Le pape s'inquiète de la "déchristianisation" de la Suisse
BERNE - Benoît XVI s'inquiète de la "déchristianisation" de la
Suisse. Il a rappelé les évêques helvétiques à "leur devoir
fondamental" qui est d'inviter les fidèles à accepter pleinement
l'enseignement de l'Eglise".
Le chef de l'Eglise catholique a reçu les évêques suisses à la Salle
Bologna, au premier jour de leur visite ad limina qui dure jusqu'à
jeudi. Il a comparé la situation de l'Eglise catholique dans la
Confédération helvétique à celle que connaît l'ensemble de l'Europe
occidentale.
Crise de l'institution du mariage et de la famille, nombre croissant
de divorces, avortements, possibilité d'unions entre personnes de même
sexe: "tout cela constitue un signe évident de déchristianisation", a
déclaré le chef de l'Eglise catholique.
Parmi les catholiques pratiquants aussi, on note un affaiblissement
de la foi. "Certains s'arrogent même le droit de choisir, en matière de
foi, les enseignements qui, selon eux, seraient admissibles et ceux qui
peuvent être refusés", a critiqué le pape.
Dans ce contexte, Benoît XVI a mis de claires limites au renouveau
liturgique, cher au coeur des catholiques suisses. Pour lui, évêques,
prêtres et diacres sont les gardiens de l'unité de la foi: eux seuls
peuvent donc prononcer l'homélie, "moment important de formation
doctrinale et spirituelle".
Benoît XVI a réitéré son opposition à la prédication par les laïcs
et replacé l'Eucharistie "au sommet de toute vie chrétienne". La messe
dominicale ne peut être remplacée "sans raison majeure" par des
célébrations de la Parole, a poursuivi Benoît XVI.
Il a ainsi critiqué indirectement une pratique devenue courante dans
certaines régions de Suisse en raison du manque de prêtres et de la
taille des unités pastorales.
Le pape s'est aussi préoccupé de l'organisation et de l'orientation
des séminaires et des Facultés de théologie, dans l'optique de
l'encouragement des vocations sacerdotales. Les responsables et le
corps enseignant doivent avoir le souci de la formation au sacerdoce.
Le président de la Conférence des évêques suisses (CES) Amédée Grab
a quant à lui expliqué dans son message de salutation la voie
particulière empruntée par la Suisse: une voie pas assez catholique
pour certains et exemplaire pour d'autres, a-t-il noté.
(ats
/ 07 novembre 2006 17:26)