive aux autres, elle ne voulait blesser personne et était désireuse que chacun trouve le bonheur.
Elle s’assit à la table si bien que Catherine fit de même. Pendant quelques instants elles restèrent silencieuses, à boire leur thé. Elles profitaient seulement de la présence de l’autre. Puis Carolyn engagea la conversation.
Carolyn : Comment ça va ? Ton boulot ?
Catherine qui regardait les enfants se tourna vers sa sœur.
Catherine : Ca va ! Pas mal de travail mais ça se passe plutôt bien.
Carolyn : Même avec Jack ?
Catherine sourit légèrement.
Catherine : Et bien écoute, je dois dire que j’apprécie de travailler avec lui. Je connaissais mon petit frère mais je ne connaissais pas encore l’homme d’affaires. Et bien je suis agréablement surprise. Il connaît très bien son travail et il sait ce qu’il veut. C’est intéressant de travailler avec lui.
Une fois son thé finit, tout en écoutant sa sœur, Carolyn se leva et commença à ranger un peu le salon car avec deux enfants à la maison, c’était un peu le bazar. Elle faisait tout naturellement et Catherine ne pu s’empêcher de sourire à l’image que dégageait Carolyn à cet instant.
Elle était une maman super et une femme d’intérieur modèle sans en faire trop non plus. Catherine était toujours surprise de voir avec quelle simplicité Carolyn abordait son rôle de maman et d’épouse. C’était comme si elle avait fait ça toute sa vie ! Elle était vraiment faite pour être mère.
Thomas : Catherine !! Regarde la girafe que j’ai faite !
Le petit garçon s’était levé et approché de sa tante en lui tendant le dessin. Catherine observa le chef d’œuvre. Pour un dessin d’un petit garçon de 5 ans, c’était vraiment très ressemblant.
Catherine : C’est très bien Thomas ! Mais dis-moi, tu sais drôlement bien dessiner !
Le garçon la regarda en souriant. Elle adorait lorsqu’il souriait de cette manière. Il avait ses petites fossettes qui ressortaient. Il était à croquer.
Thomas : Tiens c’est pour toi !
Catherine : C’est vrai ? ! Oh merci c’est vraiment gentil.
Elle sourit et lui fit un bisou. Puis l’enfant retourna à ses occupations.
Catherine : Et toi ? Ca a été ta journée ?
Carolyn se tourna vers sa sœur puis regarda ses enfants. Catherine se surprit encore à voir ce regard dans les yeux de sa sœur. Elle avait pourtant l’habitude, mais elle la trouvait attendrissante. Carolyn avait un regard changeant envers ses enfants, il était rempli d’amour. Catherine sourit intérieurement.
Carolyn : On a été faire du vélo près du lac…
Léa leva les yeux et regarda sa mère et sa tante.
Léa : J’ai voulu enlever les petites roues mais Maman n’a pas voulu !
Catherine sourit lorsqu’elle entendit la petite. La fillette était beaucoup plus casse-cou que son frère.
Carolyn : Je préfère que ton père s’occupe de ça !
Léa : Je pourrais enlever les roues quand Papa sera là ?
Carolyn : Tu sais, je pense que quand Papa va rentrer, il va être fatigué…
La fillette fit une légère grimace.
Carolyn : Il vaut mieux attendre Samedi, ma puce.
Léa : D’accord.
La petite fille n’était pas vraiment convaincue mais elle n’insista pas plus.
Carolyn vint s’asseoir près de sa sœur.
Catherine : Et comment ça va avec Joe ?
Carolyn : Mieux. Il passe plus de temps à la maison et avec les enfants.
Catherine : C’est bien qu’il ait pu trouver quelqu’un rapidement.
Carolyn leva légèrement les sourcils quand elle entendit sa sœur dire « rapidement ». Elle avait trouvé ça très long.
Catherine : Enfin disons que… heureusement que ça n’a pas été plus long !
Carolyn : Oui, je n’aurais pas pu le supporter !
Carolyn resta silencieuse. Elle aimait Joe mais leur situation avait été très tendue et difficile à un moment dans leur famille et dans leur couple. Les choses commençaient à redevenir comme avant mais il fallait qu’ils reprennent aussi une vie de couple. Et avec les enfants, ils avaient plus de mal.
Ils avaient toujours désiré des enfants. Dés les premiers mois de leur relation quand ils discutaient de l’avenir, Carolyn et Joe avaient immédiatement envisagé de fonder une famille. Carolyn n’aurait pu faire de concession sur ce sujet, du plus loin qu’elle se souvienne elle avait toujours voulu des enfants. Plus qu’une confortable situation professionnelle, les enfants étaient pour elle la plus belle des réussites. Par chance l’homme dont elle était tombée amoureuse partageait le même désir. Les enfants étaient pour eux le résultat logique de leur amour. Ils voulaient donner la vie, pour offrir tout l’amour qu’ils partageaient.
Alors quand Thomas et Léa étaient venus au monde, c’est tout naturellement qu’elle avait cessé son activité professionnelle. Elle voulait se consacrer entièrement à ce qu’elle avait de plus cher. Elle convenait qu’en 5 ans, ça n’avait pas été tous les jours faciles. S’occuper des enfants, de la maison et concilier une vie de couple…c’était un travail de tous les instants.
Mais elle était comblée de cette vie là, pour rien au monde elle n’aurait échangé sa vie à regarder grandir ses enfants pour n’importe quel travail aussi bien payé qu’il soit. C’était inconcevable pour elle. Elle avait pu profiter de chaque instant de la vie de ses « trésors » comme elle aimait les appeler. Prendre le temps avec chacun, bien qu’avec des jumeaux tout n’avait été tout le temps simple.
Mais elle se sentait également fière d’avoir pu s’occuper d’eux de la sorte, car elle n’aimait guère les femmes qui faisaient des enfants et qui s’empressaient aussitôt de retourner travailler 8h par jour voir plus. Certains pouvaient juger cela vieux jeu, à l’heure où toutes les femmes travaillent, mais elle pensait que pour le bien être des enfants il fallait leur consacrer du temps. Et elle avait en horreur l’idée de déléguer l’éducation de ses enfants à une nourrice.
Elle n’avait pas ou peu de temps réellement à elle, mais elle savait qu’elle le faisait pour ses enfants. Et cette simple pensée la rassurait, elle était sûre d’avoir fait le bon choix.
Pourtant depuis quelque temps, quelque chose lui manquait. Parfois elle se surprenait à être nostalgique d’une certaine époque où ils n’avaient pas d’enfants. Elle ne regrettait pas d’avoir ses enfants, loin de là, ils étaient partie intégrante de leur vie. Seulement sa vie de couple avait changé indéniablement. Avant d’être parents ils avaient bien profité de leur vie à deux, et dans ces moments où Joe était accaparé par son travail, elle regrettait ces instants où ils n’étaient que tous les deux.
Car la réalité était que Joe passait beaucoup de temps au travail et involontairement il s’en trouvait à négliger quelques fois sa petite famille. Mais Carolyn était soulagée, maintenant que Joe avait un associé, elle savait que d’ici peu elle le retrouverait, et qu’il pourrait passer plus de temps avec elle et les enfants.
Elle se rendit compte qu’elle s’était laissée aller à ses pensées quand sa sœur la sortit de sa rêverie.
Catherine : A la rentrée, Thomas et Léa vont aller à l’école… tu devrais peut-être penser à reprendre une activité.
Carolyn : J’y ai pensé… mais je ne sais pas si j’ai vraiment envie de reprendre en tant qu’avocate.
Catherine parut quelque peu surprise des dires de sa sœur.
Catherine : Mais tu es une avocate brillante !
Carolyn : Probablement oui…mais ma vie a beaucoup changé depuis ces 5 dernières années, je ne vois plus les choses pareilles…Je ne se sais pas trop !
Catherine réprima un sourire et saisit sa chance.
Catherine : Tu devrais peut-être essayer autre chose ?
Carolyn la regarda. Elle avait la sensation qu’elle avait une idée derrière la tête. Elle le connaissait assez bien pour le savoir. Elle plissa légèrement les yeux. Catherine ne pu s’empêcher de sourire.
Carolyn : J’ai l’impression que tu as une idée derrière la tête ?!
Catherine : Et bien disons que… j’aurais peut-être quelque chose à te proposer.
Carolyn la fixa en attendant la suite.
Catherine : Tu sais qu’avec Jack, on travaille sur une campagne de cosmétique et que les clients veulent toucher un plus grand public.
Carolyn : Oui.
Catherine : Et bien la dernière fois, quand tu es venue au bureau avec les petits, j’ai eu une idée.
Carolyn : C’est bien ce que je pensais !
Catherine : Qu’est-ce qui pourrait mieux représenter la femme active de notre temps, qu’une mère de famille, une épouse, une sœur et une fille !
Carolyn lui fit un immense sourire tout en se levant du canapé. Sa sœur savait toujours comment présenter les choses, elle était rusée et pleine d’ambition, c’était probablement pour ça qu’elle était la meilleure. Mais Carolyn décida de ne pas se laisser embobiner. Sœur ou pas sœur elle n’accepterait pas !
Carolyn : Non !
Catherine : Laisses-moi finir !
Carolyn ramassa une peluche qui traînait à terre.
Catherine : Tu représentes exactement ce que nos clients recherchent…
Carolyn : Je ne jouerais pas les mannequins !
Catherine : Pas besoin de jouer quoi que ce soit ! Tu n’auras qu’à être toi !
Carolyn allait lui répondre.
Catherine : Promets-moi au moins d’y penser !
Elles se regardèrent.
Catherine : Je ne te le proposerais pas si je n’y croyais pas.
Un silence s’installa.
Carolyn fixa sa petite sœur avec tendresse. Alors c’était ça que Catherine voyait quand elle la regardait ? Une femme active de notre temps ? Cela pouvait paraître singulier mais elle en était touchée. C’était le plus beau compliment qu’on puisse lui faire. Car elle avait la sensation que les gens jugeaient trop vite sa vie insignifiante parce qu’elle avait décidé de se consacrer à sa famille plutôt qu’à son avenir professionnel. Il était évident que dans cette société tout était fait pour mettre en avant ses galons professionnels, mais elle n’était pas comme ça. Sa réussite avait toujours été et serait toujours sa famille.
En croyant en cette campagne de pub, Catherine croyait en sa sœur, et Carolyn en était émue. Elle la voyait aussi comme la mère d’aujourd’hui, et venant de sa part c’était touchant.
Toujours à observer sa sœur, Carolyn se demandait depuis combien de temps elles ne s’étaient pas parlées, réellement. Depuis combien de temps n’avaient-elles pas fait leur célèbre « soirée entre sœurs » ? Il y avait une éternité probablement.
Il fut un temps où les deux sœurs discutaient énormément, même si certains sujets étaient plus ou moins tendus entre elles. Notamment qu’en il s’agissait des enfants. Catherine ne s’était jamais confiée à Carolyn, elle s’était plus confiée à leur mère. Carolyn en avait été blessée mais elle espérait qu’elles arriveraient un jour à aborder ce sujet.
Elle adressa à nouveau un sourire à sa sœur. Elle lui demandait d’y réfléchir…elle le ferait, au moins pour Catherine.
Mardi soir
Maison des James
Elle frappa à la porte et attendit qu’on lui réponde. En 4 ans, elle n’était jamais rentrée dans sa chambre et aujourd’hui voilà qu’elle n’arrêtait pas. Elle sourit. Elle imaginait déjà la tête de ses amies si elle leur avait dit cela.
Elle entendit sa voix lui dire d’entrer. Elle ouvrit la porte et entra doucement. Elle le vit près d’un de ses bibliothèques ou devrait-elle dire vidéothèque. Lorsqu’il la vit, il lui sourit. Sourire qu’elle lui rendit.
Annabeth : Je ne te dérange pas ?
Jack : Pas du tout ! Entre !
Elle entra un peu plus dans la pièce et referma la porte derrière elle. Elle s’approcha légèrement de lui. Il la regarda puis fixa sa vidéothèque.
Jack : J’étais entrain de chercher ce que l’on allait bien pouvoir regarder ?
Annabeth : Avec tout ce que tu as, on devrait s’en sortir !
Jack : Rien comparer à ta collection !
Elle lui sourit de plus belle. Alors que Jack était entrain de choisir le film, Annabeth le laissa faire et regarda autour d’elle. Elle n’avait jamais vraiment pris le temps de détailler la chambre de Jack.
Elle ressemblait vraiment à une chambre de garçon avec une touche plus masculine. Cela reflétait bien la personnalité de Jack. Non pas qu’elle disait qu’il était encore gamin. Non bien au contraire. Il avait une maturité qui la rassurait mais elle aimait aussi cette partie en lui encore enfant. Elle avait la sensation qu’ils se ressemblaient à ce niveau là. Un côté enfant encore présent en eux.
Sur son bureau, son ordinateur portable était ouvert et allumé. Il avait du encore travaillé sur la campagne de pub.
Annabeth : Le projet de pub se passe bien ?
Jack la regarda.
Jack : Oui. On avance plutôt bien. Si on décroche ce contrat, on a de grande chance d’obtenir d’autres contrats avec ces clients. Ils ont d’autres branches que les cosmétiques… et là aussi ils sont à la recherche d’une promotion.
Annabeth : Tu es sûr de ne pas vouloir continuer à travailler ?!
Jack : Certain !!
Jack avait dit cela sans hésitation, tout en regardant un à un ses DVD.
Jack : Entre passer la soirée devant mon ordi à travailler et passer la soirée avec toi, je t’assure que je n’ai pas besoin de me poser la question !
Annabeth sourit de nouveau et elle aurait pu parier qu’elle venait de rougir à cet instant précis. Elle continua son tour de chambre. Elle adorait l’odeur qui flottait dans la pièce. Elle aurait pu reconnaître son eau de toilette entre mille. Elle adorait. C’est sûrement ce qui avait dû la faire craquer.
Alors qu’elle allait continuer son observation, elle s’arrêta net dans son élan. Etait-ce bien ce qu’elle pensait ce que c’était ? Oui, elle ne rêvait pas.
Jack : Le Seigneur des anneaux, ça te dit ?
Elle ne répondit pas, trop absorbée par ce qu’elle venait de voir. Jack se tourna vers elle et la vit fixée devant la fenêtre.
Jack : Annabeth ?
Elle ne bougea pas. Il s’approcha doucement lorsqu’elle se tourna vers lui. Il fallait qu’elle lui pose la question. Elle se trompait peut-être.
Annabeth : Tu as une fougère ??
Un immense sourire apparut sur le visage de Jack. Il s’approcha d’elle le DVD à la main. C’est vrai qu’une plante verte dans une chambre ce n’était pas très commun, alors surtout une fougère dans la chambre d’un homme.
Jack : Donc le Seigneur des Anneaux, La communauté de l’anneau ça te va ?
Elle regarda de nouveau la fougère, installée sur un socle près de la fenêtre. Elle n’avait rien contre cette fougère mais jamais elle n’aurait imaginé qu’un mec puisse avoir une fougère dans sa chambre et encore moins Jack.
Elle le regarda de nouveau.
Annabeth : Tu as une fougère ?!!
Jack : Oui… j’ai une fougère.
Annabeth : Non mais… c’est une fougère !!
Jack : Je te savais très observatrice mais là, tu m’impressionnes !
Il s’approcha d’elle et la prit par la taille pour la rapprocher de lui. Elle ne quittait pas la fougère des yeux. Sa réaction était peut-être idiote mais elle ne pouvait pas s’en empêcher. Elle avait du mal à s’imaginer Jack avec une fougère… et pourtant il en avait bien une.
Annabeth : Tu as une fougère ?!!
Jack éclata légèrement de rire. Si Annabeth pouvait voir sa tête.
Jack : Tu ne serais pas jalouse par hasard ?!
Annabeth le regarda et lorsqu’elle vit son regard, elle lui sourit.
Annabeth : Bah disons que je n’aime pas trop la manière dont tu la regarde !
Ils sourirent.
Jack : Quand je suis revenu vivre ici, Sara m’a offert cette fougère en me disant que si je me sentais seul, je n’aurais qu’à parler à ma fougère !
Annabeth : Je vois ! La fougère d’amour ! Si je suis de trop,…
Jack la regarda d’un air amusé.
Jack : Très drôle !
Elle lui sourit, se hissa sur la pointe des pieds pour déposer un léger baiser sur ses lèvres.
Annabeth : Le Seigneur des anneaux, ça me va très bien !
Elle s’écarta légèrement pour aller s’installer sur le lit, face à la télévision. Elle s’assit en tailleur tout en regardant Jack aller mettre le DVD.
Annabeth : En plus j’adore l’acteur qui joue Legolas !
Jack : Ouais ! Je le trouve un peu bizarre moi !
Annabeth sourit. Serait-il légèrement jaloux ?
Annabeth : Je trouve que vous vous ressemblez un peu !
Jack finit de mettre le DVD puis se tourna vers elle.
Jack : Ah oui ?
Annabeth : Oui… surtout au niveau des oreilles.
Elle ne put s’empêcher de lui lancer un immense sourire. Il la regarda d’un air menaçant et joueur en même temps.
Jack : C’est ce qui fait tout notre charme !
Il vint la rejoindre sur le lit et s’installa à ses côtés. Il enclencha la vidéo puis il s’installa un peu plus confortablement sur les oreillers et sur le mur. Annabeth le regarda faire puis leurs regards se croisèrent.
Jack : Je ne mords pas.
Annabeth : Je sais.
Elle se rapprocha de lui et se nicha dans ses bras et prit une de ses mains dans les siennes. Les premières images défilèrent. Elle se retourna vers lui.
Annabeth : Tu as une fougère ?!!
Elle ne put s’empêcher d’éclater de rire. Jack baissa ses mains au niveau des hanches de la jeune femme et lui infligea une douce torture que lui seul arrivait à lui faire subir : des chatouilles. Elle sursauta quelques peu en rigolant de plus belle.
Annabeth : D’accord ! D’accord ! J’arrête !
Il arrêta et elle s’installa de nouveau contre lui. Le film commença.
3 heures plus tard
Le générique de fin commença et avant même d’avoir baissé les yeux, il savait qu’Annabeth s’était endormit dans ses bras. Sa respiration était régulière et il ne l’avait pas entendu depuis un moment, elle qui d’habitude faisait toujours des commentaires.
Il se dégagea lentement pour aller tout éteindre avant de réveiller Annabeth. Il avait envie qu’elle profite encore un peu de ce moment avant de la sortir de son sommeil. Il arrêta le lecteur DVD et sortit le support. Il éteignit la télé à son tour puis rangea le DVD.
Au moment de retourner auprès d’Annabeth, il ne put s’empêcher de s’arrêter et de la regarder. Elle était si calme et si paisible. Il aimait la voir ainsi. Annabeth était quelqu’un de très fort en apparence mais sensible et fragile à l’intérieur, et c’était ce qui l’avait touché chez elle… et même charmé. Ce mélange de fragilité et cette force de vie.
Il s’approcha d’elle doucement et s’accroupit près du lit pour être à sa hauteur. Annabeth avait la tête posée sur son oreiller et s’était légèrement repliée en position fœtale. Lors du film, elle avait enlevé sa pince qui retenait ses cheveux et maintenant qu’elle était endormie, certaines mèches rebelles venaient cacher son visage.
Pourquoi souriait-il ainsi ? Il la regardait simplement dormir. Rien d’extraordinaire. Pourtant il appréciait ces moments simples passés avec elle.
Il dégagea lentement une mèche de cheveux qui tombait sur son visage et la glissa délicatement sur le côté. Elle ne bougea pas. Il n’avait aucun envie de la réveiller. Elle semblait si bien dormir. Et puis il suffirait qu’il la réveille un peu plus tôt demain pour qu’elle puisse rentrer à son appartement.
Il devait être franc, il n’avait aucun envie qu’elle parte. Il avait envie de l’avoir à ses côtés en s’endormant et de se réveiller avec elle demain matin. Sans aucun arrière pensée même si cela lui avait déjà effleuré l’esprit. Il savait qu’elle n’était pas encore prête pour cette étape et qu’il ne fallait rien brusquer avec Annabeth. Pour la première fois dans une relation, il avait envie de tout faire correctement, ne rien gâcher. Et il était prêt à attendre le temps qu’il faudrait.
Il se redressa légèrement pour attraper la couette qui se trouvait au pied de son lit et la tira sur Annabeth. Celle-ci bougea légèrement pour s’emmitoufler un peu plus dedans. Il était content de la sentir si à l’aise dans son lit, comme si ça avait été le sien. Elle ne se réveilla pas, bien trop installée. Il sourit. Ce qu’elle lui avait dit était vrai. Quand elle dormait, rien ne pouvait la réveiller.
Il se souvint de plusieurs matins lors de ses séjours en vacances parmi eux où un orage avait éclaté en pleine nuit et qu’Annabeth affirmait qu’elle n’avait rien entendu.
Il s’installa délicatement près d’elle et s’allongea sur la couette. Ils étaient très proches tout en ayant une distance raisonnable entre eux. Jack regardait toujours Annabeth, puis après quelques secondes, il décida de fermer les yeux car il avait lui aussi besoin de sommeil. Une longue journée l’attendait demain.
Il ne tarda pas à s’endormir tant il se sentait bien. Il sentait Annabeth paisible, cela le rassura et il s’endormit serein.
Lendemain matin
Mercredi
Le réveil de Jack sonna. Il tendit le bras vers l’appareil et l’éteignit.
Elle ne reconnut absolument pas le réveil de son portable et cela la fit ouvrir les yeux beaucoup plus rapidement qu’à l’accoutumée. Elle bougea légèrement et ouvrit les yeux. Elle tomba nez à nez avec Jack. Elle eut un léger mouvement de recul… mais très léger. Plus par surprise de se réveiller à ses côtés que par malaise.
Jack : Bonjour.
Il lui sourit et elle se sentit merveilleusement bien à cet instant. Même si de tonnes de questions se mélangeaient dans sa tête. Elle referma un instant les yeux, puis le regarda de nouveau. Elle se réveillait tout doucement.
Annabeth : Je me suis endormie, c’est ça ?!
Jack lui sourit et lui fit un léger mouvement de tête. Elle sourit à son tour, tout en s’étirant légèrement. Puis elle remarqua la couette posée sur elle et Jack allongé sur le rebord du lit.
Annabeth : Tu aurais dû me réveiller ?...
Jack : J’ai essayé mais impossible !
Annabeth fixa Jack et réfléchit un instant pour savoir si elle se souvenait de quoi que ce soit. Mais rien ne lui revenait à l’esprit. Puis en voyant la tête de Jack, elle comprit qu’il la taquinait.
Annabeth : En plus Erin a dû s’inquiéter de pas me voir rentrer…
Elle réfléchit un instant.
Annabeth : Non ! Oublie ce que je viens de dire !
Il sourit.
Annabeth : Quelle heure il est ?
Jack regarda son réveil puis se tourna vers Annabeth.
Jack : 7h32 !
Annabeth : Wouaah ! J’ai plus l’habitude de me lever à cette heure là. Je me lève une heure plus tard moi, même quand je travaille.
Jack : Et bien écoutes, tu peux encore rester dormir. Moi je vais prendre ma douche car j’ai une longue journée qui m’attend !
Annabeth : C’est vrai ! Génial !
Elle s’emmitoufla encore plus dans la couette et s’installa correctement sur l’oreiller. Elle le regarda une dernière fois en souriant avant de fermer les yeux.
Il se leva et se rendit dans la salle de bain en espérant qu’une de ses sœurs n’ait pas déjà pris la place. Vivre avec 3 sœurs n’était pas chose facile, surtout quand il s’agissait de partager la salle de bain.
Annabeth resta les yeux fermés en essayant de trouver à nouveau le sommeil mais le fait de se retrouver dans le lit de Jack n’arrangeait rien. Et puis l’oreiller était imprégné de son odeur et elle se surprit à s’enivrer de son parfum.
¾ d’heure plus tard
Elle avait du se rendormir mais cela lui avait semblé très court, quelques minutes. Alors que lorsqu’elle avait de nouveau ouvert les yeux, elle avait vu Jack finir de se préparer. Elle jeta un rapide coup d’œil vers le réveil : 8h17. Une heure était passée depuis le premier réveil.
Elle reporta son attention sur Jack. Il n’avait pas encore remarqué qu’elle était réveillée et rangeait son bureau et son ordinateur portable dans sa pochette. Il relu quelques documents avant de les glisser, eux aussi, près de son ordinateur.
Il portait un pantalon noir avec une chemise bleu marine et dans la chambre flottait une odeur d’après rasage. Annabeth adorait ça. Elle se surprenait à l’épier avec un léger sourire. Elle se surprenait même à laisser son regard vagabonder. Elle sourit presque en rougissant mais en ne regrettant rien. Jack était très bien « foutu ».
Encore une fois, la question de savoir ce qu’il faisait avec elle lui traversa l’esprit. Elle détestait de plus en plus cette petite voix en elle qui lui disait tout cela. Elle avait toujours eu tendance à se dévaloriser et ne pas avoir assez confiance en elle, au niveau des relations amoureuses et c’est pour cela qu’elle n’en avait eu que très peu.
Elle savait qu’elle avait fait de gros efforts à ce niveau là mais il restait encore pas mal de chemin à faire. Mais elle était confiante. Elle aimait ces journées qui commençaient comme ça. Où elle se sentait simplement bien et où elle voyait tout positif sans raison apparente.
Enfin, là, cette raison devait avoir un lien avec Jack. Elle sourit.
Annabeth : Déjà prêt !
Il se tourna vers elle, étonné de la voir réveillé. Elle se redressa quelque peu et lui sourit.
Jack : Y en a qui bosse le matin !
Il lui envoya un air taquin puis continua de ranger d’autres documents.
Annabeth : Hey ! Je bosse mais disons que je suis plus du soir !
Jack : Mais bien sûr !
Annabeth : Hey !!!
Elle prit un des oreillers derrière elle et lui balança. L’oreiller lui tomba en plein dans le dos. On le vit relever la tête et Annabeth se retenir pour ne pas éclater de rire. Il resta un moment immobile, dos à elle puis il se retourna lentement. Annabeth faisait tout pour ne pas rire mais c’était plus fort qu’elle. Jack s’approcha lentement d’elle et les rires redoublèrent, et Annabeth savait très bien quelles idées, Jack avait en tête.
Il était le seul à pouvoir lui infliger une torture que tout le monde croyait impossible sur Annabeth. Il avait l’art et la manière de lui faire des chatouilles auxquelles elle ne pouvait résister.
Annabeth se redressa et se nicha dans le coin pour essayer d’échapper à Jack. Elle rigolait sans pouvoir s’arrêter et pourtant rien n’avait commencé.
Jack : C’est toi qui a commencé !
Annabeth : Je suis désolée et puis c’est toi qui a dit que je ne travaillais pas !
Jack : Oui mais c’est toi qui m’a balancé cet oreiller.
Même si elle s’y attendait, elle fut surprise lorsque Jack commença son attaque. Il s’assit sur le rebord du lit et ses mains commencèrent leur œuvre. Annabeth essayait tant bien que mal de s’échapper ou de faire en sorte qu’il y en ait moins…. Mais c’était impossible ! Jack l’avait faite prisonnière de ses bras.
Elle se retrouvait de nouveau allongée sur le lit, se tortillant dans tous les sens sous la torture. Ses éclats de rires ponctuaient les assauts. A un moment, Jack s’arrêta et regarda Annabeth. Ne sentant plus aucune pression, elle leva les yeux vers Jack tout en souriant.
Et sans que personne n’ai rien prévu, ni prémédité, leurs visages se rapprochèrent et ils échangèrent un long baiser. Il était encore différent de ceux qu’ils avaient échangés. Il y avait beaucoup cette fois-ci, mais aucun des deux n’auraient su dire pourquoi.
Les mains de Jack étaient restées sur les hanches de la jeune femme. Annabeth avait lentement noué bras autour de son cou et au fur et à mesure ses mains avaient glissé dans les cheveux de son compagnon.
Le baiser s’éternisa et l’instant leur sembla durer une éternité. Ils se détachèrent légèrement et restèrent front contre front. Annabeth fit glisser une de ses mains sur la joue de Jack avant de déposer un autre petit baiser.
Puis leurs regards s’accrochèrent et Jack se redressa légèrement.
Jack : Je vais m’habituer à ce petit rituel matinal
Elle lui sourit.
Son sourire se dissipa presque instantanément quand elle entendit frapper à la porte et presque aussitôt ils virent Sara entrer en trombes dans la chambre.
Sara : Jack est-ce que tu pourrais….
Sara s’arrêta net, la bouche grande ouverte et la main encore sur la poignée.
Sara : J’ai rien vu je veux rien savoir !!!
Elle disparut aussi vite qu’elle avait pénétré la chambre. Jack et Annabeth n’avaient rien eu le temps de faire ou de dire trop surpris de l’intrusion de Sara. Ils se regardèrent en souriant.
De l’autre côté de la porte Sara leva sa main en poing en signe de victoire, un sourire triomphale aux lèvres.
Sara : YES !
Dans la chambre Annabeth baissa la tête et se retint de ne pas rire, son amie était impossible, tandis que Jack leva les yeux dépité ! Ils n’étaient pas aidé avec une commère pareil !
Appartement des filles, 8h30
Le réveil sonna pendant environ 5 minutes avant qu’Erin ne l’entende et, ait le courage de l’éteindre ! Les matins c’étaient dur ! Elle se leva donc tout de suite : si elle restait même une seconde encore allongée, elle savait très bien qu’elle se rendormirai ! Ce n’est pas pour rien que certaines personnes la nommaient « La Marmotte » ! Comme disait Anna : « Ceux qui ont inventé les lits, c’est trop des Big Boss ». Assise sur son lit, elle se frotta le visage et se leva !
Lorsqu’elle sortit de sa chambre pour se diriger vers la cuisine, Mémo vint lui dire bonjour.
Erin : Salut toi ! Tu as bien dormi ?
Il piétinait près d’elle et voulait à tout prix des caresses. Plus que les autres matins. Elle ne put résister à son regard et elle lui fit quelques caresses sur la tête tout en se dirigeant vers la cuisine.
Elle s’installa puis commença à prendre son petit déjeuner. Mémo était venu tout de suite près d’elle et avait posé sa tête sur les genoux de la jeune femme. Il se mit tout doucement à pleurer. Ce n’était pas dans ses habitudes alors Erin s’inquiéta ! Il avait bien mangé hier, et Anna l’avait sorti avant son rendez-vous avec Jack ! Elle le regarda de plus prés : il avait l’air d’aller bien ! Elle ne s’en inquiéta donc pas plus !
Annabeth tardait à se lever, c’était peut être la raison au fait que Mémo pleurait ! Erin sourit : encore une qui devait avoir passé une bonne soirée. Erin se surpris alors à penser qu’Annabeth avait vraiment de la chance : ces deux là se complétaient parfaitement.
Pour Erin c’était un peu le couple idéal : ils avaient fait les choses doucement, mais c’est ce qu’il fallait pour que ça se passe bien entre eux et les sentiments n’en étaient devenus que plus fort ! Aujourd’hui, Erin avait les yeux en cœur lorsqu’elle les voiyait ensemble : ce qu’elle ressentait alors était un fort bien être, encore mieux que dans les films !
Erin sortit de ses pensées : elle devait comme même allait la réveiller ! Erin se leva et alla vers la porte de la chambre d’Annabeth … celle-ci était entrouverte ! Elle la poussa donc, et entra tout doucement ! Il n’y avait personne, le lit était identique au jour précédent. Elle le savait car Anna lui avait demandé, hier soir, d’aller chercher quelque chose dans sa chambre, et elle y avait vu quelques affaires sur le lit, les même que ceux présent aujourd’hui ! Erin fronça les sourcils ! Elle n’avait pas dormi ici cette nuit !
Erin : Annabeth ?
Elle se dirigea vers la salle de bain.
Erin : Annabeth ?
N’ayant aucune réponse, elle se dirigea alors vers la fenêtre : la voiture était toujours là ! Malgré l’heure matinale, Erin essaya de réfléchir … « hier avec Jack, pas dormit ici, voiture toujours ici »
Et là, un immense sourire commença à s’emparer de son visage et tout s’accéléra. Alors d’un seul coup, son visage se figea, puis elle fit des grands yeux ronds, l’ai de dire « Euréka » j’ai compris puis elle cria dans tout l’appartement, un haut et fort « YESSSSSS !!!! » ! Comment n’y avait-elle pas pensé plus tôt ? Erin avait alors une belle tête de vainqueur, et pensa que la journée commençait très bien …
Deux heures plus tard
Ecole artistique
Annabeth était entrain de trier le courrier du matin. Pour une école qui venait tout juste d’ouvrir, il avait déjà énormément de courrier. La plupart était de la pub et finissait à la poubelle. Une fois qu’elle aurait terminé cette tâche, il lui restait encore énormément de choses à faire avant de prendre sa pause déjeuner.
Le directeur était dans son bureau depuis qu’il était arrivé. Juste le temps de faire le point et ils s’étaient attelés à la tâche. La rentrée approchait de plus en plus, et il y avait encore tellement à faire.
Elle prit le paquet qu’elle avait fait avec le courrier important et se leva pour aller le remettre au directeur. Elle frappa doucement à la porte et attendit qu’il lui permette d’entrer. Elle l’entendit finir la conversation téléphonique et raccrocher.
Voix : Entrez !
Elle ouvrit et entra. Elle s’approcha du bureau et y déposa le courrier.
Loan : Merci.
Et elle ressortit. C’était devenu un rituel du matin. Elle venait lui apporter le courrier. Ils n’avaient pas besoin de parler de quoi que ce soit d’autre. Elle retourna à son bureau. Maintenant qu’elle avait fait le tri dans le courrier, elle devait passer aux e-mails. Mais elle entendit frapper à son bureau.
Elle leva les yeux et vit Jane dans l’embrasure de la porte. Elle était quelque peu étonnée de la voir là.
Annabeth : Bonjour !
Jane : Bonjour !
Elle s’approcha en souriant du bureau d’Annabeth puis regarda autour d’elle.
Jane : Tu as l’air d’être bien installée ?!
Annabeth : Oui. On a encore une ou deux petites choses à faire mais le plus gros est fait.
Annabeth regardait Jane toujours étonnée. Elle lui sourit.
Jane : Est-ce que Loan est là ?
Annabeth bloqua légèrement sur le « Loan ». Ils avaient du faire connaissance à la pendaison de crémaillère mais de là à s’appeler par leurs prénoms. De toute manière, cela ne la regardait pas.
Annabeth : Oui. Je vais lui dire que tu souhaites le voir…
Annabeth commença à vouloir se lever. Jane lui fit signe de ne rien faire.
Jane : Ne bouge pas ! Je pense pouvoir trouver le chemin toute seule.
Sans qu’Annabeth ne puisse réagir, Jane se dirigea vers le bureau du directeur. Elle frappa et entra. Annabeth était partagée entre le fait qu’elle venait de laisser Jane se rendre directement dans le bureau sans avoir avertit le directeur et le fait que Jane soit venue pour le voir. Elle se demandait bien pourquoi. Et en quelques secondes ses pensées s’étaient emballées. Se pourrait-il que ? Non quand même…
D’un certain côté, elle l’admirait de pouvoir oser faire tout cela. Elle avait une assurance assez déconcertante. Rien de dérangeant mais une audace charmante qui la rendait accessible. Rien à voir avec les personnes qu’elle avait connu jusqu’à présent. Elle devait admettre que même si elle connaissait Jane depuis très peu de temps, elle lui vouait une certaine admiration qui la poussait à accorder sa confiance à cette femme pour le moins atypique. Elle n’aurait sur dire pourquoi mais elle se sentait proche de Jane.
Lorsqu’elle entra, il leva les yeux pensant voir Annabeth mais qu’elle ne fut pas sa surprise quand il trouva Jane Lane devant lui. Il ne put s’empêcher de la regarder. Jane Lane était une femme qui méritait qu’on s’attarde sur elle, n’importe quel homme ne pouvait resté insensible à son charme naturel. Elle portait un pantalon noir avec un haut bleu clair qui lui allait à merveille et qui faisait ressortir la couleur de ses yeux. Elle dégageait dans sa simplicité un charisme et une présence qui était hors du commun.
Ils se fixèrent un long moment. Il se redressa et s’adossa au dossier de son fauteuil, tout en ne la quittant pas du regard. Elle avait ce « je ne sais quoi » qui faisait qu’il ne pouvait pas la quitter des yeux. Et cette lueur au fond de son regard qui avait l’air de le chercher. Il avait l’habitude que les femmes le dévorent des yeux, il devait le reconnaître. Mais d’ordinaire il n’y prêtait guère attention, cependant cette femme avait quelque chose…une douce provocation qui l’intriguait. Il se rendit compte, quelque peu gêné, qu’il n’avait prononcé mot depuis l’entrée remarquée de Jane.
Loan : Bonjour !
Elle adorait ce regard chocolat. Pour la première fois, elle se laissait aller à ce dont elle avait envie sans se préoccuper du reste. Cet homme la charmait c’était incontestable, loin de s’en cacher, c’est comme si elle cherchait désespérément à lui faire comprendre, en toute décence évidemment.
Jane : Bonjour !
Elle s’approcha du bureau en souriant. Elle ne reconnaissait plus la femme qu’elle avait été mais elle se sentait bien. Plus à l’aise et beaucoup plus elle. Elle se sentait enfin libre, libre des contraintes que ses proches n’avaient cessées de lui infliger auparavant. Parfois elle arrivait encore à se surprendre de son audace. Elle déposa le sac qu’elle avait apporté avec elle sur le bureau devant lui. Il regarda le paquet en se demandant ce qu’elle pouvait bien lui apporter. Il se pencha rapidement pour essayer de voir puis la regarda de nouveau en l’interrogeant du regard.
Jane : Je me devais de remplacer la chemise que j’ai malencontreusement arrosée.
Jane avait volontairement appuyé le « malencontreusement » en l’accompagnant d’un sourire charmeur. Ils ne s’étaient pas quittés du regard et c’était à celui qui allait faire céder l’autre en premier. Sans aucune raison apparente, ou peut-être par séduction.
Loan : Vous n’étiez pas obligé…
Jane : J’y tenais.
Silence. Jane se recula très légèrement pour s’asseoir dans un des fauteuils face au bureau. Elle s’installa confortablement en s’appuyant sur le dossier, et croisa machinalement ses jambes. Elle semblait totalement à l’aise, si bien que Loan se questionna sur cette assurance déconcertante. Son menton reposait dans la paume de sa main comme son coude était appuyé sur l’accoudoir, elle le regardait intensément. Elle semblait attendre quelque chose.
Jane : Vous n’ouvrez pas ?
Loan : Je vous fais confiance !
Ils s’affrontèrent amicalement du regard. Jane décroisa ses jambes d’une extrême lenteur et se pencha légèrement en direction de Loan.
Jane : Vous faites souvent confiance aux gens que vous connaissez à peine ?
Elle lui sourit légèrement. Et voilà il était pris au piège. Involontairement, il venait de lui laisser entrevoir sa « faiblesse ».
Loan : Généralement non !
Elle lui sourit de plus belle.
Jane : Alors, j’ai de la chance !
Loan : Une styliste sait toujours ce qu’elle fait !
Il venait de se tirer avec brio de cette impasse. Mais Jane était tenace à ce jeu là.
Jane : Parce que vous êtes renseigner sur moi ?!
Loan : Disons que j’ai mes sources !
Il lui sourit à son tour et elle devait reconnaître que son sourire la faisait craquer. Et pourtant il fallait qu’elle garde le contrôle de la situation. A cet instant, on frappa à la porte entre ouverte. Annabeth apparut.
Annabeth : Désolée de vous déranger mais votre rendez-vous de 11h30, Mr Stevens vient d’arriver.
Loan : Merci Annabeth. Dites lui que j’arrive.
Annabeth retourna dans son bureau. Elle ne put s’empêcher de sourire intérieurement, le peu de la « joute » verbale auquel s’étaient adonnés le directeur et sa voisine lui avaient suffi, elle pouvait certifier qu’il y avait anguille sous roche. Mais étrangement elle ne tenait pas à en savoir plus. Il s’agissait de son patron tout de même !
Jane se leva en ne quittant pas des yeux Loan. Il imita Jane. Il contourna son bureau pour se retrouver à ses côtés.
Jane : Et moi qui espérait vous voir essayer la chemise !
Loan : Peut-être un autre jour !
Jane : Promis ???
Loan la regarda avec un regard amusé. Ca faisait longtemps qu’il n’avait pas ressentit cela. Cette femme le rendait joyeux. Ce côté espiègle et en même temps provocateur lui plaisait énormément, il devait l’admettre.
Jane : Je vais vous laisser travailler.
Elle se dirigea vers la porte tandis qu’il la raccompagnait. Ils sortirent tout les deux pour se retrouver dans le bureau d’Annabeth. Dans celui-ci se tenait David Stevens, debout en train de regarder les différentes partitions dans le bureau. Il se tourna vers les nouveaux venus. Il sourit en voyant Jane. Celle-ci s’approcha de lui et lui fit la bise.
Loan ressentit un sentiment qu’il n’avait pas ressentit depuis le lycée lui semblait-il. Il se rappela mentalement à l’ordre. Que se passait-il ? Ce n’était pas comme si ils étaient…avec Jane… et que ce Mr Stevens était un rival potentiel ! Il se redonna un peu de contenance et se redressa discrètement puis reporta son attention sur ses deux invités.
David : Jane ! C’est définitif. Tu restes dans la région ?!
Jane : Oui ! Je commençais à en avoir assez de cette grande ville !
David : Je te comprends !
Ils remarquèrent enfin que Loan et Annabeth les observaient en se demandant comment ils pouvaient se connaître.
David : J’ai été subjugué par une des collections de la si talentueuse Jane Lane, alors j’ai décidé de l’utiliser dans une de mes campagnes. C’est comme ça que nous nous sommes retrouvés à travailler ensemble.
Jane : Et c’est grâce à cette campagne que j’ai réussit à me faire un nom dans le métier.
David : Est-ce que tu nous préparerais de nouvelles créations ?
Jane : Peut-être bien que oui !
Loan et Annabeth les observaient toujours. Ils avaient l’air très proches mais rien à voir avec une attirance physique ou quelque chose d’autre de ce style. Non. Il y avait une complicité, certes, mais amicale. Annabeth se surprenait à vouloir s’en convaincre. Il était hors de question que David vienne bouger ses plans, pensa-t-elle. Mais de quels plans parlait-elle ??? Elle devait se contrôler elle ne pouvait pas intervenir dans cette histoire !
Elle regarda le directeur pour voir sa réaction mais il semblait impassible comme à son habitude. Pourquoi voulait-elle qu’il réagisse ? Il n’y avait rien entre Jane et le directeur. Pourquoi donc est-ce que cela sonnait faux à son oreille ? Elle essayait toujours de s’en convaincre malgré ce qu’elle avait pu observer. Elle sourit légèrement en baissant les yeux pour ne pas que cela se remarque. Il fallait qu’elle calme son côté « shippeuse ». Ne pas intervenir Annabeth, se sermonna-t-elle.
Jane : Tu es venu t’inscrire pour prendre des cours de musique ?
David : Si j’avais le temps, cela m’intéresserait beaucoup, mais malheureusement ce n’est pas le cas.
Il se regarda Loan.
David : J’étais venu demander un service à Mr Davis pour une soirée de promotion que j’organise.
Jane : Une nouvelle campagne ?!
David : Oui et j’aimerai qu’elle se déroule au piano bar, si Mr Davis est d’accord bien sûr.
Loan : Je ne sais pas si le piano bar est vraiment le lieu le plus indiqué pour ce genre d’événement ?
David : Avec tout le bien qu’on m’en a dit, cela m’étonnerait beaucoup.
Loan était étonné que le piano bar ait déjà une certaine réputation et une certaine notoriété bien avant la première ouverture.
David : J’aimerai beaucoup en discuter avec vous.
Loan : Bien sûr !
Il s’écarta légèrement en lui indiquant son bureau pour qu’il le suive. David se tourna vers Jane.
David : Laisse-moi ton adresse et je t’envoie une invitation pour la soirée.
Jane : Hors de question que je manque ça ! Je la laisse à Annabeth.
David : Merci. A bientôt.
Il se dirigea vers le bureau et y entra. Loan se tourna une dernière fois vers Jane. Elle le regardait toujours avec ce regard qu’il aimait tant chez elle. Il lui sourit légèrement.
Loan : Merci pour le cadeau.
Jane : Ca a été avec plaisir !
Loan : Bonne journée !
Il allait se retourner.
Jane : N’oubliez pas votre promesse !
Il la regarda avec un regard amusé et tendre. Il lui fit un magnifique sourire avant de rentrer dans son bureau et ferma la porte.
Jane se tourna vers Annabeth. Celle-ci lui sourit et sans savoir pourquoi.
Jane : Je peux t’emprunter un papier et un stylo ?!
Annabeth : Oui.
Elle prit son bloc et un stylo et lui tendit. Jane les prit, puis nota ses coordonnées en prenant appui sur le comptoir de l’accueil.
Jane : Je crois que Bloomsburg séduit beaucoup de monde ?!
Annabeth : Oui, personne ne peut lui résister !
Annabeth n’avait pas réellement dit ça au sujet de Blommsburg. L’image de Loan et Jane se lançant des regards complices lui était restée en tête. Et comme si Jane avait compris, elle leva les yeux vers Annabeth en souriant d’un air amusé. Est-ce qu’elle avait compris l’allusion qu’Annabeth venait de faire malgré elle ?
Jane : Je suis totalement sous le charme !
Annabeth lui rendit son sourire. Il était certain que cette dernière phrase était emplie de double sens. Ce qu’elle trouvait le plus amusant était que sans réellement le dire clairement, Jane ne se cachait pas de son attirance pour Loan. Elle jouait dans la suggestion mais à aucun moment elle avait essayé de dissimuler cela. Et pour cela Annabeth l’appréciait davantage, car elle semblait assumer tout et pleinement.
Jane s’approcha et lui tendit le papier sur lequel elle venait de griffonner. Annabeth le prit et le posa sur son bureau, bien en vue pour ne pas l’oublier. Jane détailla le bureau. Il y avait des dossiers un peu partout et au centre un ouvert. Elle devait sûrement mettre à jour les dossiers avant l’ouverture en septembre.
Jane : Comment se passe le travail ?
Annabeth : Ca se passe bien même si il y a beaucoup de travail, c’est agréable de travailler dans un tel lieu et avec un directeur tel que Mr Davis.
Jane : J’imagine très bien. Je détestais mon patron, heureusement que je l’ai quitté.
Annabeth : Vous avez toujours travaillé dans la mode ?
Jane : Absolument pas !
Jane croisa les bras et s’appuya sur le comptoir d’accueil tout en regardant Annabeth.
Jane : J’étais assistante comptable dans un grand cabinet. Le rêve de mes parents.
Annabeth : Ah oui en effet, rien à voir !
Jane : Disons que c’était beaucoup plus convenable pour ma famille de devenir comptable que styliste.
Annabeth : Et qu’est-ce qui vous a décidé à changer ?
Jane resta un moment silencieuse à regarder Annabeth.
Annabeth : Désolée, ça ne me regarde pas !
Annabeth s’assit derrière son bureau. Elle venait de faire une gaffe. Ce n’était pas la première fois mais là cela la gênait. Elle ne voulait pas être indiscrète avec Jane. Elle l’appréciait.
Jane détailla la jeune femme sans détour. Elle n’aurait su dire pourquoi mais Annabeth lui inspirait confiance. Elle avait l’agréable sensation qu’avec Annabeth elle pourrait tisser des liens forts. Elle était aussi surprise de penser ainsi, elle n’avait pas l’habitude d’être aussi libre dans son ressenti, elle qui s’était interdit de ressentir tant et tant.
Jane : Non, ce n’est pas grave ! … J’ai vécu certaines choses qui m’ont fait réfléchir et me faire me demander si tout ce que j’avais était vraiment ce que je voulais.
Annabeth : Je connais ça aussi ! Je crois que c’est pour ça que j’ai eu envie de partir.
Jane la regarda à nouveau. Elle ne connaissait pas grand-chose sur Annabeth, simplement ce qu’elle avait entendu à la soirée de pendaison de crémaillère et puis ce qu’elle avait bien voulu lui dire. Elle savait qu’elle avait tout quitté en ville pour venir s’installer ici. Comme elle. Sauf qu’Annabeth avait eu le déclic avant. D’une certaine manière leur histoire se ressemblait. Elle était contente qu’Annabeth s’en sorte si bien, elle savait que ce « déclic » lui épargnerait bien des souffrances. Car elle avait la sensation que malgré son jeune âge, la jeune femme avait déjà beaucoup souffert.
Jane : Est-ce que je peux t’inviter à déjeuner ?
Annabeth la regarda légèrement surprise. Elles étaient voisines et s’entendaient bien. C’est vrai qu’Annabeth adorerait la connaître un peu plus mais son éducation l’empêchait de faire le premier pas. Elle avait toujours eu du mal avec les relations humaines. Savoir aller vers les autres. Peut-être parce qu’on lui avait toujours appris à rester dans son coin comme une petite fille bien sage.
Sans qu’Annabeth le dise clairement, Jane sentit sa réticence et le pourquoi de cette hésitation, si bien qu’elle fit mine de croire qu’elle avait déjà un déjeuner de prévue pour ne pas la mettre mal à l’aise.
Jane : Si tu n’as rien de prévu bien sûr !
Annabeth : Non ! Il faut juste que je prévienne Erin que je ne rentre pas ce midi mais y aucun souci.
Jane : Si ça te dérange…
Annabeth : Non ! Non ! Y a aucun problème…. Par contre je ne finis qu’à 12h…
Jane : Aucun problème. J’ai quelques coups de fil à passer. Je vais t’attendre à côté.
Annabeth : Ca ne vous dérange pas ?!
Jane resta de nouveau silencieuse en fixant d’un regard assassin Annabeth. Celle-ci se demanda ce qu’il pouvait bien se passer. Puis d’un seul coup elle se rendit compte qu’elle venait de la vouvoyer. Elle sourit tout en prenant un air désolé.
Annabeth : Désolé ! Il faut que je m’habitue ! Le vouvoiement est une marque de politesse et de respect très forte chez moi.
Jane : Tu peux très bien me respecter en me tutoyant.
Elle avait raison mais elle en revenait toujours au même point. Son éducation. Mais cette fois-ci elle était fière de ce respect que lui avaient inculqué ses parents. Il est vrai que quelques fois, elle se rebellait contre ce que ses parents ou sa famille avait pu lui faire croire mais elle savait aussi apprécier certaines bonnes manières de savoir vivre qu’on lui avait apprises.
Annabeth : Ca va être un apprentissage long et difficile avec moi !
Jane : Ca ne me fait pas peur !
Elles sourirent toutes les deux.
Jane : Bon j’arrête de t’ennuyer !
Annabeth regarda Jane sortir du bureau et aller s’installer dans la salle d’accueil. Elle était déjà toute heureuse à l’idée de déjeuner avec Jane. Pourquoi ? Elle n’en avait aucune idée. Elle prit le téléphone pour prévenir Erin. Elle espérait que ce n’était pas trop tard.
Au même moment
Piano Bar
Les filles étaient au piano bar depuis quelques heures déjà. Elles n’avaient pas encore pris officiellement leur travail de serveuses, mais le jour J approchait, et elles voulaient être prêtes !
Erin et Sara ne voulaient pas décevoir Loan. Il leur avait fait confiance, alors qu’elles étaient novices… mais aussi, elles souhaitaient surtout faire un bon travail pour ne pas se décevoir elles-mêmes, c’était important.
Ce boulot leur tenait a cœur et ce pour plusieurs raisons. Non seulement elles en avaient besoin, mais elles avaient aussi participé aux préparatifs pour l’ouverture, et y avaient mis leurs cœurs. Elles avaient envie de voir cet endroit vivre et prendre de l’ampleur. Alors si elles pouvaient y participer, elles n’allaient pas louper cette occasion.
Alors qu’elles venaient de finir de faire l’inventaire du bar et de la réserve (boissons, verres, …), elles entendirent quelqu’un rentrer !
Voix : Salut les filles !
Charlie venait de faire son entrée. Elle portait un jean avec un débardeur dans les oranges assez sympa. Elle s’avança vers les filles.
Erin : Salut !
Sara : Salut !
Sara avait dit ça sur un ton assez sec.
Erin : Je te remercie d’avoir accepté de venir nous aider !
Charlie afficha un grand sourire. Elle était contente de pouvoir les aider à se mettre en condition pour être serveuse ! Cela lui rappelait des souvenirs assez sympas et des soirées animées. Elle ne put s’empêcher de sourire à l’évocation des ses souvenirs.
Elle savait que les premiers jours pour les filles n’allaient pas être faciles. Elle en avait chier les premiers temps. Toujours debout, a marcher, rester polie et sourire ! Malgré tout, Charlie elle, gardait un bon souvenir de cette expérience, et souhaitait faire passer cela aux filles.
Sara quant à elle était sceptique mais elle savait qu’elle devait encore prendre sur elle. Elle adorait Charlie mais elles étaient beaucoup trop différentes pour pouvoir travailler ensemble sans que cela ne fasse quelques étincelles. Mais elle ne devait pas se laisser aller, s’énerver contre Charlie, ce n’était pas le lieu ni le moment. De plus ça avait l’air de faire vraiment plaisir à Charlie.
Et puis elle savait aussi très bien qu’elles avaient beaucoup à apprendre d’elle. Charlie était une grosse bosseuse et lorsqu’elle avait été serveuse ses patrons avaient toujours été très satisfaits.
Erin regardait les deux sœurs. Elle avait hésité avant de proposer cette solution à Sara. Lorsque Charlie leur avait raconté son expérience de serveuse, Erin avait alors pensé que celle-ci pouvait les aider ! Il y avait tellement de chose à apprendre pour de totales débutantes.
Sara le sachant également, avait acceptée qu’Erin demande à Charlie de leur donner un petit coup de pouce avant l’ouverture. Elles avaient besoin de se préparer.
Charlie : Bon et si le cours commençait !
Charlie posa ses affaires derrière le bar. Sous le regard des deux jeunes filles, elle se dirigea vers la chaîne hi-fi et y mit un CD ! Après un court silence, la musique commença. Les premières notes de Crazy de Gnarles Barckley se firent entendre.
Charlie : Ca c’est pour le tempo les filles !
Erin rit de bon cœur, et Sara laissa échapper un sourire. Elle était incorrigible ! Mais c’était tout à fait du style de Charlie.
Elle commença par leur faire une démonstration sur la tenue du plateau, tout en étant en rythme avec la musique. Puis elle passa aux abréviations pour les cocktails, avec les boissons dont ils disposaient, pour écrire plus vite ! Mais elle leur expliqua que la mémoire était aussi un grand atout, pour les tables notamment ! Et ben ce n’était pas gagné pour Erin ! Elle leur montra aussi quelques cocktails, comment se servir des machines, …
Charlie : Vas-y Erin essaye !
Erin : D’accord !
Elle se mit devant la machine a bière, pris le verre adéquate, et appuya sur le manche ! Raté, la mousse de la bière éclaboussa Erin en pleine figure !
Sara : Fallait le dire si tu avais soif.
Elle ne put s’empêcher d’éclater de rire.
Erin : Je vois que je suis douée ! Au moins je vous fais rire comme ça !
Sara lui donna un chiffon pour s’essuyer !
Erin avait raison, elle avait le don pour faire rire les autres par ses gaffes, ses maladresses, et elle ne s’en cachait pas ! De plus, ça ne lui avait jusqu'à aujourd’hui jamais vraiment causé du tort, donc elle le prenait toujours avec le sourire.
Charlie : C’est rien, tu as été trop vite ! Réessaye !
Erin refit une tentative, et ce coup-ci fut la bonne ! Comme quoi cette matinée n’avait pas été inutile ! Quant à Sara, elle réussit du premier coup et fut fière d’elle.
Charlie : Bien ! Pour finir vous aller faire quelques pas avec le plateau et des verres dessus ! Et bouger avec la musique, vous serez plus détendue !
Sara : Facile à dire ! Surtout avec tes musiques… tu as de drôles goûts musicaux.
La musique actuelle était un vieux tube des années 80.
Charlie : Ouais c’est ça, ne détourne pas le sujet et marche !
Les deux filles prirent leur plateau, et y placèrent 6 verres remplis d’eau ! Charlie leur montra comment placer leurs mains : l’une en dessous au milieu du plateau, les doigts bien écartés et l’autre, sur le coté pour maintenir l’équilibre !
Les filles se déplacèrent alors dans toute la pièce et firent de leur mieux !
Charlie : Bon c’est presque ça, mais pas encore ! Toi Sara tu renverses un peu, mais tu es rapide ! Toi Erin tu es plus lente, mais tu ne renverses pas ! Maintenant faite le comme vous sentez, ça viendra petit à petit, il faut juste s’entraîner encore un peu !
Erin : Je te remercie de nous avoir aidées ce matin !
Sara : Oui c’était sympa !
Charlie fut un peu surprise de la remarque de Sara, mais elle en fut heureuse ! Avec Sara, depuis leur petite mésaventure avec leur professeur, la situation était quelque peu tendue. Elles n’en avaient pas réellement reparlé depuis… et Charlie savait que cela ne servait à rien. Il leur fallait juste un peu de temps.
Charlie : Il n’y a pas de quoi !
Un téléphone portable sonna à cet instant. Les filles restèrent un moment immobile avant qu’Erin s’avance.
Erin : Je crois que c’est le mien !
Erin se rendit derrière le bar pour prendre son portable qu’elle avait posé là. Elle réussit à le trouver dans son sac.
Erin : Allô ?!
Voix : Oui c’est Annabeth ! Je ne te dérange pas ?
Erin : Non, on faisait justement une pause !
Annabeth : Ok ! Et ça se passe bien ?
Erin : Oui, ça peut aller.
Annabeth : Je t’appelle un peu tard, mais c’était pour te prévenir que je ne rentre pas ce midi déjeuner. Jane m’a invité.
Erin : Ok. Pas de problème. Elle t’a appelé ?
Annabeth : Non. Elle est passée voir le directeur.
Erin sourit et regarda Sara ce qui attira l’attention de la jeune femme. Sara s’approcha lentement d’elle.
Erin : Jane est venue voir Loan ?? Pourquoi ?
Erin avait fait exprès de dire ça tout haut pour que Sara puisse suivre la conversation. Et lorsqu’elle vit le sourire de son amie, elle comprit.
Annabeth : Je préfère ne pas savoir !
Erin : Tu dois bien avoir une petite idée ?
Annabeth : Tu connais mon imagination…
Oui ça pour la connaître, elle la connaissait et elle adorait ça. Surtout lorsqu’il se mélangeait avec son côté « shippeur ».
Annabeth : Donc tu ne m’en veux pas de t’abandonner pour le déjeuner ?
Erin : Pas du tout ! Surtout qu’ici, on n’a pas encore tout à fait fini ! On doit encore ranger !
Annabeth : Ok ! J’espère que vous n’avez pas trop fait de dégâts !
Erin sourit légèrement et fit une petite grimace en répondant à son amie.
Erin : Je vais faire comme si je n’avais rien entendu !
Annabeth : Tu veux que je répète ! … Je plaisante ! … Bon faut que je te laisse. Jane m’attends.
Erin : Ok ! Tu passeras le bonjour à Jane de ma part.
Annabeth : Ca sera fait !
Erin : Au fait, ça va ?
Annabeth : Oui pourquoi ?
Erin : Comme ça !
Annabeth : T’inquiète, je te raconterais tout ce soir !
Erin : Ok, a ce soir alors !
Annabeth : A ce soir ! Bonne journée !
Midi
Restaurant en ville
Elles avaient déjà toutes les deux biens entamés leurs assiettes.
Jane : J’adore votre appartement ! Si j’avais su quelle taille faisait les maisons dans le coin, j’aurais visé plus petit.
Annabeth : Votre maison est magnifique.
Jane : Oui mais elle est beaucoup trop grande pour moi seule !
Annabeth : C’est vrai !
Jane s’arrêta de manger et fixa Annabeth.
Jane : J’ai une idée ! On a qu’à échanger ?!
Annabeth sourit. Même pour Erin, elle et Mémo la maison était encore trop grande.
Annabeth : Ca serait encore trop grand !
Elles rigolèrent toutes les deux et continuèrent à manger.
Annabeth ne savait pas trop encore comment agir avec Jane. Elle se sentait bien avec elle mais on lui avait tellement appris de faire attention aux autres qu’elle restait tout de même sur la défensive. Et elle avait la sensation que Jane s’en rendait compte. C’était comme si Jane pouvait lire en elle. Mais loin d’en être dérangeant, cela était rassurant. Car elle sentait que Jane pouvait comprendre ce qu’elle ressentait et qu’elle agissait en fonction de cela, sans jamais brusquer Annabeth. Elle l’en remercia silencieusement.
Annabeth avait mis de côté les tomates qui parcouraient sa salade car elle n’aimait pas cela. Jane pointa sa fourchette vers son assiette. Annabeth cru tout d’abord qu’elle allait faire comme tout le monde, lui dire que c’était bizarre de ne pas aimer les tomates ou de faire une remarque. Mais elle fut agréablement surprise.
Jane : Je peux ?!
Annabeth resta un moment silencieuse. Elle ne s’attendait pas du tout à ça. Cette femme la surprenait à chaque seconde. Elle lui décrocha un sourire trop heureuse de ne pas avoir été remise en place parce qu’elle ne mangeait pas ces légumes.
Annabeth : Oui… bien sûr !
Jane piqua une des tomates avec sa fourchette et la mangea.
Annabeth : Et vou…. Tu n’as pas envisagé de prendre une colocataire ? Ou plusieurs vu la taille de la maison ?!
Annabeth avait dit cela avait un léger rire. Elle imaginait très bien le nombre qu’il faudrait pour faire en sorte que cette maison semble moins grande.
Jane : Si… mais je ne connais encore personne dans la région à part toi, la famille James et le directeur…
Un léger sourire apparut sur le visage de la femme face à Annabeth.
Jane : Une colocation avec Loan, je ne suis pas contre du tout !
Annabeth s’arrêta dans son mouvement. Est-ce qu’elle comprenait bien la situation ? Elle regarda Jane qui lui souriait tout en continuant à manger.
Annabeth : Je préfère ne pas en imaginer plus !
Jane : Tu crois qu’il n’accepterait ?
Annabeth ignora la question en souriant et continua à manger. Bientôt il faudrait qu’elle mette les choses au point avec Jane. Si elle continuait à faire ce genre d’allusion sur Loan en sa présence, elle allait se faire des idées. Et elle n’avait pas besoin de ça…à elle seule elle se faisait déjà des films concernant les deux protagonistes.
Jane : Disons que j’aimerai bien prendre un colocataire mais je ne souhaite pas prendre n’importe qui non plus. Passé une annonce ou un truc dans ce style, j’ai un peu peur.
Annabeth : Oui, c’est clair.
Jane : Et toi ? Tu ne connais personne qui chercherait un logement.
Annabeth réfléchit un instant.
Jane : Tu connais beaucoup plus de monde que moi ici !
Annabeth : Oui enfin pas beaucoup plus ! … Charlie… mais je ne crois pas qu’elle cherche une colocation. Je crois que de vivre 5 frère et sœurs, ça passe l’envie de la colocation par la suite.
Jane : Tu as des frère et sœurs ?
Annabeth : Oui. Une petite sœur, Emma.
Jane : Elle habite la région aussi ?
Annabeth : Non. Elle habite toujours chez mes parents à New York…. Et toi ?
Jane : Je suis fille unique mais j’aurais aimé avoir un frère ou une sœur. Mais mes parents trouvaient qu’un enfant c’était déjà assez !
Annabeth : Nous, après deux filles, ils se sont dit que ça suffirait.
Annabeth continua à manger. Jane l’observa. Elle avait un voile de tristesse qui était légèrement apparut lorsqu’elle avait parlé de sa sœur et de ses parents. Elle ne voulait pas oublier mais elle n’avait pas non plus envie d’y penser. Et pourtant elle savait que cela lui ferait du bien d’en parler. Pourquoi à Jane ? Elle ne savait pas. Peut-être parce qu’elle avait ce « je ne sais quoi », ce regard qu’elle avait du mal à définir et cette attitude avec elle qui la mettait à l’aise. Malgré sa provocation apparente, Jane avait une présence rassurante et douce avec Annabeth.
Jane : Tu t’entends bien avec tes parents ?... Enfin je veux dire… pourquoi est-ce que tu as décidé de venir vivre ici ?
Annabeth et Jane se fixèrent. Annabeth n’en revenait pas. Elle n’avait pas posé au hasard. Elle en était certaine. Et la manière dont elle la regardait à cet instant, cela la troublait énormément et la touchait aussi. C’était très bizarre.
En voyant la réaction d’Annabeth, Jane regretta quelque peu. Elle n’aurait peut-être pas dû. A force de vouloir être directe, elle avait peut-être été trop loin dans ce qui ne la regardait pas. Son intention n’avait été à aucun moment de la blesser, elle voulait seulement lui venir en aide. Elle avait la sensation que la jeune femme avait besoin d’en parler. Et étrangement, elle pensait qu’Annabeth lui confierait son histoire tôt ou tard. Parce que à elles deux, elles s’apportaient beaucoup plus qu’elles ne l’auraient avoué.
Et pourtant quand Annabeth leva les yeux vers elle, elle vit comme une petite fille, au fond de son regard, qui la remerciait… puis elle vit à nouveau ce voile de tristesse et elle aurait pu même dire plus, à cet instant. Elle aurait voulu la prendre dans ses bras tellement ce regard la toucha profondément, mais elle sentait que c’était une des choses auxquelles Annabeth n’était pas habitué et elle ne voulait point la brusquer.
Annabeth : J’adore mon père… on s’entendait bien quand j’étais petite.
Elle baissa les yeux et joua avec sa fourchette dans son assiette. Elle ne savait pas trop comment expliquer les choses, ni par quoi commencer. D’aussi loin que remontaient ses souvenirs, cela avait toujours été comme ça.
Jane l’observa et l’écouta. Elle avait la sensation qu’elle avait besoin de se confier. Annabeth releva les yeux vers elle et ils commençaient tout doucement à briller. Les larmes montaient au fur et à mesure. Pourtant Annabeth n’avait aucune envie de se livrer à ce point là. Ce n’était pas dans son tempérament, dans sa nature. Elle n’aimait guère ce mettre à nue, qui plus être devant quelqu’un qu’elle connaissait à peine et pourtant…
Annabeth : Avec ma mère, ça n’a jamais été simple… et ça ne le sera jamais. Je me suis faite à cette idée.
Annabeth marqua une pause pour éviter de craquer. Elle avait pourtant l’habitude. Ce n’était pas récent. Alors pourquoi aujourd’hui, face à Jane, elle était prête à se montrer à ce point.
Annabeth : Mais ce que j’accepte beaucoup moins bien… c’est qu’elle a réussit à nous séparer mon père et moi. Je ne parle pas de la distance physique.
Elle leva les yeux et vit Jane qui la fixait. Elle semblait très attentive à ce qu’elle lui disait. Et là, les larmes arrivèrent… et elle comprit que c’est parce était prête à l’écouter et la soutenir, et sans doute à la réconforter qu’elle était prête à se dévoiler. Comme pourrait le faire une maman.
C’était donc ça. Jane avait cet « aura » maman qui l’attirait et qui lui donnait envie d’aller vers elle. La petite fille en elle ne demandait que cela. Toute son enfance elle avait manqué de la tendresse d’une mère, mais devenant une femme c’était l’attention et l’écoute d’une mère qui lui manquait également. Et Jane avait, tout naturellement et en quelques instants, tenu ce rôle, et elle le faisait merveilleusement bien.
Elle avala difficilement pour essayer d’enlever ce nœud dans sa gorge… mais rien n’y fit. Il était toujours là.
Annabeth : J’ai compris qu’avec ma mère, nous ne pourrions jamais avoir de relation mère-fille et que je ne devais pas attendre après ça. Je crois même l’avoir accepter…. Mais vivre avec elle, je ne pouvais plus. C’était devenu insupportable pour tout le monde. Et puis j’avais besoin de prendre mon indépendance. Alors j’ai décidé de vivre ma vie. Et pour moi elle est ici. Sara et Erin sont mes meilleures amies, la famille James m’a accueillit … et avec Jack…
Jane : C’est lui.
Annabeth fixa un instant silencieuse. Si Jane continuait de cette manière, elle allait vraiment à se mettre à pleurer dehors, devant tout le monde. Jamais elle n’avait parlé de sa relation avec Jack à sa mère. Que cela soit avant ou après son arrivée ici. Elle avait bien trop peur qu’elle ne critique une fois de plus son bonheur et Annabeth n’avait aucune envie qu’elle lui gâche ça. C’était dans ses habitudes. Toujours tout lui gâcher en critiquant ou en sabordant ses petits bonheurs.
Mais Jack, elle ne voulait pas que tout cela l’atteigne. Elle voulait le préserver de tout cela. Et elle tenait à préserver le réel bonheur qu’elle avait su trouver en cet homme. Il la comblait c’était certain, il la rendait pleine et entière. Elle était ELLE avec lui. Elle imaginait que d’ordinaire les jeunes femmes partageaient leur bonheur d’être en couple avec leur mère, et elle songeait que probablement dans la famille James c’était ainsi que cela fonctionnait. Se confier à sa mère, lui parler de l’homme qui comblait sa vie…c’était une chose, elle le savait, qu’elle ne ferait jamais. Aujourd’hui elle interdisait à sa famille de lui gâcher sa vie, sa famille de cœur ici lui rendait au centuple ce qu’elle leur donnait, ce qu’elle partageait avec eux. C’était avec eux qu’elle avait envie de vivre ce nouveau départ.
Un silence s’était installé. Annabeth essayait tant bien que mal de reprendre le contrôle avant de totalement craquer. Mais elle aimait cette sensation de petite fille voulant de faire « cajoler ». Elle était heureuse de pouvoir le ressentir. Et elle devait reconnaître qu’elle en avait besoin.
Annabeth : Mais je ne regrette rien. J’ai accepté et aujourd’hui je suis heureuse d’être ici. J’en profite un maximum.
Jane était surprise de voir une jeune femme parler de cette manière. Elle sentait qu’il y avait encore beaucoup plus que ce qu’elle venait de lui raconter et que ce qu’elle avait vécu n’avait pas été simple.
Elle se sentait proche d’elle à cet instant. Cette douleur qu’elle ressentait, ressemblait énormément à la sienne. Mais Annabeth avait eu la lucidité et le courage d’agir avant elle. Pour cela elle l’admirait, cette jeune femme avait une force de courage qui lui avait permis d’échapper à sa famille. Elle aurait aimé avoir cette même force. Et puis il y avait autre chose que ce point commun. Elle se sentait proche d’elle et elle avait envie de la protéger et de l’aider.
Annabeth avait ce côté enfant qui se dégageait d’elle à certains moments qui la touchait énormément. Et elle avait envie de s’occuper de cette petite fille. D’autant plus aujourd’hui, maintenant qu’elle savait qu’elle n’avait pas vraiment eu de relation maternelle.
Elle ne prétendait pas pourvoir lui donner cela mais au moins lui apporter de la tendresse et du soutient quand elle en aurait besoin. Annabeth en avait besoin venant d’une personne plus mûre qu’elle. Elle savait qu’elle ne parviendrait pas à combler ce désert d’amour maternel, et elle n’en avait pas la prétention, mais elle avait la conviction de pouvoir apporter beaucoup à Annabeth, et d’en recevoir autant.
Jane remarqua qu’Annabeth était sur le point de pleurer. Elle lui prit la main et lui sourit. C’était tout ce qu’elle pouvait lui apporter comme marque d’attention à cet instant, elle ne voulait pas la brusquer de peur qu’elle se braque.
Jane : Si tu commences à pleurer, je te préviens, je m’y mets aussi !
Annabeth retint ses larmes tout en souriant. Ce n’était pas vraiment des larmes de tristesse mais plus d’émotion. Ce que Jane venait de faire. L’écouter et de lui prendre la main, la touchait au plus haut point. Il avait fallu qu’une personne quasi inconnue parvienne à apaiser quelque peu les maux de la jeune femme. Car le fait d’en parler l’avait rendu en quelques instants plus sereine. Les blessures seraient toujours présentes, et elle savait qu’elle devait encore énormément travailler là-dessus mais elle se sentait libre d’avoir pu livrer sa souffrance et son manque à quelqu’un qui semblait tout comprendre. Encore une fois cette pensée lui était rassurante.
Jane caressa doucement la main de la jeune femme en face d’elle pour lui donner un peu de réconfort et lui sourit. Elles n’avaient pas besoin d’échanger de mots à cet instant pour savoir qu’elles avaient partagé un grand moment toutes les deux.
Jane : Je peux te piquer le reste de tes tomates ?
Annabeth éclata de rire et lui fit signe que oui. Elles venaient de passer des rires aux larmes en quelques instants…c’était ça aussi Jane ! De la sensibilité mais aussi de la légèreté !
Appartement des filles
TOC TOC TOC
Erin : J’arrive !
Erin avait criée dans l’appartement pour que la personne derrière la porte attende. Elle termina d’enfiler ses baskets, puis mit une veste ! Elle se dirigea alors à la porte et ouvrit à Sara !
Sara : Tu es prête ?
Erin : C’est parti.
Magasin
Les filles passèrent la porte du petit magasin, et entendirent une petite sonnette lors de leur passage, puis elles se dirigèrent vers « l’accueil ».
Sara : Bonjour !
Vendeur : Bonjour !
Sara : Nous venons récupérer une commande passée pour l’école artistique Davis !
Vendeur : Oui bien sur, vous avez vos tickets !
Sara les lui tendit, et le vendeur lui accorda un sourire, presque charmeur ! Sara avait l’air de lui avoir tapé dans l’œil. Le vendeur s’éloigna et Erin et Sara échangèrent un regard complice. Elles avaient toutes les deux remarquer le regard mais Sara n’avait plus l’air troublée que ça.
Il revint, quelques secondes plus tard, avec trois grandes housses. Il leur tendit. Sara et Erin les attrapèrent. Erin vit que le vendeur avait un regard différent, beaucoup plus distant, surtout envers Sara. Mais elles ne s’attardèrent pas, et allèrent essayer leur costume dans les cabines d’essayages. Chacune dans la leur, elles commencèrent à ouvrir les housses !
Erin : Heu Sara ! Est-ce que tu vois la même chose que moi ?
Sara : Ca dépend ! Qu’est-ce que tu vois ?!
Erin : Dis-moi que ce n’est pas vrai ?! Ce n’est pas nos tenues ?!
Sara : J’espère que non ! Je ne suis pas sur que ça aille avec mon teint !
Erin sortit alors de sa cabine et toqua à celle de Sara !
Erin : Je peux ?
Sara : Oui bien sur !
Elle ouvrit la porte et vit Sara assise sur le tabouret face à sa tenue qu’elle avait accroché sur le porte manteau.
Erin : Tu crois que ça va plaire a Mr Davis ?
Erin avait passé la tête pour montrer a Sara ce qu’elle avait mit. Elle avait enfilé une partie du costume qu’on leur avait remis, c'est-à-dire un serre tête noir avec des oreilles de lapin ! Erin était morte de rire, mais c’était plus nerveux qu’autre chose.
En effet le reste du costume n’avait pas beaucoup de tissus, il était noir et blanc, et la majorité du costume était transparent. Il y avait eut une erreur, une grosse erreur ! Erin comprit alors le changement de comportement du vendeur ! Il avait dû être déçu de croire que Sara aller porter cela. Erin sourit !
Sara : J’espérais un peu plus de tissu. Là j’ai vraiment peur d’attraper froid !
Elle souleva un léger bout de tissu qui devait être le haut de la tenue.
Sara : Je ne pense pas que Mr Davis ait choisi ces costumes… où alors il a bien caché son jeu ! … Il doit y avoir erreur.
Elles retournèrent auprès du vendeur, bien motivées à récupérer les bons costumes pour vendredi soir ! Elles le virent regarder au plafond, assis sur son siège, l’air totalement absent.
Erin : Excusez-moi ?
Vendeur : Oui ?
Les filles s’appuyèrent contre le comptoir.
Erin : Il y a une erreur de costumes, ce ne sont pas les nôtres.
Sara : Tenez, on vous rend ces petits lapins ! Vous pouvez retrouver les nôtres rapidement, s’il vous plait !
Vendeur : Je vais vérifier !
Le vendeur ne partit pas longtemps, et il revint avec le bon à la main et les mêmes costumes.
Vendeur : Il n’y a pas d’erreur ! Cette commande était celle demandé par Mr Davis.
Sara : Non ! Alors je vous explique… nos tenues sont simples et habillés.
Erin : Oui, un pantalon noir, un haut bordeaux et une veste noire.
Vendeur : Pourtant c’est bien la commande de Mr Davis.
Les filles espéraient vraiment que tout cela n’était qu’une plaisanterie.
Sara : Je peux voir votre bon ?
Vendeur : Non, je n’ai pas le droit !
Sara : S’il vous plait ! Ce n’est pas vous qui allez devoir mettre ses oreilles de lapin pour assurer votre service demain !
Le vendeur réfléchit un instant. Il espérait que cette affaire soit arrangée avant que son patron ne revienne. Il leur céda donc.
Vendeur : Bon, ça ne coûte rien !
Il fit montrer le bon aux filles. Le vendeur avait raison. C’était les mêmes numéros sur le bon que sur leur ticket.
Sara : Et est-ce que vous auriez le bon de commande que vous a envoyé Mr Davis ?
Vendeur : Il est partit à la comptabilité…
Le vendeur n’avait pas l’air doué, et marchait au ralenti. Cette histoire commençait à agacer Sara et Erin.
Sara : Erin appelle Anna, parce que ça comme sérieusement à m’énerver cette histoire !
Erin : Ok.
Erin composa le numéro du conservatoire et tomba tout de suite sur Annabeth.
Annabeth : Ecole artistique bonjour !
Erin : C’est Erin, nous avons un petit problème avec les costumes.
Annabeth : Un problème ? C'est-à-dire ?
Erin : Disons que les costumes que nous avons récupérés ne sont pas tout à fait ceux à quoi on s’attendait !
Annabeth : Quoi ?
Erin : Je ne sais pas si des tenues de lapins vont être très appréciées pour la soirée de vendredi.
Annabeth : En effet !
Elle n’avait pas pu s’empêcher de laisser échapper un léger éclat de rire.
Annabeth : Vous seriez mignonnes comme ça ?!
Erin imaginait très bien la tête d’Annabeth à cet instant. Annabeth reprit son sérieux mais elle devait avouer que ce genre de choses n’arrivait qu’aux filles.
Annabeth : Tu veux que je parle au vendeur ou à la vendeuse ?
Erin : Je ne pense pas que ça soit nécessaire !
Le vendeur était vraiment à l’ouest, et il regardait en l’air, pour on ne sait quelle raison. C’était toujours sympathique pour des clientes non satisfaites.
Sara : Demande-lui s’ils ont le double du bon de commande ?
Erin : Apparemment il serait en comptabilité.
Annabeth : OK ! Magnifique et je suppose qu’il n’a pas accès.
Erin : Gagné !!
Annabeth : Ok, passe le moi !
Erin s’approcha du vendeur.
Erin : La secrétaire de Mr Davis aimerait vous parler.
Le vendeur n’avait pas l’air rassuré. Erin lui tendit le téléphone et il le prit.
Vendeur : … Bonjour… Oui… bien sûr !
Il s’approcha de l’ordinateur et tapa sur le clavier. Annabeth devait sûrement lui donner les informations nécessaires comme le numéro du bon de commande, de la date pour qu’il puisse retrouver une trace.
Vendeur : Oui… je crois avoir retrouvé votre commande…Je vais voir si nous l’avons !
Il rendit le téléphone à Erin qui le reprit.
Erin : Je crois que ça va être bon !
Annabeth : Il a l’air doué votre vendeur ! Ca fait peur !
Erin : Je ne te le fais pas dire.
Il regarda le rayon quelques instants et pris trois nouvelles housses. Erin et Sara se sourirent. Enfin !
Vendeur : Tenez ! Mais cette commande est au nom de Mr Peacophe.
Sara : Y a sûrement dû avoir une erreur sur l’étiquetage !
Elle prit les housses et vérifia si c’était réellement les bons. Oui, c’était les bonnes tenues.
Erin : C’est bon Anna !
Annabeth : Ok.
Erin : A tout à l’heure !
Elle raccrocha.
Erin : Les lapinous sont sûrement pour ce Mr Peacophe !
Vendeur : Oui !
Sara : Vous devriez faire plus attention, vous allez perdre votre travail sinon.
Sara et Erin repartirent dans les cabines d’essayages, puis elles repartirent accompagnée par la sonnette du début ! Ce magasin était à déconseiller, elles en préviendraient Loan.
Après-midi
Ecole artistique
Annabeth essayait tant bien que mal de s’en sortir avec tous ses dossiers sur son bureau. Pourtant il était assez grand mais pas encore assez. Elle entendit quelqu’un entrer à l’accueil. Elle leva les yeux vers le nouveau venu.
C’était un homme de 35 – 40 ans environ, plutôt habillé assez élégamment. La première impression qu’Annabeth eu de lui, c’est de se dire que cela devait être sûrement un parent d’élève ou d’un futur élève. Elle se leva et s’approcha de l’accueil.
Annabeth : Bonjour !
Homme : Bonjour ! Je souhaiterais avoir des informations concernant les cours de musique.
Annabeth : Oui, je vous écoute.
Homme : Voilà, j’aimerai inscrire ma fille au cours de piano.
Annabeth sourit intérieurement. Les cours de piano avaient été ceux qui avaient été pleins de plus rapidement. De toute manière, il n’y avait plus de place dans les classes. Les tests étaient déjà passés depuis un certain temps et le directeur avait bouclé les inscriptions.
Annabeth : Votre fille à quel âge ?
Homme : 10 ans.
Annabeth : Je suis désolé mais nous ne prenons les enfants qu’à partir de 11 ans… et pour cette année, les inscriptions sont terminées.
Homme : J’espère que vous plaisantez.
Annabeth : Pas du tout !
Homme : On est en août et vous avez déjà plus de places ?!
Annabeth : Oui.
Homme : Je peux savoir comment vous fonctionner ? Vous êtes une école, vous devriez accepter tous ceux qui souhaitent s’inscrire !
Annabeth n’en revenait pas. Cela faisait à peine une minute qu’il était là, et il montait déjà sur ses grands chevaux. Il fallait qu’elle reste calme. Elle s’était déjà retrouvée face à des parents non contents dans son ancien travail.
Annabeth : Oui nous sommes une école mais nous ne pouvons pas accepter plus d’élèves que les plannings nous le permettent. Dans cette école nous donnons des cours collectifs mais aussi des cours individuels et c’est le cas pour les cours d’instruments. Les emplois du temps des professeurs sont pleins et nous ne pouvons malheureusement pas prendre d’élèves supplémentaires.
Homme : Alors que suis-je sensé faire ? Dire à ma fille qu’elle ne fera pas de piano cette année ?
Elle rêvait. Elle avait envie de lui répondre. Attendre. Comme tous les autres qui n’ont pas de place.
Annabeth : Je suis désolée.
Homme : J’habite la région et je ne peux pas avoir de places pour ma fille, vous croyez que c’est normal.
Il aurait peut-être fallu qu’elle démarche toutes les familles de la région à entendre parler ce papa.
Annabeth : Nous avons informés toutes les structures sur la ville que nous ouvrions nos portes, cela a été aussi publié dans le journal. Je pense que nous avons fait le maximum. De toute manière, votre fille n’avait pas l’âge requis pour entrer dans cette école.
Elle prit un air un peu plus sûr d’elle et strict pour essayer de faire comprendre à cette personne qu’il n’y avait pas 36 milles solutions.
Homme : Il faut avoir quel âge pour commencer le piano ?
Annabeth commençait sérieusement à s’énerver mais il fallait qu’elle garde le contrôle. S’énerver ne servirait à rien à part envenimer les choses.
Annabeth : Nous sommes une école de musique et de danse à horaires aménagés pour le second cycle. Nous ne prenons pas d’enfants au-dessous de 11 ans.
Homme : Je trouve ça stupide !
Annabeth : C’est le règlement de cette école !
Homme : Très bien alors j’aimerai voir le directeur de cet établissement.
Annabeth pris un peu plus de recul face à la situation pour ne pas s’emporter. Elle ne supportait pas ses gens qui se croyaient au-dessus de tout le monde et de tout. Qui se croyait tout permis.
Annabeth : Le directeur est absent pour le moment mais si vous voulez vous pouvez prendre un rendez-vous…
Homme : Non, c’est à lui de m’appeler pour prendre rendez-vous !
Annabeth prit énormément sur elle après ces dires pour ne pas lui répondre. Il sortit une carte de visite de sa poche et la tendit à Annabeth.
Homme : Qu’il m’appelle ! En tout cas, je trouve ça inadmissible que nos enfants ne soient pas acceptés dans cette école.
Annabeth : Monsieur, nous ne pouvons pas aller au-delà de nos effectifs. Si votre fille est toujours intéressée à la rentrée prochaine, nous serions heureux de l’accueillir.
Homme : Et que va faire ma fille pendant cette année ?!... Non mais vous allez avoir de mes nouvelles !
Il se dirigea vers la sortie et ne se retourna même pas. Elle n’allait pas rentrer dans son jeu et être comme lui. Hors de question.
Annabeth : Au revoir ! Bonne journée !
Homme : Au revoir !
Annabeth regarda la carte en soufflant un bon coup. Elle avait un nœud dans la gorge. Elle était tellement énervée par cette attitude qu’elle aurait pu en pleurer de colère, dira-t-on.
Elle retourna derrière son bureau et balança presque la carte sur le cahier à message. Pourquoi fallait-il que le directeur soit absent à ces moments là ?
Voilà, la journée avait très bien commencée et elle avait adoré le repas avec Jane. Et voilà que ce type venait de l’énerver au plus haut point. C’était peut-être stupide de sa part, mais ce genre de chose l’énervait facilement.
Elle admettait mal que les gens puissent être aussi égoïstes et aussi stupide. Et puis il avait eu une manière si désagréable de s’adresser à elle. Si hautaine. Cela lui rappelait une certaine partie de sa famille qu’elle essayait tant bien que mal d’oublier.
La société d’aujourd’hui devenait de plus en plus consommatrice et perdait le reste de respect qu’elle pouvait encore avoir. Et elle ressentait cela de plus en plus.
Elle décida de reprendre le dessus et de faire que cet homme ne lui gâche pas une seconde de plus sa journée. Elle adorait ce qu’elle faisait et elle le faisait bien. Elle rangea correctement la carte de visite, prête à expliquer à Mr Davis ce qui c’était passé.
Une heure plus tard
Cet homme venait de lui gâcher la journée et elle détestait ça. Et ce qui l’énervait encore plus, c’est qu’elle n’arrivait pas à ce sortir ça de la tête. Il fallait qu’elle arrive à ce tenir à distance de tout cela sinon le travail n’allait pas être de tout repos. Et elle avait déjà assez de soucis comme ça pour s’en rajouter. Elle avait fait son travail et elle n’avait rien à ne se reprocher.
Elle entendit à nouveau frapper à la porte. Avant de lever les yeux, elle espérait sincèrement que ce n’était pas l’homme de tout à l’heure. Elle tourna la tête vers l’entrée… Merci, ce n’était pas lui. Un homme, les cheveux longs attachés en queue de cheval entrait lentement dans son bureau.
Homme : Bonjour !
Annabeth : Bonjour !
Homme : Nicholas, je travaille pour la mairie et je viens déposer du matériel et des instruments pour Mr Davis.
Oui, le directeur l’avait prévenu mais il lui avait dis que ça serait dans la semaine… plus en fin de semaine. Ils avaient fait vite.
Annabeth : Ah oui !
Annabeth se leva en prenant son trousseau de clés. Elle allait lui ouvrir la réserve. Elle passa devant lui pour lui montrer le chemin.
Annabeth : Vous avez besoin d’aide ?
Elle n’était pas très costaud mais elle se débrouillait quand même.
Nicholas : Non, merci ça va aller. J’ai mon équipe.
Annabeth : D’accord !
Ils avancèrent vers le fond de l’école où se trouvait la réserve.
Nicholas : Ils ont fait un super travail avec ce bâtiment. Je l’ai connu dans un état pas possible et là… c’est génial !
Annabeth : Oui. Ils ont fait un travail impressionnant ! J’ai vu les photos d’avant… c’était un peu laissé à l’abandon.
Nicholas : Oui. Et puis c’est sympa pour une école… surtout une école de musique. Vous allez avoir de la place.
Annabeth : Oui, enfin c’est juste ce qu’il nous faut. On a pas mal de cours mais on a réussit à tout caser.
Nicholas : J’imagine…. Vous allez accueillir combien d’élèves ?
Annabeth : 265 !
Nicholas : Ah oui quand même !
Ils arrivèrent devant la pièce. Annabeth ouvrit la porte. Il y avait encore très peu de matériels mais cela allait vite se remplir.
Annabeth : Voilà. On les entrepose ici avant la rentrée en septembre.
Nicholas : Ok ! Et bien on va aller chercher tout ça !
Annabeth : J’ouvre la deuxième porte battante, ça sera plus pratique pour vous.
Nicholas : Merci.
Il s’éloigna tandis qu’Annabeth s’exécutait. Elle l’avait déjà croisé en mairie lorsqu’elle s’y rendait avec le directeur mais ils n’avaient vraiment eu l’occasion d’être présentés. D’ailleurs, elle ne s’était même pas présentée. Mais cela lui faisait toujours bizarre de dire « Bonjour, moi c’est Annabeth ». Elle avait la sensation d’en faire trop en faisant cela mais en fait, elle n’en faisait pas assez. Le directeur lui avait fait déjà la remarque. « Il faut vous faire connaître »
Elle retourna dans son bureau et en chemin elle croisa l’équipe de Nicholas qui passait avec le matériel. Elle salua et entra dans son bureau. A peine arriver, le téléphone sonna.
Annabeth : Ecole artistique, bonjour !
Loan : Annabeth, c’est moi !
Annabeth : Bonjour !
Loan : C’était juste pour vous prévenir que je suis en réunion en mairie et qu’ensuite je dois passer récupérer des devis donc je ne serais pas là avant 18h – 18h30.
Annabeth : D’accord.
Loan : Est-ce que je peux vous demander de m’attendre ?
Annabeth : Bien sûr. Ils ont entrain de livrer les instruments et du matériel. Je vais en profiter pour faire l’inventaire de départ.
Loan : Parfait ! Je fais le plus vite possible. A tout à l’heure !
Annabeth : A tout à l’heure !
Elle raccrocha. Cela ne la dérangeait pas du tout de rester un peu plus tard. Surtout qu’elle savait très bien que Mr Davis lui ferait récupérer à un moment. Et puis elle voulait faire le point avec lui sur la journée avant demain.
Surtout qu’ils avaient reçu des documents assez importants qu’il fallait qu’elle envoie rapidement donc elle voulait voir ça directement avec lui avant de faire quoi que ce soit.
Quelques heures plus tard
Dans un café
Sara était attablée depuis quelques minutes à une terrasse de café avec Lisa, une amie qu’elle n’avait pas vue depuis un certain temps. Lisa l’avait appelé deux jours auparavant pour lui faire une proposition qui avait beaucoup intriguée Sara. Les deux amies avaient donc décidé de se retrouver autour d’un café pour en discuter.
Lisa : Alors tu y as réfléchi ?
Sara but une gorgée de son café, reposa sa tasse et ne put s’empêcher de sourire. Lisa avait toujours été comme ça, toujours partante pour les défis et il fallait toujours qu’elle y embarque Sara. Elle avait une énergie et une volonté qui surprenait chaque fois son amie. C’était un vrai volcan, elle était toujours en mouvement.
Elles se connaissaient de longue date, elles avaient débuté le basket ensemble. Elles étaient, de caractère, bien différentes, mais elles étaient très complices, il suffisait de les mettre toutes les deux sur un terrain pour voir qu’elles s’entendaient à merveille. Ensemble, elles avaient fait leurs preuves au basket. Et elles avaient appris à jouer l’une avec l’autre, développant des systèmes de jeu rien qu’à elles deux. Bien souvent elles devinaient les actions de l’autre, elles savaient se comprendre en match sans se parler. Sara et Lisa avaient chacune un jeu très bon, mais les deux ensemble sur un terrain, elles étaient encore meilleures.
Sara jeta un regard amusé à Lisa. Elle n’avait pas changé !
Sara : Je ne sais pas…
Sara semblait hésiter, elle ne savait pas si Lisa pouvait comprendre. Pour une fois elles n’avaient pas vécu la même chose concernant leur passion. Sara était de deux ans l’aîné de Lisa, elles n’avaient donc pas eu exactement le même parcours. Son amie ne semblait pas se rendre compte de l’importance de ce qu’elle lui demandait, si bien qu’elle continua sur le ton de la plaisanterie.
Lisa : Allez Sara…je suis sûre que depuis que je t’ai appelé, tes mains t’ont démangé…et tu es allée aligner quelques paniers !
Sara baissa les yeux comme prise en faute.
Lisa : Ce serait génial ne me dit pas que tu ne le penses pas !
Sara : Probablement pour toi…moi je ne suis pas sûre d’avoir envie…je ne sais plus jouer…
Lisa : Arrêtes…moi aussi ça fait un moment que je n’ai pas touché un ballon…mais ça va revenir, ça ne s’oublie pas !
Un silence s’installa entre les deux amies. Sara remua machinalement sa cuillère dans sa tasse à café, l’air absent.
Lisa : Mais Sara…je ne te reconnais pas là ! Je te parle de remonter une équipe à Bloomsburg ! Je te parle de reprendre le basket !!!
Lisa n’eut aucune réaction, mais elle n’allait pas baisser les bras si facilement. Quand elle avait décidé de refaire une équipe de basket à Bloomsburg, elle avait immédiatement pensé à Sara et il était hors de question qu’elle se fasse sans elle.
Lisa : Ne me dit pas que tu n’as jamais pensé à reprendre le basket un jour ?
Sara : Tu veux la vérité ?...Non !
Lisa : Pourquoi ?
Sara soupira légèrement agacée.
Sara : Parce que je suis passée à autre chose, c’est tout…le basket c’est fini depuis longtemps déjà et c’est très bien comme ça !
Lisa : C’est à cause de ce qui s’est passé y’a 5 ans que tu ne veux pas reprendre ?
Sara : Je viens de te dire que j’étais passée à autre chose !!!
Lisa fut surprise de l’agressivité avec laquelle Sara lui répondit. Cette dernière s’en aperçut bien vite et se radoucit immédiatement. Elle éprouva le besoin de lui dire la vérité, elle lui devait bien ça.
Sara : Tu as raison ça a tout à voir avec ce qui s’est passé y’a 5 ans…
Sara baissa les yeux tant les souvenirs qui affluaient lui étaient douloureux. Elle avait échoué, lamentablement échoué, comme une débutante ! Elle en avait tellement honte, elle éprouvait tellement de dégoût ! C’était inadmissible ! Après ça comment pouvoir prétendre encore jouer au basket ?
Il y a cinq ans alors que Sara jouait encore en club, elle avait été repérée par un coach d’un club connu pour ses grandes équipes. Il lui avait proposé de passer des sélections pour jouer à un niveau supérieur. L’excitation était à son comble, elle connaissait le sélectionneur par sa réputation, elle savait que ses joueurs évoluaient à un haut niveau.
Son coach l’avait bien préparé. Elle faisait la fierté de sa famille. C’est ce qu’elle avait toujours attendu, le basket c’était sa passion, son rêve ! Elle prenait conscience de sa chance, elle ne devait pas la gâcher. Si tout se passait bien, si elle passait les sélections et qu’elle maintenait un bon niveau de jeu, on lui promit qu’elle irait loin.
Elle voulait y croire ! Elle voulait se faire plaisir et continuer ce qu’elle savait le mieux faire : jouer au basket !
Malheureusement, les sélections furent un dur moment pour Sara. Elle ne fut pas retenue, et pour elle, ce fut comme si tout s’arrêtait. Son rêve était brisé avant même d’avoir vu le jour.
Un manque de maturité, une pression trop importante qu’elle s’était elle-même infligée, et elle resta sur le banc de touche. A 17 ans elle n’était probablement pas prête pour ça, elle n’avait su gérer la pression. Elle avait joué correctement, elle avait sorti un bon jeu à coup sûr mais les autres joueuses avaient été meilleures. Elle n’avait peut-être pas tout donné, elle n’y avait pas assez cru.
Sara avait vécu cet événement comme une réelle déception. Peu de gens avaient compris sa réaction, beaucoup disaient qu’elle en faisait une montagne pour rien. Mais pour elle le basket était plus qu’un sport, c’était sa passion. Sur le terrain, un ballon à la main elle était vraiment elle-même, elle était bien. Et les sensations qu’elle éprouvait en match quand elle partait en contre attaque pour marquer un panier, elle ne les ressentait qu’à cet instant. Elle était portée par son sport.
Et cet échec était pour elle le signe qu’elle n’était plus faite pour ça. Elle se faisait honte, elle ne méritait plus de jouer.
Dés lors elle n’avait plus voulu rejouer au basket, car c’était pour elle un souvenir douloureux ! Elle s’était mise dans la tête qu’elle ne savait pas jouer, qu’elle était une piètre joueuse…comme pour se donner des raisons d’arrêter brusquement sa passion. Elle ne se ferait plus plaisir en jouant elle en était persuadée.
Personne n’avait compris, tout le monde avait essayé de la rassurer, de l’encourager, en vain, elle arrêtait ce sport c’était définitif. Elle n’y reviendrait pas !
Aux souvenirs, de cette année là, Sara soupira et releva les yeux lentement vers son amie.
Sara : J’ai gâché ma chance Lisa !
Lisa : Je sais Sara ! Je sais ! Si tu avais passé les sélections, tu mènerais une carrière pro à l’heure qu’il est…on en est tous convaincu. Mais…tu n’étais pas prête pour ça et…tu as échoué, c’est vrai ! …
Les traits de Sara se durcirent à l’entente des mots de Lisa.
Lisa : …Ce que j’essaie de te dire c’est que…c’est loin ça ! Et tu es amère rien qu’à y penser…Tu aurais déjà dû panser la plaie tu ne crois pas ?
Sara : Mais je l’ai fait ! J’ai arrêté le basket !
Lisa : Et tu penses que c’est la solution ? Tu veux mon avis ?
Sara : Vas-y !
Lisa : Tant que tu ne rejoueras pas…tu garderas un goût amer de ce sport. Tu sais ce qu’il t’a manqué lors des sélections ? Le plaisir du jeu ! Et ça tu peux le retrouver en jouant sans enjeu…juste pour le fun !
Sara : Peut-être mais…je ne sais plus jouer…
Lisa : Ca c’est ce que tu te dis, parce que finalement tu as peur de rejouer…
Sara : Oui j’ai peur de me rendre compte que je ne sais plus jouer !
Lisa : Non…bien au contraire, je pense que tu as peur de te rendre compte que tu sais toujours aussi bien jouer !
Sara fixa Lisa un instant. Comment pouvait-elle prétendre savoir ce qu’elle ressentait ? A bien y réfléchir, elle imaginait que Lisa puisse comprendre, après tout elles partageaient la même passion du jeu.
Lisa : Bon je dois filer…réfléchis et tu me rappelles ok ?! Mais tu réfléchis…
Sara : Pas de problème !
Lisa : Salut !
Sara la salua et Lisa quitta la table.
Elle resta encore quelques minutes attabler à la terrasse du café, à repenser aux propos de Lisa, aux sélections,… Les pensées fusaient dans son esprit si bien qu’elle se sentait perdue.
Elle n’avait jamais envisagé de reprendre le basket, à aucun moment. Parfois ça lui arrivait de regarder avec envie des matchs, ou des gens jouer, mais sans jamais songer à reprendre ce sport. Jusqu’à hier, elle n’avait même jamais refait des paniers !
A présent, elle était perdue, elle ne savait pas vraiment ce qu’elle avait envie de faire. Elle avait besoin de conseil, il fallait qu’elle en parle.
« Juste pour le fun » avait dit Lisa.
Ecole artistique
TOC TOC TOC
Elle leva les yeux.
Nicholas : On a fini !
Annabeth : OK !
Annabeth se leva et s’approcha de l’accueil.
Nicholas : J’aurais juste besoin d’une petite signature… ici !
Il lui tendit une feuille et un stylo en lui montrant où signer. Annabeth survola rapidement la feuille. C’était une note de la mairie pour une livraison. Elle signa à l’emplacement indiqué et rendit la feuille à Nicholas.
Nicholas : Merci.
Annabeth : Merci à vous pour la livraison.
Maison des James
Elle gara la voiture devant le garage. Elle coupa tout et descendit en verrouillant derrière elle. Elle allait monter chez elle, lorsqu’elle vit que Jack était dans le jardin. Elle redescendit les quelques marches qu’elle avait montées.
Il était sur la table de jardin avec son ordinateur portable. Elle se dirigea vers lui. Il semblait assez concentré dans ce qu’il faisait. Elle n’allait peut-être pas aller l’ennuyer. Et pourtant elle avait envie de lui en parler. D’être rassurée.
Lorsqu’elle fut assez proche de lui, il tourna la tête vers elle et lui sourit. Elle posa son sac sur la table et tira une chaise pour s’asseoir à ses côtés.
Jack : T’as fini tard aujourd’hui ?!
Annabeth : Euh… oui. Je fini déjà tard le mercredi… 18h30 et puis ce soir, en plus, il a fallut que j’attende que le directeur soit revenu de son rendez-vous pour faire le point avec lui et lui dire ce qui s’était passé.
Jack se cala au fond de sa chaise et regarda Annabeth.
Jack : Qu’est-ce qui s’est passé ?
Annabeth : Un papa d’élève… non ou plutôt un futur papa d’élève qui est venu faire un scandale dans mon bureau car sa fille de 10 ans ne pouvait pas avoir de place à l’école…. J’avais beau essayé de lui expliquer la situation, ça ne servait à rien.
Jack : Ce genre de personne n’écoute nul autre qu’eux même. C’est malheureux à dire mais c’est comme ça.
Annabeth : Ouais et bien j’aurais préféré qu’il fasse ça quand le directeur était là.
Silence. Jack fixait toujours Annabeth. Il voyait bien que cela l’avait retourné. Elle prenait tout toujours très à cœur et elle avait encore du mal à se détacher de tout cela. Surtout quand il s’agissait du travail, elle se donnait à fond et faisait tout avec minutie, et c’était pour ça qu’on appréciait son travail. Elle ne pouvait admettre que quelqu’un vienne remettre cela en cause.
Annabeth : Y a des fois, je me dis que je suis trop gentille, que je devrais les envoyer promener.
Elle regarda Jack. Il était concentré sur ce qu’elle disait et elle appréciait ça. Ils avaient souvent discuté ensemble mais jamais elle ne s’était réellement confiée à lui. Pourquoi le faisait-elle aujourd’hui ? Peut-être parce qu’il avait su la mettre en confiance et que cela faisait partie de la relation de couple qu’ils entretenaient. Et si elle ne pouvait parler avec lui, avec qui le pourrait-elle ?
Annabeth : Mais je n’y arrive pas. Je ne sais pas ce que je dois faire dans ces cas là ! Je crois que je n’arrive pas à être méchante.
Jack lui sourit et lui prit la main. Il planta son regard dans le sien.
Jack : Ce n’est pas dans ta nature et ce n’est pas de cette manière que t’ont éduqué tes parents.
Elle lui sourit légèrement.
Annabeth : C’est ce que je me dis aussi. Mais ça m’énerve que ça me touche autant. J’aimerai bien pouvoir passer outre tout ça.
Jack : Tu fais trop attention aux autres pour ça.
Elle le regarda. Pourquoi cela l’étonnait autant qu’il la connaisse aussi bien ? Cela faisait 4 ans qu’ils se connaissaient mais cela l’étonnait. Agréablement surprise. Elle lui sourit.
Jack : Ne change pas ! Tu n’as pas à changer pour eux et je ne veux pas que tu changes !
Ils ne se quittèrent pas du regard. Elle était touchée par ce qu’il venait de lui dire. Cela représentait énormément pour elle. Elle percevait l’admiration et le respect que Jack entretenait pour elle.
Annabeth : Tu as raison… et tu vois, même si j’ai des différends avec ma mère, je suis heureuse et fière de l’éducation que j’ai reçue… et pour ça j’en remercie mes parents.
Jack lui sourit. Annabeth se rendit compte qu’elle venait de ne parler que d’elle. Et elle savait que pour que leur relation marche il fallait qu’elle arrête un peu de parler d’elle. Et puis elle avait envie de savoir comment la campagne de pub se passait…. Et comment se passait son nouveau travail.
Elle posa son autre main sur la main de Jack qui tenait la sienne.
Annabeth : Et toi ? Comment s’est passée ta journée ?
Elle regarda l’écran de l’ordinateur portable puis de nouveau Jack.
Annabeth : Tu travailles encore sur la campagne ?
Jack regarda à son tour l’écran. Il lâcha la main d’Annabeth et se calla face à son ordinateur.
Jack : Oui. On a presque terminé la maquette de notre projet. Il ne reste plus qu’à convaincre le grand patron et la principale intéressée.
Annabeth resta silencieuse en espérant qu’il lui dise de qui il voulait parler. Mais Jack resta le regard planté sur l’écran. Il devait sûrement encore étudier dans les moindres détails le projet. Elle avait l’habitude. Lorsqu’il était sur un travail, Jack était totalement dedans. Il partageait ce point commun, ils étaient tous deux dans leur travail en perpétuelle recherche de la perfection. Ils aimaient le travail bien fait. Alors Annabeth pouvait le comprendre.
Elle se souvint lorsqu’il travaillait avec son père sur l’appartement et qu’elle était venue pour les vacances et aussi pour aider. Elle s’était retrouvée de nombreuses fois à aider Jack…. D’ailleurs en y repensant Sara et son père devaient être de mèche. Annabeth avait vu que Jack se donnait à fond dans tout ce qu’il entreprenait et c’était un de ses points forts. Il ne faisait jamais les choses à moitié.
Jack commença à pianoter sur son clavier. C’est bien ce qu’elle pensait. Il était concentré. Elle ne pouvait pas lui en vouloir. C’était elle qui était venue le déranger dans son travail. Et puis il l’avait écouté et elle en était heureuse. Elle sourit. Il fallait qu’elle le laisse travailler.
Elle commença à se lever mais Jack se tourna vers elle.
Jack : Je suis désolé…
Annabeth : Non, c’est moi qui suis venue t’embêter alors que tu travaillais. Je vais te laisser…
Jack : Non, tu ne me déranges pas… et de toute manière j’ai besoin d’une pause.
Annabeth resta assise et le regarda. Il semblait sérieux.
Jack : Je vais attendre que Catherine revienne pour continuer.
Annabeth : Où est-elle ?
Jack : Entrain d’essayer de convaincre une nouvelle fois notre star pour la pub.
Annabeth : Qui ça ?
Jack sourit légèrement.
Jack : Carolyn !
Annabeth ouvrit grands les yeux. Elle ne s’attendait absolument pas à cela. Carolyn dans une publicité. Elle comprenait pourquoi il fallait la convaincre. Ce n’était pas du tout son style.
Annabeth : Carolyn ??? Ce n’est pas plus le domaine de Charlie ??
Jack : Euh… pas pour cette pub !
Annabeth : Ok.
Jack la regarda.
Jack : Je ne peux pas t’en dire plus avant que le projet ne soit présenté.
Annabeth : Je comprends… Oh, j’ai vu Mr Stevens ce matin. Il est passé voir le directeur.
Jack : c’est vrai ?
Annabeth : Oui. Si j’ai bien tout compris, c’était pour une soirée de présentation.
Jack changea presque de couleur. Aurait-il peur ? Cela faisait bizarre à Annabeth mais cela la rassurait aussi. Il était comme tout le monde même si c’était son Jack.
Jack : L’échéance arrive à grand pas alors ? !
Annabeth : Il semblerait… (Sourire) mais il va adorer votre projet.
Jack : Quand Catherine lui en a parlé, il avait l’air d’apprécier … mais il faut aussi que ça plaise aussi aux clients.
Annabeth : Pourquoi ça ne plairait pas aux clients ? Vous faites du très bon boulot. Il n’y a aucune raison.
Jack la regarda. Pour quelqu’un qui doutait de nombreuses fois, elle avait cette capacité à encourager et redonner confiance aux gens rien qu’en étant positive.
Il s’était déjà poser la question à plusieurs reprises, en se demandant d’où elle tirait cette positive attitude. Pour avoir discuté de nombreuses fois avec elle durant ces séjours, il savait que son enfance et sa vie n’avait pas été facile mais elle arrivait à se raccrocher à cette force en elle.
Il avait souvent remarqué que cette force était communicative et que grâce à cela, sa sœur, Sara avait remonté la pente plusieurs fois lors de moments difficiles. Même en étant loin, elle savait être présente et soutenir son amie lorsqu’elle en avait eu besoin. Et cette force et cette joie de vivre, elle l’apportait avec elle, lors de chaque séjour parmi eux.
C’était ce côté-là en elle qui l’avait tout d’abord séduit. Elle plaisantait souvent en disant qu’elle était encore une grande enfant et il devait avouer que c’était le cas. Mais il y avait aussi une certaine maturité qui faisait ressortir la femme en elle… et ce qui avait fini de le séduire.
Il lui sourit.
Annabeth : Et puis si vous avez besoin de soutient, Jane et moi, nous serons là… y a qu’à demander !
Jack sourit de plus belle en imaginant les choses.
Jack : Je ne pense pas que ce soit nécessaire… Jane sera là ?
Annabeth : Oui, figures-toi que j’ai appris que Jane et ton patron avaient déjà travaillé ensemble… donc ce matin ils se sont croisés à l’Ecole et il l’a invité à la soirée.
Jack : Tu ne crois pas que tout les deux…
Annabeth : Non… crois-en une professionnelle du « ship »… il ne se passera rien entre eux. Ils s’apprécient mais c’est tout. Et puis Jane est bien trop intéressée par le directeur.
Jack la regarda en souriant.
Annabeth : On a déjeuné ensemble ce midi et crois-moi, elle apprécie plus qu’énormément le directeur.
Jack : Et le directeur ?
Annabeth : Bah à ce que j’ai pu voir à la soirée, la dernière fois, il ne serait pas contre. Mais bon, après j’en sais rien.
Annabeth grimaça légèrement.
Annabeth : Et puis je ne suis pas censée m’occuper de la vie amoureuse de mon patron.
Jack : Ce n’est pas ça qui va te gêner !!
Annabeth lui donna une petite tape sur l’épaule.
Jack : C’est toi qui viens de me dire que tu étais une professionnelle du « ship ».
Ils se sourirent.
Annabeth : Tu n’as pas une maquette à terminer ?
Elle se leva et prit son sac. Il la regarda se lever d’un air d’un petit garçon que l’on abandonne.
Annabeth : Tu fais quoi de beau ce soir ?
Il la regarda en souriant.
Jack : Je passe la soirée en tête à tête avec mon ordinateur. Et toi ?
Annabeth : Encore un dont je devrais me méfier…je plaisante ! Je pense qu’avec Erin, on va se faire une soirée télé tranquille. J’ai besoin de me poser après une journée comme ça.
Elle s’approcha de lui et lui déposa un léger baiser sur les lèvres avant de planter son regard dans le sien et se redresser.
Annabeth : Bonne soirée et bon courage !
Jack : Merci. Je vais en avoir besoin pour tenir le coup jusqu’à la présentation de vendredi soir.
Annabeth commença à s’éloigner mais elle se retourna.
Annabeth : Au fait, pour la soirée de vendredi, je suppose qu’il faut quelque chose d’habiller ?!
Jack lui fit signe que oui.
Annabeth : Ok. A demain.
Jack la regarda partir et monter les escaliers jusqu’à l’appartement. La campagne de publicité lui prenait énormément de temps. Il appréciait le fait qu’Annabeth comprenne aussi bien la situation mais il savait qu’il ne fallait pas qu’il abuse de cette compréhension. Et qu’il devait faire un peu plus attention à leur relation par la suite.
Il se pencha de nouveau vers son ordinateur pour terminer de taper ses remarques.
Jeudi
Studio
La séance venait de se terminer et Carolyn n’en pouvait plus. Elle n’avait qu’une envie se retrouver chez elle, avec son mari et ses enfants et pouvoir apprécier un moment en famille. Si elle avait fait tout cela, c’était avant tout pour Catherine et Jack mais il était hors de question qu’elle recommence ce genre de chose. Mais elle était satisfaite d’avoir pu rendre ce service à son frère et sa sœur, elle avait toujours été très dévouée envers sa famille. Et ils savaient le lui rendre.
Elle devait tout de même avouer que cela avait été une expérience enrichissante mais ce n’était absolument pas son monde. Elle était entrain d’enlever sa tenue photo et le surplus de maquillage lorsque Catherine entra.
Catherine : Tu as été géniale !
Carolyn lui sourit. Elle était heureuse de voir sa sœur aussi satisfaite et enthousiaste. Cela faisait longtemps qu’elle ne l’avait pas vu ainsi.
Catherine : Polo t’adore ! Il ne jure que par toi !
Carolyn sourit en revoyant le photographe. Elle avait eu des débuts difficiles avec lui. Il était assez spécial mais il avait su la mettre à l’aise avec son style particulier.
Catherine : Tu vas devenir son mannequin vedette.
Carolyn était toujours entrain de se démaquiller.
Carolyn : Je ne suis, ni ne serais le mannequin de personne. Ce n’est pas du tout mon truc !
Catherine : Pourtant à te voir évoluer tout à l’heure, on aurait cru le contraire.
Carolyn se tourna vers sa sœur.
Carolyn : Je ne dis pas que cela ne m’a pas amusée de faire ça mais… je ne me vois pas faire ça tous les jours. C’est bien trop animé pour moi.
Catherine : Je comprends… en tout cas, je sens que les clients vont adorer. David adore déjà !
Carolyn regarda sa sœur avec un léger sourire. Taquiner Catherine au sujet de son patron était devenu un peu une habitude depuis un certain temps dans la famille James. Et elle jugea que cette fois c’était à son tour de s’amuser !
Carolyn : David ??
Catherine comprit ce que voulait sous entendre Carolyn.
Catherine : C’est lui qui a insisté pour que nous l’appelions par son prénom et je te signale que Jack l’appelle aussi David.
Carolyn : Je n’ai rien dis !
Catherine : Non mais tu y as pensé !
Carolyn fini de se démaquiller puis ramassa ses affaires et sortit en compagnie de Catherine. Jack et David se trouvaient avec Polo entrain de visionner sur écran les photos de la séance. Catherine et Carolyn les rejoignirent. Les 3 hommes se tournèrent vers elles.
Polo : Tu as été magnifique… ce teint et ce regard, un vrai chef d’œuvre !
Carolyn lui sourit pour le remercier.
David : Polo a raison. Les photos de cet après-midi sont très réussies et cela correspond tout à fait à ce que nous cherchions.
David regarda Catherine et Jack. A cet instant, on entendit deux petites voix d’enfants.
Enfants : Maman !!!
Le groupe se retourna et vit Thomas, Léa et Joe se diriger vers eux. Les petits se jetèrent dans les bras de leur mère. Joe arriva et salua les personnes présentes puis embrassa sa femme.
Elle était surprise de les voir mais heureuse de les retrouver. Et puis c’était tellement rare que Joe puisse se libérer la journée qu’elle en avait perdu l’habitude. Elle avait l’impression de se retrouver à l’époque de la fac, lorsque Joe venait la chercher en fin de journée. Elle sourit.
Joe : Comment s’est passée la séance ?
Polo : Votre femme est splendide, c’est un bonheur de travailler avec ce visage.
Joe sourit aux propos de Polo. Il paraissait totalement envoûté par Carolyn. Qui ne le serait pas ? Elle avait cette beauté naturelle qui émanait d’elle. Mais ce qui l’avait charmé chez elle, en premier, c’était ses yeux et son regard. Joe avait un sourire et un regard emplis de fierté pour sa femme. Il l’admirait depuis toujours et elle avait cette capacité à toujours le surprendre. Et c’était ce qu’elle avait fait en acceptant la proposition de son frère et sa sœur, elle avait relevé le défi comme toujours. C’était sa force aussi, s’adapter aux situations.
Jack : La PAO n’a plus qu’à mettre tout ça en page dans la maquette qu’on leur a fournit… et on sera paré pour vendredi soir !
David : Pour clore cette journée intense de travail, je vous invite tous à dîner !
Carolyn : C’est très gentil mais je suis assez fatiguée et j’aimerai bien rentrée et profiter un peu de mes enfants.
Elle regardait Thomas et Léa qui étaient entrain de s’amuser devant les miroirs. Elle sentit la main de Joe resserrer la sienne. Pour une fois, ils allaient pouvoir passer une soirée en famille. Et bien qu’elle ait appréciée les personnes avec qui elle avait travaillé, Carolyn n’avait qu’une idée en tête profiter de sa petite famille. C’était tout ce dont elle avait besoin à présent, après cette journée d’agitation, rien de tel qu’une soirée en toute simplicité avec son mari et ses deux petits bouts.
David : Je comprends !
Carolyn & Joe : Bonne soirée !
Main dans la main, Carolyn et Joe allèrent chercher leurs enfants et quittèrent le studio. David se tourna vers les autres personnes.
Polo : Moi, il faut absolument que je développe ces petits chef-d’œuvres.
Il se tourna vers Jack.
Polo : Promettez-moi d’essayer de convaincre votre sœur de retravailler avec moi ?!
Jack : Je veux bien essayer mais je ne vous promets pas une réponse positive. Ce n’est pas du tout son univers. Mais j’essaierai !
Polo : Merci ! Vous êtes un amour !
Polo prit Jack dans ses bras avant d’aller chercher son matériel.
Jack regarda David et Catherine et comprit à cet instant qu’il ferait mieux de les laisser en tête à tête. Cela ferait énormément de bien à sa sœur de se laisser aller et il savait que David l’aiderait dans cette direction.
Jack : Je suis désolé moi aussi, mais j’ai promis à Annabeth que l’on passerait la soirée ensemble et je dois avouer que ces derniers temps, je l’ai un peu délaissé.
Il eut le droit à un regard assassin de Catherine. Elle savait très bien qu’il n’avait pas délaissé Annabeth et que celle-ci comprendrait très bien s’il lui expliquait qu’il avait un dîner.
Elle avait très bien comprit pourquoi il faisait tout cela et elle lui en voulait. Elle était assez grande pour avoir des rendez-vous toute seule sans que son frère s’en mêle. Et elle n’avait aucune envie d’avoir une relation en ce moment, loin de là.
David : Vous avez raison ! Vous avez bien mérité une soirée en amoureux.
David lui sourit. Il pouvait très bien imaginer ce que pouvait ressentir Jack et puis il devait avouer qu’il était heureux de se retrouver en tête avec Catherine. Mais en voyant le visage de la jeune femme, il comprit que cela ne devait pas être réciproque. Il n’allait tout de même pas abandonner aussi facilement.
David : Bonne soirée !
Jack : Merci ! A vous aussi !
Jack regarda une dernière fois Catherine avant de les quitter. Il savait qu’il allait se faire tuer lorsqu’elle allait rentrer mais c’était pour une bonne cause. Il sourit. Il avait l’impression d’entendre Annabeth. Elle commençait sérieusement à déteindre sur lui.
David : Je crois que nous ne sommes plus que deux !
Catherine se tourna face à lui et elle le vit la regarder en souriant, ce sourire qui l’agaçait au plus haut point car il la faisait craquer.
Catherine : Nous pouvons remettre le dîner à plus tard…
David : Vous avez si peur que ça de vous retrouver seule avec moi ?
Ils se défièrent un long moment du regard et David n’abandonna pas la partie si facilement.
Catherine : Je ne voudrais pas accaparer votre soirée. Vous avez sûrement des choses plus intéressantes à faire ce soir ?!
David : Pas le moins du monde ! Je suis tout à vous !
Il avait de nouveau ce fameux sourire. Et même si elle n’appréciait pas comment les choses s’étaient déroulées, l’idée de dîner avec David la séduisait assez.
Catherine : Très bien alors je vous suis !
Il lui sourit à nouveau et lui fit signe d’avancer.
Jardin des James
Sara sortit par la porte fenêtre du salon pour se retrouver sur la terrasse, elle la traversa pour atteindre le jardin où son père était installé dans un transat. Matt était confortablement installé à l’ombre d’un arbre et lisait une revue.
Sara : Papa ?
Matt ne releva pas la tête trop concentré.
Matt : hum ?
Sara : Tu sais où est maman ?
Matt leva enfin les yeux sur sa fille et lui sourit gentiment.
Matt : Elle est à son cours de peinture à cette heure-ci.
Sara : Ha oui c’est vrai, j’avais oublié.
Matt : Tu avais besoin d’elle ?
Sara : Non non…ça attendra !
Matt lui sourit et se replongea dans sa lecture. Sara resta plantée devant lui.
Sara : Tu lis quoi ?
Matt : La revue mensuelle des vétérinaires !
Sara ne put réprimer un sourire.
Sara : Tu ne décroches pas hein ?
Matt : J’aime me tenir au courant des progrès qui sont fait, y a-t-il mal a cela ?
Sara : Non pas du tout c’est bien !
Ils se sourirent puis Matt se replongea à nouveau dans sa revue, mais il releva la tête presque aussitôt voyant que Sara ne bougeait toujours pas.
Matt : Tu as quelque chose à me demander ?
Sara : Heu…oui
Matt : Si c’est pour la voiture on en a déjà parlé Sara, tu la prends quand tu veux !
Sara : Non non ça n’a rien à voir…là c’est important.
Matt : Pourquoi prendre la voiture pour aller boire un verre en ville ce n’est pas important ?!
Sara : Papa !
Il sourit à sa propre plaisanterie.
Matt : Alors qui y’a-t-il ?
Sara : Tu es sûre que je ne te dérange pas, tu étais en train de lire et…
Matt : Sara ! Tu sais que l’avantage d’être retraité c’est de pouvoir gérer son temps comme on l’entend…et là si tu veux j’ai du temps à t’accorder.
Sara : Merci.
Matt : Alors de quoi s’agit-il ?
Sara baissa tout à coup les yeux, elle semblait hésitante. Elle n’avait guère l’habitude de discuter avec son père. Bien que depuis qu’elle était étudiante et avait mûrie, elle parvenait à avoir des conversations intéressantes avec son père. Mais elle discutait beaucoup plus avec sa mère. Elle décida de se jeter à l’eau, elle avait besoin des conseils de son père, et peut-être même d’un soutien.
Sara : J’ai vu Lisa Sanders…
Son père fixa Sara attendant la suite.
Sara : Tu sais je faisais du basket avec elle.
Matt : Oui je me souviens d’elle, qu’est-ce qu’elle devient ?
Sara : heu…elle fait des études de commerces…en fait Lisa m’a appelé car elle a un projet qui pourrait m’intéresser…
Matt referma sa revue et se retourna entièrement vers sa fille, il la toisa du regard.
Matt : Sara tu veux bien arrêter de tourner autour du pot s’il te plait.
Sara soupira devant l’impatience de son père.
Sara : Elle voudrait remonter une équipe de basket à Bloomsburg et…elle voudrait que j’en fasse partie…
Matt se leva du transat, posa sa revue sur la table non loin et fit quelques pas. Sara le sentait tendu tout comme elle l’était. Le sujet était délicat pour elle, et pour lui elle savait la déception que l’arrêt de son sport avait engendrée. Ils n’en avaient jamais parlé tous les deux, car elle savait qu’elle l’avait déçue.
Matt : Je croyais que le basket c’était fini pour toi ?
Sara : Je n’ai pas dit que j’allais reprendre.
Matt : Mais tu viens m’en parler quand même !
Sara : Je…je ne sais pas…ça rappelle beaucoup de choses et…je me dis que ça peut être à envisager…mais pour le moment il n’y a rien de sûr, il faut recruter des filles, se trouver un coach…
Elle s’arrêta dans sa tirade.
Matt : Qu’est-ce que tu as réellement envie de faire ?
Sara : Par moment je me dis que j’ai arrêté le basket et c’est pas pour rien, que ce n’est plus mon sport…mais la majorité du temps…ça me démange de reprendre ! Mais je ne sais pas si j’en suis capable !
Matt : Tu étais une très bonne joueuse tu le sais, et ça ne se perd pas comme ça.
Sara releva les yeux sur son père. Cela devait être une des premières fois où il lui faisait un compliment. Elle avait toujours su qu’il était fier d’elle quand elle jouait au basket, parce qu’il aimait les valeurs qu’inculquaient ce sport. Mais il ne lui avait jamais dit, elle l’avait ressenti c’était tout. Comme la déception quand elle avait tout plaqué.
Sara : Si je m’en tiens à ce que me dit souvent une amie, rien n’arrive par hasard et si Lisa revient me chercher il y a peut-être une raison…et je ne m’étais pas rendue compte combien le basket me manquait…
Elle marqua une pause.
Sara : Et puis je crois qu’il est l’heure de la revanche…
Matt : La revanche ?
Sara : Sur moi-même…je viens de comprendre que j’ai arrêté pour les mauvaises raisons, et la seule façon d’oublier cet échec, de passer à autre chose est peut-être tout simplement de reprendre plaisir à jouer !
Matt : Oui probablement !
Sara soupira de contentement, elle avait beaucoup cogité depuis qu’elle avait vu Lisa. Elle était plongée dans l’indécision, mais en parlant avec son père c’est comme si la situation s’était éclaircie peu à peu. Elle était quasiment sûre de la décision qu’elle allait prendre.
Matt : Tu sembles oublier quelque chose Sara.
Sara : Quoi donc ?
Matt : Tes études ! Si tu reprends le basket, tu penses pouvoir combiner le temps que va te demander les entraînements, les matchs et ton travail pour la fac ?
Sara reçut ces propos comme une gifle en pleine figure. Elle n’avait pas pensé une seule fois à l’université et pourtant la rentrée approchait. Quand elle avait envisagé la possibilité de reprendre, elle s’était surtout concentrée sur son jeu, sa condition physique, sa capacité à reprendre…mais en aucun cas elle n’avait pensé à ses études.
Sara : Je…je ne sais pas !
Matt : Il faut bien y réfléchir Sara, tu ne peux pas te permettre de mettre ton année universitaire en jeu pour un loisir !
Après un dernier regard en direction de sa fille, Matt prit le chemin de la maison. Sara resta plantée là interdite, pendant quelques secondes. Alors c’était tout ? Il la laissait comme ça ?
Elle n’en revenait pas. Elle s’attendait à un soutien de sa part, lui qui aimait tant la voir pratiquer ce sport.
Mais non pour lui il y avait plus important qu’un « loisir » comme il disait : les études. Matt avait toujours été très exigeant envers ses enfants quand il s’agissait d’études, car il voulait qu’ils réussissent pour qu’ils puissent choisir le métier qui leur plairait. Et il avait toujours poussé ses enfants à faire des études, il les avait toujours encouragé.
Elle aurait dû s’en douter !
Elle avait quasiment pris sa décision, mais les propos de son père venaient tout remettre en cause. Elle doutait à nouveau. Saurait-elle combiner basket et études ? Il était hors de question qu’elle mette en péril son année de fac, elle avait trop donné et travaillé pour en arriver là ! Et malheureusement elle le savait, il lui fallait énormément de temps pour travailler, elle n’était pas sûre à présent qu’elle pouvait faire les deux !
Elle s’assit sur le transat, et se laissa aller contre le dossier.
Encore une fois, elle allait devoir faire un sacrifice pour ses études !
En ville,
Restaurant
Le restaurant était très simple et très agréable. La soirée se déroulait plutôt bien. Ils avaient tout d’abord commencé à parler du travail puis ils en étaient vite arrivés à parler de Catherine, Carolyn, Jack et le reste de sa famille.
Catherine : Croyez-moi, avec 5 enfants comme nous, ma mère n’a pas eu le temps de s’ennuyer.
David : Je veux bien vous croire !
Catherine continua de manger. David avait terminé et la regardait. Elle leva les yeux et lui sourit timidement.
Catherine : Et vous, vous avez des frères et sœurs ?
David : Non. Je suis enfant unique !
Catherine : Vous auriez aimé en avoir ?
David : Oui. Et je dois vous avouer que lorsque j’ai rencontré votre famille, je vous ai envié… mais mes parents n’arrivaient déjà pas à s’occuper d’un seul enfant alors je ne préfère pas imaginer ce que cela aurait été si j’avais eu un frère ou une sœur !
Catherine : Vous parents travaillaient beaucoup ?
David : Si l’on peut dire ! La société familiale est beaucoup plus importante pour mon père que son propre fils et ma mère a dû choisir entre boire ou s’occuper de son fils. Le choix a été vite fait.
Il s’arrêta. Catherine le fixa. Il disait cela avec un tel détachement que cela faisait presque peur. Un détachement qui était probablement apparent. Il avait sûrement pansé ses plaies mais son regard était d’une telle noirceur qu’elle en fut surprise. Devant la stupéfaction de la jeune femme, il tint à clarifier ses propos.
David : J’ai appris à vivre avec et je sais que ma famille, est celle que je fonderais avec la femme que j’aimerais.
Catherine frissonna suite au regard que venait de lui envoyer David. Elle lui sourit et essaya de reprendre le dessus.
Catherine : Je vois que vous savez ce que vous voulez. Je suis même sûre que vous savez le nombre d’enfants que vous voulez ?!
David : Ca, c’est une chose qui se décide à deux !
Il posa ses avants bras sur la table et se pencha légèrement vers elle.
David : Mais arrêtons de parler de moi. Parlons de nous !
Catherine fut étonnée de sa remarque et en rougit presque. Elle l’imita et se rapprocha de lui.
Catherine : Parce qu’il y a un nous ?!
Ils se soutinrent du regard un long moment avant que David ne sourit.
David : Vous ne seriez pas là avec moi si ce n’était pas le cas.
Fin de soirée
Maison des James
Charlie était dans la cuisine depuis quelques minutes, elle venait de boire une infusion. Elle était épuisée et à bout de nerfs. La journée avait été longue, elle n’avait rien fait de particulier mais elle avait hâte de monter et de se coucher. Elle croyait encore naïvement que son infusion allait l’apaiser, mais elle était dans un état tel que rien ne pouvait la calmer. Elle était comme ça impulsive, une boule de nerfs, elle était une écorchée vive.
Elle n’avait rien fait de spécial aujourd’hui mais c’était le genre de journée qui lui donnait la sensation ne pas avancer et que c’était encore une journée de fichu en l’air car elle n’avait réussit à rien faire.
La matinée avec les filles avaient été sympa au piano bar et avait réveillé de bons vieux souvenirs mais l’après-midi avait été beaucoup moins agréable. Elle avait essayé de travailler sur certaines de ces créations mais elle n’avait rien sortit de potable. Depuis quelque temps, elle ne faisait plus rien de bien !
Qu’espérait-elle avec un travail comme ça !
Perdue dans ses pensées, elle sursauta au petit « bip » provenant du lave vaisselle qui indiquait que le lavage était terminé.
Elle se leva lentement poussa un énorme soupir de lassitude et décida de vider le lave vaisselle. Elle savait que si elle ou ses sœurs ne le faisaient pas, sa mère s’empresserait de le vider aimant toujours que sa maison soit nette.