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Immigration clandestine

Le ministère est «troublé»

Jessica Nadeau
Le Journal de Montréal
02/11/2006 08h15 

Le ministère de l'Immigration s'est dit «troublé» par l'enquête du Journal de Montréal qui révélait hier que des immigrants épousent leur propre soeur pour les faire venir au Canada, mais n'envisage aucune mesure concrète.

«Ces reportages sont très troublants et notre gouvernement s'engage à soutenir l'intégrité du système d'immigration en garantissant que les candidats suivent la loi», soutient Pema Lhalunjpa, attachée de presse du ministre de l'Immigration, Monte Solberg.

Mais si le ministère prend le problème au sérieux, aucune enquête ou nouvelle mesure n'a été demandée, hier.

Du côté de l'opposition, on déplore la situation et souhaite des réformes dans le système afin d'éviter les mariages entre frères et soeurs dans le seul but de faciliter l'immigration.

«C'est inacceptable que des gens contournent la loi, mais le ministère n'est pas correct non plus en empêchant la réunification de frères et soeurs», estime la député bloquiste Meili Faille.

«On doit revoir tout le système d'immigration» ajoute-t-elle, rappelant qu'un tel projet de loi avait été déposé l'an dernier et refusé par les conservateurs et libéraux.

Pour Raymonde Folco, critique libérale en matière d'immigration, il faudrait revoir la formation des agents, mais il serait abusif d'imposer des tests d'ADN à tous les époux, d'autant plus qu'il s'agit de mesures particulièrement coûteuses.

Les consultants : des «vautours»

Comme plusieurs, l'ancien ministre de l'Immigration Denis Coderre a été choqué en constatant que le Journal avait réussi à se faire conseiller par des avocats et consultants en immigration sur les moyens à prendre pour épouser sa soeur afin de déjouer le système.

Il ne s'est pas gêné pour traiter les consultants de «vautours», qui prennent avantage des immigrants désespérés en leur vidant les poches.

À l'Association canadienne du Barreau, on déplore qu'un membre ait accepté de conseiller le Journal, précisant que celui-ci risque une peine de cinq ans de prison ou une amende pouvant aller jusqu'à 100 000$.

De son côté, l'Association canadienne des conseillers professionnels en immigration n'a répondu à aucune de nos demandes d'entrevue.

jnadeau@journalmtl.com





Voir aussi...
•  Ils épousent leur soeur... et même leur mère





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