1 – On the road

 

Auteur : EnfantTV

E-mail : chelseajoyce@wanadoo.fr

Genre : Familial

Résumé: Dans quelques minutes, sa vie allait prendre une nouvelle dimension.

Note de l'auteur : Les personnages et les lieux sortent tout droit de mon imagination. Ne pas publier sans mon accord.

Coscénaristes : Thera et Adela

 

 

 

 

Elle fixait la route. Il faisait un temps magnifique et c’était agréable de conduire par ce temps. En plus, il n’y avait que très peu de circulation sur l’autoroute.  Aujourd’hui était le grand jour.

 

La décision qu’elle venait de prendre aurait du la terrifier et la rendre triste mais non, elle était heureuse. Pour la première fois depuis longtemps, elle s’était écoutée. Une seule chose avait compté pour elle. Ce qu’elle voulait réellement.

 

Cela faisait des années qu’elle faisait ce que les autres voulaient d’elle mais aujourd’hui, ça avait changé. Elle avait décidé de vivre SA vie et non celle des autres. C'était un pari pour le moins osé pour celle qui avait constamment fait ce qu'on attendait d'elle, en oubliant quelque peu ses désirs pour assurer ceux des autres.

 

Partir loin de son passé, lui permettrait de commencer une nouvelle vie. Partir loin de sa famille, lui permettrait de se retrouver, d’apprendre à connaître la petite fille qui était en elle et à savoir ce qu’elle voulait réellement dans la vie.

 

Loin de sa mère. Elles s’en porteraient bien mieux toutes les deux. Elle ne fuyait pas les problèmes, elle évitait simplement d’en créer d’autres. La distance avait du bon parfois. Elle était convaincue que dans leur relation, ou non-relation osait-t-elle penser quelquefois, mettre de la distance leur permettrait de mieux appréhender leur conflit.

 

Même après la dispute qu’elle avait eu avec elle avant de partir, elle n’en voulait pas à sa mère. Elle était comme ça et elle savait qu’elle ne changerait pas. Elle avait accepté le fait qu’elles ne s’entendraient jamais totalement. A des moments elle éprouvait un certain regret et un sentiment d'amertume à l'idée qu'elles n'auraient vraiment jamais de relation mère-fille fusionnelle.

 

Elles étaient bien trop différentes mais malgré leurs différents, elle ne souhaitait pas coupé les relations avec ses parents…mais après cette dispute, les chances pour se revoir étaient réduites.

 

Sa petite sœur. C’est une des raisons qui l’avait fait hésiter. Elle avait eu l’impression d’abandonner sa sœur mais… toute son enfance, elle avait eu un rôle qui ne lui était pas destiné. Aujourd’hui, elle devait penser à elle en premier. Elle avait confiance en Emma. Elle s’en sortirait très bien comme elle l’avait toujours fait jusqu’à présent.

 

Elle sourit en pensant à sa petite sœur. Elle avait toujours su se tenir à l’écart. Rester à sa place d’enfant. Ce qu’elle-même aurait du faire. Emma était peut-être plus forte qu’elle ne le pensait. Quoiqu'il arrive, elle avait confiance en sa petite sœur, et elle la savait assez résistante pour ne pas se laisser entraîner par ce tourbillon familial. Ou du moins elle essayait de s'en convaincre.

 

Bloomsburg. La sortie d’autoroute n’était plus très loin. Elle n’arrivait toujours pas à réaliser ce qu’elle était entrain de faire.

 

Au bout de 3 ans de visites intenses chez sa meilleure amie, elle avait enfin pris sa décision. Venir s’installer ici. Dans un quart d’heure tout au plus, elles seraient arrivées.  Leurs nouvelles vies allaient commencées.

 

Ce qui l’avait définitivement poussé à prendre cette décision, c’était la réponse qu’elle avait reçue à sa recherche d’emploi dans cette région. Une Ecole artistique allait ouvrir ses portes à Bloomsburg même. Le Directeur avait besoin d’une assistante. C’était sa chance ! Quand elle avait eu connaissance de l'annonce, elle n'aurait pu décrire ce qui c'était produit, mais elle avait eu cette certitude que c'était fait pour elle. Cet emploi c'était le sien ! Ce n'était pas celui d'une autre assistante...c'était le sien, celui qu'elle avait espérer. Elle avait eu cette folle certitude que sa vie démarrait à cet instant là.

 

Elle se souvenait encore du jour, où elle s’était retrouvée dans le train pour Bloomsburg. Elle avait préparé son entretien un milliers de fois dans sa tête. Elle avait rendez-vous dans un bar. Drôle de lieu pour un entretien d’embauche.

 

Lorsqu’elle était arrivée, le directeur n’était toujours pas arrivé. Elle se l’était imaginée de différente manière. Petit, grand, maigre, gros… mais lorsqu’elle l’avait vu s’approcher d’elle et lui demander si elle était l’a pour le poste, elle avait été agréablement surprise.

 

Il était plutôt bel homme. Il devait approcher les 55 ans, les cheveux légèrement grisonnant, assez grand. Et il avait un regard….

 

Le lendemain, elle recevait un coup de fil pour lui dire qu’elle avait été retenue pour le poste et qu’on l’attendait dans un mois pour préparer l’ouverture et la rentrée. En un mois, elle devait trouver un appartement et déménager. Rien de plus facile !

 

Cela avait été la course, mais elle devait reconnaître qu'elle adorait ça ! C'était stimulant. Elle n'avait pas eu les encouragements de sa famille, elle ne s' attendait pas à ce qu'ils lui témoignent quelconque ressentiment, c'est pour cela qu'elle avait organiser ce départ sans regret aucun. Elle avait eu la confiance de Sara et sa famille. Quand certains soirs elle doutait, il suffisait qu'elle appelle Sara, et l'enthousiasme dont faisait preuve son amie lui suffisait. Elle savait qu'elle faisait le choix juste. Et celle qui avait décidé de partager cette aventure avec elle, le savait aussi.

 

Elle tourna la tête rapidement vers sa voisine et sourit. Entre temps, elle avait vu Erin. La jeune femme assise à ses côtés avait ses cheveux chataîn-bruns qui retombaient sur ses épaules et la tête posée contre la vitre. Ses lunettes de soleil empêchaient de voir si elle s’était assoupit.

 

Elle reporta son attention sur la route. Elle se souvenait comme si c’était hier de la réaction d’Erin lorsqu’elle lui avait annoncé la nouvelle. « Ce n’est pas à moi que cela arriverait ce genre de chose ! J’adorerais pouvoir partir moi aussi ! » Elle n’avait pas pu s’empêcher de lui proposer de l’accompagner. Et voilà comment elles s’étaient retrouvées sur la route de Bloomsburg.

 

Erin était tout autant excitée et impatiente qu’elle. Les préparatifs de leurs déménagements chacune de leur côté ne les empêchaient pas de trouver le temps, un soir, de parler pendant des heures au téléphone, de ce qu’elles allaient pouvoir faire une fois là-bas. Au moins quand elles habiteront ensemble, cela fera des économies de téléphone.

 

Elles avaient recherché des appartements dans leurs moyens mais Bloomsburg était assez cher sur ce plan là. Et même en partageant le loyer à deux, cela restait assez élevé.

 

Pourquoi Bloomsburg ? La raison principale était que sa meilleure amie, Sara y était. Il fallait que cette distance entre elles disparaisse. Et elle était tombée sous le charme de cette région et de ses habitants. Et lorsqu’elle se trouvait là-bas, elle était tout simplement heureuse.

 

Si Sara et sa famille n’avaient pas été là, elles se seraient retrouvées à faire du camping au milieu de leur jardin ! Ils leur avaient proposé de leur louer l’appartement qu’ils avaient aménagé au dessus de leur garage, pour un loyer convenable.

 

Elle avait été très touchée par ce geste. Des personnes qu’elle ne connaissait que depuis quelques années l’aidaient à réaliser ses projets alors que sa propre famille faisait tout pour l’en empêcher, la décourager.

 

Lorsqu’elle avait rencontré Sara, elle n’aurait jamais pu imaginer quelle place elle allait prendre dans sa vie et à quel point elle allait être importante. Elle n’aurait jamais pensé trouver sa meilleure amie à 21 ans !

 

Elle se tourna de nouveau vers sa voisine. Elle avait trouvé bien plus. Elle avait rencontré Erin de la même manière. Elle la considérait comme sa petite sœur. Elle avait trouvé SA famille. Des personnes qui comptaient énormément pour elle.

 

Erin regardait le paysage par la vitre depuis le début du trajet, tant de chose lui passait par la tête ! Jamais elle n’aurait imaginé une seconde être capable de partir, comme ça !

 

Certes elle voulait partir de chez elle, mais c’était si dur de quitter sa famille. Ils comptaient énormément pour elle mais elle sentait qu’elle avait besoin de  s’éloigner un peu d’eux. De ce monde qu’elle avait toujours connu.

 

Ses amis de fac allaient aussi énormément lui manquer. Cela faisait un an à peine mais elle s’était attachée tout de même. Elle savait que même si ils avaient décidé de garder contact, la distance n’allaient pas simplifier les choses.

 

Elle avait tant de mal à s’adapter et s’ouvrir aux autres. Elle se demandait ce qui lui était passé par la tête lorsqu’elle avait accepté de suivre Annabeth. Non, en fait depuis qu’elle la connaissait, elle avait changé. Elle avait pris plus d’assurance et elle osait plus de choses. Mais elle avait énormément encore à faire.

 

Et le meilleur moyen était de commencer une autre vie. Elle savait que cela allait être formidable, une grande aventure. Elle voulait autre chose que le petit monde qu’elle s’était créé.

 

Pour ce qui est de la fac, elle s’était déjà renseignée : il y avait une fac de lettre à ½ heure de leur nouvel appartement, et l’inscription pour septembre prochain ne devrait pas être un problème. Sara avait dit qu’elle lui donnerait à coup de main pour ça ! 

 

Ce qui l’a tourmentait le plus s’était de trouver un travail. C’était  si dur de nos jours d’en trouver un, surtout lorsque l’on est étudiante. Et oui, le loyer n’allait pas se payer tout seul et même si Annabeth avait trouvé un job, elle ne voulait pas la laisser payer ça toute seule. Il en était hors de question !

 

Mais elle regarda près d’elle, à la place du conducteur : elle savait qu’Annabeth serait là en cas de coup dur et qu’elles y arriveraient à elles deux.

 

 

GENERIQUE

 

Maison des James

 

Sara était assise là depuis bientôt près d’une demi-heure. Les minutes semblaient ne pas vouloir passer. Elle avait reçu un texto d’Erin lui disant qu’elles venaient de quitter l’autoroute et qu’elles ne tarderaient pas à arriver. Son portable à la main, elle ne cessait de regarder l'heure. Aujourd'hui était un jour important. Pour Annabeth et Erin évidemment, mais pour elle aussi. C'était à la fois excitant et angoissant.

 

Elle savait que dans la vie il y avait des pas qu’il fallait franchir, mais elle était encore surprise par la nonchalance dont ses deux amies avaient fait preuve en commençant cette nouvelle vie. Bien sûr elle imaginait aisément que cela était aussi une façade, que ses amies n’étaient pas parties si facilement sans se retourner. Elle les savait sûres de leur choix, mais elle savait aussi que tout ne serait pas rose.

 

Son regard se perdit davantage devant elle et elle soupira de contentement. Tout était si limpide depuis peu. La venue de sa meilleure amie, Sara la voyait comme une opportunité, une chance à saisir. Elle y voyait pour elle aussi, un nouveau départ.

 

Elle avait essayé quelques instants de se mettre à la place de ses amies, et si vite elle s’était sentie mal. Ce genre d’aventure n’était pas pour elle. Quitter sa famille, elle ne pouvait l’envisager. Ils étaient sa force autant que sa faiblesse, elle devait le reconnaître.

 

Alors quand Annabeth l’avait appelé et d’une voix triomphante lui avait annoncé qu’elle venait vivre à Bloomsburg avec Erin, sa première réaction avait été de hurler de joie dans le téléphone. Elle se souvint de ce moment là, et comment elle avait surprise Annabeth par sa réaction.

 

Immédiatement Sara avait été emballé par cela, et elle n’avait pas réalisé ce que ça allait coûter aux filles. Mais quand elle y avait réfléchi, elle avait été admirative envers ses deux amies. Elle les avait envié quelques secondes d’avoir le cran de faire ce pas en avant.

 

Elle soupira à nouveau et son sentiment d'angoisse disparu, elle ressentait à présent plus de l’excitation et de l’impatience à l’idée qu’elles allaient habiter au dessus de son garage. De SON garage ! Qui l’aurait cru ? Certainement pas elle. Elle trouvait l’idée complètement folle, à l’image de leur amitié.

 

Elle imaginait déjà tous les plans qu’elles allaient pouvoir faire ensemble, et rien qu’à ces pensées elle avait un sourire béa.

 

Sara avait l’impression de gagner en force tout d’un coup, de recharger ses batteries. Elle était à présent prête à tout mener de front, elle avait sa famille, ses amis et sa meilleure amie. Tout irait bien, où du moins elle s’arrangerait pour que ça en soit ainsi.

 

Voix : Je peux savoir ce qui te fait sourire bêtement comme ça ?!

 

Elle se tourna et vit son frère, Jack, s’approcher d’elle et venir s’asseoir à ses côtés. Elle sourit de plus bel.

 

Jack : Ne me dis pas que c’est l’arrivée d’Annabeth et Erin qui te mets dans un état pareil ?

Sarah : Et bien si !!! Tu te rends compte… Anna vient vivre chez nous !

Jack : Ouais… je savais bien qu’à force de passer trop de temps ici, elle finirait par venir s’installer définitivement…. Dès qu’il y avait des vacances ou un long week-end, on la voyait débarquer !

Sarah : Parce que ça te dérangeait ? (sourire)

 

Jack regarda devant lui. Sara le regarda. Elle connaissait très bien son frère et elle savait qu’il ne parlait jamais vraiment de ce qu’il ressentait mais elle savait qu’il appréciait Annabeth, même si il adorait la taquiner et Anna sur ce point là n’était jamais la dernière non plus. Elle lui rendait bien la monnaie de sa pièce. Jack avait toujours apprécié les amis que Sara avait pu ramener à la maison. Il était vrai qu'il s'arrangeait pour faire le 'ménage' avant, ce sentiment protecteur envers sa sœur ne disparaîtrait jamais. Mais Sara avait immédiatement espérer que Annabeth ne soit pas comme n'importe quelle amie. Qu'elle ait sa place à part entière comme elle l'avait dans le cœur de Sara.

 

Lors de leur première rencontre, Sara avait espéré qu’Annabeth et sa famille allaient s’entendre et elle était heureuse de voir que le courant était passé. Aujourd’hui, elle faisait partie de la famille. Ils l'avaient accueilli dans leur fratrie, elle avait sa place à présent. Sa place bien à elle. Et Sara en était heureuse.

 

Jack : Non… je dois dire que je me suis habitué à la voir dans les parages ! … A vous entendre rigoler comme des folles tard dans la nuit… ou bien vous glisser dans la cuisine à 2 heures du matin pour aller vous faire votre spécialité au brownie !

 

Sara retint un fou rire. Il était vrai qu'elle avait des pratiques bien à elles, que beaucoup auraient jugé bizarres ! Tout ça allait devenir leur quotidien...dont leur rituel au brownie ! Ca semblait si excitant !

 

Sara : Je n’arrive toujours pas à y croire !

Jack : Il va falloir t’y faire ! Tu vas devoir la supporter 24h sur 24 maintenant !

Sara : Alors là, pas de problème !

 

Elle se tourna vers son frère. Son visage devint plus grave, et un besoin de franchise se fit sentir. Leur amitié n'était pas que fou-rire, elles partageaient bien plus qu'elle n'aurait imaginé. Annabeth était la force tranquille de Sara, cette part d'optimisme qui lui manquait. Sa meilleure amie avait cette capacité à balayer ses doutes et ses craintes.

 

Sara avait plongé ses yeux dans ceux de son frère, et elle sut à cet instant qu'il comprenait. Elle n'avait pas besoin de grand discours avec Jack, ils étaient si complices qu'ils se comprenaient parfaitement. Elle éprouva cependant le besoin de souffler.

 

Sara : Je crois que son arrivée va me faire du bien… en fait, cela va faire du bien à tout le monde !

 

Sara et Jack se regardaient en souriant à présent. Ils devaient avouer que lorsque Annabeth avait passé quelques jours chez eux, les choses étaient plus détendues. Elle apportait une énergie qui leur faisait du bien. Il savait qu'elle apportait énormément à Sara, mais c'était toute la famille qui se trouvait baigner dans la bonne humeur quand elle était là. Et il devait reconnaître que c'était agréable.

 

Jack : Dis plutôt que ça nous donne du travail supplémentaire ! Maman est déjà dans la cuisine entrain de faire un gâteau maison !

Sara : C’est vrai ? Lequel ?

Jack : Alors là ! Elle n’a rien voulu me dire et m’a chassé de la cuisine ! Et papa est encore dans l’appartement entrain de faire les derniers petits travaux !

Sara : Et bien moi je trouve que ça nous fait du bien. Maman adore Annabeth et je suis heureuse de la voir comme ça…. Et Papa, il n’arrêtait pas de se plaindre qu’il s’ennuyait maintenant qu’il était à la retraite… mais avec l’appartement il a eu de quoi faire !

Jack : Mouais !

Sara : Tu peux parler ! Je te signale que tu as été le premier à proposer ton aide à papa…. Et quoi que tu dises je suis heureuse qu’Anna vienne vivre ici.

 

Jack regarda sa sœur. Il devait admettre qu’à chaque fois qu’Annabeth était dans les parages, Sara était différente. Elle avait cette joie de vivre qui se dégageait à son tour d’elle et pour cela il remerciait Annabeth. Il retrouvait sa petite sœur telle qu’elle était étant plus jeune avant que certains problèmes ne fassent surfaces.

 

Route

 

Annabeth se demandait s’ils allaient tous arrivés entiers et quand elle disait tous, elle voulait parler d’Erin, elle, Mémo, son chien, le camion et le coffre sur le toit de sa voiture.

 

Depuis leur départ, elle n’avait pas arrêté de se faire du souci pour ce fichu coffre et Erin était dans le même état qu’elle depuis qu’un petit bout des protections en plastiques les avait quitté un peu tôt.

 

Elle ne quittait pas des yeux son rétroviseur pour voir si le coffre restait à sa place sur le toit et pour voir si le camion les suivait toujours. Ils avaient quittés l’autoroute pour se retrouver sur les petites routes et il ne fallait absolument pas qu’ils se perdent.

 

Si elle continuait comme ça, c’est l’ulcère qui la guettait. Il fallait qu’elle arrête de se faire du souci pour rien. Tout se passait très bien et les déménageurs qui s’occupaient du camion connaissaient leur boulot et avait le plan au cas où !

 

C’était une des choses dont elle devait se détacher. Ses peurs. Celles créés et transmises par sa famille et cela allaient être beaucoup plus compliqué qu’elle ne l’imaginait.

 

6 heures et 36 minutes : Bloomsburg.

 

La ville était enfin en vue. Elle connaissait par cœur le chemin jusqu’à la maison de Sara. Dans quelques minutes, sa vie allait prendre une nouvelle dimension.

 

Maison des James

 

La voiture entra dans la cour de la maison et là Sara sentit son cœur s’arrêté un instant. Lorsqu’elle vit Annabeth et Erin dans la voiture, lui faire de grands signes, elle ne put s’empêcher d’afficher un énorme sourire. Elle avait une envie incontrôlable de crier...mais elle se retint à temps. Elle ne voulait pas les effrayer si tôt arrivées.

 

La voiture se stoppa devant une des portes du garage. Sara se leva et courut presque à la rencontre des filles. Annabeth et Erin sortirent de la voiture et la première chose qu’elles firent, c’est de vérifier que le coffre était toujours sur le toit.

 

Sara sauta presque sur Annabeth. Elles se serrèrent dans les bras. C’était presque la première fois qu’elles échangeaient ce genre de moment/d'attention. Elles étaient toutes les deux très pudiques lorsqu’il s’agissait de montrer leur sentiment et montrer des marques d’affection.

 

Elles se séparèrent et se sourirent. Elles commençaient à réaliser de plus en plus. Erin s’approcha de ses deux amies. Sara se tourna vers elle et lui fit la bise.

 

Annabeth : J’ai cru qu’on n’allait jamais arriver !

 

Sara sourit.

 

Sara : Moi aussi !

 

Le camion s’engagea à son tour dans la cour pour venir se placer à côté de la voiture.

 

Sara : Comment s’est passé le voyage ?

Annabeth : Si tu enlèves le fait qu’on a stressé tout le long à cause du coffre… que l’on a perdu un morceau en route… on peut dire que tout s’est très bien passé !

Sara : Un morceau ???

Erin : Ouais… on a une protection qui a voulu nous quitter plus vite que les autres mais bon…. Rien de grave !

Annabeth : Rien de grave mais n’on était en panique quand on a entendu ça ! Ouais je crois que je vais devenir cardiaque avant l’âge !

 

Sara sourit. Elle connaissait bien Annabeth et elle savait qu’elle se faisait du souci pour un rien mais à sa place, elle aurait été dans le même état.

 

Les déménageurs descendirent du camion. Jack passa à côté des filles.

 

Jack : Je m’occupe de leur montrer le chemin !

Annabeth : Merci.

 

Annabeth devait avouer qu’elle appréciait. Elle était exténuée. Conduire des heures la fatiguait énormément.

 

Sara : Qu’est-ce que vous pensez d’un jus de fruit ou un thé ?

Erin : Excellente idée !

Annabeth : Ah oui !

 

Annabeth se dirigea vers sa voiture, ouvrit la portière conducteur, prit la laisse qui se trouvait dans sa portière et alla vers le coffre. Elle l’ouvrit et un chien, un golden retriever, apparut, assis derrière.

 

Annabeth : Tu attends !

 

Le chien la regarda et ne bougea pas. Il était aussi fatigué que sa maîtresse. Elle attacha la laisse.

 

Annabeth : Allez ! Descends !

 

Le chien se leva et sauta de la voiture. Les trois filles se dirigèrent vers la maison et entrèrent.

 

2 heures plus tard

Appartement Annabeth et Erin

 

Ce carton pesait une tonne. Qu’avait-elle bien pu mettre dedans? Elle arriva au milieu de la pièce et lâcha le carton qu’elle portait sur un autre posé à terre. Sara regarda la pile de cartons qui s’empilait au milieu du salon. Elle n'imaginait pas que les filles aient autant d'affaires !

 

A ce moment, quelqu’un entra avec un carton 2 fois plus grand que lui.  Sara se poussa avant que le carton ne lui tombe dessus.

 

Voix : Attention !

 

Sara reconnu la voix d’Annabeth. Elle n’avait fait que quelques pas dans l’appartement, qu’elle lâcha le carton et tomba dessus. Elle leva la tête vers Sara. Celle-ci n’était pas du tout étonnée de voir Annabeth derrière ce carton. Elle lui sourit.

 

Annabeth : La prochaine fois que je veux jouer les filles fortes, frappe moi !... je viens de me ruiner le dos !

 

Sara sourit à la remarque de son amie. Si Sara avait du compter le nombre de fois où Annabeth lui avait dit de la frapper pour ce qu’elle aurait ou pas du faire, elle aurait été arrêté pour violence. Annabeth se releva en prenant appuis sur le carton nonchalamment comme si elle n'était pas fatiguée par ce déménagement.

 

Sara regarda le carton. D’un seul coup un doute l’envahit et connaissant Annabeth, elle devait demander.

 

Sara : Rassure moi ! Ce n’est pas la télé ?!

 

Annabeth regarda le carton puis Sara. Elle semblait réfléchir.

 

Annabeth : J’en sais rien !

 

Sara savait que quelques fois, elle était tête en l’air mais là. Annabeth fixa son amie puis sourit.

 

Annabeth : Je plaisante. C’est du linge !

 

Sara lui sourit.

 

Sara : C’était drôle !

Annabeth : Je sais, je file au placard !

Sara : Pas avant d’avoir terminé !

 

Annabeth se laissa tomber sur le fauteuil. C’était la première chose qu’ils avaient monté. Et dire qu’il n’avait pas encore fini. Le camion était à moitié déchargé. Même si elle était crevée, elle était super heureuse et impatiente.

 

Elles restèrent un moment, silencieuses. Elles faisaient souvent ça. Rester là, sans rien dire et apprécier la présence de l’autre. Sara regarda son amie et elles se sourirent. Et dire qu'elles allaient pouvoir partager ce genre de moments quand elles le voudraient et non quand elles le pourraient.

 

Annabeth : C’est la pause !

 

Sara s’assit sur un des cartons près d’elle.

 

Annabeth : Je n’arrive toujours pas à croire que ça y est ! Je vais vivre ici !... J’ai l’impression d’être en vacances !

Sara : Ouais (regardant autour d’elle) un peu chargé pour des vacances !

 

Annabeth sourit. Elle avait toujours été chargée lors de ses séjours ici mais c’est vrai que là, cela faisait beaucoup.

 

Annabeth : Quoi que je devrais être entraîné avec tout ce que j’emmenais à chaque fois en venant ici !

Sara : Exact… mais bon… là je dois avouer que tu as fait fort !

Annabeth : Je n’aurai jamais imaginé avoir autant d’affaires !

 

Sara roula des yeux en pensant au fait qu'elle s'était faite la même remarque quelques minutes plus tôt.

A ce moment, Jack entra. Il portait un énorme carton qu’il posa avec les autres.

 

Annabeth l’avait croisé de nombreuses fois durant ses séjours. Surtout la dernière année car il était revenu vivre chez papa et maman. Il avait prétendu que c’était pour le travail.

 

Il était suivi d’Erin, qui portait deux valises. Elle les déposa rapidement près du reste. Elle alla s’asseoir près de Sara.

 

Un homme plus âgé fermait la marche. Il devait avoir dans les alentours de 65-70 ans. Ses cheveux étaient presque tous grisonnants. Le père de Sara.

 

Jack : Je vois que ça bosse dur ! Ca fait plaisir !

 

Il s’approcha des filles. Ils adoraient les taquiner.

 

Annabeth : Jack… est-ce que tu n’aurais pas trouvé un dos… ? J’ai du le perdre entre ici et le camion !

Jack : Je t’avais dis de ne pas prendre ce carton ! Je l’aurais fait !

Sara : Parce que tu es un mec et que tu es plus fort que nous ?

Jack  : Exactement !

 

Annabeth ne put s'empêcher de défendre sa position. Elle savait que Jack plaisantait, mais elle n'avait pas déménagé jusqu'ici pour qu'on lui dise ce qu'elle devait ou ne devait pas faire. Sa famille s'en était assez chargée, à tord, jusqu'à présent. Et puis elle savait que cela ne ferait que monter la moutarde. Et embêter Jack : elle ADORAIT !

 

Annabeth : Je te signale que j’ai réussit à le monter toute seule !

Jack : En te ruinant le dos !

Annabeth : C’est gentil de t’inquiéter pour moi Jack ! (Sourire)

 

Jack et Annabeth se défièrent amicalement du regard. Les autres assistaient à la scène. Sara et Erin se regardèrent. Elles adoraient ce qu’elles voyaient en ce moment. Elles allaient être vigilantes. Sara avait déjà remarqué la relation particulière de son frère et d’Annabeth. Elle connaissait son frère et Annabeth par cœur...elle pensait savoir à quoi s'en tenir. Elle partagea un sourire entendu avec Erin.

 

Erin : J’avais l’impression qu’il y en avait beaucoup moins, quand on a chargé tout ça dans le camion hier.

Annabeth : Oui, moi aussi !

Matt : C’est plus facile de charger que de décharger !

Erin  : Ca doit être ça !

Matt : Oui et c’est encore plus dur de reprendre après une très longue pause… alors… on y va ! On a encore du boulot !

Sara : Papa ! On n’est pas pressé… on a tout le week-end !

Matt : C’est vrai mais je suppose qu’Annabeth et Erin sont pressées de s’installer ! Et je ne crois pas que laisser les cartons devant le garage est une bonne idée.

Sara : Les déménageurs auraient pu les monter quand même !

Annabeth : Ba ! Disons que nous les avons engagé pour la journée… et nous ne pouvions pas nous permettre de leur payer des heures supplémentaires.

Sara : Ah parce que l’on ne va pas être payé nous ?

 

Annabeth regarda Sara.

 

Annabeth : Faut vraiment que tu arrêtes de traîner avec moi !

Sara : Et bien c’est mal partit vu que tu emménage au dessus de mon garage !

 

Annabeth lui tira la langue tandis que Sara se contenta de lui sourire à pleines dents. Elles pouvaient être de vraies gamines quand elles voulaient, et elles adoraient ça.

 

Matt se tourna vers les deux jeunes filles assises sur le canapé.

 

Depuis qu’elle connaissait Annabeth, Sara était différente ou peut-être simplement elle. La petite fille qu’il avait toujours connue. Annabeth réussissait à faire ressortir une Sara différente de celle qu’il avait connu jusqu’à présent. Il était heureux de ce changement.

 

Annabeth se redressa et commença à se lever. Le père de Sara était toujours de bons conseils. C’est lui qui avait fait l’appartement dans lequel elles emménageaient aujourd’hui.

 

Annabeth : Ton père a raison ! Plus on finira vite et plus vite on pourra enfin être chez nous ! … Enfin vous, vous êtes déjà chez vous !

Sara : remarque pertinente ma chère Anna.

 

Tout le monde regarda Annabeth. Elle avait tendance à ne pas toujours se faire comprendre comme elle le souhaiterait. Mais avec eux, elle n’avait pas l’impression d’avoir été stupide. Juste trop enthousiaste. Et Sara n'était pas la dernière pour se moquer gentiment d'elle.

 

Annabeth : Ok, on arrête de parler ou plutôt j’arrête de parler et on se remet au boulot !

 

Elle se leva et se tourna vers les autres.

 

Jack : Je trouve que c’est une excellente idée !

Annabeth : Il nous reste encore pas mal de cartons !

Jack : Je parlais du fait que tu arrêtes de parler !

 

Annabeth regarda Jack avec un petit sourire. Il adorait la mettre en boîte à chaque fois. C’était son passe temps favoris. Jack la regarda avec un regard, elle devait l’avouer, qui l’a faisait craquer. Il sortit de l’appartement. Annabeth sourit et se tourna vers Sara tentant de masquer son trouble.

 

Annabeth : Ton frère devient de plus en plus drôle !

Sara : Ca, c’est depuis qu’il te connaît !

 

Et elle sortit à son tour, fière de son petit coup, suivit de son père. Annabeth regarda la porte puis se tourna d’un coup vers Erin.

 

Annabeth : Quoi ! Ca va être de ma faute maintenant !

 

Erin s’approcha d’Annabeth.

 

Erin : Qu’est-ce que tu veux ! Vous adorez vous chamailler !

 

Erin la regarda avec un petit sourire qu’Annabeth commençait à connaître.

 

Annabeth : Quoi ?

 

Erin continuait toujours de sourire.

 

Erin : Rien !

 

Annabeth n’insista pas plus. Elle devinait à quoi pensait Erin mais elle n’avait pas envie de l’entendre. Peut-être parce qu’elle n’était pas encore prête. Trop de choses avait changés dans sa vie. Et elle ne voulait pas envisager la possibilité que...

 

Annabeth se tourna vers l’appartement encore en chantier avec tous ses cartons. Erin s’approcha d’elle et la prit par le bras. Annabeth la regarda. Elles sentaient l'émotion en elles. Elles n'avaient pas de mots approprier, pas de mots qui auraient su parfaitement décrire l'état dans lequel elles se trouvaient. Pas de mots assez forts pour décrire leurs ressentis.

 

Annabeth : Prête pour une nouvelle vie ?!

Erin : Bien sûr ! J’adore déjà !

 

Elles regardèrent autour d’elle.

 

Annabeth : Ca fait bizarre de se dire qu’on commence quelque chose de nouveau.

 

Elle regarda de nouveau Erin.

 

Annabeth : Mais je dois avouer que cela me terrifie aussi. Je n’arrête pas de me demander si j’ai bien fait et si je vais réussir… si je…

Erin : Arrête de penser ! Tu as fait ce dont tu avais envie et ce qu’il fallait ! Tu sais très bien que tu as fait le bon choix… alors arrête de te prendre la tête !

Annabeth : C’est à moi que tu dis ça !

Erin : On est toutes les deux ! Si toi tu paniques, ça va pas aller ! Si toi tu doutes, je vais douter aussi ! Et ça il est hors de question : on a fait de gros efforts pour arriver jusque ici, ils nous reste plus qu’a suivre le courant, en restant zen !

 

Elle s’arrêta et la regarda.

 

Erin : Ok ?

Annabeth : Ok ! Zen …

 

Annabeth lui sourit. Erin lui rendit son sourire. C’est vrai que quoi qu’elle dise, Annabeth continuerait à se poser des questions et ça, pour le moment, elle ne pouvait rien n’y faire. Erin aussi se posait beaucoup de questions, mais à elle deux, elles y arriveraient : la volonté, l’organisation, la patience était là pour les accompagner et les aider à atteindre leur but.

 

Annabeth : Je suis contente de ne pas être toute seule dans cette aventure. Je crois que j’aurais été encore plus paniquée si ça avait été le cas. Toutes les personnes qui comptent pour moi, sont ici… alors je ne devrais pas me faire de souci. Ma sœur va me manquer mais avec son école d’infirmière, c’était dur de tout lâcher.

Erin : Oui et puis c’était ton choix de partir, peut-être pas le sien.

Annabeth : Oui

Erin : Et puis Emma pourra venir nous voir et je suis sûre qu’elle ne va pas s’en priver.

 

Annabeth lui sourit mais elle savait très bien qu’avec sa mère cela allait être très difficile. Elle ne s’était pas quitter en bons termes et elle connaissait sa mère et son caractère. Il fallait juste qu'elle fasse confiance en la vie, comme elle avait coutume de le dire.

 

Erin : Je crois qu’on devrait aller les rejoindre sinon ils vont croire qu’on les a abandonnés !

Annabeth : Ouais et après on va dire que c’est de ma faute !

Erin : oui et puis je suis sûre que tu manques déjà à Jack !

 

Erin sortit très rapidement avant qu’Annabeth ne pu réagir. Annabeth resta un instant sur place. Elle se dirigea vers la sortie puis se retourna pour voir l’appartement.

 

Il était tout neuf, vide avec des tas de cartons un peu partout. Cela ressemblait un peu à sa vie. Une toute nouvelle vie, avec pleins de nouvelles choses à l’intérieur, son appartement, sa nouvelle « famille », son nouveau travail. Il fallait qu’elle mette un peu d’ordre et qu’elle continue à se construire.

 

Elle avait envie de rire. Pourquoi, elle n’en avait aucune idée. Elle se sentait simplement bien. Bien avec elle-même.

 

3 heures plus tard.

Appartement d’Erin et Annabeth

 

 

Annabeth était allongée sur un tas de carton. Son chien, un golden retriever était couché à ses pieds. Ils avaient fini de tout monter. Ils avaient cru qu’ils n’allaient jamais en voir la fin. Mais c’était bien fini. Enfin, en ce qui concernait de monter tout les cartons.

 

Maintenant, il fallait tout déballer et ranger. C’était le plus chiant. Erin et Sara se trouvaient affaler dans le canapé. Jack et Matt  se trouvaient dans les fauteuils.

 

Annabeth : Je ne suis pas prête de déménager à nouveau !

Sara : J’espère bien ! … Et de tout façon, maintenant que tu es là, on te garde !

Jack : Oui et puis les déménageurs JAMES ferment boutique donc si tu veux partir faudra te débrouiller toute seule !

Annabeth : Croyez-moi, je n’ai aucune envie de partir ! Je suis dans une région magnifique, j’ai un appartement génial et je suis avec les personnes que j’apprécie le plus. Pourquoi voudrais-je partir ?!

Voix : Toc toc toc !

 

Ils se tournèrent vers la nouvelle venue. Une femme venait d’entrer dans l’appartement avec deux plats dans les mains. Elle avait relevé ses cheveux châtain en queue. Annabeth s’était levée pour aider à débarrasser pour poser les plats. Mémo avait lui aussi sentit l’odeur des gâteaux et s’était réveillé et approché.

 

Femme : Je vous ai fait des gâteaux. J’ai pensé que vous pourriez avoir faim !

Annabeth : Mémo ! Couché !

 

Annabeth pris les plats et les posa sur la table basse. Enfin là où il y avait de la place. Le chien ne s’était pas couché et s’approcha de la table basse.

 

Annabeth : Mémo ! Là-bas !

 

Elle lui montra du doigt sa couverture.

 

Mary : Laisse-le ! Il ne fait rien de mal !

Annabeth : Non, je ne veux pas qu’il demande !

 

Mémo regarde sa maîtresse et lorsqu’il vit qu’elle ne plaisantait pas, alla se coucher.

 

Mary : Ils sont encore tous chaud !

Erin : Génial ! Je meurs de faim !

Jack : Après l’effort, le réconfort !

Sara : Tu es géniale maman !

Annabeth : Vous n’avez aucun souci à vous faire, si j’ai le droit à ce genre de traitement, je risque de m’habituer et à ne jamais vouloir repartir !

Erin : Tu m’étonnes !

Mary : Très bien alors je sais quoi faire pour vous garder !

Annabeth : Vous avez déjà fait beaucoup Mary… vous tous. L’appartement, le déménagement, votre accueil… je tiens à vous remercier pour tout cela.

Erin : Je suis d’accord avec Annabeth. Grâce à vous, notre nouvelle vie nous fait beaucoup moins peur.

 

Silence. Mary regarda Annabeth et Erin.

 

Mary : Bienvenue dans la famille !

 

Annabeth fut très touchée par ces quelques mots. Mary s’approcha d’elle et la prit dans ses bras. Annabeth fut tout d’abord surprise. On n’avait pas l’habitude de ce genre de marque d’affection dans sa famille. Puis elle serra à son tour Mary contre elle. A cet instant, elle eut la certitude qu'elle pourrait compter sur Mary. Elle semblait avoir un amour maternel pour elle, et Annabeth se sentait comblée.

 

Mary se détacha.

 

Mary : Et si pour fêter votre arrivée parmi nous, on faisait un barbecue. Il fait un temps magnifique, autant en profiter !

Sara : Oui… en plus ça détendrait tout le monde !

Annabeth : C’est une bonne idée mais on ne veut pas vous embêter…

Mary : Pas de mais et tu sais très bien que vous ne nous embêtez pas !

Annabeth : Merci.

Mary : (Regardant son mari) Matt tu t’occupes de faire chauffer les braises et de la viande et moi je m’occupe des légumes et du dessert.

Jack : Très bonne organisation Maman…

 

Jack se leva et prit sa mère par le bras. Il la fit s’asseoir dans le fauteuil où il se trouvait. Annabeth trouva ça mignon, touchant. Il prenait soin de sa maman. Tous d’ailleurs. Un jour, elle avait posé la question à Sara pour savoir pourquoi, et elle lui avait répondu que cela se faisait tout naturellement. Ils avaient tous une promiscuité les uns envers les autres qu'elle ne connaissait pas. Mais peu à peu, ces attentions lui étaient destinés et elle se surprenait même à en avoir pour les autres.

 

Sara : Et si on goûtait ces gâteaux !

 

Sara prit les gâteaux et commença à les découper.

 

Jack : Toujours la première !

Sara : Eh ! Si je ne l’avais pas fait, je suis sûre que tu l’aurais fait à ma place, Monsieur je ne pense qu’à manger et qui en plus qui ne prends pas un gramme !

Matt : Vous savez ce qu’il manque ?... Une bouteille de champagne pour arroser tout ça… (Regardant Annabeth) et hors de question que tu prétexte que tu n’aime pas ! Son premier appartement, ça se fête !

 

Annabeth sourit. Elle leva les mains pour montrer qu’elle n’avait rien dit.

 

Voix : J’ai ce qu’il vous faut !

 

Tout le monde se tourna vers la porte d’entrée. Une femme venait d’entrer une bouteille à la main et en tenant un petit garçon de 5 ans environ par la main.

 

Mémo se redressa et regarda les nouveaux arrivants.

 

Sara : Carolyn, tu es géniale !

Carolyn : (sourire) Je sais !

 

Elle rejoignit les autres au centre de la pièce. Le petit bout de chou avec elle. Elle ressemblait énormément à Mary. Elle était brune. Ses cheveux lui retombaient sur la nuque. Et elle avait des yeux verts qui ressortaient à cet instant. Thomas s’était approché du chien. Mémo s’était couché pour avoir des gratouilles que le garçon ne tarda pas à lui faire.

 

Sara : Tu viens faire un bisou à Sara mon Thomas ?!

 

Le garçonnet lui sourit et courut dans ses bras. Il était lui aussi très brun et avec de grands yeux chocolat. Mémo se redressa. Il aurait voulu que Thomas continue.

 

Sara le souleva et l’assit sur ses genoux. Elle ne put s’empêcher de lui faire un énorme bisou.

 

Sara : Comment ça va ?

Thomas : Bien.

Sara : Bien. Et ta sœur, elle est où ?

Thomas : Avec Papa !

 

Carolyn s’assit sur l’accoudoir près de sa mère et déposa la bouteille sur la table basse.

 

Carolyn : Léa a voulu aller voir les chevaux, dans le pré de derrière avant de venir…. Je ne savais pas qu’un de nos voisins avait des chevaux ?!

Mary : Ils sont arrivés hier, dans l’après-midi. La grande maison a été vendue et à ce que m’a dit le notaire, le nouveau propriétaire ne devrait pas tarder à arriver. Apparemment cela fait des années que cette maison a été vendue mais personne n’est jamais venu jusqu’à présent.

 

Tout le monde la regarda. Elle semblait bien connaître le sujet.

 

Mary : Quoi ? J’ai croisé sa secrétaire en ville ce matin !

Jack : Pour avoir de tels chevaux et s’acheter ce genre de maison, il doit avoir pas mal d’argent !

Sara : C’est clair ! Cette maison est magnifique… depuis que je suis toute petite, je rêve de voir l’intérieur !

Carolyn : Ca pas besoin de nous le préciser ! A chaque fois que vous disparaissiez Jack et toi, c’est parce que vous aviez le nez collé sur la vitre des voisins !

 

Tout le monde sourit à l’image tandis que les deux intéressés firent mine de ne rien entendre.

 

Annabeth : Vous parlez  de cette maison immense sur le terrain à côté ?

Sara : Oui !

Annabeth : Elle est géniale ! Je veux la même !

Jack : Je crois que pour l’instant, personne ici ne peut se permettre d’avoir ce genre de maison !

Erin : Et personne ne sait qui va venir s’installer ici ?

Matt : Non tout ce que l’on sait, c’est que cette personne n’est pas de la région.

Jack : On est envahit par des tonnes de touristes qui viennent s’installer dans la région !

Sara : Ose dire que tu n’apprécies pas le fait qu’Annabeth et Erin soit venues vivre ici ?!

 

Sara fixa son frère et lui sourit. Elle avait su dès qu’elle avait vu son frère agir avec Annabeth qu’il l’appréciait énormément. Maintenant restait à ce qu’il le comprenne tout seul…. Enfin avec un peu d’aide bien sûr ! Et elle savait déjà qu'avec Erin, elles allaient être sûr le coup !

 

A ce moment là, Joe arriva avec Léa dans les bras. Mémo se leva et alla à la rencontre des nouveaux arrivants. Il les sentit. Joe lui caressa doucement la tête.

 

Joe : J’espère ne pas avoir raté la petite fête ?!

Jack : Non tu arrive juste à temps pour ouvrir la bouteille de champagne !

 

Joe déposa Léa à terre. La petite fille courut vers sa grand-mère. Elle avait encore un peu peur de Mémo.

 

Annabeth : Tu sais Mémo ne va rien te faire. Il veut juste jouer et avoir des gratouilles !

Thomas : C’est vrai ! Il adore quand je lui en fais !

 

Annabeth sourit. Léa se cacha derrière sa grand-mère. Annabeth fit signe à Mémo de se coucher.

 

Joe vint rejoindre le groupe. Il avait tout au plus 35 ans et cet air décontracté. Brun et des yeux… c’était dur à voir. Son regard était profond. Marron.

 

La petite s’assit sur les genoux de sa grand-mère. Elle ressemblait énormément à son frère. C’était un peu normal, c’était des faux jumeaux. Ils venaient tout les deux d’avoir 5 ans. Léa avait de longs cheveux bruns avec de grands yeux marron.

 

Mary : Alors ma puce, ils sont beaux les chevaux.

Léa : Oui.

Mary : Tu les as caressés ?

Léa : Non, ils étaient trop loin !

Mary : Peut-être la prochaine fois !

Léa : Y a des gens qui sont arrivés.

Joe : Oui, nos nouveaux voisins arrivent. Le camion est déjà là !

 

Carolyn et Jack se levèrent pour aller voir. Ils se penchèrent par-dessus l’évier de la cuisine pour pouvoir voir la maison voisine.

 

Carolyn : Un deuxième camion vient d’arriver !

Erin : Et nous qui nous plaignons d’avoir beaucoup d’affaires !

 

Sara assit Thomas à sa place et alla rejoindre son frère et sa sœur.

 

Sara : Poussez vous je ne vois rien... ce n’est pas des petits camions ! … Ca doit être une famille entière qui vient s’installer ici !

Carolyn : Y a une voiture qui arrive !

Annabeth : Regardez-moi ces commères !

Carolyn : Ca à l’air d’être une femme au volant… elle est tout seule apparemment.

 

Annabeth ne pus s’empêcher d’aller les rejoindre à la fenêtre. Mémo lui courut après. Jack se tourna vers elle.

 

Jack : C’est qui les commères ?!

 

Elle lui tapa sur l’épaule.

 

Annabeth : Attention, elle sort !!!

 

La femme qui sortit de la voiture, était assez grande, blonde et une certaine classe se dégageait d’elle. Mais rien à voir avec ces femmes des villes qui débarquent en province pour faire leur cinéma.

 

Sara : C’est elle qui va habiter là ?

Carolyn : Il semblerait. Regarde, elle donne des indications aux déménageurs.

 

Annabeth s’appuyait sur Jack pour arriver à voir à la fenêtre. Mémo lui sauta dessus et aboya.

 

Annabeth : Mémo !

Mary : Il veut voir lui aussi !

 

Annabeth fit descendre Mémo.

 

Annabeth : Vous croyez qu’elle a une famille ?!

 

Elle se tourna vers Mary.

 

Mary : Je n’en sais rien.

Matt : Arrêté d’espionner et venez plutôt vous asseoir !

 

Les quatre personnes s’exécutèrent. Mémo les suivit. Joe prit la bouteille de champagne.

 

Joe : Et si on ouvrait cette bouteille !

Mary : Catherine et Charlie ne devaient pas nous rejoindre ?

Carolyn : Catherine devait aller chercher Charlie à l’aéroport et elle ne savait pas si elles allaient pourvoir être là à temps !

Jack : C’est pas grave, on commence sans elles… elles nous rejoindront au barbecue.

Carolyn : Un barbecue ?!

Sara : On s’est dit que ça pourrait être sympa de faire un barbecue ce soir, pour fêter l’arrivée d’Erin et Annabeth.

 

POP !! Joe venait d’ouvrir la bouteille.

 

Joe : Excellente idée !!

 

Mémo courut après le bouchon pour le mâchouiller.

 

Matt lui tendit un verre, puis un deuxième. Ensuite, il les tendit à Annabeth et Erin.

 

Matt : Honneur aux invités !

Annabeth : On n’est plus vraiment des invités vu qu’on emménage ici !

 

Chacun avait un verre. Matt leva le sien.

 

Matt : A nos deux charmantes petites citadines !

 

Tout le monde leva son verre et but une gorgée. Annabeth grimaça et avala péniblement. Ensuite, elle posa son verre sur la table basse.

 

Annabeth : Voilà, j’en ai bu…Mais ça sera tout car sinon je risque d’être pompette !

Jack : Avec une gorgée de champagne ?!

Annabeth : Il ne m’en faut pas beaucoup !!

 

Mémo vint poser sa tête sur les genoux d’Annabeth.

 

Sara : Lui aussi, il veut du champagne !

Annabeth : Non, je crois qu’il a une envie pressante. Il est resté enfermé toute l’après midi le pauvre.

 

Annabeth se leva et alla chercher quelque chose dans son sac. Au bout de quelques secondes, elle en sortit une laisse.

 

Annabeth : Allez ! Viens mon chien !

 

Elle allait sortir puis elle se tourna vers les autres.

 

Annabeth : Ca c’est génial ! Pouvoir sortir et aller se balader dans la nature avec son chien sans avoir à faire attention aux voitures et tout ça !

 

Tout le monde la regardait.

 

Annabeth : Me regarder pas comme ça ! C’est vrai !... Haaaa mais vous ne pouvez pas comprendre…. Vous avez toujours connu ça !

 

Elle ouvrit la porte et Mémo se glissa à l’extérieur.

 

Extérieur.

 

Mémo courut tout autour de la maison. Il adorait se retrouver libre. Annabeth était heureuse à cet instant. Voir son chien gambader, là devant elle, lui faisait énormément plaisir. C’était ce genre de petite chose qui ne lui faisait pas du tout regretter d’avoir fait ce choix.

 

 D’un seul coup, Mémo changea de trajectoire et se dirigea vers la maison d’à côté.

 

Annabeth : Mémo ! Viens ici !... Mémo.

 

Mais son chien ne l’écouta pas. Il continua sa course.

 

Annabeth : C’est fou comme il m’écoute bien !!

 

Elle partit à sa poursuite. Il se dirigeait tout droit sur sa voisine. Pour un premier contact, avoir un chien qui vous saute dessus, ce n’était pas la meilleure approche. Mémo arriva près de la voisine. Celle-ci se tourna et aperçut le chien. Annabeth vit un grand sourire apparaître sur son visage. Elle se pencha et le caressa. Mémo ne se fit pas prier, il lui fit des léchouilles. Annabeth arriva elle aussi près de sa voisine.

 

Annabeth : Mémo ! Désolée !

 

La voisine leva les yeux vers elle puis se redressa.

 

Voisine : Non, ce n’est pas grave. Il est adorable. Mémo c’est ça ?

 

Annabeth resta un instant à observer la femme qui se trouvait en face d’elle. Elle avait un style à elle. Annabeth n’aurait pas pu dire si elle était une femme d’affaire, ou une femme d’intérieur ou encore sportive ou sophistiquée. Comme si elle était tout ça en même temps.

 

En tout cas, elle avait remarqué à quel point elle était belle. Beaucoup plus qu’une beauté physique. Elle avait quelque chose qui se dégageait d’elle. Elle était magnifique. Un regard profond, un sourire éclatant...tout une prestance qui émanait.

 

Annabeth reprit ses esprits lorsque Mémo lui fonça légèrement dedans.

 

Annabeth : Mémo ! Oui !

Voisine : Vous habitez dans le quartier ?

Annabeth : Oui, je viens juste d’emménager au dessus du garage de mon amie !

 

Annabeth lui montra l’endroit du doigt.

 

Voisine : Alors nous sommes voisines ?!

Annabeth : Oui.

 

La femme lui tendit la main.

 

Voisine : Jane Lane… je débarque tout droit de New York !

Annabeth : Moi aussi… enfin de la banlieue ! Annabeth Gheel…

 

Mémo voulait des caresses.

 

Annabeth : Et vous connaissez déjà Mémo !

 

Jane sourit.

 

Jane : Vous connaissiez la région avant de venir vous installer ?

Annabeth : Oui, j’ai ma meilleure amie qui habite ici !

Jane : Votre meilleure amie ! Elle habite ici et vous habitiez la banlieue de New York ??

Annabeth : Oui, c’est une longue histoire mais je dirais simplement : merci Internet !

Jane : OK !

Annabeth : Et vous, pourquoi avoir choisi cette région ?

 

Jane sembla hésité. Puis elle se tourna vers le paysage.

 

Jane : Pour ça !

 

Elles regardèrent toutes les deux le paysage. C’est vrai que c’était magnifique. C’était apaisant, accueillant et sécurisant.

 

Annabeth : Donc vous et votre famille venez vous installer ici ?

 

Jane se tourna vers Annabeth. Celle-ci remarqua un air triste dans le regard de Jane. Mais il disparut rapidement.

 

Jane : Je suis toute seule.

Annabeth : Oh désolée.

Jane : Ce n’est rien. J’ai l’habitude.

 

Annabeth la regarda un instant. Le courant passait bien. C'était assez étrange comme quelques fois d'un simple contact on pouvait avoir une certitude concernant la personne. Elle avait le sentiment qu'elle allait bien s'entendre avec sa nouvelle voisine. Cela était peut-être dû à la gentillesse qui semblait se dégager de Jane.

 

Annabeth : Vous faites quelque chose ce soir ? Enfin je veux dire à part déballer vos cartons ?

 

Jane la regarda.

 

Jane : Pas vraiment. Pourquoi ?

Annabeth : Parce que nous organisons un barbecue et vu que vous êtes vous aussi nouvelle dans la région, vous êtes bien sûr invitée…

Jane : Je ne voudrais pas déranger !

Annabeth : Connaissant la mère de mon amie, il va avoir au moins de la nourriture pour 20 personnes et même si ça famille est grande, une personne de plus ou de moins, on ne verra pas la différence. Et puis vous n’allez pas rester toute seule dans votre grande maison par ce temps magnifique ?!

 

Jane sourit.

 

Jane : Vous avez raison !

Annabeth : Alors ça, c’est une chose qui ne faut pas me dire souvent, car sinon je vais commencer à le croire !

 

Annabeth lui sourit.

 

Annabeth : Je vais vous laisser vous installer et vous poser un peu… et on se retrouve à 19h30 dans notre jardin.

Jane : Parfait.

 

Annabeth commença à s’éloigner.

 

Annabeth : Mémo….

 

Elle fit signe à son chien et pour une fois il l’écouta du premier coup.

 

Annabeth : A tout à l’heure !

 

Appartement Erin et Annabeth

 

La porte s’ouvrit et Mémo entra rapidement suivit d’Annabeth.

 

Annabeth : Devinez qui je viens de rencontrer ?

Sara : Notre voisine !

 

Annabeth la regarda amusée. Sara ne changerait donc jamais ! Toujours aussi curieuse...dieu merci !

 

Annabeth : Ok, je vois ! Vous avez regardé par la fenêtre !

Sara : On t’a entendu appeler Mémo. On se demandait ce qu’il se passait !

 

Annabeth sourit et lui lança un regard peu convaincu.

 

Annabeth : Mouais !

Mary : En tout cas cette jeune femme a l’air tout à fait charmante !

 

Annabeth se tourna vers Mary.

 

Annabeth : Quoi ? Vous aussi ?

 

Annabeth sourit de plus belle.

 

Sara : Tu crois qu’on a appris où ?

Annabeth : Quand j’ai vu Mémo courir vers elle, je me suis dis « Ca y est ! C’est fini ! » et en fait, elle a été géniale !

Erin : Oui, elle a l’air d’aimer les animaux.

 

Annabeth fixa les personnes présentes avec des yeux ronds. Elle n'en croyait pas ses oreilles. Mais elle était au bord de la crise de rire. La situation était vraiment cocasse.

 

Annabeth : Et bah heureusement qu’on a plusieurs fenêtres !.... Et puisque vous êtes si curieux, j’ai invité Jane à se joindre à nous pour le barbecue… (Se tournant vers Mary) Ca ne vous dérange pas ?

Mary : Non, au contraire, tu as bien fait.

Carolyn : Jane ? C’est comme cela qu’elle s’appelle ?

Annabeth : Oui. Jane Lane !

 

Mary se leva.

 

Mary : Et bien au lieu de discuter, on ferait mieux de commencer à préparer !

Jack : Ok ! Je vais avec Papa préparer le barbecue et installer les tables.

Carolyn : Moi je viens t’aider maman ! 

 

Carolyn s’approcha de son mari et posa ses mains sur son torse. Elle planta son regard dans le sien.

 

Carolyn : Tu peux t’occuper des enfants.

 

Annabeth, Erin et Sara adoraient jouer les « voyeurs ». ils étaient trop mignons c’est deux là. Ils avaient une manière de se regarder. On pouvait sentir tout l’amour et l’attirance qu’il y avait entre eux. Même depuis toute ces années. Les trois jeunes femmes soupirèrent en même temps de contentement. Les histoires d'amour les fascinaient réellement.

 

Joe : Pas de problème !

 

Carolyn lui sourit et déposa un baiser sur ses lèvres.

 

Sara : Et nous ?

Joe : Je crois que vous êtes un peu grandes pour que je vous garde !

 

Tout le monde sourit.

 

Sara : Je voulais dire, qu’est-ce que l’on fait ?

Mary : Rien !

Annabeth : Mauvaise réponse !

Sara : On s’occupe des boissons et des verres !

Jack : Ok, maintenant que les équipes sont faites ! GO ! On se déploie !

Léa : Moi aussi, je veux aider Mamie !

 

Tout le monde sourit. Annabeth s’approcha de Léa et s’accroupit près d’elle.

 

Annabeth : Tu sais ce que tu peux faire ?

 

La petite fille fit signe que non.

 

Annabeth : Est-ce que tu peux me garder Mémo. Je n’ai pas envie de le laisser tout seul. Tu crois que tu peux m’aider ?

 

La petite fille hésita.

 

Annabeth : Regarde… il a envie que tu lui fasses des câlins et des gratouilles !

 

La petite fille regarda le chien. Il lui faisait ses petits yeux de « cocker ».

 

Léa fit de grand signe positif de la tête avec un grand sourire.

 

Annabeth : Mémo… viens ici !

 

Le chien arriva en trottinant. Annabeth lui attacha la laisse et tendit l’autre bout à Léa.

 

Annabeth : Je te le confie !

 

La petite fille prit la laisse dans sa main. Annabeth regarda Joe. Il lui fit signe qu’il ferait attention. Thomas alla rejoindre sa sœur et voulut lui prendre la laisse des mains.

 

Thomas : Moi, aussi, je veux le tenir !

 

Léa garda la laisse.

 

Léa : Non, c’est à moi qu’elle a dit !

Annabeth : J’ai une idée…. Vous le tenez chacun votre tour ! D’accord ?

 

Les deux enfants acquiescèrent. Annabeth se redressa.

 

Sara : Toutes les équipes sont en position ?... GO !

 

Chacun partit à sa tâche le sourire aux lèvres.

 

 

Jardin

 

Annabeth s’arrêta un instant et regarda autour d’elle. Tout le monde s’afférait. Tout le monde était fatigué par la journée qu’ils venaient de passer mais chacun avait trouvé la force de préparer leur soirée.

 

Il faut dire qu’ils adoraient se retrouver tous ensemble. Annabeth sourit. Elle qui d’habitude, dans sa famille, fuyait ce genre de soirée, ici, elle pouvait y passer des heures. Elle avait vite compris que la famille James accordait énormément d'importance à leurs repas familiaux. C’étaient des instants de parfaites communions entre eux. Et Anna reconnaissait que pour prétendre connaître cette famille, il fallait participer à un de ces fameux repas où la bonne humeur était toujours de rigueur.

 

En plus, il faisait un temps magnifique. Un temps de juillet. Très chaud aussi d’ailleurs et le barbecue n’allait rien arranger.

 

Sara et elle, avaient installé les glacières qui allaient accueillirent les boissons et avaient amener les verres ainsi que les couverts. Si leur compte était exact, ils seraient 13 ce soir.

 

Sara remplie la dernière glacière avec l’eau de tuyau d’arrosage et y versa les derniers glaçons.

 

Sara : Voilà, dernière glacière prête !

 

Elle s’assit à côté d’Annabeth à la table.

 

Sara : 5 min de pause !

 

Elles regardèrent Thomas et Léa jouer avec Mémo. Annabeth leur avait permis de le détacher pour jouer à la balle avec lui. Les deux enfants couraient après Mémo pour essayer de récupérer la balle. Joe participait lui aussi à la course poursuite.

 

Jack et Matt s’approchèrent des filles.

 

Matt : Le barbecue est prêt ! … je vais prévenir votre mère !

 

Matt entra dans la maison.

 

Jack : Je vois que ça bosse dur !

 

Jack resta debout face aux filles. Elles firent comme si elles n’avaient rien entendu. Jack prit le tuyau d’arrosage que Sara avait posé un peu plus loin pour aller le ranger mais d’un seul coup, il eut une idée. Il se tourna vers les filles.

 

Annabeth : Non !

Sara : Tu n’oseras pas ?!

 

Il sourit de plus belle. Elles se levèrent. Sara attrapa Annabeth et se mit derrière elle. Amie ou pas...Sara ne comptait pas être mouillée, et elle savait qu'avec Jack tous les coups étaient permis. Elle protégeait ses arrières rien de plus. Et par chance son amie était sensiblement plus grande qu'elle.

 

Annabeth : Eh !!!

 

Elle regarda Jack qui se rapprochait dangereusement, en menaçant d’allumer l’eau.

 

Jack : Après une telle journée, rien de tel qu’une bonne douche !

Annabeth : Tu sais que ton père nous a fait une superbe salle de bain dans notre appartement.

 

Jack souriait de plus belle. Elles savaient que si elles faisaient le moindre mouvement, il allumerait l’eau. Mais même si elles ne bougeaient pas, il les arroserait quand même. Annabeth en était sûre. Il avait ce regard qu’elle connaissait bien.

 

Annabeth : Jack ! Nonnnn….

 

Elle n’eut pas le temps de finir ses pensées, qu’une douche froide s’abattit sur elle. Sara se cacha derrière Annabeth. Celle-ci essayait d’éviter le jet d’eau mais c’était cause perdue. Mais elle n’allait pas se laisser faire. Elle avança vers Jack. Sara la lâcha Annabeth. Elle ne voulait pas aller droit au suicide.

 

Annabeth attrapa l’arme du crime mais Jack ne lâcha pas prise et Jack avait beaucoup plus de force qu’elle. Il continuait toujours de l’arroser et Annabeth ne pouvait pas dévier le jet. Jack attrapa de son bras libre, Annabeth par la taille, pour ne pas qu’elle bouge ou qu’elle s’échappe. Elle était maintenant prisonnière.

 

Elle riait de plus en plus. Elle était plus que trempée à cet instant mais elle était contente. En la tenant, Jack se mouillait lui aussi par la même occasion.

 

Annabeth : Les filles !!!

 

Il fallait que Sara et Erin l’aident. Elle n’arriverait jamais à se dégager et à mouiller Jack seule. Sara se tenait à plusieurs mètres de la bataille mais observait. Un sourire machiavélique se dessina sur les lèvres de Sara, elle éprouvait une insolente satisfaction à voir Anna se faire mouiller.

 

Sara : T’a voulu y aller, tu te débrouille maintenant !

 

Annabeth s’était retrouvé dans les bras de Jack, sans vraiment sans rendre compte. Il ne la lâchait pas.

 

Erin sortit de la maison où elle avait été Sara et Carolyn en cuisine. Lorsqu’elle vit Annabeth et Jack, elle se tourna vers Sara pour savoir ce qu’il se passait. Sara la regarda.

 

Sara : Ils ne sont pas mignons ??

 

Elles sourirent puis regardèrent de nouveau le couple. Jack était de plus en plus mouillé lui aussi. Quand à Annabeth, si elle avait plongé toute habillé dans la piscine cela aurait été la même chose.

 

A un moment, l’eau cessa de couler. Annabeth arrêta de se débattre.

 

Voix : Eh !!!!!! Interdiction de s’amuser sans nous !

 

Tout le monde se tourna vers cette voix. Deux jeunes femmes brunes se tenaient face à eux. La première avait un style assez particulier et ses cheveux étaient maladroitement remontés en chignon. Elle releva ses lunettes de soleil sur sa tête. L’autre jeune femme avait les cheveux mi-longs qui lui retombaient sur les épaules. Elle portait simplement un jean et un débardeur. Charlie et Catherine venaient d’arriver. Sara courut vers ses sœurs.

 

Sara : Charlie !!!! C’est génial !

 

Elle prit sa sœur dans ses bras. C'était si bon de se retrouver !

 

Jack lâcha doucement Annabeth. Ils se regardèrent tous les deux, gênés, lorsqu’ils comprirent la situation dans laquelle ils se trouvaient. Elle s’écarta et essaya de s’essorer comme elle le pouvait.

 

Sara et Charlie se détachèrent.

 

Sara : Comment s’est passé ton vol ?

Charlie : J’étais pressée d’arriver !

 

Sara, Charlie et Catherine rejoignirent les autres.

 

Catherine : Tellement pressée qu’elle en oubliait ses bagages !

 

Charlie sourit.

 

Charlie : Oui, heureusement que ma grande sœur était là !

 

Charlie sourit à Catherine. Elle adorait la taquiner. Ca devait être de famille. Joe et les enfants vinrent à leur tour les rejoindre. Mémo était aussi de la partie. Il arriva en courant vers les nouvelles venues. Il les sentit.

 

Charlie : Salut toi !

 

Elle lui fit une caresse sur la tête puis Mémo alla voir Annabeth. Il la regarda. Il devait se demander pourquoi sa maîtresse était toute mouillée.

 

Charlie : (Annabeth) Tu ne m’en voudras pas trop si je ne te fais pas la bise !

 

Annabeth sourit. Elle comprenait tout à fait. Elle n’avait rencontré Charlie qu’une seule fois depuis qu’elle connaissait Sara. Très rapidement, l’année dernière au jour de l’an. Mais elle devait avouer que cela avait été très rapide. Charlie était partie précipitamment, elle n’avait pas compris pourquoi. Et cela ne la regardait pas.

 

Charlie alla faire la bise à Erin, Joe et les enfants puis Catherine fit de même.

 

Catherine : Alors comment s’est passé le déménagement ?

Erin : Très bien… heureusement qu’on ait eu un coup de main !

Jack : Oui d’ailleurs vous vous êtes défilées !

Charlie : Désolée mais le pilote de l’avion n’a pas voulut dépasser la limitation de vitesse pour que je puisse arriver plus tôt.

Catherine : Et puis vous vous êtes très bien débrouillés sans nous.

 

Charlie s’assit et prit Léa sur ses genoux.

 

Charlie : Toi aussi tu as aidé ma puce ?

Léa : Oui…. J’ai gardé Mémo.

 

Tout le monde sourit.

 

Charlie : Qu’est-ce que vous avez grandit tout les deux !

 

Charlie regarda Joe.

 

Charlie : Qu’est-ce que vous leur donner à manger ?

 

Joe sourit. Il regarda ses enfants. C’était sa plus belle réussite.

 

Charlie : (Joe) Et toi ? Papa ne t’ennuie pas trop au cabinet ?

 

Joe resta un instant silencieux.

 

Joe : Est-ce que tu veux vraiment une réponse ?

 

Chacun sourit. Ils connaissaient tous la réponse.

 

Charlie : Je vois !

Catherine : Papa a du mal a arrêter !

Charlie : J’imagine ! … En parlant de Papa… où sont-ils Maman et lui ?

Sara : Dans la cuisine !

Mary : Plus maintenant !

 

Mary et Matt venaient d’arriver sur la terrasse. Charlie se leva et alla embrasser sa mère.

 

Mary : Je suis contente de te voir !

 

Elle serra fort sa fille contre elle. Matt resta sans bouger. Lorsqu’elles se détachèrent, Charlie et Matt se regardèrent.

 

Charlie : Papa !

 

Matt se contenta d’incliner la tête. Tout le monde sentit la tension.

 

Mary : (regardant Annabeth et Jack) Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

Annabeth : Jack a trouvé qu’il faisait un peu trop chaud !

 

Carolyn arriva avec un saladier dans les mains. Elle le posa au centre de la table.

 

Carolyn : Voilà le reste de demande plus qu’à être servit !

 

Elle se tourna vers ses sœurs.

 

Carolyn : Salut !

 

Elle embrassa Charlie.

 

Carolyn : Alors comme ça on te manquait trop ?! Tu as décidé de revenir à la maison ?!

Charlie : Oui… et puis New York a perdu tous ses charmes !

 

Personne ne voulait relancer ce sujet douloureux du départ de Charlie. Le temps d'en parler viendrait, mais là il était l'heure à la fête.

 

Mary : Bon et bien puisque tout le monde est là, on va pouvoir commencer !

Annabeth : Euh… excusez-moi ! Est-ce que je peux prendre 5 min pour aller me changer ?

Matt : Non (sourire) vas-y !

Sara : En plus, Jane n’est pas encore arrivée !

 

Annabeth courut vers l’appartement pour mettre des vêtements secs.

 

Catherine : Jane ?

Sara : Notre nouvelle voisine !

Catherine : Encore une ?

Mary : Oui, tu sais la belle maison… et bien elle a été vendue.

Erin : Annabeth a fait la connaissance de notre voisine, tout à l’heure.

Charlie : Ok !

 

Appartement Erin et Annabeth

 

Annabeth enfila son débardeur tout sec. Il fallait encore qu’elle se sèche les cheveux. Elle alla dans la salle de bain et attrapa une serviette.

 

Elle avait adoré cet après-midi. Voir son nouvel appartement. Il était magnifique. Très grand et spacieux. Il correspondait à ce qu’elle voulait. Il faut dire que le père de Sara l’avait pas mal consulté pour savoir ce qu’elle désirait et elle avait été énormément touchée par cette attention.

 

Et la maman de Sara qui avait aidé pour la décoration. Tout c’était fait à distance et Annabeth ne s’était fait aucun souci. Elle leur avait fait confiance et ils ne l’avaient absolument pas déçue.

 

Elle se demandait comment elle avait fait pour vivre jusqu’à présent, sans ce genre d’attention, de confiance. Sa famille n’était pas du tout comme cela. Et lorsqu’elle avait rencontré la famille de Sara, cela lui avait bizarre. Elle avait été très bien accueillit. Comme un membre de la famille. Et pour une fois, elle s’était sentie bien.

 

Elle ne connaissait pas encore très bien tous les membres de cette grande famille. Mais elle les appréciait tous.

 

Elle prit sa brosse et commença à se recoiffer. Elle sourit. Jack l’avait « inondé ». Elle sourit de plus belle. Elle l’appréciait beaucoup et même si ils adoreraient se taquiner, ils s’entendaient bien. Enfin, c’est ce qu’elle pensait.

 

Mais elle ne voulait penser à plus pour le moment. Tout était déjà assez compliqué dans sa tête pour qu’elle pense à ce genre de chose. Il fallait qu’elle se reconstruise après tout ce qui c’était passé. Qu’elle découvre qui elle était réellement. Qu’elle réapprenne à donner la parole à la petite fille en elle. Celle qui a disparut un peu trop vite.

 

Annabeth releva ses cheveux et les attacha avec sa pince. Voilà, elle ressemblait de nouveau à quelque chose. Elle se regarda dans le miroir. Elle avait l’impression que quelque chose avait changée en elle mais elle ne pouvait pas dire quoi.

 

Il fallait qu’elle retourne au barbecue. On devait l’attendre.

 

Terrasse des JAMES

 

Annabeth descendit l’escalier et vit Jane arriver. Elle alla à sa rencontre.

 

Annabeth : Vous avez pu venir ?!

Jane : Oui, j’ai laissé mes cartons…. J’avais besoin de prendre l’air !

Annabeth : Je vous comprends ! Je suis dans le même état… Un carton de plus et je crois… je faisais un malheur.

 

Jane sourit.

 

Jane : Est-ce que votre invitation « barbecue » tiens toujours ?

Annabeth : Bien sûr… Tout le monde a hâte de vous rencontrer.

Jane : Je ne savais pas que j’étais déjà si connue ?

Annabeth : Disons que c’est difficile de ne pas se faire remarquer dans la région quand on est nouveau !

Jane : (sourire) Moi qui voulait passer incognito.

 

Annabeth lui sourit.

 

Annabeth : Et bien c’est raté ! … Mais bienvenue au club !

 

Annabeth commença à s’avancer vers la terrasse. Jane la suivit. Annabeth aimait bien sa voisine. Pourquoi ? Alors que cela ne faisait que quelques heures qu’elle la connaissait mais son « 6ème sens » lui disait qu’elle pouvait avoir confiance.

 

Lorsqu’elles arrivèrent tout le monde se tourna vers elles. Annabeth devait faire les présentations.

 

Annabeth : Je vous présente notre nouvelle voisine… Jane Lane… Madame Lane…

Jane : Appeler moi Jane… ça me fera me sentir moins vieille !

Annabeth : Jane… je vous présente (montrant d’un geste) Erin… ma colocataire et ma petite sœur… enfin c’est une longue histoire…Sara… mon double et ma meilleure amie…. C’est en partie à cause d’elle, si on est là aujourd’hui !

Sara : Genre je t’ai forcé !

 

Annabeth lui sourit.

 

Annabeth : Mary et Matt James… les parents de Sara…

 

A ce moment, Mémo vint demander des caresses à Jane.

 

Jane : Mémo !

Annabeth : Alors de droite à gauche nous avons…. Catherine…. La deuxième sœur de la famille…. Jack… le 4ème… des enfants… Charlie… la 3ème  Carolyn, l’aînée et Joe, son mari…. Et les deux petits bouts de chou à côté… ce sont leurs enfants, Léa et Thomas… Voilà, je crois que vous connaissez tout le monde.

Mary : Bienvenue parmi nous !

Sara : Alors on est fous mais pas méchants !

Jack : Eh parle pour toi !

Annabeth : Et c’est toi qui dis ça alors que tu viens de m’arroser sans aucune raison ?!

Jack : Aucune raison ?? Tu n’avais pas chaud ?!

Annabeth : Pas au point de prendre une douche habillée !

Jane : Ok, je vois. Je dois rester sur mes gardes alors ?!

Joe : Bah en fait, on s’habitue très vite à cette famille… et je dois dire qu’on est très vite contaminé !

 

Jane sourit.

 

Charlie : Je meurs de faim, si on commençait ce barbecue !

 

1 heure plus tard,

Jardin 

 

Tout le monde mangeait et appréciait le moment.

 

Pourtant Annabeth et Erin avaient remarqué qu’une certaine tension avait fait son apparition. Pas assez pour gâcher la journée mais elles avaient l’impression que cela remontait à beaucoup plus loin qu’à cette journée.

 

Mais tout le monde semblait s’amuser tout de même.

 

Catherine discutait avec sa mère et Jane. Annabeth avait déjà remarqué à quel point elles étaient proches toutes les deux. Elle ne savait pas trop pourquoi mais il y avait des choses qu’elle ne connaissait pas dans cette famille et c’était tout à fait normal.

 

Charlie semblait en grande discussion avec Sara. Elle avait du temps à rattraper. Sara avait dit à Annabeth que Charlie lui manquait beaucoup. Que de toutes ses sœurs, c’était elle qu’elle connaissait le moins. Annabeth ne savait pas pourquoi Charlie avait décide revenir, ni pourquoi elle avait décidé de partir à ses 18 ans.

 

Carolyn était assise près de son père, sur un transat. Elle regardait son mari jouer avec Léa et Thomas. Les deux enfants sautaient sur leur père alors qu’il étaient à terre et essayaient de le maintenir ainsi. Joe fit semblant d’être battu. Les enfants se levèrent tout fiers d’eux.

 

Joe se releva et vint s’asseoir sur le transat derrière sa femme. Il la prit dans ses bras. Carolyn nicha sa tête dans le cou de son mari. Ils avaient l’air si amoureux, cela faisait plaisir à voir.

 

Matt discutait avec Jane. Il lui proposait d’effectuer des travaux de réparation si elle avait besoin. Annabeth sourit. Toujours à rendre service. Surtout depuis qu’il était à la retraite.

 

Jack rejoignit Charlie et Sara. Il semblait lui aussi distant avec Charlie. Annabeth savait que cela ne la regardait pas mais elle ne pouvait s’empêcher de se demander ce qu’il s’était passé Charlie.

 

Erin vint rejoindre Annabeth. Elle se tourna vers la nouvelle venue et lui sourit.

 

Erin : A quoi tu penses ?

Annabeth : A rien. J’observe ! Je sais que ce n’est pas ma famille mais… avec eux, j’ai la sensation d’avoir trouvé ma place. Je sais que tout ne sera pas faciles tous les jours, ici aussi, mais… je sens que cela va être différent de ce que j’ai connu.

Erin : Je crois savoir ce que tu veux dire !

Annabeth : Pourtant, je sens que cette famille, a comme moi, de nombreuses blessures… comme toutes les familles je pense. Mais j’ai la sensation que nous allons pouvoir nous entre aider.

 

Annabeth sourit à Erin.

 

Annabeth : Mais ça me terrifie aussi !

Erin : Tu n’es pas la seule !  Mais je crois que cela ne changera rien d’avoir peur.

 

Annabeth regarda un instant Erin.

 

Annabeth : Tu sais que durant un instant j’ai cru m’entendre parler ?!

 

Erin sourit.

 

Erin : Voilà ce qui arrive lorsqu’on reste un peu trop avec toi !

Annabeth : C’est toujours de ma faute de toute manière !

 

Erin se servit un verre d’eau. Annabeth regarda un long moment le pichet d’eau. Une idée lui traversa l’esprit. Erin le remarqua et elle devinait très bien à quoi Annabeth pensait.

 

Erin : A ta place, je ne ferais pas ça !

 

Annabeth la regarda avec son air d’ange.

 

Annabeth : Quoi ??

Erin : Je t’aurais prévenue !

 

Annabeth lui sourit et se dirigea vers Jack, le pichet d’eau à la main. Il se tenait dos à elle et il n’y avait Sara qui pouvait voir Annabeth arriver. Celle-ci lui fit signe de ne rien dire ce que fit Sara. Une fois qu’elle fut arriver juste à quelques centimètres de Jack, elle leva le pichet près de la nuque et versa l’eau.

 

La réaction fut immédiate. Jack fit un bond en avant. Il se retourna. Annabeth recula légèrement et afficha un immense sourire.

 

Annabeth : Tu avais l’air d’avoir chaud !

 

Jack la fixa et la regarda. Annabeth en frissonna. Puis un petit sourire apparut sur le visage de Jack et cela ne rassura pas du tout Annabeth. Il s’avança vers elle, toujours avec ce petit sourire. Elle recula sans le quitter des yeux. Elle savait que si elle s’en allait en courant, il la rattraperait sans aucun problème.

 

Pourquoi elle avait la sensation qu’elle allait être de nouveau trempée ?!

 

Annabeth : C’était ma revanche ! (Sourire)

 

Il ne répondit pas et se contenta de sourire. Cela n’avait rien de rassurant. Tout le monde assistait à la scène. Mais elle savait que personne ne viendrait l’aider !

 

D’un seul coup Jack courut vers elle. Elle n’eut pas le temps de réagir, il l’attrapait et la soulevait sur son épaule. Annabeth ne put s’empêcher de rire.

 

Annabeth : Jack !!!!!

 

Il se dirigea vers la piscine. Il allait la jeter toute habillée dans l’eau. Mais elle était bien décidée à ne pas y aller seule. Elle s’accrocha à lui par le cou. Lorsqu’il fut arrivé au bord de la piscine, il la fit légèrement glisser face à lui pour pouvoir la jeter mais Annabeth s’accrocha. Le premier coup avait raté. Annabeth avait planté son regarda dans celui de Jack.

 

Il essaya une nouvelle fois de la jeter… et cette fois-ci, il réussit mais Annabeth l’entraîna avec elle. Ils tombèrent tout les deux à l’eau. Lorsqu’ils remontèrent à la surface, Annabeth tenait toujours Jack par le cou.

 

Annabeth remit avec sa main, ses cheveux en arrière. Sa barrette s’était détachée. Jack la fixa. Annabeth ne se sentait pas à l’aise lorsqu’il la regardait comme ça. Elle remarqua que Jack avait les mains posées sur ses hanches et qu’il l’aidait à se maintenir hors de l’eau.

 

Annabeth se recula d’un seul coup et alla s’appuyer près du bord. Elle vit quelqu’un s’approcher du bord. C’était Erin… suivit de Sara.

 

Erin : Je t’avais dis que c’était dangereux !

 

Annabeth la regarda.

 

Annabeth : Oui mais au moins là, on est quitte !

 

Jack la rejoignit près du bord. Annabeth regarda Erin.

 

Annabeth : Tu peux m’aider à sortir s’il te plaît avant qu’il ne lui vienne encore une de ses idées.

 

Elle tendit sa main à Erin. Celle-ci lui prit la main et avant qu’elle ne comprenne ce qu’il lui arrivait, elle se retrouvé elle aussi dans l’eau. Lorsqu’elle sortit la tête de l’eau, elle se tourna vers Annabeth.

 

Annabeth : Plus on est de fous, plus on rit !

 

Erin lui envoya de l’eau dans la figure et Annabeth répondit de suite ce qui fini par un bataille d’eau. Sara se recula. Jack la regarda.

 

Jack : Où tu vas comme ça ??

 

Jack s’appuya sur le rebord et se hissa hors de l’eau en quelques secondes. Sara essaya de s’échapper mais il l’attrapa et l’envoya à la flotte.

 

Thomas et Léa étaient entrain de rire en voyant les filles dans l’eau. Jack se tourna vers eux et courut vers eux pour les attraper. Et il sauta avec les deux bouts de chou dans la piscine.

 

Carolyn réagit légèrement. C’était ses enfants, et elle avait un peu peur. Elle sentit Joe se lever et la tirer. Il la souleva dans ses bras.

 

Joe : Si on allait s’amuser nous aussi !

Carolyn : Joe… non !!!

 

Mais elle n’eut pas le temps de finir que Joe la jetait déjà dans la piscine. Puis il vit Catherine et Charlie se diriger vers la maison.

 

Joe : Je peux savoir où vous allez ?

 

Matt empêcha Catherine de passer et Joe s’occupa de Charlie. Il l’attrapa et la jeta à son tour dans l’eau. Matt tira Catherine jusqu’au bord et Joe s’occupa du reste. Puis il se tourna vers les personnes dans l’eau.

 

Joe : Je crois que le compte est bon !

Matt : Non pas encore !

 

Matt poussa Joe. Il perdit l’équilibre et tomba lui aussi à l’eau.

 

Mary s’approcha avec Jane de son mari.

 

Jane : Je vois ce que vous vouliez dire par fous mais pas méchants !

 

Mary se tourna vers elle avec un sourire.

 

Mary : Oh mais là, ils sont plutôt calme !

 

Jane lui rendit son sourire. Cette famille était… charmante et très accueillante. Ce qui était de plus en plus rare aujourd’hui.

 

 

Lendemain

 

Une nouvelle année allait bientôt commencer. Une nouvelle année scolaire bien sûr. Mais elle avait l’impression de commencer une nouvelle vie, avec Annabeth et Erin. Comme si pour elle, tout allait changer aussi. Et pourtant, elle habitait toujours chez ses parents et elle allait aller dans la même fac. Rien n’allait véritablement changer. Mais elle avait cette sensation que cette année allait être riche en rebondissement.

 

La fac. La fin de son premier cycle universitaire. Ensuite, elle allait pouvoir commencer sa formation de professeurs des écoles. La dernière ligne droite avant que les choses vraiment sérieuses ne commencent. Elle allait retrouver tous ceux de sa promo.

 

Son amie de fac, Kyria était elle aussi de retour pour une troisième année. Elle sentait bien toute les deux même si quelques fois leurs méthodes de travail différaient. On peut dire qu’elles se complétaient à la fac. Et puis elle adorait sortir le soir avec elle pour aller boire un coup et délirer.

 

Elle aimait bien cette « ambiance fac » et sortir avec les autres pour faire la fête mais elle savait aussi qu’elle avait énormément besoin de bosser. C’était sa manière de travailler.

 

Elle allait boire une autre gorgée de son thé mais elle remarqua qu’elle n’en avait plus. Elle décida donc de descendre en cuisine se resservir. Elle descendit les marches. Elle entendit la porte d’entrée s’ouvrir.

 

Carolyn : Bonjour ! Y a quelqu’un ?!

 

Sara alla à sa rencontre et lui sourit.

 

Sara : Oui. Je suis là moi ! Papa et maman sont partit faire des courses.

Carolyn : Ok. J’étais venue rendre le livre que maman m’a prêté la dernière fois.

 

Elles allèrent toutes les deux dans la cuisine.

 

Sara : Une tasse de thé ?

Carolyn : Je veux bien !

 

Sara alla faire chauffer l’eau. Elle sortit une nouvelle tasse pour sa sœur. Carolyn s’assit à la table et regarda sa petite sœur faire.

 

Carolyn : Alors qu’est-ce que fait notre vacancière ?

 

Sara continuait toujours sa tache.

 

Sara : Pas grand-chose et ça m’énerve ! J’étais entrain de regarder les jobs d’été. J’aimerais bien en trouver un pour me faire un petit peu d’argent. Je sais que Papa et Maman veulent payer mes études mais j’aimerais bien participer aussi !

Carolyn : Joe peut te prendre…

 

Sara se tourna vers sa sœur.

 

Sara : C’est super gentil mais… je préfère me débrouiller par moi-même. Et puis avec Joe, je n’aurais pas vraiment l’impression d’avoir un vrai boulot. Le cabinet, c’est comme une seconde maison pour nous !

Carolyn : Tu as raison ! Qu’est-ce qu’on a pu faire comme bêtises là-bas !

 

Sara sourit en repensant à tous ces étés à aider leur père et Joe au cabinet. Ils étaient tout le temps fourrés là-bas. Elle regarda sa sœur. Celle-ci était pensive avec un sourire sur les lèvres.

 

Carolyn avaient adoré tous ces étés passés là-bas. C’était dans cet endroit qu’elle avait appris à découvrir un « Joe » qu’elle ne connaissait pas et à découvrir les sentiments qu’elle avait pour lui. Ils se connaissaient depuis leur plus jeune âge. Joe habitait la maison à côté et il avait passé le plus clair de son enfance chez eux.

 

Carolyn : J’ai de très bons souvenirs dans cet endroit !

 

Sara sourit.

 

Sara : Je ne veux pas en savoir plus ! J’ai une très grande imagination et vu le nombre de fois où Joe et toi avaient fait des heures sup….

 

Sara se stoppa.

 

Sara : Non… je ne veux rien savoir !

 

Carolyn lui sourit. C’est vrai que le cabinet avait été un endroit où ils s’étaient de nombreuses fois retrouvés. Mais ce n’était pas le seul. Quand ils étaient petits, ils étaient toujours l’un avec l’autre. Leurs parents n’arrêtaient pas de répéter partout qu’ils finiraient ensemble. Et puis l’adolescence est arrivée. L’âge bête. Ils se sont séparés. Leur diplôme en poche, ils ont été faire leurs études chacun de leurs côtés. Joe, ses études vétérinaire et elle, ses études de droit.

 

Et là, elle s’était rendue compte à quel point il lui avait manqué mais la vie, ou plutôt ses études continuaient. Après plusieurs années, elle était revenue et ils s’étaient revu… et comme si rien n’avait changé, ils avaient retrouvé au fur et à mesure leur complicité. Et plus elle passait du temps avec lui et plus elle se rendait compte qu’elle tenait bien plus à lui qu’elle ne le pensait.

 

Elle avait compris qu’elle avait toujours été amoureuse de lui et qu’il était l’homme de sa vie. L’homme avec lequel elle voulait faire sa vie et fonder une famille. Elle avait eu l’agréable surprise de découvrir que pour lui, elle représentait la même chose. Et se retrouver enfin à vivre ce sentiment, cette relation lui avait fait énormément de bien.

 

Sara : En parlant du cabinet et de Joe… il n’a pas trop de boulot ces temps-ci ?

Joe : Si. Il fait pas mal d’heures supplémentaires mais on a l’habitude.

 

La bouilloire s’éteignit. L’eau était chaude. Sara se retourna, la prit et alla servir sa sœur.

 

Sara : Il va prendre des vacances cette année ?

Carolyn : Je ne pense pas. Papa a bien proposé de le remplacer quelques temps mais il a refusé.

Sara : Je le comprends.

 

Sara posa la bouilloire sur la plaque et alla s’asseoir en face de sa sœur.

 

Sara : Si Papa reprend du service, on ne va pas pouvoir l’arracher de là de sitôt ! Tu as bien vu le temps qu’il a fallut pour qu’il accepte de prendre sa retraite.

Carolyn : Oui.

 

Elle baissa les yeux vers sa tasse et commença à remuer le thé avec sa cuillère. Elle savait qu’il ne fallait pas que son père reprenne mais elle aurait aimé passé du temps avec Joe. Sara remarqua le trouble de sa sœur. Une grande tranche d’âge les séparait mais elles avaient toujours été très proches. L’aînée et la plus petite de la famille. Elles avaient un lien particulier. Une sorte de lien maternel et fraternel en même temps. C’était dur à définir.

 

Sara : Vu que je suis en vacances, je pourrais peut-être vous garder les petits un soir ou un week-end… pour que vous puissiez vous retrouver un peu tout les deux.

Carolyn : Non, tu as d’autres choses à faire…

Sara : Oui, c’est vrai que ces temps-ci, je suis surbookée !

 

Sara fit une sorte de grimace à Carolyn.

 

Sara : Arrête de raconter n’importe quoi ! J’adore être avec les petits…

 

Carolyn lui sourit puis bu une gorgé de son thé. C’est vrai que les enfants adoraient venir chez les grands parents et venir « embêter » Sara dans sa chambre. Et elle savait très bien que Sara adorait Thomas et Léa.

 

Sara : Et bien pour la peine, ma Caro, je vais garder les petits tout le week-end !

Carolyn : Je pense que le vendredi soir nous conviendra pour l’instant… mais tu es sûre que tu n’avais rien de prévu avec les filles ?!

Sara : Ne t’inquiète pas, les filles se feront un plaisir aussi de garder les petits avec moi ! Et puis, je ne sais pas qui gardera qui… tu connais les filles.

 

Carolyn sourit à la remarque de sa sœur. Elle ne connaissait pas encore très bien Erin mais Annabeth, elle avait passé un peu plus de temps avec elle et les enfants aussi. Et ils l’adoraient. Ils demandaient souvent quand est-ce qu’elle reviendrait ? Lorsqu’ils avaient appris qu’elle venait vivre ici, ils avaient été tout contents.

 

Carolyn : Et bien tout compte fait, je ne sais pas si c’est une aussi bonne idée que ça !

 

Les deux sœurs se fixèrent et se sourirent. Elles savaient toutes les deux qu’Annabeth étaient restés très enfant et qu’elle adorait jouer avec Thomas et Léa mais qu’elle savait très bien aussi encadrés des enfants. Son diplôme d’animatrice aidant sûrement.

 

Carolyn : Tu es sûre que cela ne te dérange pas ?

 

Sara fixa sa sœur. Elle avait envie de lui faire ce petit plaisir et elle adorait voir sa sœur et son beau frère tout les deux en amoureux. Ils étaient tellement mignons. Elle devait avouer qu’ils avaient été son premier « ship ».

 

Sara : Je vais faire comme si je n’avais rien entendu !

 

Elles finirent de boire leur thé en parlant de tout et de rien. Des enfants, des vacances, des filles etc.… Sara adorait ces conversations avec sa sœur. Ces petits moments entre elles, devant un thé bien chaud. Elle en avait besoin. C’était son quotidien, sa vie… sa stabilité.

 

Elles entendirent du bruit dans l’escalier. Elles levèrent la tête et virent Charlie descendre, des pas lourd les marches. Elle avait une tête d’endormie.

 

Sara : J’ai bien cru que tu n’allais jamais te réveiller !

 

Charlie continua à descendre les marches. Les filles savaient très bien que lorsque Charlie n’avait pas encore bu son café, il ne fallait pas trop lui parler. Carolyn et Sara se regardèrent et se sourirent. Charlie fonça droit sur la cafetière et la mis en marche. Elle arriva tant bien que mal à attraper une tasse et elle s’assit avec les filles à la table. Ses sœurs l’avaient observé en souriant.

 

Elles étaient heureuses de la revoir. Et elle savait combien cela avait été dur pour que l’on en arrive là. Elles espéraient que cela allait s’arranger. Que Charlie et leur père allaient pouvoir enfin parler. Mais elles connaissaient aussi très bien leur sœur et leur père. Le même caractère. Têtu et borné. Cela n’allait pas être simple.

 

Charlie attacha ses cheveux et regarda un instant les filles. Elle avait l’air crevé et pourtant elle venait de dormir 15 bonnes heures. Carolyn lui sourit.

 

Carolyn : Bien dormi ?

 

Charlie passa les mains sur son visage puis regarda sa sœur.

 

Charlie : Oui… Ca faisait longtemps que je n’avais pas autant dormi et aussi bien !

 

Elle se tourna vers la cafetière et se leva. Elle mit sa main légèrement pour voir si c’était assez chaud. Sara sourit. Charlie avait son style à elle et son caractère mais… aujourd’hui, elle avait l’impression de se retrouver quand elles étaient petites, au petit déjeuner.

 

Elle n’était pas nostalgique mais elle aimerait tant que leur famille redevienne comme avant… mais trop de choses avaient été dites et des plaies étaient encore ouvertes. Elle ne savait pas si elle devait avoir peur de ce qui allait se passer ou en être heureuse car le futur de leur famille en dépendait. Mais elle devait leur faire confiance.

 

Charlie se servit une tasse de café puis reposa la cafetière. Elle s’assit de nouveau en face des filles. Elle posa ses mains autour de la tasse comme pour se réchauffer les mains. Carolyn faisait la même chose. On aurait pu croire que c’était un geste de famille. Charlie bu une gorgée de son café puis elle leva les yeux vers ses sœurs.

 

Charlie : Ca va beaucoup mieux !

 

Carolyn et Sara sourirent. Elle n’avait pas changé. Maintenant, il fallait savoir si c’était une bonne chose ou pas.

 

Charlie : Quelle heure est-il ?

Carolyn : Bientôt 10h00 !

Charlie : C’est tout !

Sara : Bah… si on prend en compte que tu t’es couché hier à 17h, je trouve que tu as fait une bonne nuit !

 

Charlie lui fit une petite grimace pour lui montrer qu’elle avait raison.

 

Charlie : 10h et la maison est vide… Soit je suis partie trop longtemps ou ça a bien changé !

Sara : Je te signale qu’on est lundi et que certaines personnes travaillent !

Charlie : Ah bon ! Qui ?

 

Charlie fixa ses sœurs.

 

Sara : Bon ok, on n’est pas le bon exemple !

Carolyn : Papa et maman sont parties en courses et Catherine m’a emprunter la voiture pour aller chercher du travail et Jack… d’ailleurs… oui où est-il lui ?

Sara : Il est partit très tôt ce matin, je crois mais je ne sais pas du tout où il est allé.

Charlie : Jack qui se lève tôt !!! En effet, y a des choses qui ont changé ici !

 

Appartement des filles

 

Annabeth appréhendait un peu ce premier jour. Elle n’avait rencontré le directeur qu’une seule fois lors de son entretien d’embauche. Il avait eu l’air simple et vrai mais Annabeth ne pouvait empêcher son estomac de se retourner. Il l’avait prévenu. Il y allait avoir beaucoup de travail et il lui avait dit qu’il voulait mener cette aventure a bien. Elle allait devoir être à la hauteur. Le serait-elle ? Ca y est ! Elle commençait à trop penser. Elle était qualifiée pour ce travail, elle ne devait pas l’oublier. Elle devait avoir confiance en elle.

 

Elle se regarda une dernière fois dans le miroir. Elle était enfin prête. Elle était arrivée à se décider sur ce qu’elle allait porter. Son choix c’était finalement porté sur un pantalon noir, une chemise cintré blanche et bleu. Avec sa veste en cuir noir, cela allait être parfait.

 

Elle en mettait du temps ce matin ! C’est compréhensible d’avoir le trac le premier jour de travail. Ce n’était pas elle qui dirait le contraire. Elle qui était stressée pour chaque nouveaux événements dans sa vie ou dans celles de ses proches. Elle devait avouer qu’elle était un peu nerveuse elle aussi pour Annabeth. Elle était de tout cœur avec elle.

 

Mais là, cela faisait bien une dizaine de fois qu’elle sortait de la salle de bain pour lui demander si ses habits ou sa coiffure allait.

 

Erin : Si tu continue comme ça, tu vas être en retard !

Annabeth : J’arrive !

 

Elle sourit. Cela faisait aussi plus de 10 fois qu’elle lui répondait cela. Aujourd’hui était une journée importante pour Annabeth mais c’était aussi le jour où elle allait s’inscrire à la fac.

 

Elle avait peur mais elle savait qu’il fallait avancer dans la vie et elle savait que tout se passerait bien. Elle en était sûre. C’est ce qu’il fallait qu’elle se répète. Une nouvelle année, une nouvelle classe. La première année de géographie s’était bien passée. Pourquoi cette année serait différente. Le fait qu’elle est déménagée ne devait rien changer à cela.

 

Les années passent de plus en plus vite. Elle avait l’impression de ne pas pouvoir en profiter. Si on a le malheur de se poser et de réfléchir, elle, la vie, continue et toujours à son rythme rapide. Il faut donc continuer à vivre tout en réfléchissant à la vie.

 

La porte de la salle de bain s’ouvrit et la sortit de ses pensées.

 

Erin : Un peu plus et j’appelai les pompiers pour qu’ils viennent te chercher !

 

Elle regarda sa montre.

 

Erin : Ca fait exactement… 48 minutes que tu es dans cette salle de bain.

Annabeth : Fallait que je sois présentable pour mon premier  jour !

 

Erin la regarda. Elle portait un pantalon noir qui lui allait parfaitement bien et une chemise blanche à rayures bleues, très légères. Elle avait attaché ses cheveux en demi-queue et les avait relevés.

 

Erin : Tu es parfaite !

Annabeth : Tu crois….

Erin : Oui… Tu vas te mettre en retard si ça continue !

Annabeth : très bien… c’est bon ! On y va !

 

Erin était prête. Elle tendit son sac à main à Annabeth. Annabeth lui sourit. Que ferait-elle sans son amie ?!

 

Erin : C’est bon tu as tout ?!

 

Annabeth enfila sa veste, pris son sac et attrapa ses clés.

 

Annabeth : Mon sac, mes clés… je crois que j’ai tout !

Erin : Alors c’est partit !

 

Erin ouvrit la porte et sortit. Elle resta sur la pallier et se tourna vers Annabeth qui était toujours dans l’appartement. Elle semblait vérifier une nouvelle fois si elle avait tout.

 

Erin : Annabeth ?!

Annabeth : J’arrive !

 

Annabeth sortit à son tour et ferma la porte à clés.

 

Annabeth : C’est partit !

 

 

Ecole artistique

 

Elle respira un grand coup avant de sortir de sa voiture et de se diriger vers l’entrée de l’école. Annabeth s’arrêta devant et l’admira. Elle sourit. Elle se souvenait très bien du moment où le directeur s’était mis à lui décrire l’endroit. Elle avait imaginé pas mal de choses mais pas ça. Elle devait avouer qu’elle était agréablement surprise.

 

Cela ne ressemblait pas à une école. Le directeur avait acheté un immense « manoir » et souhaitait l’aménager pour que cela devienne une école artistique. Il avait raison. Cette maison avait ce « je ne sais quoi » ! Une âme pourrait-on dire. Avec quelques retouches, des améliorations et quelques coups de peintures, elle sera parfaite.

 

Elle avait aimé lorsque le directeur lui avait exposé ses projets. Il avait eu l’air si passionné. Cela faisait plaisir à voir. C’est cette passion qui avait poussé Annabeth à vouloir travailler avec lui. Elle n’avait jamais rencontré quelqu’un comme lui. C’était un grand rêveur, comme elle. Ils risquaient de bien s’entendre. Annabeth sourit.

 

Lorsqu’elle avait quitté la banlieue de New York pour la dernière fois, elle avait eu peur. Peur de sa nouvelle vie. Allait-elle réussir ? Aujourd’hui, en voyant cette école, elle en était certaine. En tout cas, elle ferait tout pour.

 

Elle entendit une voiture s’arrêter derrière elle. Elle se retourna et reconnu le directeur. Il sortit de la voiture et se dirigea vers elle en regardant le bâtiment. Il était assez grand. Il portait un costume bleu marine qui lui allait à merveille. Ses cheveux grisonnants lui donnaient un air… tout à fait charmant.

 

Loan : Elle est magnifique, n’est-ce pas ?!

 

Annabeth mis un certain temps à répondre. Elle ne savait pas comment elle devait agir avec lui, ni comment lui parler. Et pourquoi ne serait-elle pas naturelle ?! N’était-ce pas pour cela qu’elle était partie ?! Pour être enfin elle.

 

Annabeth : Oui et elle a l’air immense !

 

Le directeur arriva à sa hauteur et la regarda.

 

Loan : Il va nous falloir de la place ! (Regardant de nouveau l’école) Ca vous plaît ?!

Annabeth : J’adore. Ca ressemble à tout sauf à une école.

Loan : C’est ce que je recherchais. Bien sûr, il va falloir rajouter quelques petites choses, ici et là.

Annabeth : La personnaliser !

 

Loan se tourna vers Annabeth. Il lui sourit. Si il commençait à lui sourire de cette manière, elle n’allait jamais pouvoir travailler.

 

Loan : Tout à fait !

 

Annabeth lui sourit à son tour. Ils allaient faire une bonne équipe.

 

Loan : Prête pour notre première journée ?... J’espère que vous avez pris votre pinceau car on va avoir du boulot !

Annabeth : Justement, ça tombe bien. Je viens tout juste d’emménager et avec ma colocataire, on est en plein dans les peintures. Vous avez de la chance !

 

Loan commença à avancer, suivit d’Annabeth.

 

Loan : Votre arrivée dans la région s’est bien passée ? Ca doit vous changer de la banlieue new-yorkaise ?

Annabeth : C’est le dépaysement total ! Ca fait plaisir de se retrouver dans un endroit pareil. Je commençais à saturer de la banlieue.

 

Il se tourna rapidement vers elle.

 

Loan : Votre famille ne va pas trop vous manquer ?

Annabeth : Oh non ! Enfin je veux dire… mes parents et ma sœur, bien sûr… mais il fallait bien que je parte un jour. Et puis, je ne suis pas toute seule ici. J’ai 2 de mes amis les plus chers.

Loan : Vous avez tout prévu !

 

Annabeth sourit.

 

Annabeth : Oui…. Et vous ? Vous m’avez dit que vous viviez sur la côte ouest avant. Cela doit vous changer aussi ?!

Loan : Oui, c’est vrai que c’est différent mais j’en avais besoin.

Annabeth : C’est un nouveau départ pour tout les deux alors !

 

Ils s’arrêtèrent tout les deux devant la porte. Loan sortit ses clés et commença à ouvrir.

 

Loan : (sourire) Oui. Vous êtes prête ?

Annabeth : Si je vous réponds non, est-ce que cela changera quelque chose ?

Loan : Non.

Annabeth : Alors je suis prête !

 

Loan lui sourit. Annabeth se demanda comment elle avait pu être aussi directe avec lui. Peut-être parce qu’il la mettait en confiance et qu’il avait l’air de s’intéresser à ce qu’elle lui disait.

 

Il déverrouilla le verrou. Il s’arrêta un instant. Annabeth le regarda. Il avait l’air aussi terrifié qu’elle. Loan se tourna vers elle, en mettant sa main sur la poignée.

 

Loan : Que le spectacle commence !

 

Il ouvrit la porte et fit signe à Annabeth de passer la première.

 

 

Université Bloomsburg

 

Elles entrèrent dans l’université ensemble et se dirigèrent vers l’accueil du bureau d’inscription. Il y avait beaucoup de monde, et elles en auraient sûrement pour plusieurs heures. La fac était différente de celle qu’elle avait connue jusqu’à présent. Erin ne put s’empêcher de tout observer et tout détailler.

 

Elle commençait à réaliser que sa nouvelle vie allait commencer. Une nouvelle fac, de nouveaux élèves… de nouvelles connaissances à faire. Cela lui faisait assez peur mais c’était assez excitant aussi.

 

Sara : C’est par là ! Mais y’a du monde avant nous !

 

Les filles s’arrêtèrent derrière la dernière personne de la file d’attente. Elles allaient en avoir pour des heures.

 

Erin : Je crois qu’il va falloir prendre notre mal en patience !

Sara : Oui c’est bien partit.

Erin : J’espère que j’ai tous mes papiers !!! Avec le déménagement ça fait des paperasses en plus.

Sara : Mais oui t’inquiète. Au pire ils te disent ce qui manque et tu reviens demain.

Erin : Ouais mais on aura attendu pour rien ! Et demain il y aura sûrement aussi la queue.

Sara : Ouais… mais bon ! On est en vacances ! On a le temps ! Et puis qui sait ! On rencontrera peut-être notre « Jack » !

 

Les deux amies se sourirent. Toutes les deux pensaient à la même chose. Une heure était déjà passée depuis leur arrivée, et elles discutaient de choses et d’autres pour passer le temps. Erin entama une discussion qui lui tenait à cœur :

 

Erin : Sara… j’ai une petite question à te poser. Entre Annabeth et Jack ça a toujours été comme ça où c’est juste maintenant qu’elle habite ici.

Sara : Ben… disons que… on peut dire que ça a toujours été comme cela… mais c’est encore pire depuis que vous êtes venues habiter ici.

Erin : Je savais qu’Annabeth était compliquée mais là je ne vois pas ce qui coince ? Peut-être que ton frère ne…

Sara : Tu plaisantes ! Je n’ai jamais vu mon frère avec ce regard là !

Voix : Sara !!!

 

Sara se retourna et vit une fille se diriger vers elles.

 

Sara : Leiya !!!! Salut !

 

Leiya vint lui faire la bise puis se tourna vers Erin.

 

Sara : Leiya je te présente Erin !

Erin : Salut ! dit-elle en lui faisant la bise !

Sara : Elle va s’inscrire en 2eme année de géographie.

Leiya : Oh cool une géographe ! Il y en a peu ici !

Erin : Oui déjà dans mon ancien établissement l’effectif en géographie était restreint ! Mais bon ça permet de mieux se connaître.

Leiya : C’est clair ! Nous en histoire on a formé un assez grand groupe d’amis, mais il y a beaucoup de têtes qu’on ne connaît pas. Mais bon on peu pas tout faire !

Erin : C’est clair !

Leiya : Je te l’enlève quelques minutes !

Erin : Prenez votre temps.

 

La queue avança. Les deux jeunes filles s’étaient éloignés que de très peu de la file, et Erin put entendre Sara demander à son amie comment s’étaient passé ses vacances ! Erin n’en n’écouta pas plus : elles devaient avoir beaucoup de choses a se dire. En tout cas, cette Leiya avait l’air très sympa.

 

Elle commençait à avoir mal aux jambes à rester debout, en piétinant. Elle regarda sa montre ! C’est ça : ça faisait déjà une heure et demi qu’elles attendaient et il restait encore ¾ du chemin à faire ! Elle regarda autour d’elle : elle ne connaissait personne, tout le monde autour faisait la tête pour diverse raison. La chaleur, l’attente, le bruit … ça pouvait vite devenir insupportable.

Elle laissa donc ses pensées vagabonder, c’était le seul moyen de rejeter ce qu’il y avait autour, inconsciemment : elle avait hâte de voir son nouveau programme et quels seraient ses horaires ! Une fois qu’elle saurait tout cela, elle partirait à la recherche d’un travail. Elle savait pourtant très bien qu’elle ne trouverait pas quelque chose de formidable, car elle n’avait pas d’expérience professionnelle, ni de qualification spécifique ! De plus ce serait à des heures précises : mais bon d’autres étudiants y étaient passés avant elle, alors elle y arriverait aussi ! En tout cas elle l’espérait énormément.

 

Alors qu’elle allait réfléchir à la façon dont aménager sa chambre, la décorer, Sara revint dans les rangs à coté d’Erin ! Elles se regardèrent, sourirent pour se donner du courage, et continuèrent leur attente.

 

Clinique vétérinaire

 

Elle entra dans le bâtiment. Elle se tourna ensuite vers la secrétaire. Janice. Elle l’avait toujours connu à ce poste, depuis toute petite, elle connaissait Janice. Son père l’avait engagé lorsqu’il avait ouvert cette clinique, il y a 35 ans.

 

Carolyn : Bonjour Janice.

Janice : Bonjour Carolyn.

Carolyn : Il est occupé ?

 

La secrétaire lui fit un grand sourire.

 

Janice : Il vient juste de terminer.

Carolyn : Merci.

 

Carolyn se dirigea vers le bureau de Joe. Même après le départ en retraite de son père, Joe n’avait pas voulu changer de bureau. Elle frappa légèrement et entra.

 

Il terminait de soigner un chaton. Il le souleva et le caressa doucement pour le rassurer avant de le remettre dans son panier. Carolyn adorait le voir travailler. Il était tellement passionné et cela depuis qu’elle le connaissait. Déjà petit, il recueillait tous les animaux qu’il pouvait trouver et les amenait à son père.

 

Il se retourna et parut presque surpris de voir sa femme. Il lui fit son plus beau sourire.

 

Joe : Hey ! Bonjour vous !

 

Carolyn lui sourit et s’approcha. Joe vint la rejoindre et la prit dans ses bras et déposa un doux baiser sur ses lèvres. Carolyn ne put s’empêcher de répondre à son baiser et celui-ci s’éternisa. Elle noua ses mains sur sa nuque. Ils se détachèrent et restèrent front contre front.