9 – Le Dernier Souffle

part 1

 

 

Auteur : EnfantTV et FandeSérie

E-mail : chelseajoyce@wanadoo.fr et reika@tiscali.fr

Genre : aventure, romance

Résumé : Un attentat a eu lieu au cœur de Washington D.C. faisant plusieurs blessés quelques minutes avant l’heure d’ouverture des bureaux.

 

Note de l'auteur : Les personnages et les lieux sont la propriété de la PAX. Ce fanfic a pour but de divertir les fans de la série Sue Thomas, FBEye.

 

Il fait partie d’une saison 4 virtuelle que nous sommes entrain d’écrire.

 

 

8h52, rue de Washington D.C.

 

De la fumée était visible à des kilomètres à la ronde. On pouvait distinguer la lueur des sirènes et les cris des personnes. Des hurlements dans ce décor de fin du monde qui raisonnaient jusqu’à l’horizon. C’était au cœur de la ville, une épaisse fumée volait dans les airs présageant un désastre imminent.

 

Les secours se hâtaient dans l’évacuation des blessés et des victimes. Des personnes encore prises sous les décombres fumantes sortaient du bâtiment. La force de l’explosion avait soufflé une partie importante des locaux qui s’étaient effondrés comme un château de cartes.

 

Une véritable scène de désolation se trouvait en ces lieux. Les ambulances arrivaient et repartaient de manière incessante, jouant un cercle vicieux entre départs de arrivées. Les hurlements des blessés et les pneus des ambulances qui crissaient sur le bitume, s’empressant de rejoindre les hôpitaux au bord de la saturation, se faisaient entendre depuis déjà un long moment.

 

L’endroit avait perdu de sa prestance et son visage emblématique alors qu’à certain moment, des gravas tombaient du bâtiment sous les yeux des personnes évacuées impuissantes et déboussolées.

 

Les pompiers étaient déjà sur les lieux et éteignaient les petits foyers de feu qui risquaient de déclencher un incendie alors que d’autres hommes du feu aidaient des rescapés à évacuer les lieux en ôtant des morceaux de pierre sur leur chemin.

 

La poussière rendait la scène presque aveuglante. Seules les tenues des pompiers, d’un jaune vif, laissaient apercevoir un semblant de vie tandis que les sirènes des pompiers et des policiers étaient recouvertes par le bruit fracassant des pierres qui chutaient du bâtiment sur la chaussée. Une petite foule de curieux et de reporters se trouvaient à proximité de ce lieu de désolation qui animait les rues de Washington D.C.

 

Les passants comme les journalistes, accompagnés de leur caméramans, regardaient la fumée fuir dans les airs alors que la liste des disparus était en train de s’allonger au fil des minutes. Un périmètre de sécurité avait été mis en place pour soigner les blessés légers et répertorier le personnel.

 

Tout cela semblait invraisemblable. Les gens restaient presque immobiles à regarder autour d’eux. Ils ne comprenaient pas ce qu’il venait de se passer. Tout était arrivé bien trop vite et personne n’aurait pu imaginer une chose pareille. Ce bâtiment semblait si intouchable… imprenable… et pourtant il venait de subir sa plus grosse blessure… aujourd’hui, après cette explosion.

 

Un engin explosif, une bombe, avait fait s’écrouler une partie du bâtiment, cet endroit si sécurisé. Tous ceux qui avaient eu la chance de sortir indemne du lieu de l’explosion regardaient horrifiés le bâtiment défiguré par l’attentat qu’ils venaient de vivre.

 

Ce lieu était une cible potentielle de terroristes mais les systèmes de sécurité mis en place étaient infranchissables. Les mesures de sécurité étaient fiables, les vigiles attentifs, tout avait été fait pour que rien n’arrive, la sécurité était à son maximum. Enfin presque…

 

Mais le cauchemar n’était pas fini. Il continuait. Toutes ces personnes encore disparues et toute cette folie autour d’eux. Non rien n’était encore fini.

 

La peur se lisait sur tous les visages, que ce soit sur celui des rescapés ou celui des sauveteurs. L’explosion avait ébranlé bien plus que le bâtiment.

 

Les rescapés erraient dans les rues sans savoir où aller. Encore bien trop secoués par ce qu’il venait de se passer. Tout autour d’eux avait été secoué par le souffle et l’agitation des secouristes et des personnes souhaitant partir d’ici ou plus vite, se mélangeait dans un ballet incessant.

 

L’édifice n’allait pas rester debout bien longtemps. Les secours devaient faire vite avant qu’il ne s’effondre car des vies étaient en jeu. Les vies d’agents du FBI qui ne faisaient que protéger leur pays.

 

Elle se tenait là… seule au milieu de toute cette agitation. Elle regardait toute cette effervescence autour d’elle et pourtant, elle était entourée d’un immense silence… un silence qu’elle connaissait si bien mais qui pour la première fois depuis longtemps, la terrifiait.

 

Elle resserra la couverture sur ses épaules, tremblante de froid et de peur, ne sachant pas quoi faire. Elle n’arrivait toujours pas à réaliser ce qu’il venait de lui arriver… de leur arriver. La mort venait de faire son apparition dans sa vie, bien plus qu’en temps normal. Elle pouvait même dire qu’elle venait de la frôler.

 

Elle regardait toujours autour d’elle. La scène semblait se dérouler au ralenti. Les pompiers transportaient leur matériel ou aidaient des blessés à se mettre en lieu sur, près des équipes de soins.

 

Elle ne voulait pas y croire… tout cela lui semblait si… il n’y avait pas de mots pour expliquer ce qu’elle ressentait à cette instant face à tout ça : de la peur, de la colère, de l’impuissance… tout ces sentiments se mélangeaient en elle.

 

Elle se trouvait assise à son bureau lorsque la bombe avait explosé, faisant vibrer les vitres du bureau ainsi que le bâtiment lui-même. Elle avait vu sur le visage de ses collègues l’effroi de la situation. Et là, elle avait imaginé le pire… mais jamais elle n’aurait pu imaginer une chose pareille.

 

Elle n’avait pas compris au début que le bâtiment avait été touché par une explosion. Elle savait que Washington n’était pas vraiment sujet à des tremblements de terre mais sait-on jamais. Elle s’était retenue à son bureau et cherchait à garder l’équilibre tant bien que mal en essayant de comprendre sur les lèvres de ses collègues ce qu’il se passait. Elle n’avait rien pu comprendre.

 

Après quelques secondes, elle vit plusieurs personnes passer dans le couloir en courant, c’est alors qu’elle comprit. Ce n’était pas un simple tremblement de terre. Quelque chose d’anormal et de plus dévastateur venait de se produire.

 

Le bâtiment continuait à trembler, les vitres explosaient de toutes parts. Ils s’étaient tous mis à terre pour essayer de se protéger le mieux possible mais tout autour d’eux tombait. Elle pouvait sentir le sol vibrer de façon irrégulière.

 

Bobby et Myles accoururent dans le bureau, elle savait alors qu’elle devait s’en aller si elle voulait rester en vie. La peur, la crainte et l’instinct de survie reprirent le dessus. Elle regarda le visage des deux hommes qui parlaient en face d’elle.

 

Bobby : Vite, dehors !

Myles : Allez ! Vite !

 

Les deux hommes aidaient Sue et Tara à se relever en les pressant. Le bâtiment continuait à s’écrouler de tous les côtés.

 

Lévy s’était plaqué au sol sous l’effet du tremblement. Sue avait récupéré la laisse de son chien et l’avait attaché à son collier pour qu’il puisse la suivre.

 

Elle avait suivit Bobby qui tenait la main de Tara. Il ouvrait le chemin à travers l’épaisse fumée alors que Lucy lui tenait la main et qu’elle serrait fortement la laisse de Lévy dans l’autre. Il les avait emmené à l’extérieur des locaux en passant par la cage d’escalier, Myles fermant la marche du groupe.

 

Les escaliers avaient semblés interminables. Ils n’y voyaient rien et y respirer devenait de plus en plus difficile. Il y avait énormément de monde dans la cage d’escalier mais la descente se fit dans un certain calme et tout le monde pu enfin sortir de cet enfer.

 

Mais ils comprirent vite que l’enfer n’était pas qu’à l’intérieur. Lorsqu’ils sortirent et qu’ils virent toute cette fumée, ces papiers, ces débris voler dans tous les sens, ils réalisèrent ce qu’il venait de se produire. De vieux souvenirs refirent leur apparition.

 

Alors que Sue et Lucy s’arrêtaient sous le choc de cette vue, Myles les poussa pour qu’elle continue à avancer. Ils fallaient qu’ils se mettent à l’abri. Les secours étaient vite arrivés. Il y avait eu un jeu d’ambulance, de camions de pompiers et ils avaient été vite pris en charge.

 

D’après les premiers témoignages, la bombe aurait explosé à l’intérieur du bâtiment fédéral. C’était donc très bien organisé pour qu’elle puisse être placé là. Il avait touché le cœur de cette organisation et c’est ce qu’ils souhaitaient.

 

Levy vint se serrer contre sa maîtresse qui baissa la tête vers lui. Sue caressa son chien sur la tête. Il lui avait sauté dessus lorsque l’alarme avait retentit à l’intérieur du bâtiment pour la prévenir d’évacuer. Ce chien était une bénédiction pour elle. Il était toujours à ses côtés et elle pouvait compter sur lui à chaque moment important.

 

Elle releva les yeux et continua d’observer autour d’elle. Après avoir réaliser quelque peu ce qu’il venait de se passer et après avoir reprit quelque peu ses esprits, elle n’avait pas pu s’empêcher de se demander où était Jack. Et la peur et l’angoisse firent leur apparition.

 

Elle espérait de tout son cœur qu’il ne se trouvait pas dans le bâtiment à cet instant. Il avait quitté le bureau très tôt ce matin là pour aller faire une course avait-il dit. Elle espérait sincèrement qu’il soin sain et sauf. Mais où pouvait-il être ?

 

Alors que Sue gratifiait Lévy d’une énième caresse, Lucy et Tara s’approchèrent de leur amie toutes aussi choquées qu’elle, de la vision chaotique qui se déroulait sous leurs yeux.

 

Tara posa sa main sur l’épaule de Sue pour lui indiquer leur présence. Elle sursauta légèrement et s’attendit à voir Jack devant elle. Elle sentit son estomac se nouer une nouvelle fois lorsqu’elle vit ses amies. Elles avaient, elles aussi, une couverture sur les épaules.

 

Tara : Ca va ?

 

Sue ne répondit pas. Bien trop secouée par ce qu’il venait de se passer. Les larmes avaient pris possession d’elle mais elle ne voulait pas craquer avant qu’elle ait des nouvelles de Jack.

 

Les filles comprirent très bien ce silence et firent de même. Toutes les trois se regardèrent, l’inquiétude se lisant dans leurs yeux. Elles sentirent un vent froid glacial leur parcourir le dos. Elles auraient pu être sous les décombres, où à l’hôpital dans un état critique. Mais ce n’était pas le cas. Elles étaient en vie et elles remerciaient le ciel de les avoir épargnées.

 

Sue voyait Bobby et Myles qui parlaient ensemble, Wallace, un peu plus loin, qui discutaient avec un pompier. Elle regarda de l’autre côté et aperçu Sam, le vigile de l’immeuble, soigné par un médecin, une jeune assistante du laboratoire, plusieurs autres agents du bureau qui se faisait accompagné à l’hôpital...

 

Sue sentit son cœur battre la chamade. Elle regarda autour d’elle une seconde fois, elle devait en être sûre, elle avait dû le manquer. Avec toute cette agitation c’était normal. Elle sentit son pouls s’accélérer alors qu’elle tourna presque sur elle-même afin de le voir surgir d’un coin mais en vain. Où était-il ? Il devait être parmi eux, là à parler avec quelqu’un, assis dans un endroit qu’elle n’avait pas vu.

 

Tara et Lucy regardèrent leur amie avant que Sue ne se décide à regarder alors ses deux amies. Elle avait le visage pâle, ce qui inquiéta ses amies.

 

Lucy : Sue ? Tu es toute pâle.

Tara : Est-ce que ça va ?

 

Sue déglutit difficilement. Elle sentait que quelque chose n’allait pas. Que quelque se passait et qu’elle ne contrôlait plus rien. Elle regarda, les yeux embués, ses deux amies.

 

Sue : Vous n’avez pas vu Jack ?

 

 

GENERIQUE

 

 

9h32, Rue de Washington D.C.

 

Tara et Lucy se regardèrent avant de lancer des regards interrogateurs en direction des personnes qui se trouvaient sur place. C’est vrai qu’elles n’avaient pas vraiment eu le temps de regarder qui manquait à l’appel. Elles avaient fui sans penser aux autres membres de l’équipe, la peur et la panique prenant le dessus. Elles scrutèrent les environs avant de se tourner vers Sue.

 

Tara : Maintenant que tu le dis…je ne le vois pas.

Sue : Vous êtes sûres ? On a peut-être mal regardé ?

Lucy : Dem non plus n’est pas là.

Sue : Ils doivent être ensemble, pas très loin.

 

Les trois jeunes femmes se regardèrent avant d’avancer, d’un pas commun vers Wallace qui parlait toujours avec un pompier. Au fur et à mesure qu’elles s’approchaient d’elle, elles purent remarquer que le pompier qui était avec elle n’était autre que le chef des opérations.

 

Wallace remarqua la mine inquiète des trois jeunes femmes qui s’avançaient vers elle.

 

Wallace : Qu’est-ce qu’il se passe ???

 

Elle n’aimait pas ce qu’elle lisait dans les yeux des 3 femmes. Un léger silence fit son apparition. Elles osèrent à peine dire cette phrase, de peur de la réponse que pourrait leur donner Wallace et ou le chef des opérations.

 

Tara prit les devant, quelque peu hésitante.

 

Tara : Il… Il manque des membres de l’équipe.

 

Wallace imita les jeunes femmes tout à l’heure en regardant autour d’elle. Elle regarda le pompier en face d’elle.

 

Sue : Dem et Jack ne sont pas là.

 

Wallace se tourna vers Sue et vit son désarroi. Ce qu’elle comprenait tout à fait.

 

Wallace : (à Lucy) Où étaient-ils avant l’explosion ?

Lucy : Dem m’a dit qu’il devait aller au parking

 

Elle marqua une pause.

 

Lucy : Tandis que pour Jack…je ne l’ai pas vu.

 

Toutes les trois regardèrent Sue. Elles savaient que si Jack allait quelque part, la première personne informée serait Sue. Mais c’était sans compter les événements qui s’étaient déroulés il y a quelques jours.

 

Flash back

 

Elle le regarda pour qu’il se confie à elle. Jack prit une grande inspiration. C’était si difficile pour lui parler de cela, de se le remémorer et surtout de revivre ce moment, même si Sue n’était pas celle qui l’avait fait souffrir.

 

Jack : Des souvenirs qui sont revenus et qui m’ont fait me rappeler que j’avais souffert à une époque lorsque la femme que j’aimais m’avait trahi. Mal parce que j’avais peur de te perdre de la même manière et que je ne voulais pas que cela recommencer encore…et surtout pas avec toi.

Sue : Mais je n’ai aucun sentiment envers Tim.

Jack : Mais l’autre soir, j’ai cru que je te perdais, je n’étais pas prêt à supporter ça.

Sue : Mais tu ne m’as pas perdue.

Jack : Seulement des choses ont changés en moi…Je ne suis pas sûr que je puisse me pardonner ce qui t’as fait de la peine et surtout arriver à revivre ce qui m’a fait souffrir à l’époque.

 

Sue fixa Jack, elle ne savait pas pourquoi, tout au fond d’elle, elle redoutait ce moment, elle craignait les mots qu’ils allaient dire.

 

Sue : Et qu’est-ce que tu veux faire ?

 

Jack resta un long moment silencieux à la regarder. Elle lui manquait temps et il savait que cela allait être dur pour tout les deux. Mais il fallait qu’il guérisse une bonne fois pour toute de cette blessure.

 

Jack : Je crois que…j’ai besoin de temps.

 

Sue resta paralysée par ses paroles.

 

Jack : J’ai besoin de temps pour réfléchir à tout ça.

 

Sue n’avait pas bougé. Jack la regarda, un air triste sur le visage. Il avait souffert bien plus qu’elle ne pouvait l’imaginer. Il avait un regard perdu, comme un animal blessé qui cherchait un endroit pour se mettre à l’abri sans que personne ne le trouve.

 

Jack : Je devrais y aller.

 

Fin du flash back

 

Elle s’était disputée avec lui depuis un moment. Mais depuis leur querelle, chaque chose qu’il faisait, elle l’observait du coin de l’œil, espérant qu’il lui lancerait un signe qui pourrait lui redonner de l’espoir.

 

Sue avait beaucoup pleuré depuis leur séparation. Chaque fois qu’elle se retrouvait seule, elle ne pouvait s’empêcher de se remémorer leur dernier échange et la demande de Jack.

 

«  J’ai besoin de temps. »

 

Personne dans l’équipe n’était au courant. Même pas Lucy. Sue n’avait pas eu la force de lui dire et de lui expliquer. La seule personne qui était au courant était AbbyGail mais elle lui avait promit de garder le secret et elle avait tenu sa promesse.

 

Ils ne voulaient pas que l’attitude des autres soit modifiée. C’était leur problème, leur décision mais l’équipe ne leur facilitait pas les choses et n’arrêtaient pas de faire des allusions sur leur relation et continuaient de les taquiner.

 

Et pourtant, chacun avait pu remarquer que les petits regards, que le couple s’échangeait avant, avaient disparus et même si parfois ils surprenaient Sue entrain de regarder Jack du coin de l’œil ou inversement, ils ne parlaient que très peu. Mais personne n’avait osé aborder le sujet ; pourtant Bobby et Lucy en avaient déjà parlé. Ils avaient décidé de laisser leurs amis venir vers eux et que cela ne servirait à rien de se mêler de leurs affaires si ils ne le souhaitaient pas. Les choses avaient déjà l’air assez compliquées comme cela.

 

Ils étaient passés maître dans l’art et la manière de s’éviter sans vraiment le montrer. Cela faisait presque une semaine que ce petit jeu avait commencé sous les yeux de Bobby, Myles, Tara, Demetrius, Lucy et surtout Wallace, qui savait que les événements de ces derniers jours avaient affecté le couple de l’équipe.

 

Sue avait cependant croisé Jack un peu plus tôt dans la matinée. Ils n’avaient pas vraiment parlé car elle ne voulait pas brusquer les choses, elle pressentait que Jack avait besoin de temps. Et pourtant elle aurait tellement voulu pouvoir simplement lui demander comment ça allait, avoir de ses nouvelles.

 

Sue regarda Wallace, Lucy et Tara, tour à tour.

 

Sue : Je n’ai aucune idée d’où est-ce qu’il peut être.

 

Sa voix venait de se briser. Quelque chose en elle venait de se briser. Sue avait le regard perdu, un regard rempli de détresse. Elle cherchait à se convaincre qu’il ne devait pas être bien loin. Elle avait les yeux remplis de larmes lorsqu’elle releva la tête en direction des trois jeunes femmes qui se tenaient en face d’elle.

 

Elle n’arrivait pas à croire qu’il n’était pas là, c’était certainement à cause de cette agitation qui régnait. Il devait être ailleurs et personne ne l’avait vu. C’était sûrement ça, ça ne pouvait être que ça. Elle mit son visage dans ses mains, elle devait faire un cauchemar. Elle ferma les yeux et se remémora les mots qu’elle avait échangés avec lui un peu plus tôt.

 

Flash back

 

Bâtiment du FBI

Couloir du bâtiment

 

Elle sortait de l’ascenseur pour rejoindre le bureau. Elle avait passé la matinée à analyser ce qui s’était passé avec Jack. Comme chaque jours. Elle se remémorait chaque moments, chaque paroles échangées pour essayer de comprendre.

 

Alors qu’elle pénétrait dans le bureau, il se trouvait là, une tasse à café à la main, regardant les photos de leurs dernières affaires encore épinglées sur le tableau. Elle resta un moment à l’observer. Il avait les traits tendus et ne semblait pas vraiment reposé. Tout cela le secouait autant qu’elle, si ce n’est plus avec ce qu’il avait vécu auparavant.

 

Il se tourna vers elle et la vit dans l’embrasure de la porte. Elle resta un moment pétrifiée, à savoir qui de lui ou d’elle romprait le silence qui s’était installé.

 

Jack : Bonjour.

 

Sue baissa la tête et alla rapidement à son bureau tout en faisant un petit signe de la main pour répondre à ce bonjour rapide.

 

Il ne l’avait pas quitté des yeux et elle sentait son regard sur elle. Elle releva les yeux et tomba sur son regard. Ce matin, en sortant de son appartement, elle s’était promis de faire le premier pas, mais là, devant lui, elle perdait légèrement pied.

 

 Elle ne savait pas comment aborder la question. En une semaine, elle n’avait échangé que quelques mots d’usage avec Jack. Et elle ne pouvait plus continuer comme cela. Elle avait besoin de le retrouver.

 

Pourquoi avait-elle si peur ? Elle voulait comprendre, le soutenir dans cette épreuve. Elle avait senti qu’il avait mal et elle se devait de l’épauler…même si elle allait réveiller de mauvais souvenir.

 

Elle était en partie responsable de ce que Jack vivait en ce moment, mais elle devait être là pour qu’il sache qu’elle ne l’abandonnerait pas. Il avait été là pour elle quand elle avait eu des moments difficiles. C’était à son tour d’agir. Elle prit son courage à deux mains et s’avança vers lui, d’un pas hésitant.

 

Sue : (petite voix) Jack ?

 

Jack se tourna et fit face à Sue, tenant une autre tasse de café dans la main.

 

Jack : Oui ?

 

Il s’approcha et lui tendit la tasse de café. Elle sentit la joie l’envahir. C’était peut-être idiot mais c’était le premier signe de rapprochement depuis leur « pause ». Elle lui sourit et prit la tasse qu’il lui proposait. Ils se regardèrent un long moment avant qu’elle n’ose enfin continuer.

 

Sue : (gênée) Ca te dirais qu’on aille déjeuner ensemble ?

 

Jack lança un petit regard à Sue. Elle essayait de l’aider mais il n’était pas encore prêt. Il esquissa un petit sourire avant de répondre.

 

Jack : J’ai pas mal de travail.

 

Sue baissa la tête résignée. Il n’était pas encore prêt, il souffrait trop. Si seulement elle pouvait faire plus ? Elle aurait tout donné pour qu’il puisse lui parler, lui expliquer ce qui le faisait souffrir.

 

Jack avait bien sentit que sa réponse avait fait de la peine à Sue. C’était justement ce qu’il ne voulait pas, la faire souffrir. Il posa sa main sur l’épaule de la jeune femme afin de lui montrer qu’il allait parler.

 

Jack : Mais je vais essayer de finir la paperasse.

 

Après cette petite discussion, Sue avait vu Jack quitter le bureau, les bras chargés de carton.

 

Fin du flash back

 

Sue n’arrivait pas à cacher ses peurs. Dès qu’elle voyait de l’agitation elle ne pouvait s’empêcher d’espérer que se soit lui que les secours sortaient des décombres. Elle voulait espérer et croire au fait que tout finirait par s’arranger. Il le fallait, elle ne pouvait pas croire qu’il était peut-être…mort.

 

Alors que le visage de Sue montrait toute la peur qu’elle pouvait ressentir, Wallace s’avança vers le pompier qui supervisait les secours.

 

Wallace : J’ai deux disparus potentiels.

Pompier : Deux agents ou deux civils ?

Wallace : Agents.

Pompier : Vous êtes certaines.

Wallace : L’agent Gans devait se trouver au parking lorsque…

 

Elle s’arrêta. Elle n’arrivait pas à le dire.

 

Wallace : Nous ne savons pas où se trouvait l’agent Hudson… mais nous sommes presque certain qu’il se trouvait dans le bâtiment...

Pompier : Les recherches ne sont pas finies. Nous continuons d’évacuer des blessés. Mais nous devons y aller prudemment… les structures ne sont pas stables.

 

Le visage du pompier se ferma quelque peu.

 

Pompier : L’accès aux niveaux inférieurs est impossible pour le moment.

 

Wallace se sentait impuissante. Elle savait que les secours faisaient leur maximum et qu’il y avait de nombreuses choses à faire… mais elle ne pouvait s’empêcher de se faire du souci pour ses deux agents.

 

Pompier : Nous allons faire notre maximum pour dégager un accès… pour le moment je vous demanderais de me faire une liste complète des personnes disparues… vous devriez vous renseigner auprès des hôpitaux. Plusieurs blessés ont déjà été sortit des décombres.

Wallace : Je vous fais ça. Merci !

 

Le pompier la salua d’un signe de tête et s’en alla en direction d’un groupe de chercheur alors que Wallace se tourna vers les trois jeunes femmes qui n’avaient rien manqué de la conversation.

 

Lucy : Alors ?

Wallace : Pour le moment on ne peut qu’attendre.

Sue : Attendre ?

 

Sue voulait être sûre qu’elle avait bien lu sur les lèvres de sa supérieur.

 

Wallace : Les pompiers doivent sécuriser la zone avant que les recherches puissent commencer et nous n’aurons pas accès au bâtiment avant un long moment.

Tara : Mais Jack et Demetrius ?

Wallace : Je vais essayer d’accélérer les recherches mais je ne peux pas faire plus pour le moment.

 

Wallace posa sa main sur l’épaule de Sue pour la réconforter. Elle voyait bien que l’explosion l’avait chamboulée, sans compter la disparition de Jack. Elle n’était pas douée pour trouver les mots appropriés et dans ces situations là, il n’y a jamais de bons mots à dire.

 

Sue leva les yeux vers elle. Elle ne savait plus quoi faire. Elle se sentait totalement dépassée et elle n’avait qu’une envie que tout cela s’arrête. Que tout redevienne comme avant. Cette force qu’elle pu lire dans le regard de Wallace l’aida à reprendre confiance et à tenir le coup.

 

Wallace vit arriver une voiture de pompier et esquissa un rapide sourire avant de partir à la rencontre des deux hommes qui en descendirent. Sue la regarda s’éloigner. Rien ne s’était arrêté, tout continuait. Il fallait qu’ils continuent. Ils devaient retrouver Jack.

 

Lucy serra Sue contre elle. Elles en avaient besoin toutes les deux. La peur qu’elles avaient ressentie était inimaginable. Personne n’aurait pu imaginer une chose pareille. Elle était encore sous le choc de l’explosion et elles avaient encore l’impression de sentir les vibrations et les secousses du bâtiment.

 

Lucy se tourna vers son amie pour que celle-ci puisse la voir.

 

Lucy : (en signant) Ca ira ?

 

Sue la regarda un long moment les larmes aux yeux. Elle fit signe de la tête que non. Elle laissa les larmes couler.

 

Sue : Jack est toujours là, dans le bâtiment, quelque part...

 

Tara et Lucy se regardèrent. Elles imaginaient très bien ce que pouvait ressentir Sue à cet instant. Elle se faisait aussi énormément de soucis pour Jack. Mais pour Sue c’était différent. La personne a qui elle tenait le plus au monde se trouvait peut-être quelque part sous ces décombres.

 

Elles devaient l’aider à tenir le coup.

 

Tara : Où alors il est déjà à l’hôpital et s’inquiète pour toi.

 

Sue regarda Tara. Elle voulait y croire… croire qu’il était sain et sauf. Mais après ce qu’il s’était passé entre eux, elle doutait qu’il puisse s’inquiéter pour elle. Une petite voix en elle lui rappela qu’il avait toujours des sentiments pour elle et que ce n’était pas ça le problème…. Et que connaissant Jack, il se ferait du souci pour Sue.

 

Mais elle avait aussi cette sensation qui lui nouait le ventre et qui lui disait que Jack avait des problèmes et elle ne pouvait pas enlever cette idée de son esprit.

 

Tara avait lancé un regard de réconfort vers ses amies avant de reporter son attention sur Bobby qui parlait avec Myles et un autre agent.

 

Elle comprenait la réaction de Sue. Si les rôles avaient été inversés elle serait sans aucun doute, elle aussi très inquiète. Voir Bobby en face d’elle la rassurait. Elle aurait soulevé ciel et terre pour le retrouver, alors la réaction de Sue était compréhensible.

 

Les trois jeunes femmes reportèrent leurs attentions autour d’elle. Elles ne pouvaient être spectatrices de tout ce qui se passait autour d’elles. La poussière était toujours présente et ne semblait jamais se disperser. Des documents volaient encore dans tous les sens… comme si cela tombait directement du ciel.

 

Il fallait qu’elle la trouve. Elle était là ! Elle devait être là ! Il fallait qu’elle soit là ! Une vision d’horreur se trouvait sous les yeux alors qu’elle cherchait une connaissance dans la foule des agents sur place. Elle avait la respiration haletante et le pouls rapide.

 

Elle allait en cours lorsqu’elle avait entendu à la radio qu’une bombe avait explosé dans le bâtiment du FBI. Elle était descendue du bus et avait courut jusqu’au bâtiment dont elle avait vu une partie s’effondrer. Elle avait cru que son cœur allait s’arrêter sur place. Sa mère, avec qui elle commençait à reprendre contact se trouvait dans ce bâtiment, Sue, sa colocataire, son amie, elle aussi devait se trouver là. Elle l’avait entendu faire les cents pas le matin même. Et puis, il y avait aussi Bobby, Tara, Lucy, Jack et Myles…eux aussi devaient déjà être au bureau.

 

Elle marcha le plus vite possible entre les passants qui observaient le bâtiment défiguré par l’attentat. Elle essayait de se rapprocher de l’entrée, le cœur battant la chamade. Elle avait appelé son père, entre temps pour le prévenir. Elle ne pourrait pas supporter cette épreuve toute seule. Elle avait déjà fait un deuil, celui de sa mère et de ses nouveaux amis serait trop dur à supporter pour elle seule.

 

Elle avança jusqu’au cordon de sécurité et chercha du regard un visage familier. Elle eut les larmes aux yeux lorsqu’elle l’aperçu parler avec un pompier. Elle resta sans voix pendant quelques secondes avant de l’appeler dans la foule. Elle avait eu tellement peur de perdre cet être si cher à con cœur qu’elle franchi le cordon sous le regard d’un policier qui la retint par le bras.

 

Wallace : (au policier) Laissez-la passer !

 

Abby se jeta littéralement dans les bras de sa mère. Elle essayait de ne pas trop pleurer mais la peur de la perdre et toute cette angoisse refirent surface. Elle ne voulait pas pleurer mais elle ne put se retenir. Elle s’accrocha à sa mère comme si c’était une question de survie.

 

Elle serra sa mère contre elle aussi fort qu’elle put, elle voulait la sentir vivante contre elle. Elles avaient déjà perdu un membre de leur famille alors si elle devait la perdre…elle se sentirait anéantie. Malgré les différents qui les avaient opposés, elles essayaient de repartir de zéro pour devenir au moins amies.

 

Elles se détachèrent quelque peu et Wallace regarda sa fille en posa sa main sur sa joue. Elle lui sourit légèrement pour la rassurer quelque peu.

 

Wallace : Tout va bien, ma chérie !

 

Abby regarda sa mère. Elle avait eu si peur. Elle était encore toute tremblante et sa mère le remarqua.

 

Abby : Maman… qu’est-ce… qu’est-ce qu’il s’est passé ?

 

Wallace regarda sa fille. Que pouvait-elle lui répondre ? Elle en avait une petite idée mais c’était tout. Tout était arrivé trop vite pour qu’ils puissent savoir ce qui leur arrivait.

 

Wallace : Je n’en sais rien !

 

Abby vit sa mère, pour la première fois, désemparée et touchée. Elle qui d’habitude était si forte et si dure.

 

Abby : Et… et les autres ?

 

Wallace se tourna vers une ambulance où son équipe avait pris position. Elle se sentit un peu mieux de voir que ces trois jeunes femmes semblaient en bonne santé.

 

Elle s’avança jusqu’à elle, accompagnée de sa mère. Elle serra ses amies contre elle par la joie de les revoir saines et sauves. Elle pleurait légèrement mais tout cela était beaucoup trop pour elle pour qu’elle fasse semblant que tout allait bien.  Elle était trop touchée pour ça.

 

Abby : Je suis si contente que vous n’ayez rien.

Lucy : Il n’y a que des blessées pour le moment.

 

Mais Abby remarqua l’air inquiet de ses amies. Elle comprit tout de suite que quelque chose n’allait pas. Elle regarda autour d’elle et put voir Bobby et Myles qui venaient dans leur direction.

 

Bobby : Salut Abby !

Myles : Abby !

 

Abby se retint de pleurer. Elle avait eu si peur pour eux. C’était un peu comme une nouvelle famille pour elle depuis qu’elle avait emménagé avec Sue. Elle serra Bobby contre elle avant de regarder Myles et de répéter son geste. Une fois l’accolade terminée, elle esquissa un petit sourire.

 

Abby : Et Jack et Dem ?

 

Un silence plana. Les trois jeunes femmes savaient que leurs deux amis étaient manquants. Mais Bobby et Myles ne semblaient pas au courant. Ils avaient aidé à l’évacuation.

 

Tara : Nous ne savons pas où ils se trouvent.

Bobby : Quoi ?

Myles : Comment ça ?

 

Un nouveau silence s’installa. Ils avaient tous une petite idée de l’endroit où ils pouvaient être. Sue ne pu s’empêcher de regarder en direction du bâtiment ou plutôt de ce qu’il en restait.

 

Bobby et Myles comprirent tout de suite. Ils allaient se diriger vers les services de secours lorsque Wallace les arrêta.

 

Wallace : Les secours font tout leur possible pour les retrouver…

Bobby : Si ils sont là dessous…

Wallace : Je sais… mais laissez les faire leur travail. Ils savent ce qu’ils font. Nous ne ferions que les retarder.

Abby : Ils sont peut-être déjà sortis… ils sont peut-être emmenés par une ambulance.

Wallace : C’est ce que j’essais de découvrir !

 

Elle les regarda une dernière fois avant de retourner chercher des informations.

 

Abby s’avança vers Sue et posa sa main sur son épaule. Elle savait que c’était elle qui devait être la plus inquiète de tous. L’homme qu’elle aimait avait disparu et se trouvait peut-être coincé là-dessous. Elle ne pouvait qu’imaginer ce qu’elle devait ressentir et elle se sentit mal pour son amie.

 

Elle regarda Sue avec beaucoup d’inquiétude. La disparition de Jack rendait Sue très soucieuse. Elle n’avait jamais encore vu son amie comme cela. Elle avait remarqué que leur relation n’était pas au beau fixe ces derniers temps mais elle savait aussi à quel point ces deux là pouvaient s’aimer et tenir l’un à l’autre.

 

Sue ne lui avait pas donné de détails mais elle savait qu’ils se voyaient plus en dehors du bureau. Les moments qu’ils partageaient ensemble en dehors du bureau avaient cessé depuis quelques jours déjà. Ces moments où ils étaient heureux de leur amour et voulaient le vivre pleinement.

 

Flash back

 

Appartement de Sue et Abby

 

Il était minuit passé. Sue n’était pas encore rentrée, c’était dans ses habitudes depuis qu’elle fréquentait Jack. Abby ne pouvait pas lui en vouloir, ils formaient un si joli couple tous les deux. Et puis, elle aussi découchait parfois…même si ce n’était que lorsqu’elle allait réviser chez une amie.

 

Elle commençait à croire que le plan de sa mère fonctionnait. Depuis qu’elle habitait ici, elle avait une vie beaucoup plus calme et beaucoup plus sérieuse que lorsqu’elle était sur le campus. Mais elle devait avouer qu’elle appréciait. Elle avait l’impression de faire plus attention à elle.

 

Et puis elle aimait vivre ici avec Sue même si celle-ci avait une vie sentimentale plus agitée que la sienne. Elle sourit. Après ses examens, elle allait se concentrer sur cette partie de sa vie.

 

Alors qu’elle essayait de se concentrer sur sa traduction de latin, Abby entendit un bruit de clés dans la serrure. C’était sans doute Sue qui rentrait enfin. Elle tendit un peu plus l’oreille et ses doutes furent confirmés. C’était bien Sue.

 

 Elle ne put s’empêcher d’aller l’espionner. Après tout, elle avait passé un contrat avec Lucy pour savoir ce qui se passait et un interrogatoire en règle s’imposait. Connaissant Lucy, elle allait lui demander tous les détails comme à son habitude.

 

Elle déposa son livre sur le lit et entrouvrit la porte de sa chambre. Elle regarda dans le couloir. Sue devait être encore dans l’entrée et d’ici, elle ne verrait absolument rien. Elle ôta ses chaussures pour ne pas que Jack ou Lévy ne l’entendent et sortit le plus discrètement possible.

 

Elle avait de qui tenir. Sa mère était un des meilleurs agents et avait fait partie de la garde rapprochée du Président. Elle connaissait tout ce qu’il y avait besoin de savoir sur les techniques d’espionnage. Ca allait lui servir. Elle se baissa pour arriver au milieu du salon avant de s’accroupir  jusqu’à l’entrée de l’appartement.

 

Elle entendait des rires de l’autre côté de la porte. Elle sourit à chaque fois, c’était la même chose. C’était les voix de Sue et Jack qui éclataient de rire. La soirée avait du être bonne. Abby se trouva un endroit stratégique pour pouvoir les espionner sans qu’ils ne s’en rendent compte.

 

La porte s’ouvrit légèrement. La lumière du couloir était allumée et permettait à Abby d’apercevoir les silhouettes de Sue et Jack sur le palier. Elle avait toujours ce petit sourire. Elle adorait les voir tout les deux. Ils étaient tellement… mignons.

 

Jack tenait Sue contre lui alors que Lévy pénétra dans l’appartement trop heureux de rentrer se coucher. Il trottina jusqu’à sa gamelle et commença à se désaltérer.

 

Abby observait les amoureux. Elle avait tout prévu. Elle avait emmené un verre au cas où elle serrait découverte pour faire croire qu’elle s’était levée pour prendre un verre d’eau.

 

Abby leva la tête et tomba nez à nez avec Lévy qui était content de la voir. Il se tenait devant elle en bougeant la queue. Abby poussa légèrement Lévy pour ne rien rater du rendez-vous du couple. Sue et Jack se trouvaient blottis dans les bras, l’un de l’autre.

 

Jack : Alors, tu regrettes ce dîner ?

Sue : Je regrette de ne pas avoir pu y aller avant.

 

Sue et Jack se sourirent avant d’échanger un baiser. Ils aimaient ses petits moments privilégiés, rien qu’à eux.

 

Sue : Tu veux…rentrer ?

 

Jack prit un air faussement choqué.

 

Jack : Je ne voudrais pas que vous abusiez d’un homme faible comme moi.

 

Sue éclata de rire alors qu’Abby dans son coin tentait d’étouffer les siens. Si elle continuait comme ça, elle allait se faire remarquer.

 

Sue : Alors je risque de vous paraître un peu cavalière monsieur.

 

Jack lança un petit regard amusé en direction de Sue avant de la prendre dans ses bras et de la porter tout en franchissant le pas de la porte.

 

Jack : Je suis un gentleman alors je vous conduirais jusque dans votre lit.

 

Elle rougit tout en se mordant la lèvre inférieure. Elle ne se reconnaissait plus mais elle adorait ça. Elle se sentait si bien avec lui.

 

Jack ne l’avait pas quitté du regard lorsqu’ils pénétrèrent dans l’appartement. Le regard qu’ils s’échangeaient était intense et empli de tendresse et il était clair que la soirée n’était pas finie.

 

Abby ne tenait pas en place. Voir ce couple si heureux la transportait de bonheur elle aussi. Elle était tellement excitée qu’elle fit tomber un pot de crayon qui se trouvait à côté de sa cachette.

 

Elle ferma les yeux espérant que Jack soit trop absorbé par Sue pour l’entendre et Sue trop absorbée par Jack pour ne pas l’avoir vue. Elle resta immobile un long moment avant de sentir des regards posés sur elle.

 

Elle ouvrit lentement les yeux, une petite grimace d’ennui sur le visage.

 

Abby : Je vous ai dérangé ?

 

Sue regarda Abby d’un air accusateur avant de lui répondre.

 

Sue : Qu’est ce que tu fais là ?

Abby : (d’une petite voix) J’habite ici.

Sue : Abby !

 

Abby se souvint qu’elle tenait son verre dans la main.

 

Abby : J’étais venue boire un verre d’eau.

 

Abby ne savait plus où se mettre. C’était décidé, la prochaine fois, elle laisserait Lucy faire ce genre d’investigation à sa place…ou alors, elle remplirait le verre.

 

Fin du Flash back

 

Sue frémit. Elle avait sentit comme un courant d’air passer dans son dos. Un mauvais présage. Elle resserra la couverture sur ses épaules. Il fallait qu’elle tienne le coup. Elle devait être forte. 

 

Elle regarda les restes du bâtiment avec une grande crainte. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle sentait que quelque chose d’important se produisait et qu’elle devait à tout pris rester sur les lieux jusqu’à ce qu’ils aient retrouvé Demetrius et Jack.

 

Alors qu’elle avait les yeux rivés sur l’immeuble meurtri par l’explosion, Sue sentit une main se poser sur son épaule. Le reste de l’équipe se faisait eux aussi du souci pour leurs amis. Wallace se tenait près de Sue alors qu’un ambulancier avait rejoint le petit groupe.

 

Le regard de Wallace avait changé. Elle avait l’impression de revoir le regard que Wallace portait à Abby. Celle d’une mère. Cela toucha énormément Sue.

 

Wallace : Sue, est-ce que vous voulez allez à l’hôpital ?

 

Non. Il fallait qu’elle reste.

 

L’ambulancier esquissa un rapide sourire avant de prendre la parole. Il vit bien que Sue se faisait énormément de soucis.

 

Ambulancier : Je crois que la personne que vous cherchez est à l’hôpital Saint Matthew. Il a été transporté pour une légère contusion.

 

Un poids énorme s’enleva de sa poitrine mais elle ne pu s’en débarrasser totalement, pas tant qu’elle n’aurait pas vu Jack, sain et sauf. Elle lança un regard de soulagement en direction du jeune soigneur en face d’elle.

 

Elle n’arrivait pas à y croire. Elle allait pourvoir le retrouver à l’hôpital. Le savoir vivant lui redonnait confiance en la vie. Sue hocha la tête en signe affirmatif pour accompagner le jeune homme à l’hôpital.

 

Sue regarda ses amis. Elle ne pouvait pas affronter cela toute seule. Et puis si Jack ne voulait pas la voir ? Cette idée la terrifiait. Elle avait tellement envie de le retrouver et pouvoir le prendre dans ses bras et le serrer contre elle, le sentir vivant.

 

Elle regarda Bobby. Il avait remarqué son trouble. Elle ne savait pas vraiment si Bobby était au courant. Après tout, c’était le meilleur ami de Jack. Et elle savait qu’elle pouvait aussi compter sur lui. Elle lui sourit timidement et n’osa pas lui demander.

 

Bobby : Je t’accompagne !

 

Elle lui signa un « Merci » en lui souriant. Cela la rassurera de le savoir avec elle.

 

Bobby : J’ai mon portable si jamais y a du nouveau.

Myles : On vous appellera.

Lucy : Tenez nous au courant aussi.

 

Sue, Lévy et Bobby suivirent l’ambulancier qui allait à l’hôpital Saint Matthew.

 

 

9h 41, Immeuble du FBI

 

Il avait un mal de tête phénoménal. Il avait les oreilles qui sifflait et la poussière dans la salle où il se trouvait le fit tousser dès qu’il se releva. Enfin lorsqu’il tenta car à peine s’était-il redressé que sa tête lui tourna. Il se rallongea un instant pour reprendre ses esprits.

 

Il ouvrit à nouveau les yeux. La lumière de secours avait pris le relais mais il faisait encore très sombre. Il distinguait à peine ce qu’il se trouvait autour de lui. Mais il fallait qu’il se lève. Une douleur aux côtes le ralentit dans sa tentative. Il devait avoir fait une mauvaise chute.

 

Sa tête toucha le plafond, ou du moins ce qu’il en restait. Il regarda autour de lui. Il n’y avait pas âme qui vive. Que de la poussière et des débris un peu partout. Il se souvenait à peine de ce qu’il s’était passé… mais il n’en avait pas besoin de plus pour imaginer la suite. Vu l’état de l’endroit dans lequel il se trouvait, le bâtiment fédéral devait être dans un sale état. Il ne tiendrait pas longtemps debout.

 

Si les autres avaient eu le temps de quitter le bureau alors ils devaient être à sa recherche. Il savait qu’on ne l’abandonnerait pas aussi facilement. Il les connaissait assez pour avoir confiance en eux. Ils allaient venir le chercher. Et puis les secours connaissaient leur boulot.

 

Il s’appuya contre une paroi pour s’aider à se relever. Le lieu était méconnaissable. Il se trouvait dans le couloir, près de la salle des archives lorsque tout s’était écroulé. Il essaya de se repérer pour trouver une éventuelle sortie. Avec un peu de chance personne n’était blessé et il pourrait prendre deux bonnes semaines de congés bien mérité après cet incident.

 

Il ne devait pas perdre espoir, on comptait sur lui. Sa famille, ses amis…tous devaient s’inquiéter de son sort. Il avait encore son arme sur lui. Il vérifia qu’elle ne soit pas endommagée par l’explosion avant de compter le nombre de balle qu’il avait dans son chargeur. Il en aurait peut-être besoin. Ceux qui avaient fait cela étaient peut-être encore dans le coin.

 

Il regarda de l’autre côté de sa ceinture. Son téléphone portable avait eu moins de chance. Un énorme éclat sur l’écran, il était bon à jeter. Il s’avança un peu dans les locaux abandonnés, cherchant à faire savoir qu’il était là et à la recherche d’autres survivants.

 

Il cria pour essayer de se faire entendre mais il n’eut aucune réponse, malheureusement. Il espérait que les personnes présentes à ce niveau avaient pu évacuer avant que tout ne s’écroule et que c’est pour cela que personne ne réponde.

 

Il arpentait le couloir par tâtonnement. La visibilité étant faible, il devait faire attention à ne pas buter dans quelque chose ou quelqu’un. Il posa sa main contre le mur quand il entendit la voix d’un homme qui hurlait. Cela semblait être un écho qui venait du parking, l’endroit où il devait aller. Il fit demi-tour, se dirigeant vers l’ascenseur.

 

Demetrius prit la clé d’ouverture de secours de l’ascenseur et une fois les portes ouvertes, il se pencha et regarda à l’intérieur de la cabine d’ascenseur. La trappe sur le toit de la cabine était ouverte, le visage de Randy était visible grâce aux lumières de secours.

 

Demetrius : Randy ?

 

L’homme assis dans la cabine se redressa d’un bond. Il leva la tête vers la trappe et reconnu Demetrius qui se tenait à quelques étages au dessus de lui.

 

Randy : Agent Gans ? Faites quelque chose, je suis coincé dans l’ascenseur.

 

Dem resta un moment à réfléchir. Seul cela n’allait pas être simple… mais il devait aider son collègue.

 

Demetrius : Attendez !

 

 

10h37, Hôpital Saint Matthew

 

La circulation était au ralentie dans toutes les rues de Washington D.C. L’état d’alerte avait été enclenché et les contrôles de sécurité ralentissaient les véhicules. Le cauchemar recommençait. Cette atmosphère refaisait son apparition. Les gens avaient peur et cela se ressentait.

 

Le chemin parut interminable à Sue. Après plus d’une heure dans les embouteillages, Bobby, Sue et Lévy étaient arrivés à l’hôpital.

 

Sue arriva à l’accueil, de nombreuses personnes étaient assises ou couchées sur des brancards dans les couloirs de l’établissement hospitalier. Elle regarda rapidement pour essayer de voir le visage de Jack, sans résultat. Bobby se tenait auprès d’elle et Lévy. Il s’inquiétait pour ses amis. Une infirmière arriva dans la salle de box de l’accueil.

 

Infirmière : Je peux faire quelque chose ?

Sue : Je voudrais savoir si vous avez admis un agent fédéral nommé Jack Hudson.

 

L’infirmière regarda sur l’écran de son ordinateur avant de faire un signe négatif de la tête.

 

Infirmière : Non, je suis désolée.

Bobby : Essayez avec Jackson Hudson.

 

L’infirmière répéta ses gestes mais fit à nouveau un geste négatif de la tête.

 

Infirmière : Non.

 

Sue et Bobby se regardèrent lorsque l’infirmière attira leur attention.

 

Infirmière : Mais nous avons un homme non identifié dans la salle des soins. Il vient de sortir de la salle d’opération, c’est peut-être votre ami ?

Sue : Il a été opéré ?

Infirmière : Rien de très grave.

Bobby : Vous pouvez nous le décrire ?

Infirmière : Et bien…il est de taille moyenne, les cheveux brun, les yeux marron, plutôt joli garçon.

 

Sue n’arrivait pas à y croire. C’était peut-être lui et il était sain et sauf.

 

Bobby : C’est lui !

 

L’infirmière quitta son box et conduisit les deux personnes jusqu’à la salle de réanimation.

 

Plus les pas de Sue la rapprochait de la chambre, plus son cœur battait la chamade. Elle avait prié pour que tous s’en sorte et ce fût le cas. Ils arrivèrent devant la porte de la chambre. L’infirmière baissa la poignée de la porte et laissa entrée Bobby et Sue, impatient de voir leur ami.

 

Sue et Bobby restèrent immobiles. L’homme allongé sur le lit avait plusieurs appareils qui le maintenaient en vie. L’infirmière leur avait dit qu’il allait bien, elle remarqua que les deux personnes étaient un peu choquées de voir leur ami dans cet état. Elle tenta de les rassurer.

 

Infirmière : Rassurez-vous, c’est juste pour vérifier ses fonctions vitales. Il devrait se réveiller d’ici deux ou trois heures.

 

Bobby lança un regard menaçant en direction de la jeune femme.

 

Bobby : Vous voulez rire.

 

L’infirmière fut étonnée. La description correspondait, c’était un jeune homme d’une trentaine d’année, les cheveux brun qui était aussi agent dans le bureau.

 

Sue : Ce n’est pas Jack…

 

Sue sentit le sol se dérober sous ses pieds. Elle avait tellement espéré que se soit lui. Tout s’écroulait à nouveau. Jack n’était pas là. Il était encore là-bas.

 

Infirmière : Je suis désolée seulement vous m’avez demandez si ce n’était pas un agent et…

Bobby : Cet homme s’appelle Joshua Madison. Il est agent au FBI également mais ce n’est pas lui que nous cherchons.

 

Sue vacilla. Elle n’en pouvait plus. C’était trop d’émotions pour elle. Bobby la soutint et la fit s’asseoir sur une chaise. L’infirmière s’approcha.

 

Infirmière : Vous devriez vous reposer un peu…

 

Sue ne la regardait pas. Elle fixait un point invisible devant elle. Des doutes et d’affreuses pensées avaient fait leurs apparitions. Et si il était mort…. Les larmes coulaient le long de ses joues.

 

Bobby : Elle ne vous entend pas… elle est sourde.

 

Il posa sa main sur l’épaule de Sue pour lui dire qu’il allait parler mais elle ne leva pas les yeux. Jack était peut-être mort. Bobby s’accroupit en face d’elle et planta son regard dans le sien. Il posa sa main sur celle de la jeune femme. Elle leva ses yeux remplis de larmes vers lui.

 

Bobby : On va le retrouver… je te le promets.

 

Elle avait confiance… mais elle avait du mal à le croire. Elle s’était envahir par sa peur. Sa plus grande peur. Perdre Jack. 

 

 

11h 23, Immeuble du FBI

 

Sa tête lui faisait affreusement mal. C’est cette douleur qui l’avait fait revenir à lui. Mais lorsqu’il tenta d’ouvrir les yeux, la lumière l’en empêcha et ne fit que redoubler la douleur. Il posa sa main sur ses yeux.

 

Il retenta l’essai, doucement. Il réussit à entre apercevoir la pièce où il se trouvait et cela n’avait rien de réjouissant. Une étagère le retenait coincé dans la salle des archives et la poussière dans la pièce n’arrangeait en rien ses affaires. Il n’y voyait presque rien et cela lui était difficile de respirer.

 

Il essaya de se redresser quelque peu mais une douleur dans la poitrine et à la cheville le fit renoncer. Sa tête lui martelait et lui tournait encore mais il fallait qu’il sorte d’ici. Il regarda à ses pieds et pu voir que cela allait être plus facile à dire qu’à faire. 

 

Il avait la cheville bloquée par le poids du meuble….Ainsi que par un amas assez important de débris. Il essaya de s’extraire de là mais la douleur le rappela à l’ordre. Il n’était pas médecin mais il était sur d’avoir des côtes de cassées… et sa jambe ne devait pas être dans un meilleur état.

 

Il fallait qu’il se dégage de là. Sa position était très inconfortable et cette étagère pesait beaucoup trop sur lui.

 

Ce n’était vraiment pas sa semaine. Il aurait du rester couché et se faire porter malade. Surtout qu’il n’avait aucune envie de se retrouver au bureau, se retrouver face à Sue. Il essaya de la chasser de son esprit.

 

Il devait déposer les indices de leur dernière affaire avant de retourner au bureau pour se plonger dans une nouvelle enquête mais tout avait basculé.

 

L’explosion l’avait projeté violemment contre une bibliothèque, lui cassant quelques côtes et pour couronner le tout, l’étagère s’était effondrée sur lui, l’empêchant de sortir. Et ensuite, il ne se souvenait absolument plus de rien. C’était le trou noir.

 

D’abord Sue, maintenant ça, il devait vraiment être maudit pour que tout cela lui arrive. Ou peut-être que c’était un signe ? Un signe pour lui dire que la vie ne lui réserverait plus rien d’intéressant et qu’il ferait mieux d’abandonner.

 

La vie n’était peut-être pas si géniale que ça ! Il en avait ras le bol ! Il avait une folle envie d tout lâcher et c’est peut-être ce qu’il allait faire une fois sortie de là.

 

Il n’arrivait pas à comprendre pourquoi cela lui arrivait maintenant. La perte de Sue, sa dispute avec elle, le retour de Tim et les mauvais souvenirs qui allaient avec et par-dessus le marché, le fait qu’il soit coincé dans un bâtiment qui risquait de s’effondrer tôt ou tard…non, il ne comprenait pas. Pourquoi le sort s’acharnait-il autant contre lui ? N’avait-il pas assez souffert ?

 

Alors que la poussière se leva dans la pièce, Jack leva la tête et vit son reflet dans les débris de verre de la porte. Il était vraiment en mauvaise forme. Du sang coulait le long de son oreille. Son arcade sourcilière était ouverte et du sang en coulait. Il posa ses doigts sur la blessure. Acte qu’il regretta deux secondes après l’avoir fait. Cela faisait affreusement mal.

 

Et son mal de tête qui ne se calmait pas. Sa vue commençait même à se brouiller quelque peu. Et maintenant, il se sentait légèrement nauséeux. Ca se gâtait. Il était vraiment dans un sale état.

 

Il ferma les yeux pour essayer de calmer tout ça mais cela ne servit à rien. Il savait qu’il fallait qu’il sorte d’ici si il voulait s’en sortir. Il inspira un grand coup. Mauvaise idée. Cela déclencha une quinte de toux.

 

Au bout de plusieurs secondes, ça se calma mais la douleur dans sa poitrine avait doublé. Il ouvrit lentement les yeux pour éviter que la tête ne lui tourne à nouveau.

 

Il sentit une présence devant la porte de la pièce. Il avait du mal à distinguer ce qui se trouvait face à lui. La visibilité était très mauvaise et sa vision était quelque peu floue. Mais il aurait pu reconnaître cette silhouette entre mille. Il la connaissait par cœur.

 

Jack : Sue !!

 

La silhouette disparue.

 

Jack : Sue ! … Hey !! Je suis là !!!

 

Personne ne répondit et elle avait disparue. Il essaya de se redresser pour appeler une nouvelle fois mais une douleur aux côtes le cloua sur place. Il porta sa main sur son torse comme pour stopper la douleur mais cela n’arrangea rien. La douleur était aiguë. Ca devait être beaucoup plus grave qu’il ne le pensait.

 

Il ferma les yeux le temps que la douleur se calme. Il repensa à ce qu’il venait de se passer. Il avait sûrement du avoir une vision. Le coup à la tête qu’il avait du recevoir lui jouait des tours. Si ses souvenirs de cours de premiers soins étaient exacts, il fallait qu’il reste éveillé… mais il sentait déjà que cela allait être difficile. Il se sentait affreusement fatigué.

 

Il l’avait vu. Elle. Il n’arrivait pas à se détacher comme il le souhaitait. Non il savait qu’il tenait bien trop à elle et la voir… il en avait besoin. Pourtant les souvenirs de ces derniers jours refaisaient leur apparition. Il ouvrit les yeux et fixa un point devant lui. Lui qui avait eu peur de souffrir à nouveau, il était gâté aujourd’hui.

 

Flash back

 

Appartement de Jack

 

Il était assis sur le bord de son lit, la tête entre ses mains. Il n’arrivait pas à croire qu’ils en étaient arrivés là. Un simple baiser anodin qui ne représentait rien pour elle. Il en avait fait toute une montagne. Il était sortit de ses gonds Et cela avait été plus fort que lui.

 

Il avait quitté l’immeuble de Sue avec beaucoup de difficulté. Il avait voulu faire marche arrière, lui dire qu’il n’avait pas besoin de réfléchir et qu’il devait lui faire confiance mais cette petite voix au fond de lui, lui disait le contraire. Et elle avait été la plus forte.

 

A chaque seconde d’hésitation, cette petite voix lui rappelait la douleur qu’il avait ressentie à cette époque… ainsi que ce qu’il avait ressentit en voyant Sue embrasser un autre homme…. Et pas n’importe lequel. Cet homme là ! 

 

Ses vieux démons et vieux souvenirs avaient refait leur apparition et il n’avait rien pu faire contre. Il ne pouvait pas oublier. Il avait confié ses sentiments, il s’était livré à elle et cette femme l’avait trahit. Elle n’avait pas eu de honte à le faire souffrir, à jouer avec ses sentiments et le laisser en lui disant toutes ces choses.

 

Ses paroles l’avaient hantées de longs mois et il s’était investit totalement dans son travail pour essayer d’oublier avant de rentrer dans cette section. C’était eux qui l’avaient sauvé en quelque sorte. Ses amis, ses collègues… il leur devait beaucoup.

 

 

Comment avait-il pu laisser ses peurs lui faire tant de mal ? Il s’était pourtant promis de ne plus les laisser gagner. Il avait pensé que tout cela n’était que de l’histoire ancienne et pourtant il avait de nouveau mal et il savait qu’il n’était pas le seul. Elle aussi. Ses peurs lui avaient fait mal à elle aussi.

 

C’était peut-être un signe. Ils n’étaient peut-être pas fait pour être ensemble ? Ou alors elle n’était pas faite pour lui ? Il s’arrêta net dans ses pensées. Elles n’avaient rien de véridiques. Il savait qu’il essayait de se mentir. Oui, il se mentait et il n’arrivait pas à croire ce qu’il disait.

 

Et pourtant, il avait pris cette décision. Malgré la peine que cela pouvait leur faire à tout les deux, il voulait croire qu’il avait fait le bon choix. Elle était forte, plus qu’elle ne voulait le croire. Elle allait être triste quelques temps mais elle trouverait vite la force de continuer. C’était une femme à fort caractère, elle n’avait pas besoin de lui pour vivre heureuse et encore moins construire son avenir.

 

Alors, si il avait pris la bonne décision, pourquoi avait-il l’impression de ne pas être sincère ? IL essayait de se convaincre que Sue et lui n’avaient aucun avenir commun. Et pourtant, il savait pertinemment qu’il avait besoin d’elle dans sa vie et ça depuis le jour où elle était entrée dans son bureau.

 

Jack ferma les yeux. Le problème ne venait pas d’elle mais de lui. Il lui avait fait un beau discours sur la confiance mais en fin de compte, c’est lui qui était le moins fiable dans cette histoire. C’était lui qui n’avait pas confiance. Pas en elle, mais en lui-même.

 

Fin de flash back

 

Jack s’était retombé en arrière et avait laissé sa tête reposée. Des nausées commençaient à faire leur apparition et cela ce n’était pas bon signe et la fatigue commençait à l’envahir à son tour. Mais il fallait qu’il reste éveillé si il voulait s’en sortir.

 

Il fallait qu’il arrive à se dégager et à sortir d’ici. C’était une question de temps. Il le savait. Il prit sur lui pour se redresser malgré la douleur et essayer de dégager sa jambe. Mais l’étagère ne bougea pas d’un pouce. Dans un ultime effort, il réussit à la faire bouger de quelques centimètres mais sans plus et cela lui déclencha une quinte de toux.

 

Il porta sa main à sa bouche et vit qu’il crachait du sang. Il pouvait mettre une image sur sa douleur et maintenant il en était certain. Il était gravement atteint. Il se laissa de nouveau aller en arrière en espérant que l’hémorragie se calmerait.

 

Il essaya de se concentrer pour trouver une solution pour sortir ou pour que les secours puissent le trouver mais son esprit repartait inévitablement vers elle.

 

ET si il avait fait une erreur en repoussant Sue. Non… Il ne pouvait pas. Il ne se sentait pas la force revivre cela encore une fois. Et perdre Sue était impossible… invivable… et pourtant n’était-ce pas ce qui venait de se produire ? Non, là il pouvait encore être auprès d’elle tout en gardant une certaine distance. Faire partie de sa vie dans y être totalement. La garder à distance.

 

C’était peut-être stupide de sa part de penser ça mais il ne voulait pas montrer cette faiblesse. Certaines personnes auraient dit que c’était son ego de mâle qui prenait le dessus. Ne pas montrer ce qu’il pouvait ressentir, ce qu’il avait souffert à cette époque. Surtout pas vis-à-vis de Sue.

 

 

11h47, rue de Washington D.C.

 

L’équipe ne voulait pas rester là sans rien faire en attendant des nouvelles de l’hôpital par Sue et Bobby. Wallace avait établi un camp d’information pour recenser tous les agents qui étaient sortis des gravas et ceux qui étaient encore sur place.

 

Lucy, Tara, Abby et Myles avaient noté le nom des agents qui étaient encore sur les lieux. Une partie du personnel avait été retrouvé et répertorié sur les listes. Il ne manquait qu’une centaine de personnes dont Demetrius.

 

Wallace et les membres de l’équipe se retrouvèrent pour pouvoir faire le point.

 

Wallace : Alors ?

Tara : Selon les dernières estimations une dizaine de personnes seraient encore coincées.

Lucy : Pour la plupart, ils seraient dans le parking.

Wallace : Une petite poche de survie.

 

Le chef d’intervention s’approcha du groupe.

 

Pompier : Nous avons réussit à nous frayer un accès jusqu’au parking. Les débris semblent assez stables pour que nous puissions tenter une intervention. Vous avez le nombre de personnes qui pourraient se trouver là-dessous ?

Wallace : Oui (lui tendant la feuille) une dizaine de personnes.

 

Le pompier regarda la liste. Elle lui semblait bien longue…trop longue. Ces personnes devaient être rapidement évacuées avant que le bâtiment ne s’effondre.

 

Pompier : Très bien ! Je vais prévenir mon équipe. Nous allons commencer cet endroit (montrant un plan du parking). D’après mes gars, s’il y a des survivants ils doivent se trouver là.

 

Wallace acquiesça de la tête avant de se tourner vers les membres de son équipe. Le pompier s’éloigna et alla retrouver son équipe. Ils s’équipèrent tous.

 

Un silence s’installa. Chacun retenait son souffle. Ils virent les pompiers entrer dans le reste du bâtiment. A cet instant le portable de Myles sonna.

 

Myles : C’est Bobby ! (Au téléphone) Je t’écoute Bobby !

Bobby : (au téléphone) Je viens de sortir de l’hôpital avec Sue.

Myles : (au téléphone) Vous ne restez pas là-bas pour veiller sur Jack ?

Bobby : (au téléphone) On serait restés si c’était Jack !

 

Myles prit un air surpris inquiétant tous les membres de l’assistance. Ils espéraient tous avoir mal entendu.

 

Myles : (au téléphone) Ce n’est pas Jack…

 

Le regard de Lucy, Abby et Tara se croisèrent. Avaient-elles bien compris ce que venait de dire Myles ? C’était sûrement une erreur.

 

Myles : (au téléphone) D’accord, je vais prévenir les autres et on vous attends ici.

 

Myles coupa la communication alors que tous ceux qui étaient présent le regardaient. Il remit son téléphone à sa ceinture avant de prendre un visage plus grave.

 

Myles : C’était Bobby.

 

Il n’arrivait pas à y croire. Ils avaient tous cru, ils avaient tous espéré. Chacun avait peur d’entendre la suite. 

 

Myles : Bobby vient de me dire qu’ils sortent de l’hôpital.

 

Myles ne savait pas comment annoncer la chose.

 

Lucy : Et alors ?

Myles : Et bien…

Wallace : Leland arrêtez de nous faire languir !

 

Myles releva la tête. Il ne savait pas comment annoncer la nouvelle aux quatre jeunes femmes qui le regardaient avec de plus en plus de appréhension.

 

Myles : L’homme que Sue et Bobby ont vu à l’hôpital n’est pas Jack.

 

Les personnes en face de lui restèrent sous le choc. Si Jack n’était pas à l’hôpital, cela voulait dire que… ils regardèrent en direction du bâtiment en ruine. Wallace quitta son équipe.

 

 

11h50, Immeuble du FBI

 

Elle ne pouvait pas vraiment être là devant lui. Il délirait. Et pourtant elle était bien là. C’était bien elle, ce parfum qui flottait dans l’air, cette sensation lorsqu’elle se trouvait là, tout cela était vrai. C’était elle…. Oui c’était bien plus grave qu’il ne le pensait.

 

Elle devenait de plus en plus nette et il pouvait voir son regard planté dans le sien.  Il n’arrivait pas à décrire ce qu’il lisait à cet instant dans son regard. De la détermination, de la peine, de la douleur… ou peut-être un mélange des trois ?

 

Il la vit bouger les lèvres mais il n’entendit rien. Qu’essayait-elle de lui dire ? Les murs tremblèrent.

 

Il devait se ressaisir. L’immeuble était en mauvais état et risquait de s’écrouler à n’importe quel moment. Il regarda à nouveau dans sa direction. Elle se tenait toujours debout face à lui, le fixant.

 

Jack : Qu’est-ce que tu veux ?!

 

Il avait dit cela sur un ton sec. Elle ne devrait pas être là. Pourquoi devait-il à chaque fois penser à elle alors qu’il souhaitait l’oublier ou tout du moins s’éloigner d’elle ?

 

La silhouette resta silencieuse, fixant toujours Jack, le regard toujours aussi direct que tout à l’heure.

 

Jack : Tu devrais t’enfuir et me laisser…

 

Et voilà que maintenant il se mettait à parler à une hallucination.

 

Jack : Je ne suis bon à rien depuis quelques temps.

 

Elle avança de quelques pas vers lui. Jack la regarda. Cette envie de la protéger refit son apparition. Il ne fallait pas qu’elle reste là. C’était trop dangereux. Cela risquait de s’écrouler d’une minute à l’autre. Si quelque chose lui arrivait, il ne se le pardonnerait jamais, il se maudirait de ne pas l’avoir protéger.

 

Son esprit s’embrouillait. Il commençait à ne plus différencier le vrai du faux et son mal de crâne avait redoublé et il toussait de plus en plus.

 

Jack : Va-t-en !!

 

Elle le fixait toujours sans dire un mot. Pourquoi ne l’écoutait-elle pas ? Il fallait qu’elle sorte d’ici. Il ne supporterait pas de la perdre de cette manière. Il avait besoin d’elle et l’avoir à ses côtés lui faisait le plus grand bien… mais elle devait vivre.

 

Jack : Laisse-moi !!!!

 

Toujours aucuns mouvements.

 

Jack : Tu ne comprends pas ! Je ne veux pas de toi !!!

 

Il y eut enfin une réaction. Le regard de Sue se troubla légèrement.

 

Jack : Va-t-en !! Laisses-moi !

 

Elle le fixa un instant avant de disparaître doucement. Il ferma les yeux. Un nœud se forma dans sa gorge. Au moins, elle était en sécurité.

 

Il se sentit doucement partir. C’était plus fort que lui. Il ne pouvait plus lutter. Les douleurs étaient beaucoup plus fortes que lui et la fatigue gagnait du terrain. Pourquoi lutter ? Il était si fatigué.

 

Washington, hôpital

 

Bobby s’était éloigné pour téléphoner au reste de l’équipe, laissant Sue assise sur un banc, sa couverture toujours sur les épaules.

 

Elle y avait cru jusqu’au bout. Elle avait espéré revoir son visage rien qu’un instant, le savoir en vie. Même si cela signifiait se retrouver à nouveau dans cette relation froide qu’ils avaient juste avant tout cela.

 

Elle laissa ses larmes couler. Mais non. Le destin en avait voulu autrement. Ce n’était pas Jack et elle avait toujours cette drôle de sensation de catastrophe. Le pire était pourtant passé… enfin presque.

 

Elle ne supporterait pas que Jack… non il ne fallait qu’elle pense à ça. Non. Il était vivant. Il fallait qu’elle continue à y croire. Elle devait tenir le coup pour lui. Mais c’était trop dur. Elle laissa réellement sortir ses sanglots.

 

Bobby venait juste de raccrocher et se dirigea vers elle. Il ne savait pas quoi dire. Il ne savait pas si il y avait réellement quelque chose à dire. Il se contenta de s’asseoir à ses côtés et la prendre dans ses bras.

 

Elle se laissa aller contre lui.

 

Bâtiment FBI

 

Jack se réveilla suite à un éboulement non loin de lui. Il avait bien cru que sa dernière heure était arrivée.

 

La poussière le fit énormément tousser et il cracha beaucoup de sang et sa douleur aux côtes qui ne voulait pas cesser. Sa crise sa calma doucement.

 

Elle était encore là. Un sourire nerveux se dessina ses lèvres. Il arrivait à peine à garder les yeux ouverts. Son mal de tête avait redoublé et il avait l’impression qu’elle allait exploser. Le peu de lumière présent à cet endroit lui déclenchait de violentes migraines.

 

Il savait qu’elle était encore là. Il n’arrivait pas à la faire partir et elle ne changerait pas d’avis. Il ne la connaissait que trop bien, elle était si bornée parfois. Lorsqu’elle avait une idée en tête, il était difficile de l’en défaire. Si chez certaines personnes cela pouvait être un défaut, lui considérait cela chez elle comme une qualité. Elle avait toujours eut un bon instinct en ce qui concernait les gens qui l’entourait…sauf peut-être à son sujet.

 

Il ouvrit de nouveau difficilement les yeux et la vit s’avancer vers lui. Il n’était plus vraiment lui-même. Il délirait beaucoup depuis l’heure écoulée. Il ne distinguait plus la réalité de ses hallucinations.

 

Que faisait-elle encore là ? Pourquoi ne voulait-elle pas l’écouter ? Elle ne devait pas s’occuper de lui.

 

Jack : Combien de fois vais-je devoir te le répéter ? Je n’ai pas besoin de toi !!

 

La silhouette qu’il avait du mal à distinguer, s’arrêta. Jack ferma les yeux. Il ne croyait absolument en ce qu’il disait. Mais il ne savait plus quoi faire. Il porta la main sur ses yeux pour essayer de calmer la douleur et d’empêcher la lumière de passer.

 

Jack : Je suis désolé…

 

Il resta un moment dans cette position. Si jamais il venait à mourir là, entre ces murs….

 

Jack : Je …je ne devrais pas m’énerver contre toi.

 

Il enleva sa main et plissa les yeux pour améliorer sa vue.

 

Jack : Mais tu ne devrais pas être là !

 

Il la vit s’approcher. Ce dont il redoutait le plus allait arriver. Elle allait venir à ses côtés. Elle s’accroupit et posa doucement sa main sur sa joue. Ses défenses tombèrent à cet instant.

 

Il soupira en l’observant. C’était elle. Ces longs cheveux blonds, ce sourire qui lui faisait chavirer le cœur, la douceur de ces mains, ce parfum enivrant, cette présence…elle lui avait terriblement manqué depuis ces derniers jours.

 

Jack : Ma tête va exploser… et mes côtes me font un mal de chien… je crois que c’est plus sérieux que cela n’en à l’air !

 

Elle resta silencieuse, tout en caressant doucement sa joue de sa main. Il fit un effort et posa sa main sur la sienne.

 

Jack : Je sais que tu n’es pas réelle… mais je m’en fiche !

 

Il sourit à sa propre phrase. Il devait peut-être en profiter pour lui parler. Lui dire ce qu’il avait sur le cœur, qu’elle comprenne ce qui s’était passé pour qu’elle puisse se sentir innocente de cette histoire. Car elle l’était. C’était lui qui avait tout compliqué.

 

Il l’avait pratiquement accusée d’avoir coucher avec Tim … son pire cauchemar. Il avait préféré laisser ses peurs prendre le dessus que de lui faire confiance et pour cela il s’en voulait énormément. Il aurait pourtant du savoir que ce n’était que pour le travail. Que leur relation était bien plus forte.

 

Jack prit une grande inspiration pour chercher ses mots. Il devait être franc avec elle, même si c’était un peu tard. Et avant tout franc avec lui. Il devait enfin faire face et oublier une bonne fois pour toutes ses peurs.

 

Jack essaya de trouver une position adéquate pour qu’elle puisse voir qu’il était sincère et surtout désolé de ce qui s’était passé. La douleur le fit grimacer, il déglutit et commença à parler.

 

Jack : Je n’ai pas été totalement honnête avec toi…

 

Sue ne disait absolument rien et se contentait de le fixer.

 

Jack : J’ai eu une attitude dont je ne suis pas fier… tout a été tellement vite, tout s’est enchaîné et je n’ai rien pu arrêter…

 

Il toussa. Il avait de plus en plus de mal à respirer. Mais il voulait continuer.

 

Jack : J’aurais du t’en parler… bien avant.

 

Sue lança un regard attendrit en direction de Jack pour l’inciter à continuer. Elle avait toujours sa main posée sur la sienne pour qu’il sache qu’elle était à ses côtés, quoiqu’il puisse arriver.

 

Jack : Tout aurait été plus simple si je t’avais parlé… si je n’avais pas été si stupide et si buté.

 

Jack avala sa salive avec beaucoup de mal. Il avait du mal à rester éveillé mais il voulait à tout prix continuer.

 

Le regard de Sue se fit plus encore plus tendre. Jack la regarda. Il aimait la regarder, la sentir près de lui comme avant, avant cette dispute et cette séparation et surtout avant l’arrivée de Tim.

 

Flash back

 

Appartement de Jack

 

Il ne se lassait pas de la regarder dormir. Elle avait les yeux fermés, le drap recouvrant le corps de Sue et laissant juste paraître une partie de son dos dénudé.

 

Il soupira longuement. Des moments comme ceux-là, il donnerait n’importe quoi pour qu’ils ne s’arrêtent jamais. Il la regarda attendri par le faite qu’ils aient passé la nuit ensemble…encore une fois. Il savait déjà que dès qu’elle se réveillerait elle s’empresserait de retourner à son appartement.

 

Il passa le dos de sa main sur le visage assoupi de Sue. C’était trop tentant, la voir si belle et innocente, endormie et oubliant le reste du monde. Il sourit. Si on lui avait dit qu’il aimerait une femme telle que Sue, il ne l’aurait jamais cru. Une femme si belle et aussi fragile qu’il avait promis de protéger quoi qu’il en coûte.

 

Il avait du se remettre en question plusieurs fois pour savoir si ses sentiments envers cette femme ne risquait pas de briser leur carrière respective. Seulement, elle avait fait le premier pas et avait donné sa démission à Wallace. Elle lui avait prouvé qu’elle l’aimait plus que sa carrière au sein du FBI.

 

Maintenant, elle se trouvait à ses côtés, dormant paisiblement après avoir passé la soirée ensemble à dîner, rire, parler. Il l’aimait s’était évident et elle aussi. Comment avait-il pu vivre sans elle avant ?

 

Sue bougea légèrement. Elle sentit un regard posé sur elle. Elle sourit sachant déjà qui l’observait. Elle leva les yeux vers Jack qui continuait à la regarder. Ils s’échangèrent un sourire dont ils avaient le secret, à la fois complices, amis et amants.

 

Il en était sûr. C’était cette femme et aucune autre qui faisait battre son cœur de cette manière. Sue tira légèrement le drap pour se couvrir mais elle sentit une résistance comme si on tirait le drap dans le sens opposé. D’abord intriguée, elle regarda si le drap n’était pas coincé mais lorsqu’elle regarda de plus près, elle put constater que c’était Jack qui empêchait le drap de bouger, laissant par conséquent, le dos de Sue dénudé.

 

Elle leva la tête et dans un éclat de rire chercha des explications.

 

Sue : (sourire) Je peux savoir pourquoi tu tiens le drap ?

Jack : Tu n’en as pas besoin.

 

Sue rougit. Jack avait dit cela avec un regard très sincère. Ce regard qui la rendait spéciale et unique. Sue se tourna un peu plus en direction de Jack pour continuer la conversation.

 

Sue : (sourit) Mais si j’attrape froid tu seras l’unique responsable.

Jack : (sourire en coin) Je connais un moyen pour ne pas que tu prennes froid.

Sue : Et quel est donc ce moyen ?

 

Sue avait envie de le taquiner mais est-ce qu’elle pourrait résister à son regard qui la faisait frémir. Non, elle devait être plus forte, elle devait résister.

 

Jack : Tu veux un aperçu, sans doute ?

 

Pendant que Jack avait dit cela, il avait glissé sa main sous le drap et l’avait posée sur la hanche de la jeune femme dont les battements de cœur venaient de s’accélérer. Elle devait tenir. Elle ne devait pas succomber, elle le devait sinon elle n’aurait jamais le temps de rentrer à son appartement pour se changer.

 

Jack s'avançait dangereusement d’elle. Le visage à quelques centimètres du sien, il s’approcha lentement, l’effleurant de ses lèvres. Il se pencha pour parcourir le cou de Sue lentement, laissant son souffle frôlé la peau de la jeune femme. Après avoir atteint le milieu du cou, il y déposa un baiser par petites pressions successives mais très tendres. Il parcourut ainsi le corps de la jeune femme qui se cambra à chaque baiser placé à des endroits stratégiques. Elle était prise au piège.

 

Ils se détachèrent lentement l’un de l’autre. Jack regarda Sue dans les yeux. Elle se coucha sur le dos, tirant vers elle une partie du drap. Elle ne devait pas le laisser gagner si facilement. Elle esquissa un sourire avant de se lever.

 

Sue : Je connais quelqu’un qui a besoin d’une bonne douche froide.

 

Jack reposa sa tête sur sa main, le coude appuyé sur l’oreiller.

 

Jack : Et il aura de la compagnie ?

 

Sue rougit. Il n’en avait pas fini. Il voulait vraiment qu’elle craque. Mais elle n’avait pas dit son dernier mot.

 

Sue quitta la chambre, le drap la couvrant et sous le regard de Jack qui attendait une réponse. Elle se retourna dans sa direction, un petit sourire malicieux aux coins des lèvres.

 

Sue : C’est possible.

 

Elle s’enfuit alors en courant à travers l’appartement, Jack se leva d’un bond, la suivit et la rattrapa dans le couloir qui menait à la salle de bain. Elle poussa alors un cri, surprise par la rapidité de son poursuivant. Jack la souleva et la prit dans ses bras.

 

Jack : Je crois qu’il va être accompagné sous sa douche !

 

Sue éclata de rire alors que Jack la portait toujours. Ils se regardèrent tendrement avant, qu’avec le pied, Jack ne ferme la porte de la salle de bain.

 

Fin du flash back

 

 

C’était une période heureuse où il ne pensait pas à tout le mal qu’il allait lui faire. C’était de sa faute, il le savait. Il avait toujours tout gâché. Si ce n’était pas parce qu’il était trop pris par son travail, c’était parce qu’il ne pensait qu’à lui. Voilà pourquoi aucune femme ne faisait partie de sa vie…aucune depuis Sue.

 

Elle était différente et lui venait de tout détruire à cause de ce qu’il craignait. Elle ne méritait pas cela, elle méritait de vivre heureuse et de trouver un homme qui allait l’aimer autant qu’elle le méritait. Si ce n’était pas lui, alors il devait lui faire comprendre qu’il ne la méritait pas.

 

Il se sentit doucement partir dans l’inconscient. Non il n’avait pas terminé.

 

 

12h23, Rue de Washington D.C

 

Sue et Bobby étaient sur le chemin en direction du FBI, au du moins ce qu’il en restait. Elle avait cru que le monde allait s’écrouler autour d’elle lorsqu’elle avait vu le visage de l’homme allongé dans la chambre d’hôpital. Elle avait tenu le coup pour ne pas s’écrouler en plein milieu de cette chambre. Tous ses espoirs s’étaient évaporés à cet instant.

 

Elle avait prié pour que ce soit lui, pour qu’il n’ait rien, jusque quelques bleus tout au plus. Elle s’était enfin calmée. Les larmes avaient disparues pour laisser place à l’angoisse et la peur.

 

Elle regarda à côté d’elle. Bobby aussi était anxieux. Il avait essayé de la réconforter en lui disant que Jack devait être sorti des décombres ou qu’il devait les attendre dans un coin. Mais elle voyait bien que le cœur n’y était pas.

 

Sue tourna la tête et regarda dehors quelques instants avant de se concentrer sur son reflet dans la vitre de la voiture. Elle ne put s’empêcher de sourire. Elle se rappela de ce jour où Jack et elle avaient été dîner. A chaque fois qu’elle repensait à la façon dont il lui avait demandé, elle ne put que sourire, cette manière un peu maladroite qu’il avait dans le regard.

 

Flash back

 

Toute l’équipe était dans le bureau, à faire des recherches, du classement et des comptes-rendus de rapport quand elle reçut un e-mail. Elle n’y avait pas fait attention aux premiers abords puisqu’elle était concentrée dans son travail. Mais après quelques minutes, elle remarqua que le signal de nouveau mail clignotait.

 

Elle l’ouvrit pensant que cela devait être un mail envoyé par sa mère. Elle lui avait promis de l’appeler mais avec tout le travail et la fatigue qui s’étaient accumulés, elle avait complètement oublié.

 

Elle ouvrit sa page de messagerie et vit dans le sujet du mail « Envie d’évasion ?». Elle regarda l’expéditeur : l’Enflammé. Elle leva les yeux vers lui mais il fit semblant de ne pas la voir et continua son travail.

 

Elle sourit intérieurement. La curiosité la poussa à ne pas attendre davantage pour savoir ce que contenait le message.

 

Elle cliqua sur l’enveloppe désignant le message et lut son contenu.

 

« Chère femme de mes pensées,

 

Et si je vous proposais de vous évader avec un jeune homme, plutôt gentil, séduisant, avec beaucoup d’humour et une folle envie de donner de l’attention à une jolie femme…. Accepteriez-vous de dîner avec ce charmant jeune homme ? »

 

Sue ne put s’empêcher de sourire avant de lancer un regard malicieux en direction de Jack qui faisait l’innocent assis derrière son bureau.

 

Elle sourit de plus belle en pensant à la réponse qu’elle allait lui envoyer. Elle tapa son message aussi vite qu’elle le pu et tapa sur Enter.

 

Elle regarda la réaction de Jack qui sourit lorsqu’il vit qu’un message venait d’arriver. Quelques minutes plus tard, un second message s’afficha sur l’écran de Sue.

 

« Vous ne voulez pas n’importe quel homme ? Je vais regarder dans mon catalogue pour savoir ce que j’ai sous la main. »

 

Sue rit le plus discrètement possible lorsqu’elle reçut un autre mail.

 

« Premier candidat : Jack Hudson, sourire ravageur, se laissera guider par vous et satisfera tous vos désirs.

Second candidat : Lévy, golden retriever, sympathique qui aime courir après les balles et aime les lapins en peluche »

 

Sue envoya la réponse et regarda la réaction de Jack qui sursauta sur sa chaise.

Il fixa Sue avant de signer.

 

Jack : (en signe) Lévy ! Tu préfères dîner avec Lévy ?

 

Jack remarqua que Lucy venait de rentrer dans le bureau et lança un regard lourd de sens en direction de Sue. Lucy s’arrêta net au milieu du bureau et regard à tour de rôle Sue puis Jack.

 

Lucy : Vous nous cachez quelques choses tous les deux ?

 

Jack et Sue se regardèrent, un petit air d’ange sur le visage.

 

Jack : Pas du tout !

Sue : Tu te fais des idées.

 

Fin du flash back

 

Le regard de Sue s’assombrit de nouveau. Depuis ces derniers jours, ce genre de chose avait disparu. Il n’y avait plus aucune attention de ce style.

 

Elle finissait à son travail et rentrait directement à l’appartement. Elle ne mangeait presque pas cherchant des prétextes pour ne pas pleurer devant Abby et filait dans sa chambre où elle allait se morfondre sur ce qui lui arrivait.

 

Elle ressassait dans sa tête les raisons de leur rupture mais ne trouvait rien de logique. Sans oublier l’intervention de Wallace qui avait remis une partie de leur doute en jeu. Elle ne savait plus ce qu’elle devait faire. Elle posa sa tête contre l’appui-tête dans la voiture en laissant échapper un long soupir lourd de sens.

 

Elle ferma les yeux. Elle n’y arrivait plus. Elle n’en pouvait plus d’être forte. Elle avait envie de craquer, de tout laisser tomber. Plus rien n’avait de sens sans lui.

 

Bobby tourna la tête en direction de la jeune femme. Il voyait bien qu’elle était désarmée face à cette situation. Bobby lui fit signe qu’il allait parler.

 

Bobby : Ne t’inquiète pas, on va le retrouver.

 

Elle le regarda sans répondre. Elle avait du mal à le croire. Beaucoup de temps c’était écoulé depuis l’attentat et l’éboulement. Le regard de Sue se brouilla à nouveau et les larmes coulèrent à nouveau.

 

Bobby : Il a connu pire…

 

Comment cela pouvait être pire que ça.

 

Bobby : Et puis je lui dois toujours ces billets pour ce match de hockey samedi prochain !

 

Sue esquissa un petit sourire même si le cœur n’y était pas. Elle savait que Bobby essayait de lui remonter le moral. Lui aussi devait être inquiet pour son ami, depuis le temps qu’ils se connaissaient ces deux-là.

 

 

12h34, Bâtiment du FBI

 

Il bougea légèrement. La douleur le réveillait doucement et le clouait aussi sur place. Il ouvrit lentement les yeux et vit qu’il se trouvait toujours sous cette étagère.  Il ne se sentait pas en excellente forme. Le poids de l’étagère se faisait de plus en plus importante. Et son mal de tête qui se faisait de plus en plus fort. Il porta sa main sur son crâne, là où il pouvait sentir un léger picotement. Lorsqu’il toucha, il grimaça et la douleur se fit encor pire.

 

Il regarda sa main. Du sang. Il avait du prendre aussi un bon coup sur la tête. Et ce sang… cela avait l’air de bien saigner. Toujours lors d’une blessure à la tête. Il ferma les yeux quelques instants, abasourdi par son état.

 

Soudain, un parfum familier flotta dans l’air. Il ouvrit les yeux et chercha du regard d’où provenait cette odeur si particulière. Il vit alors le visage de Sue. Il était heureux qu’elle soit auprès de lui, ainsi, il se sentait moins seul dans cet endroit isolé du reste du monde.

 

Jack : Tu as trouvé un magazine à lire, parce qu’on risque d’être là pour un bon moment ?

 

Sue s’approcha de Jack et se rassit à ses côtés comme tout à l’heure. Jack la regarda, il ne voulait pas qu’elle parte une seconde fois loin de lui.

 

Jack : Je crois que je n’ai pas fini de te raconter la dernière fois.

 

Il avait perdu connaissance et n’avait pas conséquent par encore pu raconter à Sue ce qui le faisait souffrir. Il avait essayé de lutter mais son corps lui avait fait défaut.

 

Jack : Je ne sais pas vraiment par quoi commencer en fait !

 

Soudain, il ne savait pas pourquoi ce souvenir venait maintenant mais lorsqu’il regarda Sue c’est ce qu’il revint en mémoire.

 

Flash back

 

Maison des Hudson, Wisconsin

 

Jack venait de rentrer après des jours de missions. Le métier de sniper était éprouvant. Il ne pouvait en parler à personne, il ne voulait pas que ses parents s’inquiètent et encore moins Kate. Elle était aux anges depuis quelques semaines.

 

De son côté, il avait donné sa demande de mutation et attendait la réponse. Il ne voulait pas devenir un tueur froid et distant comme certains de ces collègues. Il avait longuement réfléchi, il ne voulait plus de cette vie qui risquait de le consumer à petits feux. La vie de sniper était beaucoup trop différente de ce qu’il espérait. Il ne voulait pas devenir un tueur qui se tapissait dans l’ombre pour tirer sur ses cibles.

 

Alors qu’il s’étendait sur son lit pour ne plus penser à rien, la porte de sa chambre s’ouvrit un grand coup.

 

Kate : Jack !

 

Jack n’eut pas le temps de se redresser que Kate lui sauta au cou.

 

Kate : Jack !

 

Jack tenta de reprendre un peu son souffle et surtout de calmer son cœur qui battait la chamade.

 

Jack : Qu’est ce qui t’arrive Kate ?

 

Kate avait un grand sourire idiot sur le visage, exhibant sa main devant le visage de son frère qui la regardait encore avec interrogation.

 

Jack : Quoi ? Tu as mal à la main ? Tu t’es cognée ?

Kate : Mais tu le fais exprès !

 

Kate montra l’annulaire avec sa main avec insistance.

 

Kate : Regarde !

Jack : Tu as gagné une breloque à la foire et tu voulais me la montrer. Franchement tu exagères !

 

Kate tapa son frère sur l’épaule.

 

Kate : Elliot m’a demandé de l’épouser !

 

Jack resta sans voix. Est-ce qu’il avait bien entendu ? Sa sœur allait se marier ? Non, il devait se tromper, pas Kate. Elle était encore immature pour songer à une vie de couple.

 

Kate recula sa main pour observer le bijou qu’elle avait au doigt. Soudain, Jack regarda sa sœur avec un autre visage. Ce n’était plus la fille qui aimait le torturer pour prendre la télécommande, ce n’était plus celle qui faisait craquer tous ses copains, non c’était une autre femme.

 

Jack resta un long moment silencieux. Il n’avait jamais imaginé à quel point le temps passait et à quel point les choses pouvaient changer aussi vite.

 

Kate regarda son frère avec un grand sourire sur le visage. Jack esquissa un petit sourire avant de reprendre la parole.

 

Jack : Tu as déjà donné ta réponse ?

Kate : Bien sûr !

Jack : Et tu as dit quoi ?

Kate : Idiot, j’ai dit oui ! Depuis le temps que je connais Elliot et qu’on a envie de vivre une vie tous les deux.

 

Kate s’assit sur le bord du lit. Elle remarqua que quelque chose n’allait pas chez Jack. Elle le connaissait sans doute mieux que personne pour avoir grandi à ses côtés. Elle posa sa main sur l’épaule de Jack pour attirer son attention. Il semblait un peu perdu et déboussolé.

 

Kate : Quoi ?

Jack : Non, rien !

Kate : Jackson ! Si tu ne veux pas que j’envoie une photo de toi à tes collègues lorsque tu dormais avec des pyjamas de Batman tu ferais bien de parler !

 

Devant la menace imminente, Jack se résolu à répondre.

 

Jack : Je me disais juste que le temps passe vite.

Kate : Oui. C’est vrai.

Jack : Je peux te poser une question ?

Kate : Dis toujours ?

Jack : Tu es sûre que c’est lui ? Enfin, je veux dire…

Kate : Que c’est l’homme de ma vie ? Que c’est avec lui que je veux fonder une famille ?

Jack : Oui.

Kate : J’aime quand il est avec moi, j’aime quand il me sourit, j’aime quand il me fait rire…j’aime tout simplement qu’il me regarde de cette manière si spéciale.

Jack : D’une manière spéciale ?

Kate : Tu comprendrais le jour où tu trouveras cette personne.

 

Kate se leva.

 

Kate : Tu sauras que c’est LA personne de ta vie.

 

Jack regarda sa sœur. Elle avait changé en quelques secondes. Elle était passée de la jeune femme insouciante qu’il connaissait, à une femme qui s’affirmait et prenait des initiatives. Lui aussi, il devait suivre sa voie et la vie de sniper n’était pas faite pour lui.

 

Kate allait quitter la chambre quand elle se tourna une dernière fois en direction de son frère.

 

Kate : Le temps passe vite mais les pyjamas Batman sont toujours d’actualité.

 

Jack prit l’oreiller qui se trouvait à côté de lui et le lança sur sa sœur qui quitta la pièce dans un éclat de rire.

 

Fin du flash back

 

Jack regarda Sue, qui se tenait en face de lui alors que les paroles de sa sœur raisonnaient dans son esprit. « LA personne de ta vie »…peut-être que les choses s’étaient emballées avec Sue. Il avait laissé ses craintes le guider et maintenant, il le regrettait.

 

Il ne savait pas pourquoi mais dès qu’il faisait quelque chose, son esprit venait à dériver vers ce prénom, Sue…et ce visage. Ces yeux, ces sourires…tout en elle lui faisait perdre le contrôle de lui-même. Elle était un peu cet élément qui le rendait plus fort et aussi plus humain.

 

Même si la décision de se séparer avait été difficile à prendre et à accepter, il ne devait pas oublier pourquoi et surtout pour qui il les avaient prises. Même s’il savait qu’elle devait le détester, plus tard, lorsqu’elle aurait été avec un homme digne d’elle, elle l’oublierait et vivrait enfin une relation qui aurait été digne d’elle.

 

 

13h15, Rue de Washington D.C.

 

La voiture venait de s’arrêter non loin de la ligne jaune délimitant les lieux de l’explosion. Les personnes qui étaient restées sur place, s’activaient pour organiser les recherches, sous les yeux de l’assistance encore sous le choc de l’explosion. Le duo revenait de l’hôpital, le visage fermé.

 

Lorsqu’ils descendirent de voiture, tous les regards se posèrent sur eux.
Les différentes personnes des autres services avaient entendu qu’ils avaient un agent à l’hôpital. Tous savaient qu’ils étaient partis prendre des nouvelles concernant un agent de leur équipe mais en voyant leurs têtes, ils comprirent que les nouvelles n’étaient pas bonnes. Les petites rivalités qui pouvaient exister entre les différentes branches avaient été oubliées. Ils étaient tous concernés par ce qui venait d’arriver. Cet explosion n’avait pas seulement touché le bâtiment du FBI mais aussi chacun d’entre eux.

 

Sue, Bobby et Lévy rejoignirent leur campement où se tenait Wallace. Elle les avait regardé arriver et n’avait pas quitter son poste comme pour retarder l’échéance. Ils s’avancèrent vers le petit groupe qui retenait son souffle à chaque pas.

 

Une fois l’équipe rejointe, Sue n’eut plus la force de tenir debout. Elle avait envie de pleurer, de crier pour que Jack soit auprès d’elle. Elle aurait donné n’importe quoi pour qu’il soit prêt d’elle, elle en avait besoin.

 

Lucy et Tara s’approchèrent de leur ami pendant que Bobby allait faire le point sur la nouvelle. Tous attendaient avec impatience une explication sur l’appel de Bobby, un peu plus tôt.

 

Abby : Alors ? C’est quoi cette histoire au sujet de Jack ?

 

Bobby lança un petit regard en direction de Sue pour savoir si elle voulait commencer mais son visage montrait plus de l’inquiétude qu’autre chose. Bobby se résigna. C’était lui qui devait annoncer la mauvaise nouvelle.

 

Bobby : L’homme qui était là-bas …n’était pas Jack.

Abby : Mais je croyais que c’était un agent ?

 

Le visage de Lucy et Tara s’aggravèrent. Elles comprenaient maintenant pourquoi Sue semblait si déboussolée. Le regard de Wallace se posa sur Sue. Elles se regardèrent un petit moment avant que Wallace ne reprenne la parole.

 

Wallace : Nous allons devoir poursuivre les recherches…

Sue : Les équipes n’ont rien trouvées ?

 

Wallace se contenta de faire un signe négatif de la tête.

 

Wallace : Mais ils n’ont pas encore atteint la poche où les survivants pourraient se trouver. L’avancée est difficile. Les gravas ne sont pas très stables. Il leur faut d’abord stabiliser tout ça.

 

Un silence s’installa. Ils savaient tous que plus l’heure passait et plus les chances de retrouver des survivants s’amenuisaient.

 

Wallace : Aller reposez-vous un peu.

Myles : Mais, on pourrait…

Wallace : Il n’y a pas de mais qui tienne.

 

Abby allait, elle aussi, intervenir quand sa mère se tourna vers elle et se fit plus insistante.

 

Wallace : Je vais voir quand une équipe partira pour de nouvelles recherches alors pendant ce temps reposez-vous afin d’être plus efficace.

Tara : On est à cran depuis ce matin, ça nous ferait du bien de manger un morceau au calme.

 

Tous regardèrent en direction de Sue qui caressait nerveusement la tête de Lévy. Elle n’avait pas vraiment suivi la fin de la conversation, perdue dans ses pensées.

 

Flash back

 

Appartement de Jack

 

Ils venaient de finir de dîner. Ce n’était pas un dîner aux chandelles ou au restaurant, mais un petit dîner simple, en tête à tête. Ils avaient parlé de beaucoup de choses et d’autres comme leur vie avant leur entrée au FBI, les endroits où ils avaient pu allé avant de se connaître,…tout ce qui faisait d’eux qu’ils se formaient un couple, qu’ils étaient des êtres complices.

 

Il avait attiré Sue jusqu’au canapé, il ne voulait pas être déranger. Il n’avait pas vraiment l’occasion de rester tranquille tous les deux et profiter de l’autre. Sue se trouvait blottie contre Jack qui avait son bras sur l’épaule de la jeune femme.

 

Lorsqu’ils étaient ensemble, ils avaient tendance à oublier se qui les entouraient. Même Lévy savait que dans ce genre de moment, il valait mieux ne pas trop les déranger et avait rejoint son petit coin à lui, que le couple avait fait pour ne pas qu’il soit trop désorienté. Alors que le programme à la télé continuait à être diffusé, la discussion allait bon train entre Sue et Jack.

 

Sue : Alors tu as déjà été à Paris ?

Jack : Non, mais je suis déjà aller à Londres.

Sue : J’aimerai un jour aller à Paris. C’est si romantique !

 

Jack lança un sourcil en l’air alors que Sue posa ses deux mains sur ses hanches.

 

Sue : Quoi ?

Jack : Non, c’est juste que ça fait tellement…

Sue : Tellement quoi ?

Jack : Evident pour une femme !

 

Sue prit un air choqué.

 

Sue : Tu trouves que ce n’est pas assez romantique ?

 

Jack esquissa un petit sourire avant de se rapprocher de Sue.

 

Jack : Je vois plus…une soirée avec dîner aux chandelles, les yeux dans les yeux. Des baisers échangés entre chaque bouchée…

 

Jack s’avança du visage de Sue. Ils restèrent un petit moment les yeux dans les yeux avant qu’il ne dépose un doux baiser sur ses lèvres et s’écarta un peu.

 

Jack : Ensuite une balade pour savourer le repas et puis enfin le meilleur.

Sue (petit sourire) Le meilleur ? Et qu’est-ce que tu imagines par là ?

 

Jack ne put dissimuler un grand sourire avant de répondre à la question de Sue.

 

Jack : Le dessert !

 

Jack avait dit cela tout en fixant Sue dans les yeux. Elle rougit. Elle devait avouer que le programme de Jack était bien tentant. Elle baissa légèrement les yeux alors que Jack souleva son menton avec la main.

 

Jack : Mais on peut directement passé à la dernière étape…et dès maintenant ?

 

Fin du flash back

 

Une larme coula sur la joue de Sue. Ce genre d’attention, d’échanges lui manquait. Elle n’arrivait pas à comprendre pourquoi ils s’étaient séparés. Cependant, elle était plus inquiète de savoir s’il était encore en vie. Et elle était prête à renoncer à tout ça si seulement elle pouvait le revoir une dernière fois sain et sauf.

 

Les recherches continuaient et toujours rien. Elle avait peur que la solidité du bâtiment ne fasse défaut. Elle savait que ce ne serait pas facile de retrouver une personne dans ces décombres mais elle ne devait pas perdre espoir. Elle devait y croire.

 

 

14h02, Immeuble du FBI

 

Il essaya une énième fois de faire bouger cette maudite étagère mais rien à faire. Et plus il essayait et plus il se sentait mal. Il savait que si il forçait trop cela allait lui être fatal mais il savait aussi que rester ici pourrait l’être aussi.

 

La pièce avait déjà tremblé plusieurs fois. Ce n’était pas stable. Il savait aussi qu’il perdait beaucoup de sang au niveau de la tête. Il avait pris sa cravate pour essayer de faire compression mais rien à faire. Il saignait toujours.

 

Alors qu’il pestait encore et toujours contre le poids de l’étagère sur sa cheville, il vit une silhouette devant la porte.

 

Jack : Tu n’abandonnes jamais ?!!

 

Elle ne l’avait pas abandonné. Sue s’avança dans la pièce et s’assit à côté de lui comme précédemment. Il resta silencieux quelques minutes, savourant la présence de la jeune femme à ses côtés.

 

Jack : Pourquoi est-ce que tu fais tout ça après tout ce que je t’ai fais ?!

 

Elle le regarda. Il sourit. Il se parlait tout seul et il voulait que son hallucination lui réponde.

 

Jack : Je sais que j’ai une sale mine… j’espère que tu n’en tiens pas rigueur.

 

Un petit sourire timide se dessina sur les lèvres de Sue. Il savait pourtant que ce n’était pas le moment de rire mais il avait besoin de la voir sourire même si c’était la dernière fois.

 

Jack : Je donnerais n’importe quoi pour revoir ce sourire !

 

Ils restèrent un moment à se regarder.

 

Jack : Elle m’a brisé le cœur… et en plus, elle a réussit à détruire ce qui a pu m’arriver de mieux dans ma vie… toi !

 

Il leva la main vers le visage de Sue mais n’arriva pas à l’atteindre. Elle prit sa main dans la sienne. Il souffrait de la plus horrible douleur qu’il puisse connaître, celle du cœur. Et pourtant il était dans un sale état actuellement. Jack ne donnait pas cher de sa peau.

 

Il ne devait pas montrer qu’il était au plus mal. Elle ne méritait pas qu’il s’inquiète de sa santé. Il devait lui faire oublier, ne serait-ce que quelques instants, l’endroit où ils se trouvaient.

 

Mais il voyait bien que Sue s’inquiétait. Son regard lui faisait comprendre.

 

Jack : Je ne suis pas très discret, toujours à me faire remarquer.

 

Un large sourire se dessina sur les lèvres de Sue se qui incita Jack à faire de même.

 

Flash back

 

Appartement de Sue

 

Sue : Bonjour !

Jack : Bonjour ma belle.

 

Ils se sourirent avant que Jack ne dépose un baiser sur les lèvres de Sue auquel elle répondit en l’enlaçant. Lorsqu’ils se détachèrent, ils restèrent front contre front savourant le temps passé ensemble quand la porte de la chambre s’ouvrit.

 

Abby : Sue mais qu’est-ce qui s’est passé dans le salon on dirait qu’une tornade est passée ?

 

Abby s’arrêta dans son élan quand elle vit Jack et Sue couchés ensemble. Sue pensait qu’Abby devait passer quelques jours avec sa mère mais il devait y avoir eu un changement de plan qui l’avait fait rentrer plus tôt.

 

Abby dévisagea le couple qui se trouvait dans la chambre. Elle était un peu gênée de les déranger puis elle réfléchi quelques secondes. Elle était chez elle après tout. Elle défia Jack du regard avant de lui adresser la parole.

 

Abby : Ah, je vois. Donc cette tornade s’appelle Jack Hudson.

 

Sue et Jack se regardèrent, rougissant avant qu’Abby ne fasse signe qu’elle reprenait la parole.

 

Abby : En tout cas monsieur la tornade vous rangerez tout ce que vous avez dérangé !

 

Abby quitta la chambre, non sans sourire à la situation. Jack se tourna alors en direction de Sue.

 

Jack : Une tornade ?

Sue : Une véritable tempête !

 

Fin du flash back

 

Jack esquissa un sourire avant que Sue ne se lève d’un bond. Elle se dirigea vers le la sortie avant de s’arrêter et le regarda du seuil de la porte.

 

Jack : Mais où vas-tu ? Je ne t’ai pas encore tout dit ! Tu ne sais pas tout ! Attends !

 

Sue lui fit signe de le suivre et quitta la pièce, sans même se retourner laissant Jack immobile sur le sol. Non, elle ne devait pas partir. Pas maintenant ! Il se redressa pour pousser cette satanée étagère. Il poussa un cri de douleur alors qu’il essayait de sortir ses jambes coincées.

 

Il se laissa retomber lourdement. Il se calma en essayant de se controler et de réduire la douleur en ne bougeant plus. Il entendit des bruits de pas. C’était sans doute Sue qui revenait avec de l’aide. Il releva la tête pour découvrir Demetrius qui s’arrêta lorsqu’il vit son ami couché ainsi à même le sol.

 

Ca devait être encore une de ses hallucinations. La tête lui tourna, sa vue se brouilla et il tomba inconscient.

 

 

14h56, Rue de Washington

 

Ils s’étaient assis quelques minutes pour déjeuner avant de reprendre les recherches. Sue observait sur le plan de l’immeuble les endroits marqués d’une croix rouge. Tous ces lieux avaient été contrôlés par l’équipe des sauveteurs mais plusieurs étaient isolés car l’accès y était impossible.

 

Sue fit un soupir de lassitude. Elle en avait assez de rester là à rien faire à part attendre. Elle voulait, elle devait faire quelque chose pour aider Jack. Alors qu’elle avait les yeux rivés sur la carte, une main vint se poser sur son épaule, la surprenant.

 

Lucy : Désolée, je ne voulais pas te faire peur.

Sue : Ce n’est pas ta faute, j’étais plongée dans mes pensées.

 

Sue passa rapidement sa main sur sa joue pour ne pas que Lucy voit la larme qui avait coulé et dessiné un léger sillon. Elle ne voulait pas inquiéter encore plus son amie. La disparition de Demetrius et Jack était assez pénible comme ça, sans qu’elle en rajoute.

 

Lucy : Tu n’as rien avalé ? Tu veux que je t’apporte quelque chose ?

Sue : Je n’ai pas vraiment faim.

 

Sue venait à peine de finir sa phrase qu’on lui tendit un hot dog sous le nez. Elle regarda le hot dog puis suivi la main qui venait de l’apporter. C’était Myles qui ne la regardait même pas, comme gêné de ce geste. Il se tourna suffisamment pour qu’elle puisse lire sur ses lèvres.

 

Myles : Ca serait dommage que tu tombes malade avant que Jack ne soit sorti de là-dessous.

Sue : Je te remercie Myles mais…

Myles : C’est moi qui offre alors prends-le !

 

Sue lança un petit regard attendri en direction de Myles. Il rougissait légèrement, les yeux levés vers le ciel, tentant de dissimuler sa gêne. Sue esquissa un petit sourire avant de saisir la main de Myles qui tenait le hot-dog. Myles baissa la tête, un peu surpris et regarda Sue.

 

Sue : Merci !

 

Myles reprit un peu de contenance.

 

Myles : Ce n’est pas grand-chose. Je ne voudrais pas que tu tombes malade, c’est tout.

 

Sue et Lucy se regardèrent à leur tour. Myles était vraiment quelqu’un de bien. Il prenait souvent un air distant mais il s’inquiétait pour chaque membre de l’équipe. Wallace, suivit d’Abby vinrent rejoindre les deux jeune femmes alors que Tara et Bobby s’approchèrent à son tour.

 

Wallace : J’ai demandé aux secours où ils en sont.

Bobby : Alors ?

Abby : Ils vont percés une galerie pour atteindre la partie du parking qui ne s’est pas effondrée.

 

Sue retint sa respiration. Elle devait en être sûre. Elle avala sa salive avant de poser sa question.

 

Sue : Ils sont certains qu’il y a des personnes dans cette zone ?

 

Abby afficha un grand sourire. Elle savait où Sue voulait en venir et elle aussi était confiante.

 

Abby : Oui, ils ont scanné la zone et il y a environ 15 personnes de vivantes coincées la dessous !

 

Le visage de chacun se décrispa un peu plus. Jack devait se trouver là-bas aux côtés de Demetrius. La tension du début de matinée s’était un peu envolée. Il y avait encore un espoir que tout se passe bien.

 

Wallace sortit de la tente, suivi par le reste de l’équipe. Ils regardèrent Wallace se diriger en direction du chef des secours. Wallace n’avait pas arrêté depuis le début de l’explosion. Elle ne voulait affoler personne mais elle craignait pour ses deux agents.

 

Elle les appréciait en tant qu’agent et en tant que personne et eux aussi lui avaient bien fait comprendre qu’elle avait sa place au sein de ce groupe. Elle se sentait comprise et soutenue. Elle ne voulait pas perdre une seconde fois quelqu’un qui avait confiance en elle.

 

 

15h35, Immeuble du FBI

 

Demetrius : Jack !

 

Demetrius secoua son ami. Il s’était agenouillé près de lui et il avait rapidement compris ce qui se passait ici. Son ami était dans un sale état et il ne fallait absolument pas qu’il perde connaissance.

 

Il le secoua de nouveau et plus fort pour le réveiller.

 

Demetrius : Jack ! Réveilles-toi !

 

Il vit Jack bouger légèrement et avoir des difficultés à ouvrir les yeux.

 

Jack : Tiens Dem !

 

Jack reprit conscience tout doucement. Demetrius  en fut soulagé.

 

Jack : Tu passais dans le coin ?

 

Demetrius était entrain de regarder l’étagère écroulée sur Jack.

 

Demetrius : Tu peux bouger tes jambes ?

Jack : Oui, je les sens encore…. Est-ce que tu as vu Sue ?

 

Demetrius s’arrêta un instant, pétrifié.

 

Demetrius : Elle était avec toi ??

Jack : Oui… juste avant que tu n’arrives… c’est elle qui t’a dit où j’étais.

 

Demetrius fut légèrement rassuré. Il n’avait vu personne. Il en était certain. Jack devait délirer. Il regarda l’entaille sur le front de Jack. C’était une sacrée blessure. Elle était assez importante et Demetrius craignait qu’il n’ait reçu un trop grand choc à la tête.

 

Demetrius : Il faut te sortir de là !

Jack : Et comment tu vas t-y prendre ?

 

Demetrius regarda autour de lui pour chercher un morceau pouvant servir de levier afin de dégager son ami. Il s’arrêta sur une planche de bibliothèque.

 

Demetrius la prit et la plaça entre le meuble couché sur Jack et des tas de bois qui servirait à soulever le meuble. Il lança un regard en direction de Jack pour savoir s’il était prêt. Un signe de tête lui donna le signe de la tentative.

 

Demetrius : Prêt ?

Jack : Plus que jamais !

 

Demetrius appuya de toutes ces forces pour soulever la bibliothèque. Elle se redressa légèrement permettant à Jack de déplacer de quelques centimètres ses jambes. Après deux minutes d’effort, Jack avait réussi à se traîner en dehors de l’emprise de l’étagère.

 

Demetrius lâcha le levier de fortune et alla voir son ami.

 

Demetrius : Comment tu te sens ?

Jack : J’ai connu mieux.

Demetrius : Et tes jambes ?

Jack : Je dois avoir une entorse à la cheville droite.

Demetrius : Tu pourras marcher ?

Jack : J’en sais rien.

Demetrius : Je vais chercher Randy… il va m’aider à te transporter !

 

Jack lança un regard interrogatif en direction de Demetrius.

 

Jack : Randy ?

Demetrius : Il est coincé dans l’ascenseur.

Jack : Comment va-t-il ?

 

Demetrius esquissa un petit sourire à la situation.

 

Demetrius : C’est Randy, on ne le changera jamais.

 

Jack sourit à son tour avant que la douleur ne le rappelle à l’ordre. Il grimaça longuement alors que Demetrius posa un genou à terre pour savoir ce qui se passait.

 

Demetrius : Jack ?

 

Jack se retint les côtes avant de relever la tête pour croiser le regard de son ami.

 

Jack : Je crois que j’ai aussi une ou deux côtes de fêlée.

Demetrius : Fêlée ou cassée ?

Jack : Qu’est ce que j’en sais ? Tu ne devais pas aller voir Randy ?

 

Demetrius regarda son ami avec inquiétude. Il y avait une grande différence entre une côte fêlée et une côte cassée.

 

Demetrius : Ne me prends pas pour un idiot Jack !

 

Jack baissa la tête. Il savait qu’une côte cassée pouvait provoquer une hémorragie interne. Il risquait sa vie en mentant à Demetrius seulement, il n’était pas le seul qui était en danger dans l’histoire.

 

On accrocherait sa photo sur le mur des agents morts en mission. Mais qu’est-ce qu’il pouvait espérer ? Il n’était pas mort en mission. Il était juste mort en emmenant des cartons aux archives. La mort la plus stupide pour un agent comme lui, un ancien sniper, un homme qui avait déjà croisé la mort à plusieurs reprises et là, mourir à cause d’une petite étagère. Rien de très glorieux.

 

Il regarda son ami dans les yeux. Pourquoi ne pas lui dire la vérité après tout. Il savait que quelque chose n’allait pas. Il devrait au moins ne pas mourir après avoir menti. Mais ce n’était peut-être pas si horrible que ça. Il avait bien menti à Sue et à lui-même. Demetrius de son côté ne devait pas s’en faire pour lui, il s’en sortirait de toute manière.

 

Jack : Je sens une côte de fêlée mais j’ai du mal à respirer par moment…. Et je crache du sang.

 

Le visage de Demetrius prit une mine plus grave. Il savait ce que cela signifiait.

 

Demetrius : Tu ne dois pas te forcer.

Jack : De toute manière les secours ne vont pas tarder.

 

Demetrius fit un signe affirmatif de la tête avant que Jack ne pose sa main sur l’épaule de son ami.

 

Jack : Tu ferais bien d’aller voir Randy. On ne sait pas que quoi est capable le chef de l’intendance en cas de crise.

Demetrius : Tu as raison. Tu veux que je fasse quelque chose avant de partir ?

Jack : Reviens avec un pack de bière et une télé pour le match de basket ball.

 

Demetrius sourit à Jack. Il avait toujours de l’humour, c’était le principal. Il n’avait pas encore baissé les bras et le mental était quelque chose d’important dans ce genre de situation. Demetrius se leva et alla rejoindre Randy, non sans avoir lancé un regard inquiet en direction de Jack.

 

 

16h07, Rue de Washington D.C.

 

Wallace : (au blessé) Il n’y avait personne avec vous ?

Blessé : J’étais avec Angie, elle est sur l’autre brancard.

Wallace : (au blessé) Et personne d’autre ?

Blessé : Non, je suis désolé.

 

Wallace baissa la tête. Elle savait que ça ne serait pas si facile de retrouver ses agents. Elle esquissa un petit sourire au jeune homme allongé avant de poser sa main sur son épaule en signe de compassion.

 

Elle regarda l’ambulance quitter les lieux. L’une parmi tant d’autres. Sa mâchoire se crispa. Combien de temps encore, y aurait-il des blessés dans ce bâtiment ? Elle espérait au fond d’elle que la prochaine recherche par les sauveteurs soit la dernière et surtout la bonne.

 

Elle sentit qu’on l’observait et se retourna. C’était Sue qui se tenait devant elle.

 

Elle en avait assez d’attendre là, assise les bras croisés, priant pour qu’une équipe aille chercher Demetrius et Jack. Elle avait été assignée au recensement du personnel qui sortait des décombres et elle devait être franche avec elle. C’était au dessus de ces forces. Elle voyait la liste s’allonger de minutes en minutes mais le nom qu’elle voulait tant marquer n’était pas encore inscrit sur cette liste. Elle devait faire quelque chose.

 

Wallace : Melle Thomas ?

Sue : Je voudrais aider aux recherches.

Wallace : Je sais que…

Sue : Non, je crois que vous ne comprenez pas.

 

Sue avait les yeux légèrement embués mais cela n’enlevait en rien ça détermination. Elle ne voulait pas manquer de respect à sa supérieure mais elle en avait assez de rester à rien faire.

 

Sue : Je veux être utile.

 

Wallace dévisagea la jeune femme. Elle avait déjà vécu cette situation trop de fois et elle comprenait l’obstination que Sue dans son regard. Seulement elle ne pouvait pas oublié les paroles de Jack.

 

Flash back

 

Wallace : Je tiens à vous prévenir que si la situation ne trouve pas de solution, je me verrais dans l’obligation de prendre une décision vis-à-vis de Mlle Thomas. Chose que je n’ai absolument pas envie de faire. Mais il est hors de question que mon équipe court des risques à cause d’histoires personnelles.

Jack : Cela n’influencera pas notre travail…

Wallace : je suis sûre que c’est ce que vous pensez… mais je n’en suis pas aussi sûre que vous ! Même si je sais que vous êtes un très bon agent… mais ces choses là peuvent être difficile à gérer. Et je ne veux pas mettre la vie de personne en danger.

Jack : Je comprends.

Wallace : Parfait. Alors j’espère ne plus à avoir ce genre de conversation avec vous ?!

Jack : Nous allons régler ce problème… mais je tiens à vous demander une faveur.

 

Wallace le regarda en attendant la suite.

 

Jack : Si la situation ne trouvait finalement pas de solution positive, j’aimerais que vous acceptiez ma mutation.

 

Wallace n’en croyait pas ses oreilles. Il était prêt à sacrifier sa carrière pour elle.

 

Jack : Sue est une recrue indispensable pour le FBI. Se passer de ses services serait une erreur. Elle a un don rare et elle a été un très bon agent.

 

Fin du flash back

 

Jack avait raison. Cette femme était un élément important du FBI et elle savait ce qu’elle voulait. Mais elle n’était pas la seule. Wallace lança un petit sourire amusé à la situation. ILS étaient des éléments indispensables tous les deux pour le bon fonctionnement du FBI.

 

Son instinct ne l’avait pas tromper, ces deux-là étaient spéciaux. Elle le voyait encore aujourd’hui. Elle leva les yeux et fixa Sue. La volonté de Sue était perceptible dans son regard.

 

Wallace : Je pense que vous devriez voir avec le chef des recherches.

 

Sue parut un peu étonnée au début. Elle pensait que Wallace nierait tout en bloc. Elle avait déjà réfléchi à des arguments pour la convaincre et même de demander à Abby se servir d’intermédiaire mais ce n’était pas la peine.

 

Wallace sortit de la tente et regarda autour d’elle pour apercevoir le secouriste. Elle tenait sa radio dans la main et scruta les environs malgré la poussière. Après quelques secondes Wallace utilisa sa radio et contacta l’homme en question qui apparut quelques secondes plus tard.

 

Wallace : Melle Thomas, laissez moi vous présenter Harold Flemming, chef des secours.

 

Sue serra la main de l’homme qui la regardait avec étonnement.

 

Flemming : Qu’est ce que je peux faire pour vous ?

Wallace : Melle Thomas voudrait vous aider pour les recherches.

Flemming : (regardant Sue des pieds à la tête) Vous avez déjà fait une formation de sauvetage ?

Sue : A Quantico.

Flemming : Dans ce genre de circonstance ?

 

Sue baissa la tête. Non, jamais. Ce n’était qu’un exercice là-bas et il n’y avait pas autant de blessés et le stress n’était pas si grand. Et surtout, la vie de Jack n’était pas en danger comme maintenant. Elle n’avait pas l’esprit clair mais ils avaient besoin de toute aide qu’on pouvait leur donner.

 

Elle ne devait pas se laisser impressionner. C’était sûrement l’une des raisons qui avait poussé Wallace à ne pas la faire changer d’avis. Elle aurait baissé les bras en voyant la difficulté.

 

Wallace n’avait pas dit un mot de plus et allait laisser Sue se débrouiller seule. Si elle voulait faire quelque chose, personne ne la forçait. Mais il ne fallait pas qu’elle le regrette ensuite. C’était sa décision.

 

Soudain, après quelques minutes d’hésitation, les choses lui parurent claires. Wallace la testait. Elle voulait savoir si la confiance qu’elle avait en elle, les choix qu’elle avait fait et allait faire, elle n’allait pas les regretter plus tard.

 

Elle regarda Wallace. Si elle restait encore là, à ne rien faire elle deviendrait folle à attendre. Elle devait faire quelque chose pour accélérer les recherches. Elle regarda Flemming dans les yeux. Elle devait lui montrer qu’elle était déterminée à participer aux secours.

 

Sue : Je n’ai pas l’expérience dans ce genre de… chose… à ce niveau de catastrophe mais je connais bien le bâtiment et Lévy connaît l’odeur de Jack, il pourra nous mener à lui.

Flemming : Lévy ?

Sue : Oui, c’est mon chien d’assistance.

 

Sue fit signe à Levy de venir à ses pieds. Le chien s’exécuta. Flemming parut un peu décontenancé. Il regarda Sue puis Wallace, cherchant à comprendre de quoi elle voulait parler. Il reporta son attention sur Sue qui connaissait ce regard. Elle l’avait vu bien trop de fois.

 

Sue : Je suis sourde.

 

Flemming écarquilla les yeux. Il n’était pas sûr d’avoir bien compris. Il lança un regard empli de sens à Wallace qui resta impassible.

 

Flemming : Je ne crois pas que…

Sue : Je suivrais vos ordres.

 

Flemming baissa la tête en signe de résignation.

 

Flemming : Laissez nous votre chien, un dresseur l’accompagnera dans le bâtiment et…

Sue : Non !

 

Wallace et Flemming furent surpris par le ton de la jeune femme en face d’eux. Sue n’allait pas se laisser faire. Elle allait et devait faire quelque chose et pas à s’occuper de répertorier les blessés où guider les ambulances. Non, elle voulait pénétrer dans ce bâtiment en ruine pour aller chercher cet homme qu’elle aimait. Elle en avait la conviction, elle le trouverait et le sortirait de cet enfer.

 

Sue : J’accompagnerai votre brigade avec mon chien. Je suivrais les règles que vous me dicterez et je ne ferais rien pour mettre l’un de vos hommes en danger.

 

Sue avait dit cela en fixant Flemming dans les yeux. Elle voulait qu’il perçoive la sincérité de ces mots. Flemming sembla réfléchir quelques instants tout en regardant Sue et Lévy, qui faisait les yeux doux au sauveteur.

 

 

16h25, Immeuble du FBI

 

Demetrius l’avait laissé pour prévenir Randy. Il savait que dès que cela aurait été fait, son ami reviendrait auprès de lui. Il essuya un liquide qui coulait le long de son oreille. C’était du sang. Son sang.

 

Il soupira. Cette journée devenait bien longue à son goût. Après tout, ces derniers jours avaient été eux aussi bien longs sans elle à ses côtés.

 

Il s’en voulait d’avoir agit de cette manière, d’avoir douter d’elle, d’avoir douter ce ses sentiments. Il l’a connaissait, elle était la meilleure chose qui lui était arrivé depuis longtemps. Il ne voulait pas la faire souffrir et la séparation lui paraissait la meilleure chose seulement…

 

Il lui avait pourtant promis de ne jamais la faire souffrir, de ne jamais la blesser, de lui épargner toutes les souffrances…il lui avait promis et il avait encore failli à sa promesse.

 

Flash back

 

Sue était assise dans le restaurant. Elle était sortie pour déjeuner, abandonnée par Lucy et Tara, parties faire du shopping pendant leur heure de déjeuner. Depuis qu’elle était mariée, Lucy était insupportable. Dès qu’elle voyait Sue, elle l’interrogeait sur sa relation avec Jack. Elle n’arrêtait pas de lui poser des questions pour savoir où en était leur relation.

 

Il soupira un long moment devant la beauté de cette femme. Elle était magnifique. Il n’avait pas d’autre mot que : magnifique. Il poussa la porte du restaurant et la rejoignit à la table.

 

Ils s’échangèrent un regard tendre et aimant. Jack prit la main de Sue avant d’y déposer un doux baiser, ce qui la fit rougir légèrement. Jack et elle n’étaient pas très démonstratifs à cause des autres au bureau. Cependant ; lorsqu’ils étaient tous les deux, ils se montraient très attentionnés.

 

Jack : Tu n’as pas encore commandé ?

Sue : Non, je t’attendais.

 

Jack approcha son visage lentement de celui de Sue avant de déposer un baiser sur sa joue. Un sourire se dessina sur les lèvres de Sue avant de regarder tendrement l’homme qui se tenait devant elle.

 

Sue : Si tu continues on ne commandera jamais.

Jack : C’est vrai.

 

Jack toussa légèrement pour accentuer le fait qu’il reprenait son sérieux. Alors que Sue ne put s’empêcher de rire à la manière maladroite de Jack.

 

Jack : Tu as décidé de ce que tu allais faire ce week-end ?

Sue : Et bien, je sais qu’Abby passe le samedi en compagnie de son père et qu’ensuite elle doit aller chez une amie pour réviser donc…

Jack : Donc ?

Sue : Je vais passer un week-end tranquille avec Lévy à l’appartement.

 

Jack prit un petit regard malicieux.

 

Jack : Et tu crois que si je passais par hasard…

 

Sue fit une petite moue avant de faire semblant de chercher sa réponse. Après avoir laisser Jack dans le doute, elle le regarda, un petit sourire, à son tour sur les lèvres.

 

Sue : Et bien si c’est par hasard.

 

Jack sourit de plus belle avant que Sue ne continue sa phrase.

 

Sue : Et si bien sûr, par hasard tu emmenais une bouteille de vin, je cuisinerai un petit quelque chose pour l’accompagnement.

Jack : (sourire) C’est une idée.

Sue : (l’air innocent) Mais cela ne serait qu’un pur hasard.

Jack : Bien sûr. Rien de programmé.

 

Lévy qui suivait la conversation posa sa tête sur ses pattes. Ces deux-là oubliaient le reste du monde lorsqu’ils étaient ensemble.

 

Fin du flash back

 

Ces moments qu’il passait auprès de cette femme le rendaient heureux. Pourquoi les craintes venaient-elles compliquer les choses. Tout se passait si bien et puis…l’arrivée de Tim avait rouvert cette vieille blessure.

 

C’était pourtant évidement que Sue n’était pas comme Tania. Ils avaient partagé et vécu des choses si fortes qu’il avait une confiance totale en elle. Mais cette douleur…cette colère l’avait dépassée. Elle l’avait submergé et il ne voyait plus que Tim, triomphant encore une fois.

 

Ces mauvaises pensées s’étaient arrêtées lorsqu’il l’avait vu rentrer dans la pièce. Elle ressemblait à un ange tombé du ciel. Ses mèches blondes, ce sourire, cette ambiance qui se dégageait d’elle.

 

Il sourit. La voir lui redonnait du courage. Il retrouvait la détermination, l’envie de vivre…malgré ce qu’il lui avait fait. Lui dire qu’il avait besoin de temps n’était qu’une excuse. Il n’avait pas douter d’elle mais de lui et ça, il ne se le pardonnait pas.

 

Elle vint s’asseoir à ses côtés comme précédemment. Elle le fixa, un petit sourire sur les lèvres rempli de sens.

 

Jack : Tu n’as pas eu la fin de l’histoire !

 

Il devait s’expliquer, elle méritait de comprendre pourquoi ils ne devaient plus être ensemble.

 

Jack : J’ai toujours cru que je ne ressentirais rien de comparable que ce que j’ai vécu avec Tania.

 

Sue l’écoutait attentivement.

 

Jack : J’avais refusé de croire à ce grand Amour dont tout le monde n’arrête pas de nous parler… pensant tout bêtement l’avoir vécu… et l’avoir perdu. J’ai été stupide ! Et je m’en suis rendu compte le jour où tu es entrée dan mon bureau. Ce jour là, tu m’as fait oublier Tania et tout le reste.

 

Il avait du mal à rester conscient mais il voulait aller jusqu’au bout cette fois. Il fallait qu’il tienne bon. Pour elle.

 

Jack : Tim m’a pris Tania… et quand il ait réapparut dans ma vie, j’ai eu peur qu’il fasse la même chose avec toi…et c’est ce que j’ai cru.

 

Sue baissa les yeux. Il savait qu’il avait mal agit.

 

Jack : J’ai eu tord et je….

 

Il toussa. La douleur dans sa poitrine avait redoublée et il savait très bien ce que cela signifiait. Il crachait de plus en plus de sang. Sue posa sa main sur le torse de Jack et la douleur se calma doucement.

 

Jack : Je ne te mérite pas ! Tout ce que j’arriverai à faire c’est te faire souffrir.

 

 

16h45, Rue de Washington D.C.

 

Elle avait insisté auprès de Flemming pour faire partie de l’équipe de recherche mais il n’avait pas accepté. Il avait cherché à se dérober sous de faux prétexte afin qu’elle ne puisse pas venir.

 

Elle en avait eut mal au cœur. Elle voulait faire quelque chose. Wallace savait qu’elle n’aurait pas baissé les bras et avait fait un marché avec Flemming afin que Sue puisse faire partie de l’expédition.

 

Flemming : Très bien, nous allons pénétrer dans la partie Est du bâtiment. D’après les différents relevés, la structure serait assez solide pour qu’u