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SONDAGE:
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EXTRÉMISME Le NPD a tenu un congrès dans la capitale, grâce à une décision de justice.
MICHEL VERRIER BERLIN
Publié le 13 novembre 2006
![]() KEYSTONE- ALLEMAGNE: Les membres du Parti national-démocratique d’Allemagne (NPD, extrême droite) se sont réunis à Berlin malgré un premier refus des autorités. La formation rencontre un succès croissant dans les couches moyennes de la société. |
Sous le crachin, les rafales de vent, quelque quatre cent personnes
faisaient face, samedi sur la place du marché de Berlin-Reinickendorf,
aux 600 policiers venus protéger le congrès du NPD (Parti
national-démocratique d'Allemagne, néo-nazi). Appelée par tous les
partis membres du sénat berlinois, la manifestation paraissait bien
maigre. Les congressistes qui rejoignaient la salle du centre culturel
Fontane, sous les lazzis des manifestants, leur renvoyaient sourires
goguenards et bras d'honneurs. Même la maire démocrate chrétienne de
Reinickendorf, Marlies Wanjura, brandissant devant la salle avec une
vingtaine de ses concitoyens une banderolle «pas de podium pour les
nazis» se fera évacuer par la police.
Le NPD a tenu son pari
de réunir son congrès dans la «capitale du Reich», comme il nomme
Berlin. Le Tribunal administratif de Berlin Brandenbourg, lui a donné
un coup de pouce en contraignant la Municipalité de Reinickendorf à lui
louer une salle, à son corps défendant. Pour les juges, le NPD étant un
parti légal, doit être traité à pied d'égalité avec tous les autres.
Mais le NPD est-il un parti comme les autres?
Samedi à 14
heures, sous la sonnerie des trompettes, les délégués se sont levés
comme un seul homme dans la salle du congrès. Trois porte-bannières
portant les couleurs de l'Allemagne, le drapeau du NPD, et les couleurs
noire, blanche, rouge du drapeau du Reich, ont conduit les dirigeants
du parti jusqu'à la tribune. Parmi les quelque cinq cents délégués et
invités, de nombreux jeunes, crâne rasé, arboraient des slogans comme
«travail, famille patrie» sur leurs T-shirts.
Agressions en hausse
Les
agressions d'extrême droite se sont multipliées cette année. La police
recense déjà 9013 délits, 20% de plus qu'au cours de la même période en
2005. Si le NPD n'appelle pas à la violence, il a choisi d'intégrer
dans ses rangs les jeunes radicaux des groupes locaux néonazis, souvent
liés de près ou de loin à ces agressions.
Après la clôture du
congrès hier soir, le ministre de l'Intérieur berlinois, Erhart
Körting, estimait que le NPD «a dépassé les bornes» et qu'il faut
aujourd'hui revendiquer son interdiction. «Ce n'est plus seulement un
parti conservateur, de droite radicale.» A Berlin, il n'a pas hésité au
cours de la récente campagne électorale à faire agir ses gros bras: «on
ne doit pas tolérer cela en Allemagne», souligne Erhart Körting.
Mais
la dernière tentative d'interdiction du NPD a piteusement échoué devant
la Cour constitutionnelle en 2003. Selon une étude de la fondation
Friedrich Ebert, proche du SPD, ses arguments rencontrent un écho
croissant jusque dans les couches moyennes de la société, les actifs,
contrairement à une image toute faite selon laquelle les partisans du
NPD proviennent des rangs des démunis, des sans-emploi.

