Quelque 2000 manifestants ultranationalistes se sont réunis dans un parc public de la capitale russe. Ce rassemblement à Moscou était autorisé, mais pas le défilé que les militants nationalistes voulaient organiser ensuite dans les rues de la capitale. Des manifestations semblables ont été organisées dans plusieurs villes du pays, de Vladivostock, sur la côte du Pacifique, à Saint-Pétersbourg, sur la Baltique.
Pour les manifestants d'extrême droite, les immigrés, notamment ceux venus du Caucase et d'Asie centrale, viennent voler leur travail et les pervertir.
"Nous exigeons d'être débarrassés des immigrés illégaux. Ils occupent nos emplois. La drogue et le terrorisme viennent par eux !", s'est exclamée la députée Irina Saveleva, du parti nationaliste de gauche La Patrie (Rodina).
A Moscou, les slogans et les pancartes antisémites ne manquaient pas. Une affiche, notamment, montrait une caricature censée représenter un juif tuant un enfant, avec l'inscription: "Russe, aide tes compatriotes ou tu seras le prochain". Selon l'agence Interfax, la police a arrêté 37 personnes.
A Saint-Pétersbourg, la police a tiré des grenades lacrymogènes pour mettre fin à des affrontements entre manifestants d'extrême droite et d'extrême gauche. Il y a eu une vingtaine d'arrestations.
A Vladivostok, des manifestants ont fait le salut nazi devant les photographes et ont défilé dans les rues en criant "Pas d'intégration, la déportation". Des jeunes au visage masqué ont également défilé à Krasnoïarsk, en Sibérie.
La "Journée de l'Unité du peuple", qui célèbre notamment la libération de Moscou de l'occupation polonaise au XVIIe siècle, a été instaurée en 2005 par le régime russe. Elle est largement dénoncée comme l'occasion de débordements racistes, dans un pays où la xénophobie est en vogue, sous l'oeil indulgent du pouvoir, dénoncent les ONG de défense des droits de l'Homme.